HISTOIRE DU SOIR

16 février 2021

Julie KIBLER : La maison des égarées

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Julie KIBLER, La maison des égarées.
512 pages.
Editions Belfond (18 février 2021).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Après Les Couleurs de l'espoir, Julie Kibler livre une histoire vibrante d'humanité, celle d'une amitié profonde entre deux femmes démunies, exclues, et pourtant déterminées à se relever, plus fortes, plus libres, dans l'Amérique patriarcale du début du siècle.

Dans la petite ville de Berachah, au Texas, il est un refuge pour toutes celles dont la société ne veut plus, les filles mères, les épouses abandonnées, les prostituées, les droguées. Un abri où ces femmes brisées peuvent tenter de se reconstruire.
C'est là que se rencontrent Lizzie Bates et Mattie Corder, en 1904. Entre les deux mères en perdition va se tisser un lien unique, comme un pont capable de les conduire ensemble vers un avenir meilleur.

Un siècle plus tard, Berachah se résume à quelques pierres tombales moussues. Fascinée par l'histoire de ce lieu et de ses pensionnaires, Cate Sutton, une jeune bibliothécaire, entreprend d'extraire du néant les vies de ces " égarées ". À travers les destins de Lizzie, Mattie et leurs compagnes, c'est une leçon d'espoir, de courage et de solidarité peu commune que l'Histoire s'apprête à offrir à Cate. Et dont les résonances inattendues pourraient éclairer son propre passé...

MON AVIS :

Je ne sollicite presque plus de services de presse, excepté pour les romans publiés dans la collection Le Cercle des éditions Belfond, qui correspond bien à mon profil littéraire. J’étais donc ravie de recevoir La maison des égarées de Julie Kibler, dont la précédente parution (Les couleurs de l’espoir, Belfond, 2014) avait remporté l’assentiment de beaucoup de blogueuses littéraires de ma connaissance.

Sitôt reçu, je me suis plongée dans ce gros roman de plus de 500 pages, intriguée par la quatrième de couverture qui me promettait une histoire à double temporalité comme je les aime, une histoire vibrante d’humanité, celle d’une amitié profonde entre deux femmes démunies, exclues mais néanmoins déterminées à se relever plus fortes et plus libres dans l’Amérique patriarcale du début du XXème siècle.

Malheureusement, j’ai eu toutes les peines du monde à m’intéresser au sort de ces filles-mères, épouses abandonnées, prostituées ou droguées que la société rejette. Les 150 premières pages de ce récit polyphonique m’ont été, je l’avoue, vraiment pénibles ! Je n’arrivais pas à progresser dans ma lecture ! Puis, alors que j’étais décidée à jeter l’éponge, je me suis finalement attachée à Mattie, Lizzie, Docie, ainsi qu’aux autres filles de ce foyer et j’ai lu le reste du roman avec un regain d’intérêt que je n’attendais plus !

Évidemment, il n’est pas question ici de « coup de cœur », mais l’histoire d’amitié entre Mattie et Lizzie, qui constitue la clé de voûte de ce roman, était suffisamment puissante pour que je finisse par développer une forme d’affection et de curiosité.

En ravivant l’histoire de ces « égarées », Julie Kibler aborde cent ans d’histoire de femmes dans un monde d’hommes. Ce sont les thématiques des droits des femmes et de libération des mœurs qui m’ont, je pense, le plus intéressée. Bien sûr, il y a de fantastiques passages d’entraide et de solidarité féminine auxquels j’ai été sensible mais ce n’est pas, à mon sens, ce qui fait la force de ce roman. De même, j’ai été assez peu sensible à l’histoire de Cate, qui sert surtout à dénoncer la face cachée des politiques ecclésiastiques…

La maison des égarées donne malgré tout un bel aperçu de l’histoire des femmes au début du XXème siècle. C’est une belle leçon d’espoir, de courage et de solidarité féminine peu commune que Julie Kibler offre à ses lectrices. Je ne doute pas que son roman aura une résonance toute particulière parmi celles qui se battent, aujourd’hui encore, pour le droit à la différence et leur acceptation.

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31 janvier 2021

Frédérique-Sophie BRAIZE : Un voyage nommé désir

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Frédérique-Sophie BRAIZE, Un voyage nommé désir.
480 pages.
Editions Presses de la Cité (21 janvier 2021).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

1917. La venue providentielle d'un soldat italien dans un village haut perché des Alpes va bouleverser, pour le meilleur, le destin de trois femmes. Et semer dans leur esprit un souffle de liberté pour combattre les travers de leur société patriarcale.
Une ode sensuelle et magnifique aux femmes.

Tout là-haut, sur l'alpage savoyard où elles doivent rester jusqu'à la fin de l'été, trois femmes font la rencontre de Vincenzo, soldat italien en permission.
La plus âgée, Péroline, mère de famille, est sans nouvelles de son mari depuis trois ans. La pieuse Anne-Céleste n'a reçu qu'une lettre, très sibylline, de son fiancé sur le front. La jolie Rose, en âge de convoler, doit veiller sur sa fratrie orpheline. Toutes trois sont en manque de bras solides pour abattre leur travail le jour et... pour étreindre leur corps la nuit. Dans les Alpes en pleine touffeur d'août se révèle la faim de vivre de cette petite communauté privée d'hommes. L'attitude énigmatique de l'Italien, à la fois aventurier séducteur et âme consolatrice, délivrera le destin des trois amies brimées – qui d'un mari violent, qui d'un prêtre, qui du poids du devoir –, emportées dans les tourmentes de l'Histoire (et du plus rocambolesque des faits divers, le vol de la Joconde au Louvre en 1911 !). Mais aussi au cœur du désir féminin...

Une ode sensuelle et magnifique aux femmes. Par une nouvelle romancière dans la collection Terres de France.

MON AVIS :

Même si je ne sollicite plus de services de presse contre recension sur mon blog, les éditions Presses de la Cité me font encore le plaisir de m’envoyer certaines de leurs parutions et en particulier celles qui ont une trame historique à laquelle elles savent que je ne vais pas pouvoir résister !

Ici, il s’agit d’un roman dont je n’avais pas du tout entendu parler et pour cause, Frédérique-Sophie Braize est nouvelle dans la collection Terres de France. Un voyage nommé désir est une ode sensuelle et magnifique aux femmes. Je savais que je serai sensible au parcours de ces trois femmes pour s’affranchir des travers de la société patriarcale des débuts du XXème siècle.

J’ai vraiment adoré la plume élégante de l’auteure et la façon dont elle a retenu les coutumes et traditions d’une région dont elle connaît tous les reliefs et paysages pour raconter l’histoire de ces trois femmes brimées, aux prises avec les malheurs de l’Histoire et les tourments du cœur. Leur quotidien, effrois et bonheurs mêlés sont restitués avec justesse et émotion, s’appuyant intelligemment sur des faits réels et un des faits divers les plus rocambolesques de l’époque (le vol de la Joconde en 1911).

Addictif et passionnant, Un voyage nommé désir est un roman qu’on lit d’un seul souffle et le cœur battant ! Une très, très belle découverte !

Je remercie les éditions Presses de la Cité de leur confiance.

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27 novembre 2020

Françoise BOURDON : La maison de Charlotte

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Françoise BOURDON, La maison de Charlotte.
400 pages.
Editions Presses de la Cité (8 octobre 2020).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Une suite indépendante de la saga La Maison du Cap ou le combat de deux femmes soudées pour que subsiste une maison de famille, riche de mille souvenirs, de vies et d'histoires, au cap Ferret.

1965. Charlotte Gallet, 93 ans, est bouleversée : son petit-neveu a reçu l'offre d'un promoteur immobilier et veut vendre la Maison du Cap, conçue par le père de Charlotte, l'architecte James Desormeaux, à la fin du XIXe siècle. La demeure sera rasée pour laisser place à un ensemble de villas qui bénéficieront de la vue incomparable sur le bassin d'Arcachon.

Paniquée, révoltée, Charlotte fait appel à un cabinet d'architectes bordelais afin de demander conseil. Iris, l'une des deux architectes, se rend au cap Ferret pour rencontrer Charlotte et les siens. Fragilisée par une fausse couche récente, Iris est en instance de divorce. Elle tombe sous le charme de la Maison du Cap, comme de ses habitants. Parallèlement, Iris apprend la mort en Espagne de son unique parente, sa tante Anna. Tout en découvrant l'histoire tragique de cette dernière, la jeune femme cherche à remonter le cours du passé et fait sien le combat de Charlotte.

MON AVIS :

Françoise Bourdon est née dans les Ardennes. Dès l'enfance, elle a le goût de l'écriture et rédige son premier roman à l'âge de dix ans. Professeur de droit et d'économie, elle décide, après dix-sept ans d'enseignement, de se consacrer exclusivement à sa passion de l'écriture. Journaliste depuis 1993, elle a régulièrement publié des nouvelles dans plusieurs revues. A ses débuts, Françoise Bourdon s'est beaucoup inspirée de sa région natale, puis c'est en Provence, sa terre d'adoption, qu'elle a poursuivi son œuvre, dense, riche, qui mêle grandes sagas familiales, portraits de femmes et évocation de métiers. Tous ses romans connaissent un grand succès critique et public.

La maison du Cap avait été pour moi un tel coup de cœur que je ne pouvais que répondre présente pour ce nouveau roman de Françoise Bourdon ! J’avais tellement envie de retrouver ce petit coin perdu de la côte atlantique qui sert d’écrin à une nouvelle épopée familiale ! Je crois qu’il ne sert plus à rien désormais de rappeler à quel point j’aime les grandes fresques et les histoires familiales tourmentées où se mêlent drames, secrets et bonheur !

J’avais vraiment développé une tendresse particulière pour les personnages de Françoise Bourdon : combatives et déterminées, chacune d’elle suscitait l’émotion en se battant pour leur émancipation, leur liberté et leurs passions. J’espérais ardemment retrouver ce genre d’héroïne passionnée et d’une certaine manière, ce fut le cas, même si je n’ai pas ressenti le même engouement que lors de ma lecture de La maison du Cap ! Peut-être manquait-il quelque chose de plus puissant, de plus romanesque pour me convaincre et me transporter ?

Quoiqu’il en soit, La maison de Charlotte a parfaitement rempli son rôle de « lecture plaisir ». J’ai refermé mon livre le sourire aux lèvres, avec la satisfaction d’avoir fait un beau voyage, ce qui, en ces temps très difficiles de restriction et de morosité, n’est déjà pas si mal !

Je remercie les éditions Presses de la Cité de leur confiance.

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24 novembre 2020

Emily ELGAR : Quelques battements de coeur

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Emily ELGAR, Quelques battements de coeur.
384 pages.
Editions Belfond (5 novembre 2020).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Après Une présence dans la nuit, Emily Elgar livre un roman à énigme addictif, inspiré de faits réels, qui explore la complexité des relations mère-fille, l'emprise familiale et la puissance dévastatrice de l'instinct grégaire.

La petite ville d'Ashford, en Cornouailles, est sous le choc : qui a pu assassiner Meg Nichols, mère célibataire et courageuse aimée de tous ? Pire encore, quel monstre a pu kidnapper Grace, sa fille lourdement handicapée, sans même emporter les médicaments qui maintiennent l'adolescente en vie ?

Alors que tout le village cherche la jeune fille, que la police se lance à la poursuite du père, réputé violent, Jon Katrin, journaliste local, s'interroge : quelque chose ne colle pas dans l'histoire de cette famille, mais quoi ? Aidé de Cara, l'amie d'enfance de Grace, Jon va peu à peu découvrir les drames, les mensonges et les inavouables secrets de cette mère et de sa fille, que chacun pensait exemplaires.

Car, à bien y regarder, qui connaissait vraiment les Nichols ?

MON AVIS :

Diplômée en anthropologie sociale à l'université d'Édimbourg, Emily Elgar a un parcours varié : rédactrice de guides de voyage, conseillère pour les travailleuses du sexe à Londres, organisatrice de manifestations en faveur du développement durable ou d’œuvres de charité...

Après Une présence dans la nuit, un premier roman très remarqué qui lui a valu d’être comparée à Fiona Barton ou Clare Mackintosh, Quelques battements de cœur est un roman à énigme inspiré de faits réels, qui met au jour une vérité très dérangeante…

De nos jours, en Cornouailles, Meg et Grace Nichols sont les pierres angulaires qui cimentent le petit village de pêcheurs d'Ashford. Tout le monde connaît, aime et aide cette mère célibataire qui a tout sacrifié pour prendre soin, seule, de sa fille Grace, une ado lourdement handicapée et totalement dépendante. Jusqu’au jour où Meg est découverte assassinée dans son lit. De Grace, il ne reste que le fauteuil roulant, abandonné dans le jardin... Qui a pu s'en prendre à cette femme admirable ? Quel monstre aurait pu kidnapper la petite sans même emporter son fauteuil ? Alors que tout accuse Simon, le père de Grace, réputé violent et détesté par Meg, Cara, une voisine et amie de la jeune fille, enquête aux côtés de Jon, un journaliste local, bien décidé à prendre fait et cause pour ce père honni. Mais la vérité inimaginable qu’ils s’apprêtent à découvrir pourrait bien faire voler en éclat les représentations d’irréprochabilité que la petite communauté d’Ashford s’est faite de ces membres à l’existence bien ordonnée…

Tout en analysant la complexité des relations mère-fille, ainsi que le regard que notre société pose sur le handicap, Emily Elgar signe un roman addictif, d’une surprenante acuité psychologique.

Dans cette intrigue compulsive et oppressante, le lecteur devra méticuleusement démêler le vrai du faux pour venir à bout d’un effroyable tissu de mensonges… La vérité, glaçante et dévastatrice, est à mille lieues de tout ce qu’on a imaginé…

« La leçon, c’est qu’il faut te méfier de ce que tu ne peux pas voir, parce que ce qui se cache sous la surface pourrait être pire, bien pire, que tu ne l’aurais jamais imaginé. »

Un thriller psychologique saisissant qui laisse éclater une vérité qui fait froid dans le dos !

Je remercie les éditions Belfond de leur confiance.

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14 novembre 2020

Serena GIULIANO : Mamma Maria

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Serena GIULIANO, Mamma Maria.
240 pages.
Editions Cherche-Midi (5 mars 2020).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

« Ciao, Sofia, qu'est-ce que je te sers ? Comme d'habitude ? Et j'ajoute un cornetto, parce qu'il faut manger, ma fille !

– Oui, merci, Maria. »

Je m'installe en terrasse, face à la mer, comme chaque matin depuis que je suis de retour en Italie. J'aime bien travailler au son des tasses qui s'entrechoquent. Et, au Mamma Maria, j'ai toujours de la compagnie. Il y a ceux qui viennent tuer le temps. Il y a les enfants qui rêvent devant le comptoir à glaces. Il y a les ados qui sirotent un soda, monsieur le curé, et, surtout, mes partenaires de scopa.

Ici, on vient échanger quelques mots, partager un apéro, esquiver la solitude ou écouter Celentano. Moi, je viens pour me persuader que j'ai bien fait de quitter Paris... et l'autre abruti.
Il fait quand même meilleur ici.

Et puis, on cherche aussi à profiter de la bonne humeur (ou non) de Maria, qui mène, comme une mamma, tout ce petit monde à la baguette.

Bref, j'ai enfin retrouvé mon village paisible.

Enfin, paisible jusqu'au jour où...

PRIX BABELIO LITTERATURE FRANCAISE 2020.

MON AVIS :

Écrit sans temps mort, dans un style très actuel qui le rend addictif, Mamma Maria fait partie de ces romans qui, une fois commencé, se lisent d’une seule traite.

C’est divertissant, dépaysant, mais aussi généreux et inspirant ! On y croise une galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres, au franc-parler et à l’humour aussi acidulé et rafraîchissant que les citrons d’Amalfi ! Mais n’allez pas croire que Serena Giuliano se contente simplement de compiler des brèves de comptoir glanées ici ou là ! Si son roman parle fort et avec les mains, il aborde également avec justesse, pudeur et émotion la question de l’exil et du déracinement, du racisme et de l’intolérance.

En plus de ceux qui viennent chez Maria pour tuer le temps, siroter un soda, un limoncello ou déguster un gelato, il y a également tous ceux qui viennent se confier et se délester de leurs maux et de leurs peines du quotidien. Et si les habitués du Mamma Maria ont le verbe haut, que leurs querelles claquent et leurs répliques fusent, ils sont aussi capables de compassion, d’entraide et de solidarité si bien que nul ne rentre de chez Mamma Maria le ventre vide, le gosier et le cœur secs ! C’est si touchant, si désarmant de simplicité et si criant de vérité qu’on ne peut s’empêcher de sourire et d’être ému !

Bien sûr, il y a bien quelques facilités, quelques scènes empreintes de bon sentiments mais qu’importe ! Serena Giuliano compense en montrant qu’avec parfois bien peu, on peut offrir beaucoup et cela suffit pour que son roman, à la drôle, tendre et résolument optimiste, redonne instantanément le sourire et allume une myriade de petites étoiles dans les yeux ! Un vrai roman feel-good !

Mamma Maria est un voyage tout autant qu’une magnifique et émouvante aventure humaine ! Un aller-simple pour le bonheur !

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11 novembre 2020

Jérôme LOUBRY : Les refuges

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Jérôme LOUBRY, Les refuges.
432 pages.
Editions Le Livre de Poche (2 septembre 2020).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Installée en Normandie depuis peu, Sandrine est priée d’aller vider la maison de sa grand-mère, une originale qui vivait seule sur une île minuscule, pas très loin de la côte.

Lorsqu’elle débarque sur cette île grise et froide, Sandrine découvre une poignée d’habitants âgés organisés en quasi-autarcie. Tous décrivent sa grand-mère comme une personne charmante, loin de l’image que Sandrine en a.

Pourtant, l’atmosphère est étrange ici. En quelques heures, Sandrine se rend compte que les habitants cachent un secret. Quelque chose ou quelqu’un les terrifie. Mais alors pourquoi aucun d’entre eux ne quitte-t-il jamais l’île ? Qu’est-il arrivé aux enfants du camp de vacances précipitamment fermé en 1949 ? Qui était vraiment sa grand-mère ?

Sandrine sera retrouvée quelques jours plus tard, errant sur une plage du continent, ses vêtements couverts d’un sang qui n’est pas le sien…

MON AVIS :

Né en 1976, Jérôme Loubry a publié Les Chiens de Détroit, Prix Plume libre d’Argent 2018, suivi du Douzième Chapitre, « un polar complètement dingue, angoissant, terriblement prenant » selon Le Parisien. Son troisième roman, Les Refuges, a remporté le Prix Cognac 2019 du meilleur roman francophone et le Grand Prix de l’Iris Noir Bruxelles 2019. J’ai donc profité du challenge Black November, organisé par Séverine Lenté (Il est bien ce livre) pour le découvrir.

C’est une intrigue troublante et savamment construite, qui vient confirmer le talent de Jérôme Loubry et l’inscrire parmi les meilleurs auteurs de suspense psychologique.

Impossible d’en dire davantage sans gâcher ce que l’auteur a méticuleusement tissé et orchestré de main de maître ! Sachez seulement que Les refuges est un roman sombre et glaçant, qui bouscule et malmène le lecteur jusqu’à le laisser pantelant et ébranlé jusqu’au tréfonds de son être…

Si vous n’aimez pas vous faire manipuler et voir vos certitudes voler en éclat, vous n’apprécierez peut-être pas le procédé employé par l’auteur pour son dénouement totalement imprévisible mais on ne peut, en tout cas, réfuter les qualités littéraires évidentes de ce thriller psychologique aussi effroyable qu’émouvant !

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Hannah DENNISON : Les mystères de Honeychurch, tome 1 : Petits meurtres en héritage

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Hannah DENNISON, Les mystères de Honeychurch, tome 1 : Petits meurtres en héritage.
384 pages.
Editions City Poche (28 août 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Ridiculisée par la presse people, Kat Stanford abandonne son émission de télévision à succès pour se réfugier au fin fond de la campagne anglaise. Sa mère vient d'acheter une vieille bicoque à Honeychurch, un domaine appartenant à une famille d'aristocrates aussi désargentés qu'excentriques. Ah, les joies de la campagne ! Enfin, les joies, c'est vite dit... La maison de sa mère est une véritable ruine, et son voisin est bien décidé à la faire déguerpir. Et puis, à peine arrivée, Kat est plongée dans un imbroglio mystérieux : une nurse disparaît et une domestique est retrouvée assassinée. Quand elle apprend en plus que sa mère écrit des romans érotiques, et que ce n'est pas du tout le hasard qui l'a conduite au domaine, Kat se demande ce qu'elle va encore découvrir en arpentant les sombres couloirs du manoir de Honeychurch...

MON AVIS :

Hannah Dennison est l'auteur de la série Les mystères de Honeychurch, des aventures qui comptent déjà 4 tomes. Auparavant, elle a été journaliste, hôtesse de l'air et même rédactrice d'avis de décès, un détail cocasse de bon augure pour une comédie policière dans la même veine que celles de M.C. Beaton et Julia Chapman !

Si vous aimez les personnages hauts en couleur, au comportement fantasque et les situations rocambolesques, vous ne pourrez que tomber sous le charme de cette série à l’humour très british, spécialement conçue pour le divertissement et la détente !

Idéal contre les coups de mou et les baisses de moral, ce premier tome des Mystères de Honeychurch offre de bons moments de franche rigolade ainsi qu’un cadre bucolique qui fera le bonheur de tous les amoureux de la campagne anglaise !

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Carène PONTE : Et ton coeur qui bat

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Carène PONTE, Et ton coeur qui bat.
348 pages.
Editions Michel Lafon (18 juin 2020).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Le nouveau roman drôle et émouvant de Carène Ponte

Au Meilleur Ami de l'Homme : un hôtel insolite où devant chaque chambre vous attend un petit chien abandonné que vous pourrez adopter ou non en partant.

Voyag'Elles : un guide touristique "spécial femmes" que Roxane a créé avec son amie Sam, et auquel elle a adjoint un blog irrésistible où elle raconte ses péripéties dans tous les coins de France.

Roxane : en dehors de son blog, une boule de souffrance rongée de culpabilité et de haine envers le responsable de son malheur.

Mais dans l'hôtel où Roxane a décidé de poser ses valises, pour Voyag'Elles, il y a des personnes sages qui, malgré les cruautés du destin, se consolent grâce aux petits bonheurs de la vie... et y trouvent la force d'affronter le lendemain.

Quand le pardon de l'autre passe d'abord par le pardon de soi.

MON AVIS :

Réputée pour sa bonne humeur et ses histoires pleines d’optimisme, Carène Ponte est devenue en quelques années une auteure incontournable de la comédie romantique et du feel good. Ses romans et ses comédies de Noël délurées ont tous été remarqués et plébiscités par les lecteurs. Pour m’accompagner en cette fin d’année morose, c’est son roman Et ton cœur qui bat que j’ai choisi pour retrouver la plume de cette auteure, dont j’aime particulièrement le ton enjoué et la fantaisie et j’ai bien fait !

Publié en juin dernier, Et ton cœur qui bat est le roman à dégainer en cas de coup de mou ou de baisse de moral ! Écrit sans temps mort, dans un style actuel qui le rend très addictif, c’est le genre de roman qui se lit d’une traite. Mais ne vous méprenez pas ! Si Carène Ponte continue d’y faire rire ses lecteurs, son roman n’est pas seulement une comédie romantique ou un roman feel-good ! Sous des airs faussement simples, l’auteure y anime également des personnages attachants et si profondément humains dans leurs comportements que l’on se sent instantanément concerné par leurs problèmes. On comprend leurs doutes, leurs hésitations, leurs chagrins et leurs drames personnels mais surtout, on se réjouit de leurs rencontres inattendues et on se régale de leur amitié improbable mais sincère !

Tous ces personnages, cabossés par la vie à des degrés divers, parfois dépassés par ses coups durs, vont devoir (ré)apprendre à rire, à aimer la vie, à pardonner aux autres et d’abord à soi-même… Grâce au pouvoir insoupçonné de l’amitié et de l’humour, les personnages de Carène Ponte vont s’épauler, se soutenir mutuellement, se libérer de leur colère et de toutes leurs émotions négatives pour pouvoir à nouveau aller de l’avant et retrouver un sens à leur vie.

Et ton cœur qui bat est une histoire poignante de reconstruction après la perte d’un être cher. Frais, revigorant, limpide de vérité et porteur d’espoir, c’est un roman lumineux et très positif qui prouve que l’humour est une arme redoutable pour surmonter l’adversité et la cruauté du destin !

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24 octobre 2020

Søren SVEISTRUP : Octobre

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Søren SVEISTRUP, Octobre.
736 pages.
Editions Le Livre de Poche (26 février 2020).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Début octobre, dans la banlieue de Copenhague, la police découvre le cadavre d'une femme amputée d'une main. À côté du corps, un petit bonhomme fabriqué à partir de marrons et d'allumettes. Chargés de l'enquête, la jeune inspectrice Naia Thulin et l'inspecteur Mark Hess découvrent que cette figurine est porteuse de mystérieuses empreintes : celles de la fille de Rosa Hartung, ministre des Affaires sociales, enlevée un an plus tôt et présumée morte.
Thulin et Hess explorent toutes les pistes qui leur révéleraient un lien entre la disparition de la fille de la ministre et la victime à la main coupée. Lorsqu'une autre femme est tuée, selon le même mode opératoire, ils comprennent que le cauchemar ne fait que commencer...

« Quand le créateur de la géniale série télé danoise « The Killing » prend la plume, ça décoiffe ! Nuits blanches assurées. » Le Parisien.

« Un thriller aussi sensible que finement maîtrisé, une profondeur à nulle autre pareille. »La Vie.

MON AVIS :

Né en 1968, Søren Sveistrup est un écrivain et scénariste danois. Il est le créateur, scénariste et producteur de plusieurs séries, dont la série culte The Killing qui a reçu le BAFTA 2011 de la meilleure série internationale. Il écrit également des scripts pour des longs métrages, comme celui de l’adaptation de Le Bonhomme de neige de Jo Nesbø. 

Octobre est son premier roman et que dire de plus, sinon qu’il faut se faire violence pour ne pas engloutir, les uns après les autres, les chapitres ce thriller sombre et haletant, au risque d’y passer tout son temps libre ? Cela en dit suffisamment long sur le génie de Søren Sveistrup, qui, en sa qualité de scénariste, sait parfaitement s’y prendre pour ferrer le lecteur et le retenir captif d’une intrigue savamment orchestrée et maîtrisée de bout en bout !

Personnellement, j’aurais aimé que l’auteur explore davantage la personnalité complexe de son enquêtrice mais c’est un infime détail sur lequel il reviendra peut-être dans un autre opus !

Savoureux mélange d’action et de suspense, Octobre est un page-turner décoiffant, dont on a vraiment beaucoup de mal à s’extraire ! Assurément l’un des thrillers les plus efficaces qui m’aie été donné de lire ces dernières années !

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14 octobre 2020

Wendall UTROI : La loi des hommes

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Wendall UTROI, La loi des hommes.
397 pages.
Editions Slatkine & Cie (1er octobre 2020).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Jacques est homme à tout faire pour la mairie de Houtkerque, dans le Nord. Un jour, alors qu'il est chargé d'entretenir le cimetière du village, il découvre des mémoires, rédigées en anglais. Aidé par sa fille, il se met en tête de les traduire, et comprend que leur auteur est un inspecteur des mœurs de Scotland Yard ayant vécu en pleine époque victorienne.

L'aller-retour entêtant, entre hier et aujourd'hui, entre cette loi des hommes et les violences faites aux femmes.

MON AVIS :

Wendall Utroi, ancien policier formateur, vit aujourd'hui à Romans-sur-Isère. Il diffuse son premier roman sur Internet en 2014 et rencontre un succès inespéré. Auteur de sept romans, il reçoit en 2018 le Prix des lecteurs des plumes francophones. L'un de ses romans, Wanda, a fait l'objet d'un court métrage tourné au Canada ayant remporté deux prix internationaux. Son tout dernier roman est publié aux éditions Slatkine & cie depuis le 1er octobre 2020.

À mi-chemin entre roman policier et roman de fiction historique, La loi des hommes plonge le lecteur dans une histoire incroyable, dans les bas-fonds sordides du Londres de l’époque victorienne. Difficile d’en dévoiler davantage, au risque de dévoiler l’intrigue que Wendall Utroi, on le sent, a eu tant de plaisir à écrire ! On peut seulement vous dire que tout y est : des chapitres courts, des rebondissements, des personnages attachants et surtout, une intrigue formidablement documentée !

C’est glauque, dérangeant, malsain et révoltant mais c’est surtout une critique implacable à l’égard de la société victorienne dont on ne nous dépeint souvent que le faste et les bons côtés ! Entre crimes et passions, amour et trahison, La loi des hommes est un thriller historique saisissant de réalisme, qui captive par sa noirceur et laisse éclater une vérité sordide qui fait froid dans le dos…

Soyez-en sûrs, vous n’oublierez pas de sitôt cette enquête secrète aux relents nauséabonds… La loi des hommes est un roman percutant qui témoigne de la duplicité morale de la société victorienne et révèle la détresse de toutes celles qui ont été abusées et exploitées !

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