HISTOIRE DU SOIR

20 juillet 2019

Marie VAREILLE : La vie rêvée des chaussettes orphelines

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Marie VAREILLE, La vie rêvée des chaussettes orphelines.
400 pages.
Editions Charleston (12 juin 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

En apparence, Alice va très bien (ou presque). En réalité, elle ne dort plus sans somnifères, souffre de troubles obsessionnels compulsifs et collectionne les crises d’angoisse à l’idée que le drame qu’elle a si profondément enfoui quelques années plus tôt refasse surface.

Américaine fraîchement débarquée à Paris, elle n’a qu’un objectif : repartir à zéro et se reconstruire. Elle accepte alors de travailler dans une start-up dirigée par un jeune PDG fantasque dont le projet se révèle pour le moins... étonnant : il veut réunir les chaussettes dépareillées de par le monde. La jeune femme ne s’en doute pas encore, mais les rencontres qu’elle va faire dans cette ville inconnue vont bouleverser sa vie.

Devenue experte dans l’art de mettre des barrières entre elle et les autres, jusqu’à quand Alice arrivera-t-elle à dissimuler son passé ?

MON AVIS :

Comme n'importe quelle fille de 30 ans, Marie Vareille croule sous les problèmes existentiels : une vie amoureuse qui passe sans crier gare du néant le plus total à la tragédie grecque, une dangereuse tendance à prendre les Mojitos pour des menthes à l'eau et une carte bleue hors de tout contrôle... Seul remède à ses déboires : s'inventer des histoires ; elle écrit depuis qu'elle a été en âge d'aligner trois phrases sur ses cahiers Hello Kitty. Son roman best-seller, Je peux très bien me passer de toi, a reçu le 1er prix des lectrices Confidentielles en 2015. Depuis, l’auteure, qui se consacre désormais à l’écriture, a remporté de nombreux prix en littérature jeunesse pour sa trilogie Elia la passeuse d’âmes et conquis plus de 400.000 lecteurs.

La vie rêvée des chaussettes orphelines, le septième roman de Marie Vareille, publié aux éditions Charleston le 12 juin dernier, a suscité un tel enthousiasme parmi les lecteurs qu’il était tout bonnement impossible de passer à côté !

Derrière son titre déjanté, ce roman, qui aborde des thèmes personnels, est étonnement complexe, poignant et profondément humain. Il y est notamment question de désir d’enfant, de difficulté à concevoir, mais aussi de filiation, d’amour fraternel et, comme c’est souvent le cas dans les romans de Marie Vareille, de la nécessité de poursuivre et de réaliser ses rêves.

Mais le point fort de ce roman, indépendamment du fait que les personnages suscitent immédiatement la sympathie (voire l’empathie) du lecteur, c’est bien la maîtrise du suspense que Marie Vareille entretient jusque dans les dernières pages ! Tout l’intérêt de son récit réside dans le fait de découvrir ce qui a bien pu bouleverser la vie d’Alice au point qu’elle se décide à tout plaquer, à quitter les Etats-Unis pour s’installer à Paris, seule, bourrée d’angoisse, de troubles obsessionnels, et de médicaments. Quel est donc le drame qu’Alice tente d’enfouir si profondément en elle ? Lui sera-t-il possible de commencer une nouvelle vie en France, sans attaches, sans famille ni amis, en occultant aux autres comme à soi-même, un pan tout entier de son passé ?

« La vie est faite de minuscules décisions. À chaque pas, chaque action, chaque choix, nous avançons un peu plus sur un chemin plutôt que sur un autre. On sait ce qu’on accepte, mais on ne sait jamais ce à quoi on renonce. La simple réponse à une question enfantine peut changer le cours d’une destinée.»

Et si les chaussettes orphelines n’étaient rien d’autres finalement que ces fameuses « âmes sœurs » que parfois, la vie sépare ? Ces moitiés qui ne faisaient qu’un et qui soudain se retrouvent seules, désœuvrées et persuadées de ne plus servir à rien ? C’est ce que vous découvrirez en lisant La vie rêvée des chaussettes orphelines, un roman profond et surprenant qui cache, comme par pudeur, une émouvante et touchante histoire de reconstruction.

Si, comme moi, vous craignez de lire une de ces intrigues tire-larmes qui plombent le moral et vous laissent le cœur à marée basse une fois terminées, sachez que Marie Vareille possède une plume suffisamment enjouée et optimiste pour écrire une histoire positive, motivante et bienveillante que vous ne pourrez plus lâcher ! Vous refermerez ce roman plein de bonne humeur et de fantaisie, le sourire aux lèvres, avec l’envie d’aller vous aussi jusqu’au bout de vos rêves !

« Un loser n’a jamais été quelqu’un qui ne réussit pas, c’est quelqu’un qui n’essaie pas. Les losers, ce sont ceux qui clament qu’ils vont faire quelque chose et ne se lancent jamais, ceux qui baissent les bras au premier obstacle et abandonnent, ceux qui acceptent comme une fatalité tout ce qui ne va pas dans leur vie, et se plaignent continuellement sans jamais agir pour rien changer. »

Je remercie les éditions Charleston de leur confiance et Marie Vareille pour sa charmante dédicace.

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14 juillet 2019

Daniel CARIO : Trois femmes en noir

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Daniel CARIO, Trois femmes en noir.
384 pages.
Editions Pocket (15 mars 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Dans les années 1990, Port-Louis est le lieu de vie, de bonheur et de souffrance des femmes guettant le retour des marins. La découverte, un matin de printemps, du cadavre d'Eugénie à quelques mètres de la jetée plonge la petite communauté dans un climat lourd de suspicion...

A Port-Louis, près de Lorient, la vie suit son cours entre rythme des marées et horizon du grand large. Mais ce matin-là, deux vieilles pêcheuses de palourdes, Guite et Fanch, découvrent sur une petite plage le cadavre d'Eugénie, « brave fille un peu bizarre ». Des indices sur le lieu du crime orientent l'enquête vers trois marins, estimés et respectés. Parti en mer, leur chalutier ne répond pas aux appels radio et tarde à revenir. Au cœur de la tourmente, trois femmes guettent fébrilement le retour des marins, l'une, son mari, la seconde, son frère, la troisième, son fils.

L'un d'eux serait-il l'assassin d'Eugénie ?

MON AVIS :

Ancien professeur de lettres à Lorient, Daniel Cario est l'auteur d'une trilogie romanesque nourrie de culture traditionnelle. Très présent dans les salons et dans les médiathèques, il a signé plusieurs titres aux Presses de la Cité dont Les bâtards du diable en 2018, un roman choc, ultra-noir et terriblement prenant sur les thèmes de la vengeance, de la démence et du secret. 

Ici, l’auteur a situé son intrigue dans une époque récente, ce qui est plutôt inhabituel pour les romans de la collection Terres de France, qui ont plutôt coutume de mettre l’accent sur la culture et l’histoire de nos régions et de guider le lecteur sur des chemins romanesques. Daniel Cario prouve donc avec Trois femmes en noir qu’il n’est pas forcément utile de fouiller les méandres du passé pour évoquer les ambiances d’un lieu, le contexte du récit. De nos jours, on trouve toujours ces personnages de commères et ces colporteurs de ragots malveillants.

Au-delà du roman policier et de son intrigue criminelle, le roman de Daniel Cario se double d’une sorte de chronique d’une petite ville côtière bretonne. C’est un roman très réussi, qui tient le lecteur en haleine de la première à la dernière page. Au-delà de l’élucidation du meurtre d’Eugénie, au-delà du plaisir de l’enquête à résoudre, c’est surtout la vie au sein de la communauté portuaire qui captive, ce monde des pêcheuses de palourdes, ces femmes de marins au caractère bien trempé qui s’occupent de leurs familles et qui font tourner la maison quand les hommes sont en mer.

C’est en quelque sorte un roman sociétal (ou étude de mœurs, c’est comme on veut) et c’est cet aspect qui est plus intéressant. L’enquête se déroule dans une ambiance délétère, qui confine parfois au sordide, et l’auteur y donne à voir un microcosme très particulier, au sein duquel la rumeur peut être dévastatrice. Dans cet univers qui n’aurait pas déplu à Simenon, ces trois femmes en noir qui, toutes, ont un lien avec les assassins présumés d’Eugénie, vont devoir se liguer, affronter les ragots et devenir en quelque sorte des enquêtrices pour faire taire les commérages qui salissent la réputation de leurs hommes. Leur combat contre l’adversité suscite automatiquement la sympathie, tout comme on ressent tendresse et empathie envers Chim, ce simplet frappé de plein fouet par les soupçons, alors qu’il pleure la disparition de sa seule et unique amie…

Grâce à son enquête prenante et au caractère puissant de ses personnages, Trois femmes en noir est un roman noir et habile, qu’on ne lâche pas une fois commencé.  Huis-clos étouffant au sein d’une communauté maritime pas toujours chaleureuse ni bienveillante, ce roman se réclame également d’un bel hommage à la fierté et à la dignité des femmes de marins et de pêcheurs. Une excellente lecture !

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09 juillet 2019

Mathieu MENEGAUX : Un fils parfait

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Mathieu MENEGAUX, Un fils parfait.
168 pages.
Editions Points (1 février 2018).

QUARTIEME DE COUVERTURE :

Quand on épouse le prince charmant, beau et brillant, qu'on a avec lui deux petites filles adorables, comment imaginer un seul instant que le pire puisse arriver ? Qu'il a menti sur tout, tout le temps ? Qu'il va falloir se résoudre à affronter celui qu'on a tant aimé dans une lutte sans merci ?

Inspiré d'une histoire vraie, le récit poignant du combat d'une mère contre la machine judiciaire.

MON AVIS :

Diplômé de HEC, il a débuté une carrière dans l'industrie au Maroc, et il travaille aujourd'hui dans un cabinet de conseil en management, une occupation très sérieuse en vérité. Passionné de littérature et de chanson, il a attendu d'avoir 45 ans avant d'enfin décider de passer plus de temps à écrire des phrases en français sur Word que des transparents en franglais sur PowerPoint. Son premier roman, Je me suis tue, est paru en avril 2015 chez Grasset, chez Points en janvier 2017 et a été récompensé aux Journées du Livre de Sablet.

Un fils parfait a été publié par Grasset le 1er février 2017 et chez Points l’année suivante. Il a reçu le Prix Claude Chabrol du roman noir. Inspiré d’une histoire vraie, Mathieu Menegaux y livre le récit du combat d’une mère contre la machine judiciaire.

C’est encore un roman de mœurs grave et bouleversant, qui se lit d’une traite et dont on ne peut absolument rien dévoiler.

Pour autant, la situation de départ est tout ce qu’il y a de plus simple : Maxime a tout du mari parfait. C’est un mari aimant, doublé d’un père investi et attentionné, qui mène également une carrière brillante. Jusqu’à ce que sa femme Daphné découvre par le plus grand des hasards que ce tableau idyllique comporte une faille… Entre eux, désormais, le conflit est inévitable et la lutte sera sans merci.

« Dans cette histoire, il aura suffi d’un minuscule détail pour emballer la machine. »

Jusqu’où une mère peut-elle aller pour faire valoir ses droits alors que personne n’accepte de la croire ? C’est tout le propos de ce roman magistral, aussi brillant que terrifiant, qui pointe du doigt les limites de notre système judiciaire.  

Poids de la culpabilité, jugement des autres, la confession de Daphné est poignante. Révoltante aussi. Et le drame qu'elle a vécu est quant à lui franchement sordide. Mais tout cela dépend bien sûr de quel côté on se place. Car c'est bien connu, sous la couche parfois bien épaisse du vernis social, les familles sont souvent moins reluisantes qu’il n’y parait de prime abord…

« J’avais beau faire partie à présent des rangs des victimes, je ne parvenais pas à m’identifier aux protagonistes de ces histoires dont je comprenais qu’elles se déroulaient le plus souvent dans le cadre d’un divorce conflictuelle et dans des milieux défavorisés. Je me revois dans ma chambre quatre étoiles à continuer à me sentir supérieure à « ces gens-là », juchée sur mon piédestal d’éducation, privilèges et de milieu. »

Noir, intense et dérangeant, Un fils parfait s’inscrit dans la même veine que l’envoûtante Chanson douce de Leïla Slimani. Mathieu Menegaux y montre comment des individus complètement normaux peuvent, en un instant, se retrouver aspirés dans une spirale incontrôlable qui va pulvériser leur vie et détruire leur réputation. Un roman fascinant à lire de toute urgence !

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08 juillet 2019

Camille SAINT-ALBAN : Le temps d'un été

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Camille SAINT-ALBAN, Le temps d'un été.
155 pages.
Editions Charleston (13 novembre 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Lorsque Coralie décide de mettre sa dernière aquarelle, Le Bateau Fantôme, au centre de son exposition de peintures, elle n'imagine pas une seconde qu'elle va se faire accuser de plagiat. Car si cette toile diffère de son style habituel, elle l'a bel et bien sortie de son imagination... C'est en tout cas ce qu'elle pense, jusqu'à ce qu'on lui prouve le contraire : elle a reproduit à l'identique une aquarelle peinte il y a près de vingt ans !

Elle se lance alors sur les traces de son passé, dans une enquête qui va la ramener à l'été de ses six ans, passé chez ses grands-parents. Un été dont elle a tout oublié, mais qui renferme pourtant la clé du mystère...

« Une bonne idée de départ et une jolie plume. » - Clarisse Sabard, auteure du best-seller Les Lettres de Rose et membre du jury du Prix du Livre Romantique.

« Une belle écriture et une intrigue intéressante. » - Marie Vareille, auteure du best-seller Je peux très bien me passer de toi et membre du jury du Prix du Livre Romantique.

MON AVIS :

D'origine vendéenne, Camille Saint-Alban écrit depuis longtemps des nouvelles pour la presse féminine, et des histoires romantiques qui sont restées quasiment confidentielles jusqu'à ces dernières années. Le renouveau de cette littérature lui a permis de sortir ses manuscrits des tiroirs et c’est tant mieux puisque son roman, Le temps d’un été, a été finaliste lors du Prix du Livre Romantique (qui a notamment révélé Clarisse Sabard en 2016).

Disponible uniquement au format numérique, le roman de Camille Saint-Alban fait partie de ceux que l’on réserve idéalement aux vacances et à la période estivale. Pour autant, l’incroyable histoire de Coralie a de quoi surprendre ! Originale et bien ficelée, elle saura vous tenir en haleine de la première à la dernière page ! On y trouve tous les ingrédients qui font le succès des meilleurs romans du genre avec une pointe de suspense qui ne détone pas ! Une fois commencée, il est très difficile de ne pas aller au bout de cette singulière histoire de plagiat teintée de cryptomnésie !

Comment Coralie a-t-elle pu reproduire de mémoire une aquarelle peinte il a près de vingt, dont elle dit n’avoir gardé aucun souvenir ? C’est en fouillant dans son passé, lors d’une enquête passionnante qui va la ramener à l’été de ses six ans, qu’elle trouvera la clé du mystère…

Le temps d’un été est un roman de détente et d’évasion qui tient toutes ses promesses ! Une très belle découverte !

Je remercie les éditions Charleston de leur confiance.

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04 juillet 2019

Patrick PESNOT : La rose et le bourreau

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Patrick PESNOT, La rose et le bourreau.
336 pages.
Editions L'Archipel (5 septembre 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Cancale, milieu du XVIIIème siècle. Orpheline de mère et fille de capitaine, Julienne ne supporte plus sa marâtre. Résolue à changer de vie, elle décide un jour de couper ses cheveux, en le les vêtements de son frère et se fait appeler... Henri.

En route vers Paris, la garçonne vit d’expédients, dort à la belle étoile et se fait connaître de la maréchaussée en laissant pour mort un aubergiste émoustillé par son androgynie... Elle est recueillie par un jeune abbé aussi bon qu’avenant. Arrivée à Paris, à court de ressources, elle cède aux avances d’un sergent recruteur qui l’engage dans l’armée du roi sous le sobriquet de « Sans-Souci ». La voilà engagée dans la campagne de Bohème, à travers Vosges et Forêt-Noire.
Bientôt, quarante mille soldats franchissent le Danube et marchent sur Prague. Si Julienne se conduit avec bravoure, pourquoi chacun des hommes dont elle s’éprend – son capitaine, son compagnon de chambrée... – connaît-il un sort funeste ? De retour en France après avoir déserté, elle n’aura d’autre choix que d’assister dans sa tâche « Monsieur de Marseille » – le bourreau. Jusqu’à quand parviendra-t-elle à dissimuler son identité ?

Un roman picaresque dont l’héroïne, mutine aventurière, ne cesse de se perdre pour se retrouver. D’une plume alerte et truculente, Patrick Pesnot y fait revivre l’Europe galante et dangereuse du temps de Louis XV.

MON AVIS :

Créateur de l'émission « Rendez-vous avec X » sur France Inter (1997- 2015), Patrick Pesnot est aussi un maître du roman historique, comme en témoigne le succès de son diptyque Le Régent (Nouveau Monde éd., 2011) et de la trilogie La Malédiction des Médicis, réédité par Archipoche (2018-2019). Les éditions de l'Archipel ont récemment publié son roman La Rose et le Bourreau (2018), qui relate les tribulations d’une femme travestie sous le règne de Louis XV.

S’inspirant du parcours peu banal d’une jeune Cancalaise devenue exécuteur du Roi, Patrick Pesnot retrace la vie singulière de Marguerite Julienne Le Paistour. Impétueuse, fougueuse et insoumise, cette jeune femme au caractère décidément hors du commun n’aura de cesse de clamer son indépendance et sa liberté.

Impossible de s’ennuyer une seule seconde aux côtés de cette féministe avant l’heure ! Depuis Paris, où elle s’engage dans l’armée du roi jusqu’à son retour en France, où elle devient l’assistante de « Monsieur de Marseille », la belle insolente vivra mille vies et connaîtra mille dangers aux quatre coins d’une Europe bouillonnante, souvent à feu et à sang.

Bravant les interdits et les conventions, Julienne, à moins qu’il ne s’agisse d’Henri ou de « Sans-Souci », est bel et bien déterminée à exploiter les avantages de son androgynie mais jusqu’où parviendra-t-elle à dissimuler son identité et à se jouer de ceux qui régissent la vie des femmes ? C’est tout le propos de la fantastique épopée de Patrick Pesnot !

La rose et le bourreau est un roman historique virevoltant dont l’héroïne, anticonformiste et totalement décomplexée, ne cesse de se perdre pour mieux se retrouver ! Une excellente découverte !

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01 juillet 2019

Ahava SORARUFF : Baby Jane à Broadway

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Ahava SORARUFF, Baby Jane à Broadway.
432 pages.
Editions Charleston (9 octobre 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

En 1988, Andrew Lloyd Webber triomphe à New York avec Le Fantôme de l'Opéra, tandis que Tess, ex-danseuse souffrant d'agoraphobie depuis qu'elle a réchappé à un incendie meurtrier, vit recluse dans un quartier de Brooklyn. Chaque pas hors de chez elle est devenu un effort, mais la passion de la danse est toujours là, brûlante. C'est elle qui pousse Tess à franchir, un vendredi matin, les portes du théâtre du Wonderful où se tiennent les auditions pour un spectacle d'un genre nouveau : le cabaret burlesque. Là, sur la scène du Wonderful, Tess deviendra Baby Jane. Une Baby Jane audacieuse, vibrante et libre.

Un bouleversant roman de reconquête de soi, qui nous plonge dans l'univers enivrant du cabaret des années 1980.

« Un roman captivant, une héroïne que l’on prend plaisir à voir peu à peu sortir de sa coquille, des personnages forts qui me trottent encore en tête. » Clarisse Sabard, auteure du best-seller Les Lettres de Rose et membre du jury du Prix du Livre Romantique.

MON AVIS :

Ahava Soraruff est née en Alsace, a grandi dans les environs de Grenoble, et vit depuis plusieurs années en Écosse. Elle enseigne la philosophie et écrit des histoires qui s'inspirent de ses nombreux voyages. Coup de coeur du jury du Prix du Livre Romantique 2018, Baby Jane à Broadway est son premier roman et les lectrices Charleston ne s’y sont pas trompées : elles l’ont adoré !

Il suffit de voir ce qu’en dit Clarisse Sabard, l’auteure du best-seller Les lettres de Rose, pour avoir envie de s’y plonger ! Le roman est en effet captivant, il plonge la lectrice dans la conception et les coulisses d’un spectacle de cabaret burlesque des années 80. Bling-bling et paillettes, audace et impertinence, préparez-vous à rencontrer des héroïnes fortes, déterminées à se hisser au sommet de leur art et à vivre la vie qu’elles se sont imaginées !

L’histoire de Baby Jane à Broadway est enivrante et on la dévore plus qu’on ne la lit tant on se sent absorbée par la passion et l’enthousiasme communicatifs de ces neuf danseuses au charme fou ! Pourtant, le roman d’Ahava Soraruff ne serait pas Charleston sans une femme à la fois forte et fragile, candide et décalée, vulnérable et combattive, en quête d’une vie meilleure.

Le parcours de Tess pour se libérer de son agoraphobie ne se fera pas sans heurt mais celle-ci, on s’en doute, ne baissera pas les bras ! Comme la troupe de danseuses du Wonderful iront au bout d’elles-mêmes pour pouvoir offrir au public un spectacle d'un genre nouveau, Tess devra puiser au fond d’elle-même pour oser dépasser ses superstitions, abandonner les tocs sans queue ni tête qu’elle croit indispensables pour vivre un quotidien pourtant très étriqué. Si elle est extrêmement touchante dans sa bizarrerie, c’est bel et bien sa renaissance, la reconquête d’elle-même qui la rendent absolument fascinante !

Et il y a fort à parier que l’évolution de Tess inspirera beaucoup de lectrices ! Sa métamorphose et son changement de vie radical encourageront les plus timides ou les plus timorées à déployer elles aussi leurs ailes ! En cela, le roman d’Ahava Soraruff est un véritable shoot d’oxygène !

Cocasse, pimpant, mais aussi incroyablement touchant et inspirant, Baby Jane à Broadway est un roman feel-good plein de charme et de paillettes, idéal pour reprendre confiance en soi. Comme Tess, devenez vous aussi une Baby Jane intrépide à la conquête de vos rêves et d’une vie plus libre !

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27 juin 2019

Valentin MUSSO : Dernier été pour Lisa

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Valentin MUSSO, Dernier été pour Lisa.
400 pages.
Editions Seuil (7 juin 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

On les appelle « les Inséparables » : Lisa, Nick et Ethan, trois adolescents qui grandissent ensemble près du lac Michigan, dans une bourgade du Wisconsin. À la fin de l'été 2004, leur paisible existence vole en éclats : Lisa est retrouvée assassinée sur la plage. Après une enquête bâclée, Ethan, son petit ami, est arrêté et condamné à la prison à vie.

Douze ans plus tard, installé à New York, Nick est devenu un écrivain à succès. Mais les fantômes du passé ne sont pas près de le laisser en paix : contre toute attente, Ethan vient d'être remis en liberté. De retour dans sa ville natale, Nick va devoir affronter l'hostilité des habitants, toujours convaincus de la culpabilité de son ami. Pour innocenter définitivement son ami et parvenir à se reconstruire, il n'aura d'autre choix que de faire la lumière sur la mort de Lisa et de retrouver le véritable meurtrier.

Avec ce nouveau thriller d'une redoutable efficacité, Valentin Musso nous entraîne au cœur d'une petite ville américaine en apparence sans histoires, et qui cache bien ses secrets.

MON AVIS :

Né en 1977, Valentin Musso est agrégé de lettres. Il est l'auteur de six romans, traduits dans plusieurs langues, dont Sans faille (Seuil, 2014), Une vraie famille, (Seuil, 2015), en cours d'adaptation cinématographique, et La Femme à droite sur la photo (Seuil, 2017).

Intrigue captivante, personnages crédibles, suspense impeccablement maîtrisé, on prend un réel plaisir à s’immerger dans cette petite bourgade du Winconsin où Lisa, une jeune fille de 17 ans a trouvé la mort à la fin de l’été 2004.

Entre secrets, non-dits, mensonges et trahisons, le lecteur va devoir affronter l’hostilité ambiante et élucider un à un les mystères qui entourent la mort de Lisa. Au sein de cette communauté qui vit en vase clos, on comprend très vite que les personnes les plus insoupçonnables peuvent aussi cacher une part d’ombre...

Valentin Musso entraîne des personnages en apparence ordinaires dans une spirale qui révèle la complexité profonde de leur personnalité. Qu’y a-t-il vraiment sous la surface des êtres qui nous entourent, c'est tout le propos de ce thriller psychologique super addictif, qui agrippe le lecteur dès la première page ! Brillant !

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21 juin 2019

Laura DAVE : Hello, Sunshine

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Laura DAVE, Hello, Sunshine.
368 pages.
Editions Belfond (24 janvier 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Quand une top chef made in YouTube devient le plus gros bad buzz de l'histoire de la cuisine ! Tout en émotion et en humour, un roman savoureux qui prône le retour au vrai, à la famille et au goût des bonnes choses.

À trente-cinq ans, Sunshine Mackenzie est à la tête de la chaîne YouTube la plus trendy du moment. Entre sa célèbre émission de cuisine « A Little Sunshine », ses millions de followers, son loft à Tribeca et son amoureux parfait, la vie de la jeune femme a tout d'un conte de fées. Jusqu'au jour où la chantilly retombe : un troll révèle que la belle est une usurpatrice, une « chef » tout juste capable de faire cuire un œuf. Pire encore : des photos d'elle occupée à tromper son époux enflamment la toile...

Bye-bye les followers, les sponsors, le mari, le loft à crédit ! Devenue persona non grata à New York, Sunshine n'a plus qu'à rentrer piteusement au bercail, dans les Hamptons, et à entamer sa quête de rachat. Apprentissage auprès d'un chef aussi étoilé qu'intransigeant, mea culpa familial, tentative de reconquête amoureuse : Sunshine trouvera-t-elle enfin la recette magique ?

MON AVIS :

Née en 1977, Laura Dave est une romancière américaine, traduite dans quinze pays. Après Dernières vendanges (2016), Hello, Sunshine est son deuxième roman publié en France. Il s’agit d’un roman feel-good à l’humour savoureux, dans lequel une héroïne des temps modernes se retrouve confrontée à un tournant de son existence.

À travers une histoire « foodie » au ton résolument actuel, Laura Dave pose un regard très critique sur les dérives de la virtualité et dénonce la mauvaise influence des réseaux sociaux sur nos comportements et notre rapport aux autres. Dans une société hyperconnectée, faut-il à tout prix partager et rechercher la visibilité au risque de devenir les touristes de nos propres vies ? L’exemple de Sunshine, dont la réputation a été ruinée après qu’un troll a révélé le caractère mensonger des publications sur YouTube, met en garde contre la tentation de scénariser notre existence, de chercher à avoir l’air cool et intelligent au lieu de profiter simplement et pleinement de l’instant présent.

À trop vouloir exister dans un flux permanent où tout est fugace, le risque est de finir seul et loin de tout. C’est précisément ce qui arrive à Sunshine ! On en retient que rien ne remplace le temps de qualité que l’on passe avec ceux que l’on aime !

Je remercie les éditions Belfond de leur confiance.

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13 juin 2019

Tamara McKINLEY : La route de Savannah Winds

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Tamara McKINLEY, La route de Savannah Winds.
400 pages.
Editions L'archipel (10 avril 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Début des années 2000. À Brisbane, Fleur apprend qu’elle hérite d’Annie Somerville, une tante qu’elle n’a jamais rencontrée.

Milieu des années 1930. Annie et son époux ont quitté Melbourne pour devenir éleveurs à Savannah Winds, un ranch au nord-est de L’Australie, dans une contrée rude mais empreinte d’une beauté à nulle autre pareille.

À la lecture du journal d’Annie, qu’on croyait disparu, le doute et l’angoisse assaillent Fleur. A-t-elle bien fait d’entreprendre ce voyage à travers le temps et l’espace, qui pourrait bouleverser sa vie ainsi que celle de ses proches ?

Par son atmosphère envoûtante, la force de ses personnages et ses secrets enfouis, cette saga australienne s’inscrit dans la lignée de La Dernière Valse de Mathilda, l’immense succès de Tamara McKinley.

MON AVIS :

Née en Tasmanie en 1948, Tamara McKinley vit à présent sur la côte sud de l’Angleterre. Elle est l’auteure de treize romans, de La dernière valse de Mathilda (2005), traduits dans plus de vingt pays, à Où le cœur se pose (2018), qui se sont vendus en tout à deux millions d’exemplaires. Tous ont paru aux éditions de L’Archipel.

La route de Savannah Winds s’inscrit dans l’exacte lignée des grands succès de Tamara McKinley. Paysages sauvages, terres arides, brûlées par le soleil, histoire poignante et destins brisés, amours contrariées, succès et désillusions, on y retrouve tous les ingrédients auxquels l'auteure nous a habitués.

Une fois de plus, Tamara McKinley signe une saga dépaysante et passionnante qui ne manquera pas d’enthousiasmer les lecteurs ! Dès les premières pages, l’auteure nous transporte littéralement au cœur d’une Australie pleine de contrastes, dans une contrée rude mais empreinte d’une beauté sans nulle autre pareille, aux paysages aussi grandioses qu’inhospitaliers ! On n’a dès lors qu’une envie : percer les nombreux secrets de cette terre lointaine ! Des années 1930 à nos jours, son roman explore les liens familiaux, les rivalités et la force d'un amour qui dure...

Et même si dans ce genre de roman, on sait très bien comment les choses vont se terminer, il n'e, reste pas moins que Tamara McKinley s’y entend pour captiver les lecteurs en leur apportant précisément ce qu’ils attendent : l’évasion, le divertissement et une histoire efficace qu'on n'a pas envie de lâcher avant le mot de la fin ! C’est idéal pour oublier la grisaille et la météo déplorable des derniers jours !

La route de Savannah Winds est un bon roman de vacances, à lire surtout pour son atmosphère et les descriptions de l’Australie et de ses grands espaces !

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08 juin 2019

Holly RINGLAND : Les fleurs sauvages

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Holly RINGLAND, Les fleurs sauvages.
432 pages.
Editions Fayard/Mazarine (2 mai 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

« À cœur vaillant, rien d’impossible »

Lorsqu’une tragédie change à jamais sa vie, la jeune Alice Hart, âgée de neuf ans, part vivre chez sa grand-mère qu’elle ne connaît pas. Quittant le bord de l’océan où elle a grandi, elle trouve refuge dans la ferme horticole de June, où celle-ci cultive des fleurs sauvages d’Australie.

Au fil du temps, Alice oublie les démons du passé et apprend à perpétuer la tradition familiale en utilisant le langage des fleurs pour remplacer les mots lorsqu’ils se font trop douloureux.

Mais l’histoire des Hart est hantée par de nombreux secrets que June cache à sa petite-fille. Une sorte de fatalité semble accabler les femmes de leur famille, aussi June préfère-t-elle tenir Alice à l’abri de la vérité, quitte à la tenir à distance de l’amour.

Une fois adulte, révoltée par ce silence et trahie par celles qui lui sont le plus chères, Alice se rend compte qu’il y a des histoires que les fleurs seules ne peuvent raconter. Si elle veut être libre, elle doit partir et inventer l’histoire la plus importante de toutes : la sienne…

MON AVIS :

Holly Ringland a grandi dans le jardin tropical de sa mère, sur la côte est de l’Australie. C’est lors d’un voyage en camping-car de deux ans avec toute sa famille que naît son intérêt pour les autres cultures et leurs légendes alors qu’elle n’a que neuf ans. À l’âge de vingt ans, Holly travaille pendant quatre ans au sein d’une communauté aborigène perdue dans le désert australien. En 2009, elle déménage en Angleterre et décroche un master d’écriture créative à l’université de Manchester. Elle partage aujourd’hui son temps entre l’Angleterre et l’Australie. Ses essais et nouvelles ont été publiés dans une multitude de journaux et anthologies. Les fleurs sauvages est son premier roman.

Holly Ringland signe une histoire magnifique sur la famille, les secrets, les non-dits et le pouvoir rédempteur de la nature et de l’amour. C’est au contact des fleurs et de la nature qu’Alice devra trouver la force de reconstruire sa vie. Comme ces fleurs sauvages qui s’épanouissent sur les terres arides et brûlées par le soleil que la jeune femme apprendra à se relever et découvrir ce qu'elle veut vraiment…

Entre mer et désert, le roman de Holly Ringland est un roman d'atmosphère captivant, teinté d'exotisme et d’émotion. Malgré un début un peu laborieux, l'auteure a finalement faire bon usage des décors de cartes postales dans lesquels elle a grandi et des descriptions paradisiaques dont elle émaille son récit.

Mais surtout, elle décrit, grâce à des personnages à la fois sensibles et attachants, la relation chaotique qui unit Alice et sa grand-mère June... Si Holly Ringland fait état de sentiments bien souvent contradictoires, le fil conducteur de cette relation aussi fascinante que dévastatrice reste l'amour, envers et contre tout. En dépit du mal et de la douleur que chacune inflige à l'autre, l'auteure montre qu'en fin de compte, l'amour et les liens du sang sont indéfectibles...

« L'Australie a une histoire noire. Elle a toujours été et sera toujours un pays aborigène. »

Si vous aimez les paysages sauvages, arides, qui s'étirent à perte de vue, les secrets de famille et les personnages bien campés, n'hésitez pas ! Le roman de Holly Ringland, à la fois sombre et lumineux, vous fera vibrer de la première à la dernière page !

Je remercie les éditions Fayard/Mazarine et la plateforme NetGalley de leur confiance.

Posté par ingridfasquelle à 18:13 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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