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Angela MARSONS, Le pensionnat des innocentes.
432 pages.
Editions Belfond (16 mai 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

2004. Par une nuit glaciale, cinq personnes scellent un pacte au-dessus d'une tombe fraîchement creusée.

Mais les secrets finissent toujours par remonter à la surface...

De nos jours, Teresa Wyatt, ancienne directrice du foyer pour filles de Crestwood, est retrouvée noyée dans sa baignoire.

Au même moment, Crestwood fait la une des médias : des fouilles archéologiques viennent de mettre au jour le squelette d'une adolescente enterrée dans le jardin.

Coïncidence ? L'inspectrice Kim Stone n'y croit pas. Et quand les ossements d'autres fillettes sont exhumés, l'affaire prend rapidement un tour personnel pour cette jeune flic au tempérament plus tranchant qu'une lame de rasoir. Elle qui a connu l'assistance publique est bien décidée à rendre justice aux innocentes oubliées de tous dans ce lieu cauchemardesque...

MON AVIS :

Angela Marsons vit dans le Black Country, en Angleterre, avec sa compagne et leur petite ménagerie. Elle a rencontré un succès éditorial considérable avec son premier roman, Le Pensionnat des innocentes, qui s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires.

Traduit dans plus de vingt pays, cette histoire de meurtres sur fond de conspiration et de secrets ne pouvait que fonctionner ! Il faut dire qu’Angela Marsons s’y entend pour agripper le lecteur dès les premières pages et le retenir captif de son récit jusqu’à la déflagration finale ! Elle mêle habilement enquête criminelle et psychologie des personnages dans une intrigue très noire dans laquelle le pensionnat de Crestwood est un acteur à part entière.

Car, c’est bien du côté de cet établissement désaffecté qu’il faudra fouiller pour élucider le crime sordide de ces trois jeunes pensionnaires laissées-pour-compte… C’est sans compter sur la détermination de l’inspectrice Kim Stone, qui, au mépris des procédures, s’efforcera de rendre justice à ces innocentes oubliées de tous…

« Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien. »

Véritable plaidoyer en faveur des enfants maltraités et négligés, le roman d’Angela Marsons attire l’attention du lecteur sur les dysfonctionnements de la politique et des structures visant à assurer la protection des mineurs orphelins et/ou délinquants. Et on comprend très vite ce que ces établissements clos, renfermés sur eux-mêmes, ont de pernicieux ! Perte d’identité, de repères, enfermement, sévices, vacuité de l’équipe d’encadrement…, les dérives et les violences institutionnelles sont si nombreuses et si variées que c’en est tout simplement écoeurant !

« Ces établissements s’apparentaient à des rebuts, des décharges où échouaient des gamins brisés dont personne ne voulait. Dans le meilleur des cas, ils y perdaient toute humanité et toute identité. Dans le pire des cas, ils y étaient victimes de nouveaux abus. Les mauvais traitements devenaient quelque chose de normal et, lentement, à force d’être sans cesse poussés vers le fond, ces enfants ne parvenaient plus à garder la tête hors de l’eau. »

Véritable mélange de frissons et d’émotion brute, Le pensionnat des innocentes est un thriller compulsif, intense et bouleversant dans lequel Angela Marsons explore avec brio la question de la responsabilité, de la culpabilité et de la lâcheté. Croyez-moi, vous ne sortirez pas indemnes de ce thriller-là !

Je remercie les éditions Belfond et la plateforme NetGalley de leur confiance.