HISTOIRE DU SOIR

13 novembre 2018

Jessica SHATTUCK : Château de femmes

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Jessica SHATTUCK, Château de femmes.
452 pages.
Editions JC Lattès (31 octobre 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

La Seconde Guerre mondiale vient de s’achever et, dans un château de Bavière en ruines qui accueillait autrefois la haute société allemande, on suit l’histoire puissante de ces trois veuves de résistants allemands dont la vie et le destin s’entrecroisent.

Au milieu des cendres de la défaite de l’Allemagne nazie, dans l’immédiat après-guerre, Marianne von Lingenfels revient dans le château, autrefois grandiose, des ancêtres de son époux, une imposante forteresse de pierre désormais à l’abandon. Veuve d’un résistant pendu à la suite de l’assassinat raté de Hitler, le 20 juillet 1944, Marianne a bien l’intention de tenir la promesse faite aux courageux conspirateurs dont son mari faisait partie : retrouver et protéger leurs enfants et leurs femmes, devenues comme elle des veuves de résistants.

En rassemblant cette famille de bric et de broc, Marianne croit que les chagrins partagés vont les souder. Mais elle s’aperçoit rapidement que ce monde en noir et blanc, plein de principes est devenu infiniment plus complexe et alourdi de sombres secrets qui menacent de les déchirer. Ces trois femmes se retrouvent finalement confrontées aux choix qui ont défini leurs vies avant, pendant et après la guerre, avec de nouveaux défis à relever.

MON AVIS :

Jessica Shattuck a des origines allemandes. Diplômée de Harvard, elle vit à Brookline, dans le Massachusetts. Durant plusieurs années, elle a fait des recherches pour ce roman qui évoque avec beaucoup d’intelligence et d’émotion la complexité de l’après-guerre en Allemagne. 

Des personnages pris dans les tourments de l’Histoire, des familles déchirés par les horreurs de la guerre, l’innocence confrontée à des choix terribles, Château de femmes est un roman bouleversant d’émotion, qui suscite de nombreuses questions, aborde la notion de culpabilité et propose une réflexion sur le nazisme et la radicalité du mal qu’il représente.

L’auteure, Jessica Shattuck, dont il s’agit ici du premier roman, a parfaitement documenté son roman. Château de femmes soulève des questions beaucoup plus complexes et profondes que la simple survie de ces femmes, veuves de résistants allemands, et de leurs enfants. S’ouvrant sur l’horreur de la Nuit de Cristal, son roman projette d’entrée de jeu le lecteur aux heures les plus sombres de l’Allemagne nazie. Le nombre insensé des victimes, la violence hors norme de leurs bourreaux interrogent sans fin : comment les nazis ont-ils pu croire que la vie sociale et politique reposait sur cette idéologie « biologique » ? Comment des hommes et des femmes ordinaires ont-ils pu adhérer à un antisémitisme exterminateur ? Comment en sont-ils venus à récuser la morale et le droit commun ? Comment, en somme, et par quelle « révolution culturelle », ont-ils pu devenir des barbares ?

Comment et pourquoi ? C’est ce que Jessica Shattuck tente d’expliquer dans ce roman poignant. Grâce à de multiples approches et éclairages, elle donne des raisons, ou tout au moins des pistes, selon lesquelles l’idéologie nazie a pu rencontrer tant d’échos et séduire autant d’hommes et de femmes différents.

Le portrait de ses trois femmes, toutes trois différentes, mais toutes trois profondément humaines, ne peut que susciter l’empathie, quand bien même il ne s’agit absolument pas de justifier l’injustifiable, ni de pardonner les erreurs et les mauvais choix qu’elles ont commis au cours de leur vie. En aucun cas Jessica Shattuck ne tente d’excuser celles et ceux qui auraient cédé aux élucubrations d’un des personnages le plus fantasmé du XXème siècle. Elle ne dénonce pas celles et ceux dont les « barrières mentales » ont sauté pour adhérer à l’idéologie nazie. Elle ne montre pas non plus du doigt celles et ceux qui, par lâcheté, ignorance ou facilité, se sont montrés sceptiques et/ou ont préféré détourner les yeux devant l’ampleur et le caractère inédit des crimes commis, qu’ils soient d’ailleurs collectifs ou individuels.

Non. Jessica Shattuck montre seulement à travers le portrait de ces trois femmes ordinaires, auxquelles le lecteur pourra d’ailleurs facilement s’identifier, comment les raciologues, juristes, politiciens et autres philosophes nazis ont pu élaborer les théories qui faisaient de la race le fondement du droit et de la loi du sang la loi de la nature qui justifiait tout : la domination, la procréation, l’extermination. Bien évidemment, les exemples qu’elle cite sont édifiants, poignants et même difficilement supportables pour les lecteurs les plus sensibles, mais ceux-ci s’avèrent nécessaires pour bien comprendre l’idéologie nazie et la vaincre alors que l’Europe d’aujourd’hui est de nouveau confrontée à la montée des populismes.

En lisant Château de femmes, on comprend comment Hitler fut le médium génial et infernal d’un peuple qui s’est laissé subjuguer jusqu’au désastre ultime sans trouver la force de résister à ses démons. Mais pour autant, Jessica Shattuck rappelle aussi que les Allemands ne sont pas forcément tous les tortionnaires ni les monstres auxquels on les a si souvent assimilés. Elle revient sur l’existence d’une résistance antinazie, et notamment le complot du 20 juillet 1944 ourdi par des conjurés civils et militaires, et s’étend plutôt sur la souffrance d’un pays qui a vu tomber ses certitudes et ses rêves de grandeur. En ce sens, elle dépeint l’Allemagne du Troisième Reich en toute objectivité, avec rigueur et sensibilité et c’est précisément ce qui fait tout l’intérêt, toute la complexité et la richesse de son récit.

Si le roman de Jessica Shattuck possède un fort goût de cendres et les relents nauséabonds d’une époque qu’il ne faut pas oublier, c’est également un roman complexe, émouvant et instructif pour mieux cerner l’idéologie nazie et éviter qu’à l’avenir ne se reproduisent de tels crimes contre l’humanité. Un roman à lire absolument.

Je remercie les éditions JC Lattès et la plateforme NetGalley de leur confiance.

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07 novembre 2018

Daniela TULLY : L'hôtel du lac des ombres

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Daniela TULLY, L'hôtel du lac des ombres.
352 pages.
Editions Fayard/Mazarine (26 septembre 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Libraire chevronnée, Maya a toujours aimé les histoires. En particulier celles que lui racontait sa grand-mère, Martha, avant de disparaître brutalement l’été de ses 16 ans.  Aussi, quand la police découvre, trente ans plus tard, sa dépouille dans l’arrière-pays de New York, Maya se croit soudain l’héroïne d’un mauvais polar : que faisait sa grand-mère à des milliers de kilomètres de son Allemagne natale ? Surtout, quel secret la liait à l’hôtel Montgomery, près duquel son corps a été retrouvé ?

Pour en avoir le cœur net, Maya décide de se rendre sur place en se faisant passer pour une romancière en quête d’inspiration. Au fil des souvenirs récoltés auprès de l’étrange famille Montgomery, se reconstitue alors la seule histoire que sa grand-mère ne lui ait jamais racontée : celle de sa propre vie…

Des heures les plus sombres de l’Allemagne nazie au destin cruel d’une dynastie déchue, son enquête se transforme bientôt en une plongée vertigineuse dans le passé. Jusqu’à ce que Maya découvre, au péril de sa vie, que toute vérité n’est pas bonne à dire...

MON AVIS :

Scénariste allemande, Daniela Tully a participé à l'élaboration du scénario de La Couleur des sentiments, récompensé par l'Oscar du meilleur film en 2012. Inspiré de l'histoire de sa famille, L'Hôtel du lac des ombres est son premier roman.

Mêlant admirablement suspense et secret, histoire et fiction, projetant le lecteur aux heures les plus sombre de l’Allemagne nazie, Daniela Tully signe une magnifique et poignante histoire d’amour, de perte et de résilience.

Entre amour fou et tragédie, l’auteure nous invite pour une valse émouvante à travers les époques et les continents. Son roman, aussi beau que déchirant, fait partie de ceux qui se lisent d'un seul souffle et le cœur battant ! Daniela Tully y raconte l’histoire d’un amour brisé en plein vol et célèbre la puissance de la mémoire et l’incroyable longévité de l’amour. C’est captivant de la première à la dernière page !

S’inscrivant dans la lignée des romans de Sarah McCoy ou de Jillian Cantor (découverte un plus tôt cette année avec La vie secrète d'Elena Faber), L’hôtel du lac des ombres est un premier roman remarquable, bouleversant d’émotion et d’une folle intensité ! Un petit bijou à ne manquer sous aucun prétexte !

Je remercie les éditions JC Lattès et la plateforme NetGalley de leur confiance.

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05 novembre 2018

Christina BAKER KLINE : Le monde de Christina

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Christina BAKER KLINE, Le monde de Christina.
325 pages.
Editions Belfond (4 octobre 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Après l'immense succès du Train des orphelins, Christina Baker Kline recrée l'histoire de l'une des muses les plus célèbres, et les plus mystérieuses, de la peinture américaine du XXème siècle. Un roman fascinant et plein de tendresse sur l'amitié, le regard de l'autre et la force de l'art.

Du monde, Christina Olson n'a rien vu. Paralysée depuis l'enfance, elle vit recluse dans la ferme familiale, perchée sur une falaise du Maine. Sa seule ouverture sur l'extérieur : une pièce remplie de coquillages et de trésors rapportés des mers du Sud par ses ancêtres, farouches marins épris d'aventures, et dont les histoires nourrissent ses rêves d'ailleurs.

L'arrivée de nouveaux voisins, la pétillante Betsy et son fiancé, le jeune peintre Andrew Wyeth, va bouleverser le quotidien de cette femme solitaire. Alors qu'une amitié naît entre elle et le couple, Christina s'interroge : pourra-t-elle jamais accéder à la demande d'Andrew de devenir son modèle ? Comment accepter de voir son corps brisé devenir l'objet d'étude d'un artiste, d'un homme ? L'art est le reflet de l'âme. Et sur la toile, Christina redoute de voir apparaître ses failles, et celle qu'elle aurait tant désiré être...

MON AVIS :

Née en Angleterre, Christina Baker Kline a grandi dans le Maine, aux États-Unis. Auteure de plusieurs romans et d'essais, c'est avec Le Train des orphelins (Belfond, 2015 ; Pocket, 2018) qu'elle a véritablement connu le succès. Pour son nouveau roman, l’auteure, ayant beaucoup appris sur l’Amérique de début et milieu du XXème siècle dans le cadre de ses précédentes recherches documentaires, a pensé qu’il serait profitable de rester sur cette période. Le monde de Christina s’inspire donc de la vie rurale du Maine et recrée l’histoire de l’une des muses les plus célèbres et les plus mystérieuses de la peinture américaine du XXème siècle.

Mêlant habilement fiction et non-fiction, Christina Baker Kline signe un roman fascinant et plein de tendresse sur l’amitié, le regard de l’autre et la force de l’art.

Atteinte d’une maladie neurologique rare qui la prive progressivement de sa mobilité, Christina Olson vit en recluse avec son frère dans la ferme familiale, perchée sur une falaise du Maine. L’arrivée de nouveaux voisins, la pétillante Betsy et son fiancé Andrew Wyeth, va bouleverser son destin. En effet, le jeune peintre se prend rapidement d’affection pour cette jeune femme solitaire, à l’esprit vif et au corps brisé. S’inspirant de Christina, Andrew Wyeth va alors entreprendre une des toiles les plus marquantes de l’histoire de l’art américain. Le monde de Christina reste à ce jour son chef d’œuvre le plus inspiré, le plus énigmatique et troublant.

Conservée au Museum of Modern Art de New-York depuis 1949, cette tempera rendra Wyeth célèbre du jour au lendemain, en devenant l’icône dans lequel toutes les générations du peuple américain se reconnaissent. Il faut voir Le monde de Christina pour comprendre à quel point l’œuvre de Wyeth est géniale et stupéfiante ! La toile montre une jeune femme seule, au sol, se traînant dans un champ. Représentée de dos, elle rampe en direction d’une maison grise isolée qui paraît se situer en hauteur, presque à l’horizon. Au premier coup d’œil, le spectateur comprend qu’elle n’arrivera jamais à atteindre sa destination.

En découle un étrange sentiment de détournement du réel. Cette angoisse spatiale obsédante, palpable, ressentie par le spectateur, induit une incertitude du destin de cette « entité féminine » à la posture tendue. La menace qui pèse sur elle et son environnement est présente, immédiate et toute la « normalité apparente » de ce tableau peut basculer vers un irrationnel dangereux, voire dériver dans une panique incontrôlable, d’une seconde à l’autre. S’agit-il du présage d’un effondrement psychique ? Ou faut-il, de manière plus positive, y voir une forme d’autonomie à laquelle Christina serait parvenue en devenant la muse du peintre ?

C’est tout le thème du roman de Christina Baker Kline qui relate, sans misérabilisme, l’histoire de Christina Olson depuis ses plus jeunes années, jusqu’à l’achèvement de la toile d’Andrew Wyeth. Dans une note en fin d’ouvrage, dont on ne peut que conseiller vivement la lecture, l’auteure fait non seulement état de ses recherches phénoménales sur la vie, la famille et la relation de Christina Olson avec le peintre Andrew Wyeth mais apporte également des pistes ainsi qu’un début de réflexion absolument passionnants sur l’interprétation possible de la toile de Wyeth.

Néanmoins, quelles que soient les explications que Christina Baker Kline tente d’apporter pour approcher la vérité intrinsèque de la toile, l’œuvre de Wyeth, tout comme la femme qui l’a inspirée, garde sa part de mystère… Et heureusement ! Des générations de spectateurs se sont succédé devant le tableau avec des commentaires divers et variés, alors bravo au peintre pour cette merveille picturale et bravo à Christina Baker Kline qui lui a rendu un hommage vibrant !

Tout comme le tableau éponyme de Wyeth, Le monde de Christina est un roman puissant, à la fois tendre et féroce, qui célèbre la soif de vivre, la détermination et le désir farouche de liberté ! Une expérience de lecture unique et inspirante, un émouvant voyage pictural que l’on termine presque à regret…

Je remercie les éditions Belfond et la plateforme NetGalley de leur confiance.

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03 novembre 2018

Linwood BARCLAY : Promise Falls, tome 2 : Faux amis

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Linwood BARCLAY, Promise Falls, tome 2 : Faux amis.
496 pages.
Editions Belfond (6 septembre 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Plume acérée, personnages inquiétants et humour noir : après Fausses promesses, Linwood Barclay livre un nouvel opus riche en suspense pour conter les secrets et mystères d'une bourgade américaine pas si tranquille.

La ville de Promise Falls est sous le choc. L'écran du drive-in vient de s'effondrer en pleine séance. Bilan : quatre morts. Accident ? Acte malveillant ? L'impassible inspecteur Barry Duckworth enquête. Et un détail le perturbe : l'heure de l'explosion, 23 h 23 ; un chiffre qui évoque d'autres crimes non élucidés...

De son côté, le privé Cal Weaver travaille sur une sombre affaire. Une effraction a eu lieu au domicile d'Adam Chalmers, ponte local décédé au drive-in. Le vol en question : des vidéos érotiques que le défunt réalisait dans son sous-sol... Qui apparaissait sur ces films ? Y a-t-il un lien entre tous ces faits divers ?

Phénomènes étranges autour de la grande roue, agressions sur le campus, meurtres inexplicables. Un vent de panique souffle sur Promise Falls et l'heure est venue pour Cal Weaver et Barry Duckworth d'unir leurs forces. Mais par où commencer dans cette ville où tous les psychopathes du coin semblent s'être donné rendez-vous ?

MON AVIS :

Star aux États-Unis et en Angleterre, Linwood Barclay s'est fait un nom dans le club très fermé des grands maîtres du thriller. Les éditions Belfond ont déjà publié quatorze de ses romans, tous repris chez J'ai lu, dont Cette nuit-là (2009), Fenêtre sur crime (2014), La Fille dans le rétroviseur (2016), En lieux sûrs (2017) ou encore la série des aventures de Zack Walker. Après Fausses promesses, Faux amis est le deuxième épisode d'une trilogie consacrée à la ville imaginaire de Promise Falls.

Plume ciselée, personnages inquiétants et humour jubilatoire, l’auteur créateur de frissons signe un roman noir grinçant et savoureux pour conter petits secrets et les mystères troublants d'une petite ville américaine pas aussi tranquille qu’on croit…

Phénomènes étranges autour de la grande roue, agressions sur le campus, meurtres inexpliqués… C’est un véritable vent de panique qui souffle sur Promise Falls ! Lorsque l’écran du drive-in s’effondre en pleine séance, faisant 4 morts, l’inspecteur Barry Duckworth s’interroge : s’agit-il d’un acte d’un accident ou d’un acte de malveillance ? Et qu’en est-il de cette sombre affaire d’effraction au domicile des Chalmers, tous deux victimes de la catastrophe du drive-in ? Alors que la maison commence à livrer les scandales et les mensonges du gratin local, un nouveau meurtre vient semer la panique…

Comme dans Fausses promesses, c’est le même sentiment d’incertitude et d’incompréhension qui prédomine dans le deuxième opus de cette trilogie qui décoiffe ! Linwood Barclay a de nouveau imaginé un puzzle d’intrigues haletant et machiavélique qui agrippe le lecteur dès les premières pages. L’auteur, en effet, n’a pas son pareil pour brouiller les pistes et raconter trois ou quatre histoires à la fois. On se pose 1001 questions, on échafaude tous les scénarii possibles pour tâcher de comprendre ce qui a bien pu se passer à Promise Falls... On ne voit ni le temps passer ni les pages se tourner !

Il faudra accepter cependant que l’auteur ne livre pas toutes les clés de cette passionnante intrigue à tiroirs. C’est frustrant, mais le cliffhanger final laisse augurer un tome 3 tout à fait époustouflant ! On a déjà hâte d’y être !

Je remercie les éditions Belfond de leur confiance.

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29 octobre 2018

Amanda REYNOLDS : Jusqu'à ce que ta mort nous sépare

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Amanda REYNOLDS, Jusqu'à ce que ta mort nous sépare.
416 pages.
Editions Fayard/Mazarine (10 octobre 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Imaginez que vous vous réveillez un matin – et que les derniers 365 jours de votre vie ont disparu. Il n’y a qu’une seule personne à qui vous faites confiance. Mais dit-elle la vérité ?

Joanne, femme au foyer de 55 ans, se réveille à l’hôpital blessée à la tête après une mauvaise chute dans l’escalier. Pourquoi ne se souvient-elle de rien, et surtout pas de l’année passée ? Tout lui paraît étrange. Pire : son mari semble à tout prix vouloir lui cacher quelque chose, et ses enfants sont plus distants que jamais. Alors que les cauchemars se multiplient, Jo est en proie à des réminiscences : un inconnu, puis deux, hantent bientôt ses rêves. Au fil de son enquête, elle découvre avec effroi qu’il n’y a rien de plus trompeur que les apparences. Et une question la préoccupe : serait-il possible que Jo ne soit pas la mère et épouse modèle qu’elle pensait être ?

MON AVIS :

Amanda Reynolds a eu mille vies : professeure, responsable commerciale, mère de famille, entrepreneuse… Puis en 2001 elle lance l’association Cotswold Creative Writing et fait de l’écriture son travail à plein-temps. Jusqu’à ce que ta mort nous sépare est son premier roman.

Après une mauvaise chute dans les escaliers, Joanne, 55 ans, souffre d’amnésie. Elle ne se souvient ni de sa chute, ni de l’année qui l’a précédée. Alors qu’elle tente désespérément de reconstituer les faits, Jo se rend compte que son mari ainsi que ses enfants semblent réticents à combler les vides de sa mémoire. Pour quelles raisons ses proches se montrent-ils si peu loquaces ? Se pourrait-il que Jo ne soit pas la mère et épouse modèle qu’elle pensait être ? Ou bien que sa famille en profite au contraire pour sauver les meubles et les apparences ?

Il en faudra de la patience au lecteur pour dénouer l’écheveau compliqué des pensées de cette femme torturée ! L’histoire de Jo, écrite de son point de vue, alterne entre la période avant et après la chute qui l’a laissée amnésique. Mais le mieux est l’ennemi du bien et Amanda Reynolds prend un malin plaisir à rejouer les mêmes scènes du passé, les mêmes réminiscences, jusqu’à ce que le lecteur, confus, finisse par s’y perdre... Le suspense, que l’auteure s’est évertuée à trop bien entretenir, agace finalement plus qu’il ne captive. Lassé des secrets, des non-dits, des retournements de situation et des révélations qui tardent à venir, on finit même par se désintéresser complètement du sort de Jo.

Pourtant, le thème de l’amnésie avait tout pour séduire… Mais à trop vouloir intriquer les choses, à multiplier les ramifications et les soubassements de son intrigue, Amanda Reynolds n’est parvenue qu’à nous faire mariner sans fin ! Ses allers-retours dans le passé et le présent sont trop nombreux, trop frustrants et mettent les nerfs du lecteur à trop rude épreuve. On piétine, on patine et on a surtout l’impression que l’on n’aura jamais le fin mot de l’histoire de Jo ! C’est vraiment dommage ! Mais gageons que l’auteure réussisse à éviter cet écueil pour son prochain roman…

Jusqu’à ce que ta mort nous sépare n’est certainement pas le suspense psychologique du siècle mais il pourra sans doute faire le bonheur des amateurs de thrillers domestiques qui y verront, à tout le moins, un bon roman de détente. Pour ma part, je le referme avec une impression de réelle déception…

Je remercie les éditions Fayard/Mazarine et la plateforme NetGalley de leur confiance.

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25 octobre 2018

Louise TREMBLAY D'ESSIAMBRE : Les héritiers du fleuve, tome 1 : 1887-1914.

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Louise TREMBLAY D'ESSIAMBRE, Les héritiers du fleuve, tome 1 : 1887-1914.
544 pages.
Editions Charleston (19 juin 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

D'une rive à l'autre du Saint-Laurent, des familles attachantes aux destins entrecroisés voguent entre amitiés et rivalités, drames déchirants et bonheurs intenses.

Nous voici au XIXème siècle, sur les rives du Saint-Laurent, là où le fleuve se mêle à la mer. Deux rives : celle du nord, aride, majestueuse, faite de falaises et de plages ; celle du sud, tout en vallons, en prés verdoyants et en terres fertiles. Des couples et leur famille : Alexandrine et Clovis, Albert et Victoire, Emma et Matthieu, ainsi que James O'Connor, Irlandais immigré, seul membre de sa famille ayant survécu à la traversée.

Ces personnages plus grands que nature, plus vrais que la rudesse de l'hiver, plus émouvants que les larmes et les sourires qui se succèdent au rythme des marées, peuplent le premier tome des Héritiers du fleuve, une saga incomparable comme seule Louise Tremblay d'Essiambre sait en créer.

MON AVIS :

Louise Tremblay d'Essiambre est née au Québec en 1953. Elle découvre les possibilités de l'écriture lors de ses études, à travers des cours orientés vers le roman, la nouvelle, le théâtre et le conte. Le mariage et la venue de neuf enfants mettent un terme à son parcours mais pas à sa passion. Son premier roman, Le Tournesol, est publié en 1984. Auteure d'une trentaine d'ouvrages, vendus à près de trois millions d'exemplaires, Louise Tremblay d'Essiambre est l'une des romancières québécoises les plus lues dans le monde. Elle consacre désormais la majeure partie de son temps à l'écriture et à la peinture.

À l'aube du XXème siècle, modernité et tradition s'affrontent. Louise Tremblay d’Essiambre a su profiter d’une recherche historique rigoureuse et mettre son inimitable talent de conteuse au service de personnages plus vrais que nature, dont on prend plaisir à suivre les vies toutes simples. Joies, infortunes et espoirs fous rythment les jours des témoins de cette ère nouvelle.

Les amateurs de grandes et belles sagas populaires ne feront qu’une bouchée de ce premier tome des Héritiers du fleuve. Dépaysant, âpre et rude comme l’hiver québécois, chaleureux comme une gorgée de sirop d’érable et réconfortant comme un sucre à la crème, ce roman émouvant met en scène la vie domestique de trois amies : Victoire, Alexandrine et Emma, et de leurs familles respectives. Ils sont pêcheurs, fermiers, marins, forgerons et rencontrent trente-six misères à joindre les deux bouts et à nourrir leur nombreuse progéniture.

La force du roman de Louise Tremblay d’Essiambre, ce sont ces personnages, ces familles attachantes aux destins qui s’entrecroisent et qui voguent entre amitiés, rivalités, drames déchirants et bonheurs intenses. C’est aussi l’évocation de ce Québec de l’époque, qui fleure bon l’encaustique, la gomme de sapin, la lessive qui bat au vent sur des cordes à linge et le levain du pain croustillant tout juste sorti du four. Louise Tremblay d’Essiambre l’a tellement bien décrit qu’il suffit juste de fermer les yeux pour s’y voir, pour entendre les cornes de brume, les vaches qui meuglent et le vent qui siffle dans les grands arbres ! Rive nord, rive sud, qu’importe ! Dès les premières pages, le lecteur se retrouve les pieds ancrés dans le terroir ! On a instantanément envie de connaître les personnages que l’auteure a créés, de partager leur vie et de découvrir ce pays à la fois rude et généreux qu’est le Québec !

Sur plus de 25 ans, au fil des saisons, et d’une rive à l’autre du Saint-Laurent, Louise Tremblay d’Essiambre raconte le quotidien de ses hommes, de ses femmes et de leurs nombreux enfants ! Avec ce talent inimitable qui a fait d’elle l’auteure chouchoute des Québécoises, elle tisse les destins de ces générations qui s’entremêlent. Sagesse des vieux, audace des plus jeunes, elle s’attache à clamer que l’âge n’a pas d’importance, que seule compte l’envie de continuer à mordre la vie à pleines dents et de profiter de ses petits bonheurs. Et c’est ce qui rend son roman si attachant et si passionnant !

Malgré les difficultés, malgré la crise et la guerre sur laquelle l’auteure clôt ce premier tome, ce sont de très belles années que Louise Tremblay d’Essiambre raconte. Entre amour, espoir, honneur, labeur et sacrifices, elle explore une époque charnière finalement pas si lointaine et observe la société à travers trois générations de personnages, qui ont tout à découvrir et à bénéficier des grandes inventions du monde moderne : l’électricité, le téléphone, les machines agricoles qui vont révolutionner le quotidien éreintant des fermiers, les moteurs et les premières automobiles, l’effervescence des grandes villes comme Montréal et Québec, etc… Le changement est en marche et les personnages de Louise Tremblay d’Essiambre en connaîtront toutes les mutations ! C’est passionnant de voir ses personnages pourtant si ancrés dans la tradition, évoluer et s’éveiller peu à peu au monde moderne !

Si vous cherchez une saga qui vous fasse oublier la grisaille de l’automne, plongez-vous sans hésiter dans ce premier tome joyeux et pétillant des Héritiers du fleuve. Vous ne serez pas déçus et n’oublierez pas votre voyage de sitôt !

Je remercie les éditions Charleston de leur confiance.

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18 octobre 2018

Michael ROWE : Wild Fell

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Michael ROWE, Wild Fell.
280 pages.
Editions Bragelonne (14 septembre 2016).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

« Une superbe ghost story destinée aux amoureux de belles histoires, qui évoque des terreurs à la fois anciennes et modernes, et nous place au cœur d’un endroit où règne la peur, profonde, où passé et présent se croisent, faisant apparaître un monde obscur où les morts portent nos visages. Ou aucun. Un roman fantastique de première classe. » Clive Barker

Sur les rives désolées de Blackmore Island, Wild Fell tombe en ruine. La vieille demeure a résisté aux assauts des saisons depuis plus d’un siècle et gardé ses terribles secrets. Depuis cent ans, les habitants locaux prient pour que les ténèbres piégées à l’intérieur de Wild Fell y restent. Jameson a acheté la propriété avec l’intention d’y prendre un nouveau départ. Mais l’entité qui l’attend dans la maison est fidèle aux ombres qui y règnent. Elle a attendu Jameson toute sa vie... ou même plus longtemps.

MON AVIS :

Michael Rowe est né à Ottawa et a vécu à Beyrouth, La Havane, Genève et Paris. Journaliste et essayiste reconnu, il a aussi bien écrit qu’édité de nombreux ouvrages, recevant notamment le Lambda Literary Award et le Spectrum Award. Il a également figuré parmi les finalistes des prix suivants : International Horror Guild, Sunburst, Aurora et National Magazine.

Si vous aimez vous faire peur, Wild Fell est le roman qu’il vous faut ! À mi-chemin entre le roman fantastique et le roman d’horreur, le roman de Michel Rowe raconte une histoire de fantôme sombre et troublante qui ne ressemble à aucune autre de celles que vous aurez déjà pu lire.

« Je veux vous faire connaître la peur. J’ai une histoire de fantômes à vous raconter, qui ne ressemble à aucune de celles que vous avez déjà pu entendre. C’est la mienne, et elle est vraie. »

Ni thriller, ni roman gothique, Wild Fell se situe à la fois hors du temps et de l’espace, à la croisée de genres dont l’intrigue possède pourtant tous les codes et toutes les caractéristiques. Vantée par Clive Barker comme « un roman fantastique de première classe, qui évoque des terreurs à la fois anciennes et modernes », cette ghost story émouvante et mystérieuse possède des ressorts un peu classiques (mais efficaces) qui placent le lecteur au cœur d’un magnifique manoir où règne la peur et où passé et présent se croisent, laissant apparaître un monde obscur où les morts portent nos visages… à moins qu’ils n’en aient finalement aucun…

Difficile d’en dire plus sans dévoiler le tour psychologique très sombre et très atypique que Michael Rowe a voulu donner à son récit ! Mais vous l’aurez compris, si Wild Fell est une merveille gothique tout en lambris, vitraux et marqueterie à l’ambiance si peu accueillante, on comprend assez vite qu’il y sera bien plus question d’explorer la personnalité complexe de son nouveau propriétaire, Jameson, que d’une simple et banale histoire de fantôme ou de maison hantée. C’est certes un parti pris étonnant de la part de l’auteur mais, force est de constater qu’il fonctionne parfaitement. Les souvenirs d’enfance, plus ou moins refoulés, de Jameson, ses traumatismes, tiennent le lecteur en haleine et les pages se chargent de tension au fur et à mesure de la lecture.

L’intrigue, d’une finesse psychologique remarquable, et son dénouement saisissant font finalement oublier que la partie du roman qui se passe dans Wild Fell à proprement parler est assez courte. Même si l’on aurait aimé que Michael Rowe exploite davantage cette vieille bâtisse à l’abandon et toute l’imagerie gothique qu’elle contient en creux, on lui pardonne bien volontiers de s’être focalisé sur l’enfance de Jameson, tant les secrets et les blessures qu’il cache sont dignes d’intérêt !

Qui est vraiment Jameson ? Pourquoi a-t-il acheté Wild Fell sur un coup de tête et qui est surtout cette petite fille qui lui apparaît dans son miroir au cours de l’été mouvementé de ses 9 ans ? Vous ne le saurez qu’en vous plongeant dans les pages mystérieuses de Wild Fell

Un roman d’épouvante glaçant et oppressant, dans la veine de ceux de Mary Shelley ou de Bram Stocker. Une très belle découverte !

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14 octobre 2018

Florence ROCHE : La réfugiée du domaine

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Florence ROCHE, La réfugiée du domaine.
304 pages.
Editions Calmann-Lévy (1 mars 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Dans les années 30, Irène, une orpheline de dix-neuf ans, est placée comme vachère chez des fermiers du haut plateau du Chambon. Sa rude vie de paysanne est adoucie par la bienveillance d’une inconnue. Cette bienfaitrice, qui vit à l’écart du village, a purgé une lourde peine de prison.
Pourquoi s’intéresse-t-elle à elle ?

Irène apprend qu’avant d’être abandonnée, elle a vécu dans la région. Était-elle la fille d’une réfugiée étrangère, comme l’indique son dossier à l’orphelinat ? Que lui cache le pasteur de la maison d’accueil où elle avait été placée ?

Pour percer le mystère de ses origines et conquérir le droit à l’amour et au bonheur, Irène devra regarder en face la plus terrible des vérités…

MON AVIS :

Née au Puy-en-Velay en Haute-Loire, Florence Roche a fait des études d'histoire à la faculté de Saint-Etienne. Elle a notamment publié L'Honneur des Bories (2010), L'Héritage maudit (2011), La Trahison des Combes (2012), La Réfugiée du domaine (2017) et dans la collection Trésors de France Les Carnets d'Esther (2018).

Empreint de tristesse mais aussi d’une bouleversante tendresse, La réfugiée du domaine fait partie de ces romans magnifiques, qui s’inscrivent dans la grande tradition romanesque et restituent le pouvoir destructeur de secrets douloureusement gardés et les tourments d’une Histoire cruelle et injuste, indifférente aux souffrances des individus qui la composent.

À travers le destin romanesque d’Irène et de sa palpitante quête d’identité, Florence Roche a su éprouver l’humanité de ses lecteurs et les emporter sur les traces d’un peuple plusieurs fois millénaire que rien ni personne n’a jamais pu anéantir.

Parfaitement documenté, La réfugiée du domaine est une envoûtante et douloureuse histoire d’amour et de perte, à laquelle se mêlent les notes troubles d’une famille à la mémoire outragée... Un roman poignant, pour s’émouvoir et apprendre de l’Histoire…

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12 octobre 2018

René MANZOR : Apocryphe

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René MANZOR, Apocryphe.
359 pages.
Editions Calmann-Lévy (3 octobre 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Jérusalem. An 30. Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix.

Son nom est David de Nazareth, et ceci est son histoire.

Un adolescent en quête de justice et de vérité.

Une fresque épique, violente et émouvante, un thriller biblique à couper le souffle, relecture stupéfiante de l'histoire officielle.

MON AVIS :

René Manzor est scénariste, réalisateur, et écrivain. En seulement deux romans, René Manzor s’est imposé comme un des nouveaux noms du thriller français, et a reçu pour Celui dont le nom n’est plus (Kero, 2014) le Prix Cognac du polar Francophone.

Dans cette fresque remarquable et sanglante, René Manzor réécrit l’Histoire et plonge son lecteur dans la Palestine truffée de faiseurs de miracles et de messie du Ier siècle.

Emaillé de scènes de batailles sanglantes et d'exceptionnels moments de bravoure, son récit emporte le lecteur dans une épopée biblique vertigineuse et terrifiante, qui propose une relecture osée, stupéfiante mais tout à fait réussie de l’histoire officielle et interroge sur la vérité cachée derrière les idéologies et les religions.

Conjuguant à la perfection vérité historique, divertissement et besoin de merveilleux, René Manzor signe avec Apocryphe une saga épique haletante, passionnante de la première à la dernière page !

Je remercie les éditions Calmann-Lévy ainsi que la plateforme NetGalley de leur confiance.

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08 octobre 2018

Brigitte VAREL : Le secret des pierres

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Brigitte VAREL, Le secret des pierres.
496 pages.
Editions Calmann-Lévy (5 septembre 2012).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

La puissance et le danger de la magie résident dans ceux qui croient en elle…

Début du XXe siècle, au pied du massif de la Chartreuse. Depuis des temps immémoriaux, une lignée de femmes se transmet des dons spéciaux qui sont exacerbés lorsque leur prénom commence par la lettre « M ». 

Ainsi en est-il de Marie, une ravaudeuse, qui est initiée à la sorcellerie par sa grand-mère. Lorsque celle-ci est assassinée, Marie utilise ses pouvoirs pour la première fois en faisant périr le meurtrier sous les sabots d’un cheval. Mais une lettre, cachée dans la reliure d’un vieux grimoire, lui apprend que le don est une malédiction. Effrayée, elle prénomme sa fille Jeanne. 

Contrainte de cohabiter dans la ferme familiale avec sa belle-soeur, Marie comprend que celle-ci par jalousie a fait, contre elle, appel à un envoûteur. Dans la guerre secrète qui s’engage entre les deux femmes, tous les coups sont permis. Quand Jeanne meurt en couches, Marie choisit le prénom du nouveau-né. Malgré la malédiction, l’enfant s’appellera Mathilde…

MON AVIS :

L’auteur d’Une vérité de trop et des Yeux de Manon nous entraîne dans les campagnes du rude pays de la Chartreuse pour une fabuleuse saga, aux côtés de plusieurs générations de femmes que leurs pouvoirs exceptionnels exposent à toutes les tentations. Grâce à cette saga aux rebondissements palpitants, Brigitte Varel s’applique surtout à dénoncer les ravages des secrets de famille, des mensonges et des non-dits. 

« Les dernières heures passées à la Grangette furent la preuve que l’être humain est fort et solide, du moins de l’extérieur, comme ces grands arbres que rien n’abat dans la forêt, sauf la foudre. Le drame qui s’était opéré sous leur nez les avait anéantis. La colère et la fureur atténuèrent au début une part de leur douleur, avant que la compréhension des faits les noie dans l’hébétude. »

Ce roman déchirant fera à coup sûr frissonner et palpiter le cœur de toutes les lectrices qui croient en la puissance et au danger de la magie, tant les vengeances et les coups bas sont au rendez-vous de ce roman à la croisée des genres. Mais que les autres lectrices plus terre-à-terre ou rationnelles se rassurent, elles se régaleront à coup sûr des beaux portraits de femme et des combats qu’elles auront eu à mener pour se faire une place dans une société dominée de tout temps par les hommes. Car au-delà du thème à la mode qu’est la magie, Brigitte Varel signe assurément une saga prenante et bien écrite, qui ne laissera aucune lectrice indifférente.

Le secret des pierres est un roman au suspense ingénieux et captivant, qui mêle habilement et subtilement les époques et les croyances pour un résultat qui défie vraiment les lois du genre ! Une lecture idéale pour se détendre et oublier les premiers jours gris de l’automne !

Posté par ingridfasquelle à 15:56 - - Commentaires [1] - Permalien [#]