HISTOIRE DU SOIR

14 janvier 2017

Bernard TIRTIAUX : Noël en décembre

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Bernard TIRTIAUX, Noël en décembre.
299 pages.
Editions JC Lattès (30 septembre 2015).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Juin 1914, après une année universitaire à Bruxelles, Karla, fille unique d’une famille berlinoise aisée, s’apprête à rentrer chez elle sans avouer à sa famille qu’elle est enceinte. Pendant le voyage, elle accouche prématurément et confie sa fille, Luise, aux fermiers wallons qu’ils l’ont accueillie.

La guerre éclate et Luise est élevée avec les autres enfants des fermiers dont le petit Noël, de quatre ans son aîné, qui deviendra son protecteur. Et lorsque, huit ans plus tard, Karla revient chercher Luise, Noël n’aura de cesse de retrouver celle qu’il aime plus qu'une sœur.

Ce beau roman, inspiré d'un fait réel, parcourt trente années d’absence et de passion racontées par Noël comme une longue lettre adressée à Luise. Une quête magnifique où la force de l'amour tient tête aux forces de l'histoire.

MON AVIS :

Né à Fleurus, près de Charleroi, Bernard Tirtiaux est poète, sculpteur, maître dans l'art du vitrail et écrivain. Après un premier roman très remarqué, Le passeur de lumière (Denoël, 1993), ses trois romans suivants, Aubertin d'Avallon, Pitié pour le mal, Prélude de cristal ainsi qu'un recueil de poèmes, Lueurs, ont également reçu un bel accueil du public. Avec Noël en décembre, Bernard Tirtiaux s'inspire d'un fait réel et raconte la quête magnifique de Noël pour retrouver Luise, la femme qu'il aime plus que tout au monde.

Rédigé sous la forme d'une longue lettre passionnée, Noël revient sur ses souvenirs d'enfance mais aussi sur les années d'absence et sur l'amour inconditionnel et intarissable qu'il éprouve pour Luise, que ses parents ont recueillie à la naissance et qu'il aime plus qu'une sœur.

«Tu revenais à moi d'une histoire plus ancienne que moi-même, d'un lien intime remontant à la nuit des âges.»

«[...] Quoi qu'il arrive, je me tiendrai toujours à ton côté parce que tu es mon étoile et le resteras, et ce jusqu'à l'évanouissement de ma propre lumière.»

On s'attache instantanément aux personnages, que Bernard Tirtiaux a placés au cœur même de son récit et que le sort s'acharne à vouloir à tout prix séparer. Une fois commencé, on ne peut s'extraire qu'à grand peine de ce récit poignant et totalement immersif qui aborde le thème de l'amour contrarié et où se mêlent la passion, la sensibilité et la plénitude des sentiments.

«Dis-moi que rien n'a changé entre nous, ma Luise. Dis-moi qu'il est possible d'arracher toutes les pages qui nous ont éloignés l'un de l'autre et de reblanchir le papier pour donner une nouvelle suite à notre histoire. Même si le vide n'en demeure pas moins sous nos pieds, mon cœur est là qui nous appelle à renaître.»

Traversée des abîmes autant que quête magnifique où la force de l'amour tient tête aux forces de l'Histoire, Bernard Tirtiaux brosse une galerie de personnages plus vrais que nature. L'histoire d'attente et d'amour de Noël et Luise est si intense, si captivante et si déchirante qu'elle vous fera à coup sûr monter les larmes aux yeux ! 

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13 janvier 2017

Emily BLEEKER : Quand je serai partie

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Emily BLEEKER, Quand je serai partie.
438 pages.
Editions Amazon Crossing (21 février 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

« Mon amour, avant tout, je dois te dire que je t'aime (…), je n'ai pas choisi de vous quitter. »

Alors qu’il rentre chez lui après avoir enterré Natalie, la femme de sa vie et la mère de ses trois enfants, Luke Richardson trouve sur le sol de l’entrée une enveloppe bleue sur laquelle son nom est inscrit, d’une écriture qu’il connaît bien : celle de son épouse disparue. Bouleversé, il découvre une lettre de Natalie, rédigée le jour de sa première séance de chimiothérapie près d’un an auparavant. C’est le début d’une longue correspondance unilatérale, qui conduit progressivement Luke à découvrir des secrets trop longtemps enfouis. Tourmenté par les lettres de son épouse, obsédé par le besoin de découvrir qui les envoie, Luke en vient progressivement à remettre en question son mariage et sa famille.

Parviendra-t-il, au-delà de la peine et de la souffrance, à envisager un avenir où l’amour subsiste envers et contre tout ? Est-il trop tard pour tenir ses promesses quand la personne qu’on aime a disparu ?

MON AVIS :

Emily Bleeker, ex-enseignante, s’est découvert une passion pour l’écriture après avoir présenté un atelier d’écriture à ses élèves. Tout un monde de personnages aux histoires palpitantes a bientôt vu le jour dans son imagination. Il lui a fallu se battre contre un type de cancer très rare pour trouver le courage de partager son univers intérieur avec le reste du monde.

Avec Naufragés, son précédent roman, Emily Bleeker avait déjà publié une curieuse histoire de secrets. À nouveau,Quand je serai partie raconte l'histoire d'un couple que le deuil a séparé et dont le survivant se voit contraint à se confronter à la vérité.

Si le thème de la lettre-confession a déjà été traitée dans de nombreux romans dont le meilleur exemple reste, à mon avis, celui de Liane Moriarty, Le secret du mari, force est de constater qu'Emily Bleeker s'en sort honorablement. Grâce à la correspondance post-mortem de Natalie, elle brosse, lettre après lettre, un tableau nuancé et émouvant de l'amour marital et familial et instaure un suspense maîtrisé qui entoure avantageusement le secret de Natalie. La révélation finale donnera toute son ampleur et l'intensité dramatique à une histoire finalement plus bouleversante qu'il n'y paraît...

Sans aucun effet superflu d'écriture et avec l'air de ne pas y toucher, Emily Bleeker signe un roman dont l'apparente simplicité laisse place à une fin surprenante ! C'est bien joué !

Je remercie la plateforme NetGalley et les éditions Amazon Crossing pour cette découverte. 

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10 janvier 2017

Tracy REES : L'oiseau des neiges

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Tracy REES, L'oiseau des neiges.
496 pages.
Editions Presses de la Cité (1er octobre 2016).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Janvier 1831. Aurelia Vennaway, huit ans, héritière d'une riche famille aristocratique du comté de Surrey, découvre lors d'une promenade dans les bois du domaine familial un nouveau-né bleu de froid, posé à même la neige. Malgré l'hostilité de ses parents, elle réussit à leur faire recueillir l'enfant, qu'elle baptise Amy Snow. 

À ses dix-huit ans, on découvre à Aurelia une maladie qui lui laisse peu de temps à vivre. Elle décide donc de partir en voyage quelques mois. Avant de mourir, elle laisse pour Amy une série de lettres qui vont l'aider à découvrir qui elle est et lui transmettre l'héritage qui lui revient. Amy s'embarque alors pour un périple aux quatre coins de l'Angleterre, avec, à chaque étape, une énigme à résoudre.

MON AVIS :

Tracy Rees est née en Ecosse. Diplômée de Cambridge, elle a travaillé dans l'édition pendant huit ans avec de se tourner vers la psychologie. Avec L'Oiseau des neiges, son premier roman, Tracy Rees signe un drame historique émouvant et invite la lectrice à un passionnant voyage aux quatre coins de l'Angleterre de la seconde moitié du XIXème siècle. Transportés des rues de Londres aux paysages bucoliques et verdoyants du Surrey, on se passionnera pour l'énigmatique périple entrepris par Amy pour découvrir le mystère de ses origines et l'histoire stupéfiante de son amie Aurelia...

Si L'oiseau des neiges est une fiction historique indéniablement dépaysante, dans laquelle on voyage beaucoup, c'est également un roman plus grave et plus profond dans lequel les révélations se font fracassantes et les mœurs de la bonne société victorienne décrites de manière bien peu reluisante...

Tracy Rees y raconte l'incroyable itinéraire d'Amy, une toute jeune femme courageuse et déterminée, décidée à se battre pour affirmer son indépendance et vivre la vie qu'elle s'est choisie. À une époque où les femmes sont entièrement subordonnées à leur époux, les convenances essentielles et les préjugés tenaces, on y suit le passionnant et étonnant récit de son périple, dans un monde qui lui est totalement étranger mais dans lequel elle réussira à s'intégrer grâce à son intelligence et sa ténacité. À travers les années et les nombreux obstacles qu'elle devra surmonter, Amy se dresse en quelque sorte contre les inégalités et les limites que la société victorienne impose aux femmes.

«Dans ce monde qui est le nôtre, les femmes doivent suivre la voie tracée pour elles. Et malheur à qui ne s'y conforme pas. Mais si la vie nous propose des défis qui nous conduisent hors du chemin prévu, quels recours avons-nous ? Cela me fait rire de constater que les femmes se voient offrir si peu de possibilités et qu'elles sont punies quand elles utilisent celles dont elles disposent. Cela me fait rire de constater qu'elles sont vilipendées lorsqu'elles se servent à leur avantage du seul véritable pouvoir qu'elles ont. Qu'elles sont condamnées à subir la vindicte publique toute leur vie si elles s'écartent du paradoxe pervers où les enferment la nature et l'éducation.»

Porté par une héroïne inoubliable, L'oiseau des neiges est un magnifique roman historique féminin qui, en plus de distraire et charmer, renseigne la lectrice sur le patriarcat britannique et la condition féminine des débuts de l'ère victorienne. Passionnant autant que révoltant, le destin hors du commun d'Amy est une véritable ode à l'espoir, à l'audace et à la liberté !

Je remercie les éditions Presses de la Cité de leur confiance.

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04 janvier 2017

Marie BARRAUD : Nous, les passeurs

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Marie BARRAUD, Nous, les passeurs.
198 pages.
Editions Robert Laffont (5 janvier 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

«J'ai voulu raconter l'histoire de mon grand-père et, par ricochet, celle de ses deux fils. J'ai voulu dire ce qui ne l'avait jamais été, en espérant aider les vivants et libérer les morts. J'ai pensé que je devais le faire pour apaiser mon père. Ces mots, c'est moi qu'ils ont libérée.»

Qui est ce grand-père dont personne ne parle ? Marie, devenue une jeune femme, décide de mener l'enquête, de réconcilier son père avec cet homme disparu à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Albert Barraud, médecin, fut un résistant, arrêté par les Allemands. Marie découvrira son rôle protecteur auprès des autres prisonniers. Destin héroïque d'un homme qui consacra sa vie aux autres jusqu'à sa disparition en mai 1945, sur le paquebot Cap Arcona bombardé par l'aviation britannique... Au terme d'un voyage vers la mer Baltique avec son frère, Marie va défaire les nœuds qui entravaient les liens familiaux.

MON AVIS :

Il y a des vocations que les générations d'une même famille se transmettent naturellement. Chez les Barraud c'est la médecine. Une seconde nature. Une raison de vivre. Pour Marie Barraud, il en sera autrement. Son instinct, sa grande sensibilité et son inépuisable détermination, elle va les mettre au service de l'art. Elle sera comédienne. Formée chez Michel Galabru puis Blanche Salant où elle découvre Strasberg et Stanislavski, elle s'envole enfin pour New York où elle intègre les cours de John Strasberg, fils du célèbre professeur. Elle grandit sur le terrain entre séries télé, programmes courts et cinéma mais c'est surtout au théâtre que cette amoureuse des mots trouve son épanouissement. Lorsqu'on l'écoute parler de son métier, on découvre que finalement elle aussi guérit, soulage et accompagne l'âme des spectateurs. Marie a donc hérité de cette fibre familiale et la plus grande preuve réside dans ce premier roman.

Lorsqu'elle s'est lancée dans l'aventure folle de l'écriture de Nous, les passeurs, Marie avait pour intention de raconter l'histoire de son grand-père et, par extension, de celle de ses deux fils. Ce n'est qu'après coup qu'elle n'a réalisé à quel point sa propre existence et celle de toute sa famille allaient en être bouleversées. Grâce à cette histoire émouvante qui recrée le lien entre un grand-père héros de la Résistance et sa famille, Marie Barraud a surtout su apaiser les siens.

«Seuls ne meurent vraiment que ceux que l'on oublie.»

Si Marie a découvert qui était véritablement Albert Barraud, elle a surtout découvert l'homme derrière le mythe et compris aussi que son grand-père vivait depuis toujours dans la mémoire de ceux qu'il avait aidés, protégés et qui étaient revenus de l'enfer du camp de Neuengamme. Au fur et à mesure de ses découvertes, Marie s'est rendu compte que tous ceux qui avaient croisé la route de son grand-père avaient écrit à son sujet non seulement pour lui rendre hommage mais aussi pour que perdure sa mémoire, ses choix et son engagement total au service de l'humanité toute entière. Ce sont ces mots qui ont permis à Marie de tisser un lien entre elle et le grand-père qu'elle n'a jamais connu. Petit à petit, elle se construira les souvenirs d'une vie que le destin lui avait volé.

«Ce lien, je l'ai tissé de toutes parts au fur et à mesure de mes découvertes. Tous ceux qui avaient croisé la route de mon grand-père avaient écrit à son sujet. J'ai dévoré leurs mots, encore et encore, de jour comme de nuit. J'étais affamée. Il me fallait tout savoir. Reprendre  ce que l'on m'avait volé.»

Au terme d'un émouvant voyage en mer Baltique, à l'endroit même où son grand-père a perdu la vie, Marie Barraud et son frère Benjamin ont pu reconnecter leurs vies à celle d'Albert, comprendre ses décisions, combler leur manque et se faire les passeurs de cette âme perdue...

«Notre vie peut prendre chaque jour la forme de notre folie, mais elle reste, finalement, le prolongement des vies de ceux qui nous ont précédés. Qu'on le veuille ou non, nous venons compléter un cycle. Et je perçois aujourd'hui qu'ignorer ce qui fut avant nous, c'est perdre une partie de ce que nous sommes supposés devenir. Héros ou bourreaux, nos ancêtres nous transmettent bien plus que  leur nom.»

Bien plus que l'hommage bouleversant d'une petite-fille pour ce grand-père qu'elle n'a jamais connu, Nous les passeurs est un témoignage indispensable, un roman magnifique sur le thème de la mémoire et de la transmission, dont les mots salvateurs permettront à une famille tout entière de se libérer des fantômes et du poids du passé.

Je remercie les éditions Robert Laffont de leur confiance.

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03 janvier 2017

Sophie DE VILLENOISY : Joyeux suicide et bonne année

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Sophie DE VILLENOISY, Joyeux suicide et bonne année.
176 pages.
Editions Denoël (2 mai 2016).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Célibataire, peu d'amis, pas de parents, pas de mec ni d'enfants, Sylvie est persuadée que sa vie ne rime à rien. Le suicide semble être l'option la plus alléchante. Elle est suivie par Franck, un psy, qui lui suggère des épreuves les plus farfelues les unes que les autres. Mais elle n'en démord pas : le 25 décembre sera le jour de son suicide, jusqu'à ce qu'elle rencontre une SDF qui va bouleverser toutes ses certitudes. Tour à tour hilarant et émouvant, Joyeux suicide et bonne année est un roman salutaire par les temps qui courent : un hymne à la vie, le tout raconté avec finesse et impertinence par Sophie de Villenoisy. Quelque part entre La vie est belle de Franck Capra et Bridget Jones, elle installe son style dès les premières lignes, un mélange savoureux d'humour et de tendresse qui réserve bien des surprises.

MON AVIS :

Sophie de Villenoisy est journaliste, écrivain et scénariste. Elle a écrit plusieurs guides pratiques pour les Editions Leduc ainsi que huit albums humoristiques de bande dessinée. Elle a deux enfants, un mari et un chat, et vit à Paris.

Joyeux suicide et bonne année est un roman de divertissement rafraîchissant, qui oscille sans cesse entre dérision et émotion. Nul doute qu'il constitue la lecture idéale pour commencer la nouvelle année sur une note d'humour tout à fait bienvenue !

Ce joyeux mélange d'impertinence et de tendresse fait forcément penser à Bridget Jones mais le roman de Sophie de Villenoisy réserve bien d'autres surprises ! Ce conte moderne régénérant, dans lequel on rit beaucoup, se révèle bien plus émouvant qu'on l'imagine !

Pour se sortir de ses idées noires, Sylvie accepte de relever le défi que son psy lui propose : elle a deux mois pour bousculer ses habitudes et faire connaissance avec elle-même.

«Deux mois c'est court. Ou long, ça dépend de ce qui se passe, en fait.»

Durant ce laps de temps, Sylvie va se surprendre à faire des choses nouvelles. Des choses anodines, des choses un peu folles mais aussi parfois des choses répréhensibles qui vont bouleverser son quotidien et faire voler ses certitudes en éclats.... Et si de ce saut dans l'inconnu surgissait finalement une vie qui valait la peine d'être vécue ?

«Lorsque vous êtes arrivée il y a quelques semaines de cela, vous étiez en grande souffrance psychique. Mais cette Sylvie-là n'existe plus. Je ne vois plus une femme en souffrance, mais une femme en devenir. Vous avez changé en profondeur et plus que vous ne croyez. On peut mourir symboliquement et vous en êtes la preuve vivante. La Sylvie que vous avez été pendant quarante-cinq ans n'existe plus. Vous êtes morte pour mieux renaître.»

Si les remises en question de Sylvie et son chemin vers l'épanouissement inspirent au renouveau, ce roman entame également une jolie réflexion sur le sens de la vie et la valeur de celle-ci. Ode à la vie, à l'amour, c'est histoire touchante, pleine de belles valeurs, qui célèbre la chaleur humaine et laisse le lecteur ému et réparé. En refermant ce livre, on n'a qu'une envie : se délecter des petits bonheurs qu'offre la vie !

Un humour décapant, des personnages attachants, une profonde humanité, Joyeux suicide et bonne année est un excellent moyen de chasser la morosité et le spleen d'après les fêtes ! Un véritable concentré de bonne humeur !

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02 janvier 2017

Phaedra PATRICK : Les fabuleuses tribulations d'Arthur Pepper

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Phaedra PATRICK, Les fabuleuses tribulations d'Arthur Pepper.
320 pages.
Editions Milady (23 septembre 2016).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Comme tout Anglais qui se respecte, Arthur boit son thé à heure fixe. Mais depuis qu’il a perdu sa femme, rien ne va plus. Il se calfeutre chez lui et essaie d’échapper aux visites de son envahissante voisine, qui, faute de pouvoir le réconforter s’est mis en tête de le nourrir. Lorsqu’il consent enfin à se séparer des affaires de sa défunte épouse, Arthur trouve un bracelet qu’il n’avait jamais vu auparavant. Les charmes suspendus à ce bijou constituent autant d’énigmes qui lui donnent envie de mener l’enquête. Que sait-il vraiment de celle qui a partagé sa vie pendant plus de quarante ans ? En entreprenant ce fabuleux voyage sur les traces de sa femme, Arthur va au-devant de surprenantes révélations.

MON AVIS :

Phaedra Patrick est diplômée en histoire de l'art et marketing. Son parcours atypique lui a fait endosser successivement les rôles d'artisan du vitrail, d'organisatrice de festivals de cinéma et de chargée de communication. Elle vit avec son mari et son fils non loin de Manchester.

Son roman, à la fois vif et tendre, invite le lecteur à profiter des petites joies simples de la vie.

Dans ce conte réconfortant sur le deuil et la reconstruction de soi après la perte de l'être aimé, Phaedra Patrick montre qu'il est toujours possible, à tout âge et en dépit des circonstances, de réapprivoiser sa vie pour profiter pleinement de ses splendeurs.

«Cette quête n’avait plus pour seul objectif d’en apprendre davantage sur Miriam : Arthur avait également quelque chose à apprendre sur lui.»

«À son grand étonnement, il sentit poindre en lui une lueur d’enthousiasme : il venait de découvrir un pan caché de la vie de sa femme, et sa curiosité naturelle le poussait à enquêter plus avant. Ces derniers temps, il n’avait guère ressentit que de la tristesse, de la déception et de la mélancolie, alors cet élan avait quelque chose de rafraîchissant.»

Entre péripéties en cascades et dialogues chargés d'émotion et de lucidité, on suit l'enquête d'Arthur Pepper et l'évolution de son personnage avec un intérêt qui jamais ne faiblit. Enfermé dans une routine maniaque censée apaiser son chagrin, Arthur Pepper va se surprendre à être heureux comme il n'espérait plus l'être depuis la mort de sa femme. C'est émouvant, captivant, rafraîchissant sans jamais être larmoyant... Une véritable bouffée d'oxygène !

«La curiosité qu'avaient suscités en lui les charmes mystérieux commençait à s'évanouir, comme s'ils n'étaient qu'autant d'artefacts de contes de fées, de reliques d'une époque lointaine. Arthur se plaisait à sentir ses propres souvenirs, ceux de sa femme, de ses enfants et de sa vie, chasser dans son esprit les événements passés.»

Une jolie fable romanesque pleine d'aventures, de sourires, de voyages et de personnages attachants qui donne envie de mordre l'existence à pleines dents !

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27 décembre 2016

Viviana MAZZA : L'histoire de Malala

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Viviana MAZZA, L'histoire de Malala.
208 pages.
Editions Folio Junior (21 mai 2015).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Malala n'a que onze ans lorsqu'elle décide d'élever la voix. Elle en a quinze quand, un jour comme tant d'autres, alors qu'elle rentre de l'école avec ses amies, les talibans tentent de la tuer. Pourquoi ? Dans son pays, le Pakistan, elle s'est opposée à ceux qui voulaient supprimer les droits des femmes. Avec l'aide de sa famille, Malala a décidé de crier «non». Presque une petite fille encore, elle a lutté sans armes ni violence, mais avec le courage des mots et de l'intelligence, avec la force de la vérité et de l'innocence. La journaliste Viviana Mazza nous raconte le combat exemplaire de Malala Yousafzai, jeune Pakistanaise qui a bravé la mort pour défendre le droit des femmes à l'éducation dans son pays. Un livre bouleversant.

MON AVIS :

Dans ce roman jeunesse à conseiller à partir de onze ou douze ans, la journaliste Viviana Mazza raconte le combat exemplaire de Malala Yousafzai, cette jeune Pakistanaise qui a bravé la mort pour défendre le droit des femmes à l'éducation dans son pays.

Résistant aux talibans et refusant l'ignorance à laquelle le fanatisme la condamne, Malala, encore presque une enfant, est résolue à se battre pour continuer d'aller à l'école, dans un pays où les garçons sont rois et où la place de la femme est à la maison.

Son courage et sa ténacité faillirent lui coûter la vie. La jeune fille alors âgée de quinze ans, est grièvement blessée d'une balle dans la tête tirée à bout portant. Elle restera plusieurs jours entre la vie et la mort mais cet attentat censée la réduire au silence l'a rendue plus forte encore. Malgré la peur et les menaces, Malala, désormais exilée en Angleterre, est plus que jamais confortée dans son engagement en faveur de l'éducation des filles dans son pays et au-delà.

Encouragée par des parents éclairés à s’instruire, écrire, à dénoncer l’insoutenable et à exiger, pour toutes et tous, l’accès au savoir, Malala est devenue un symbole de courage et de lutte contre l'obscurantisme et l'extrémisme religieux.  

«Les talibans peuvent ouvrir le feu, bombarder, jeter de l'acide à la figure des gens, mais ils ne peuvent pas tout détruire. Ils ne peuvent pas effacer les souvenirs heureux.»

Ce récit, simple, franc et bouleversant, est un bel exemple de courage et de détermination à faire découvrir au plus grand nombre !

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26 décembre 2016

Laurence PEYRIN : Hanna

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Laurence PEYRIN, Hanna.
278 pages.
Editions Kéro (4 novembre 2015).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Suffirait-il de partir pour tout oublier ? En tout cas, c’est ce qu’a voulu croire Hanna. Pour effacer le souvenir de son amant, la jeune femme a quitté l’Irlande et a ouvert à New York une librairie, Pemberley, un endroit chaleureux où l’on vient piocher un bon livre et rester des heures à grignoter les meilleures pâtisseries de Manhattan.

Au milieu de cette nouvelle vie il y a la petite Eleanor, 6 mois, qui, bien malgré elle, complique tout… et rend l’oubli impossible.

Hanna l’ignore encore, mais elle n’est pas la seule à avoir enfoui un secret trop grand pour elle. Bientôt, elle va découvrir que ses proches ont tous quelque chose à lui cacher : son mari, sa sœur, et même la mystérieuse Zelda Zonk depuis l’au-delà !

Que se passera-t-il pour Hanna lorsqu’un tout petit événement, presque anodin, fera éclater la vérité ? 

MON AVIS :

Laurence Peyrin a été journaliste de presse pendant vingt ans. Mère de six enfants aujourd'hui adolescents pour la plupart, elle se consacre désormais à transmettre sa passion du cinéma à des élèves de collège, aux voyages et à l'écriture qui occupe la plus grande partie de sa vie. Après La drôle de vie de Zelda Zonk, Prix Maison de la presse en 2015, Laurence Peyrin redonne vie à ses personnages pour notre plus grand bonheur dans une nouvelle histoire savoureuse et intense.

On retrouve donc Hanna, installée à New-York, toujours engluée dans un mariage routinier auquel vient désormais s'ajouter la petite Eleanor...

«Le bonheur se cachait dans les détails...»

Entre un mariage qui prend l'eau, des souvenirs douloureux et un secret trop grand pour elle, Hanna s'interroge encore et toujours sur l'amour et le sens de sa vie. Certes, la librairie qu'elle a créée lui permet d'oublier les relations tendues et compliquées qu'elle entretient avec un mari de plus en plus distant mais est-elle vraiment heureuse à New-York ? Parviendra-t-elle un jour à effacer le souvenir de son amant ? Et d'ailleurs, son histoire avec Michael fait-elle vraiment partie du passé ?

Comme La drôle de vie de Zelda Zonk, Hanna est une comédie romantique pleine d'émotion sur les remises en question, l'amour, la vie de couple et le temps qui passe. Le mystère autour de Zelda et Marylin sert d'écrin à l'histoire d'un amour unique, intense et émouvant, qui ne manquera pas d'interpeller la lectrice sur ses propres choix de vie ! C'est frais, spontané, divertissant, mordant mais surtout très stimulant !

Une totale réussite pour cette auteure avec laquelle il faudra désormais compter ! 

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19 décembre 2016

Carmel HARRINGTON : La vie est belle après tout

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Carmel HARRINGTON, La vie est belle après tout.
384 pages.
Editions Harlequin (26 octobre 2016).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Cette année, Noël est annulé. Pour la première fois de sa vie, Belle n’a ni le cœur ni la force de célébrer sa fête préférée. 

À l’approche des fêtes de fin d’année, Belle accumule les mauvaises nouvelles. Après avoir perdu la garde de la petite Lauren, une enfant qu’on lui avait confiée en tant que parent d’accueil et à qui elle s’était beaucoup attachée, voilà que son mari, Jim, son âme sœur, est victime d’un accident de voiture dont personne ne peut dire s’il en réchappera. Belle se sent alors si abattue qu’elle en vient à faire le vœu de ne jamais avoir existé. Mais il faut être prudent, avec les vœux. Car, en cette période de Noël, il y a parfois des anges pour vous entendre et vous exaucer…

Ce roman ravira tous les fans du film de Noël intemporel de Frank Capra, La vie est belle.

MON AVIS :

Avec son mari et ses deux enfants, Amelia et Nate, Carmel Harrington jouit d’une vie assez idyllique en Irlande. Une vie remplie d’histoires, de chansons, de jeux de cache-cache, de Mickey, de balades sur la plage, de chatouilles, de bisous, de douceurs au chocolat… Mais surtout, une vie remplie d’amour. Et, cerise sur le gâteau, elle a à présent réalisé le rêve de sa vie, être écrivain, puisqu'elle est à la fois romancière et dramaturge. Alors, elle croit aux histoires qui se terminent bien et aux rêves qui se réalisent, parce que c’est ce qu’il lui est arrivé.

Et son roman, La vie est belle après tout, est une jolie fable morale, sociale et humaine, qui prouve que le bonheur n'est qu'une question de choix.

S'inspirant du chef d'œuvre inusable de Frank Capra, Carmel Harrington signe une comédie contemporaine touchante, à mi-chemin entre récit fantastique et le mélodrame pleinement assumé, idéale à lire en cette période des fêtes de Noël.

À grands coups d'humanisme forcené (il faut reconnaître que ses personnages sont très engagés et très désireux de venir en aide à leur prochain...), l'auteur affirme pleinement sa théorie métaphysique de la plénitude selon laquelle le bonheur se choisit et se cultive au quotidien.

«N'oublie jamais à quel point la vie est belle, et profite de chaque instant qu'elle t'offre.»

L'expérience extraordinaire et l'inoubliable Noël que Belle va vivre, en dépit de toutes les mauvaises nouvelles et les catastrophes qu'elle accumule, rappelle au lecteur (ou plutôt la lectrice) que l'optimisme n'a rien d'un credo scout ! Soyons les artisans de notre propre bonheur, sourions toujours plus, aimons-nous les uns les autres et mettons de la joie dans tout ce que nous faisons, telle est la grammaire du bonheur selon Carmel Harrington !

Ainsi résumé, il faut avouer que le roman de Carmel Harrington peut paraître bien mièvre ! Mais malgré une intrigue pleine de bons sentiments, l'auteure arrive toutefois à nous surprendre et à créer la surprise ! Totalement absorbé par l'histoire touchante de Belle, on ne se doute pas un seul instant que cette jeune femme que la vie n'a pas épargnée, doive encore en passer par des événements aussi tragiques ! Pourtant, malgré les épreuves, Belle va bel et bien vivre un Noël inoubliable, dont elle sortira complètement transformée...

La vie est belle après tout est une très jolie et très émouvante fable de Noël qui prône de belles valeurs. Divertissante, profonde et inspirante sans jamais être moralisatrice, c'est une lecture réconfortante qui redonnera le sourire à toutes celles et ceux qui l'avaient perdu !

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14 décembre 2016

Michel QUINT : Un hiver avec le diable

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Michel QUINT, Un hiver avec le diable.
360 pages.
Editions Presses de la Cité (6 octobre 2016).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Hiver 1953. Hortense Weber, jeune Alsacienne célibataire venue occuper un poste d'institutrice à Equignies, bourg de l'agglomération lilloise, accouche d'un petit garçon. A la maternité , elle rencontre Robert Duvinage, qui pratique, entre autres, l'escroquerie photographique du «bébé du mois». Parce qu'elle le perce à jour sans le dénoncer, parce qu'il sent la jeune femme porteuse d'un secret, s'installe entre eux une relation d'affection méfiante. Robert suspend un temps ses activités pour faire le commis dans le bistrot-épicerie du maire communiste d'Erquignies et veiller sur Hortense malgré elle. La guerre d'Indochine bat son plein et divise la population, la guerre froide est vécue au quotidien... Les dissensions sont exacerbées par le procès à Bordeaux des nazis qui ont massacré les habitants d'Oradour en 1944. Parmi les accusés, treize malgré-nous, dont un engagé volontaire, alsacien. À Erquignies, on se déchire avec autant de violence que dans toute la France : responsabilité collective ou individuelle dans un crime contre l'humanité ? Peut-être en raison de ses origines, de son homonymie avec un des accusés, de son statut de fille-mère, Hortense est montrée du doigt. En même temps, ce climat ravive les plaies de la Libération, notamment l'affaire du réseau Voix du Nord, du nom du journal issu de la Résistance et de l'épuration...

MON AVIS :

Né en 1949, Michel Quint reçoit en 1989 le Grand Prix de Littérature policière pour Billard à l'étage. Viendront notamment ensuite Le Bélier noir, L'Eternité sans faute et surtout Effroyables jardins qui fait exploser sa carrière avec aussi un long-métrage réalisé par Jean Becker. Michel Quint publie environ un livre par an, alternant fiction pour adultes, biographies, nouvelles, textes illustrés, livres pour la jeunesse. 

Entre querelles villageoises, jalousies, vengeances et vieilles rancœurs, Michel Quint signe un roman rural réaliste et très bien documenté sur les blessures encore béantes de la Seconde Guerre mondiale, un roman à la fois trouble et troublant, que je n'ai, malheureusement, pas su apprécier à sa juste valeur...

Et c'est bien dommage car le climat des années d'après-guerre, celui notamment de l'épuration, est très bien restitué et l'histoire d'amour, pour le moins atypique, de Robert, charmant escroc à la petite semaine, et d'Hortense, une jeune mère célibataire venue d'Alsace, avait tout pour me plaire...

Bien entendu, j'ai apprécié les personnages, la façon dont Michel Quint a su les croquer, avec justesse, tendresse, avec cette gouaille et ce parler typique du Nord-Pas-de-Calais qui m'est si familier ! Mais je ne m'attendais peut-être pas à ce que la guerre d'Indochine, qui bat son plein, prenne autant de place dans le récit de Michel Quint, ni à ce que le procès des nazis qui ont massacré les habitants d'Oradour crée autant de dissensions dans un tout petit village du Nord en apparence paisible...

Certes, je comprends les questions intelligentes que l'auteur soulève, qu'après la guerre les peuples aient eu soif de justice et de vengeance, je connais les heures sombres de l'épuration, les femmes tondues et les exécutions sommaires qui ont eu lieu alors même que le Reich n'avait pas encore capitulé... Mais toutes ces tensions, ces interrogations sur la responsabilité collective ou individuelle, l'infamie de la collaboration, le climat de méfiance, d'ambivalence et l'affaire du réseau Voix du Nord ont fini par avoir raison de mon intérêt pour cette histoire qui promettait pourtant d'être passionnante en tous points ! J'en suis la première déçue !

Posté par ingridfasquelle à 17:21 - - Commentaires [1] - Permalien [#]