HISTOIRE DU SOIR

21 mai 2018

Balli Kaur JASWAL : Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique

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Balli Kaur JASWAL, Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique.
352 pages.
Editions Belfond (3 mai 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Généreux, émouvant et épicé, un roman qui questionne avec originalité et force la place des femmes orientales en Occident, leurs tiraillements entre traditions ancestrales et désir de liberté.

« Association sikhe recherche animatrice pour atelier d'écriture réservé aux femmes. » La bonne aubaine pour Nikki, Londonienne de vingt-deux ans, en quête désespérée d'un petit boulot.

Mais alors qu'elle pensait former des apprenties romancières, Nikki se retrouve face à un public inattendu : une dizaine d'Indiennes, de tous âges, majoritairement veuves, souvent analphabètes et dotées d'une imagination très, très fertile. Écrire ? Pensez-vous ! Elles, ce qu'elles veulent, c'est raconter : le choc culturel, la vie de famille, l'éducation des enfants. Raconter encore l'amour, le sexe et tous ces fantasmes enfiévrés qui leur traversent si souvent l'esprit. Raconter aussi la solitude, la soumission aux hommes, la violence, parfois.

Alors que la fréquentation de ce club débridé augmente de semaine en semaine, Nikki s'interroge : comment porter ces histoires au-delà des murs de la maison de quartier ? La jeune étudiante a une idée. Mais libérer la parole des femmes n'est jamais sans danger...

MON AVIS :

Née à Singapour, Balli Kaur Jaswal a passé sa vie entre le Japon, la Russie, les États-Unis et l'Europe. Premier de ses romans publié en France, Le Club des veuves qui aimaient la littérature érotique a rencontré un fort succès lors de sa publication internationale et a été sélectionné par Reese Witherspoon pour son fameux book club.

Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique est bien plus profond que ce que son titre laisse paraître. C’est un roman original et engagé qui fait réfléchir sur la place des femmes orientales en Occident.

Tiraillées entre leurs traditions ancestrales et leurs libertés individuelles, les femmes de ce club débridé vont choisir de s’affirmer et de vivre librement quand d’autres vont rester ancrés dans les traditions et porter au pinacle l’honneur de leur famille et de leur communauté.

Entre honneur et horreur, Balli Kaur s’insinue habilement dans les interstices d’un acte barbare qui affecte un large éventail de cultures, de communautés, de religions et d’ethnies. Si elle possède l’art et la manière de créer des personnages crédibles et attachants, elle condamne néanmoins sans appel ces meurtres perpétrés aujourd’hui encore dans de nombreux pays du monde.

Développée avec humour et légèreté, son intrigue est une dénonciation du modèle patriarcal et un rejet pur et simple de cette culture de violence et de contrôle des femmes. Les mariages forcés, les violences conjugales, l’assujetissement et la soumission psychologique et matérielle des femmes à leur mari sont autant d’exemples au service du maintien du conservatisme oriental. Tout au long du roman, on le voit, cette subordination des femmes conduit à des situations de déférence, de dépendance et de pauvreté. C’est profondément révoltant !

Même s’il faudra encore beaucoup de temps pour changer des attitudes aussi profondément enracinées, Balli Kaur Jaswal reste optimiste et positive. Loin de plomber les espoirs, elle prouve avec Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique qu’il est possible d’agir, même à très petite échelle, pour améliorer le statut et la place des femmes dans la société. Son roman d’empowerment est particulièrement éclairant, stimulant et mobilisateur ! Une magnifique leçon de tolérance et un espoir pour toutes les femmes du monde, qu’elles soient de culture orientale ou occidentale !

Je remercie les éditions Belfond et la plateforme NetGalley de leur confiance.

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15 mai 2018

Eve CHASE : Un manoir en Cornouailles

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Eve CHASE, Un manoir en Cornouailles.
456 pages.
Editions NiL (3 mai 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Une famille. Un secret. Un été tragique. Quatre vies bouleversées à jamais.

« Une lecture obligatoire pour les fans de Kate Morton et Daphné du Maurier. » BookPage.

Cornouailles, 1968. Pencraw, un grandiose manoir en ruine dans lequel les Alton élisent domicile l'été. Le temps semble s'y être arrêté et défile sans encombre. Jusqu'au drame qui vient bouleverser leurs vies et arrêter le temps à jamais.

Cinquante ans plus tard, avec son fiancé Jon, Lorna roule à la recherche du manoir des Lapins noirs, cette maison où elle a séjourné enfant. Elle rêve d'y célébrer son mariage. Tout dans cette vieille demeure l'appelle et l'attire. Mais faut-il vraiment déterrer les sombres mystères de ce manoir en Cornouailles ?

MON AVIS :

Eve Chase, dont il s’agit ici du premier roman, nous entraîne dans une passionnante spirale unissant deux femmes séparées par les années, mais que la force de l'amour, le poids des secrets et des rêves brisés réunissent en une seule voix, mélancolique et entêtante.

Si vous aimez Daphné du Maurier ou Kate Morton, à qui l’auteure est d’ailleurs régulièrement comparée, vous ne pourrez que tomber sous le charme envoûtant de ce roman dont le héros est un vieux manoir en ruines…

Lorsque Pencraw dévoile les mystères et les passions qui habitent encore ses murs ancestraux, Lorna est loin de s’imaginer que les événements tragiques de l’été 1968 et l’entrelacs de mensonges sur lequel s’est construite la légende familiale des Alton vont rejaillir sur sa propre existence…

Même si, à mon sens, le roman n’atteint pas le degré de perfection des intrigues de Kate Morton et de son Enfant du lac, pour ne citer qu’un seul et prestigieux exemple, Eve Chase use habilement de toutes les ficelles du genre pour créer un roman d’atmosphère somptueux et une intrigue familiale passionnante, qui tient le lecteur en haleine jusqu’à la déflagration finale. Elle montre notamment que les vérités les plus fortes peuvent parfois avoir besoin de temps et de multiples détours pour se manifester au grand jour…

Portée par un puissant souffle romanesque, l’histoire terrible du manoir des Lapins noirs vous hantera longtemps !

Je remercie les éditions NiL et la plateforme NetGalley de leur confiance.

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13 mai 2018

Maude MIHAMI : Les dix voeux d'Alfréd

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Maud MIHAMI, Les dix voeux d'Alfréd.
256 pages.
Editions NiL (3 mai 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

« Une fantaisie truculente, picaresque et touchante au coeur du bocage breton. Mieux vaut lire ce livre que celui d'à côté, il est plus drôle ! » Erik Fitoussi, libraire.

1970, Le Camboudin, petit village breton. Alfréd, neuf ans, a un prénom dont l'accent aigu lui déplaît, une mère qui picole trop et un grand-père qui tient à lui comme à la prunelle de ses yeux. Il adore traîner au bistrot avec ses copains, une joyeuse bande de vieux qui lui apprennent la vie. Avec l'aide de son Vénérable Papi, il va décider de passer le cap de ses dix ans en établissant une liste de vœux à réaliser avant le grand jour. Rencontrer un vrai cow-boy, boire de la trouspignôle ou encore conduire un tracteur marqueront le début d'une série d'aventures aussi rocambolesques que réjouissantes. De vœux gâchés en moments de pure félicité, il va vivre l'année la plus incroyable de sa vie.

Maude Mihami nous offre avec Les dix vœux d'Alfréd un premier roman d'une grande drôlerie qui pose un regard tendre sur le monde de l'enfance.

MON AVIS :

Maude Mihami, Bretonne de son état, a été libraire en Allemagne et à Paris. Elle vit aujourd'hui à Lyon. Les dix vœux d’Alfréd, son premier roman disponible depuis le 3 mai dernier, inaugure la nouvelle charte graphique des éditions NiL. C’est un court roman, une fantaisie truculente et touchante qui pose un regard tendre sur le monde de l’enfance.

On y fait la connaissance d’Alfréd, un petit garçon de dix ans, de son « vénérable » grand-père qui tient à lui comme à la prunelle de ses yeux et de toute une troupe de vieux plus ou moins débonnaires qui se sont liés d’amitié avec lui. À l’occasion de son dixième anniversaire, Alfréd décide d’établir une liste de dix vœux qui lui permettront de poser les jalons de sa prochaine décennie : rencontrer un authentique cow-boy, aller voir la mer pour de vrai, adopter un chien ne constitueront que le début d’une série d’aventures rocambolesques et réjouissantes…

Grâce à sa bonne humeur communicative, le roman de Maude Mihami vous laissera sans aucun doute des étoiles au fond des yeux et le sourire aux lèvres. Frais, léger et émouvant, c’est également un roman dont la dimension sociétale ne manquera pas d’attendrir et de faire réfléchir les lecteurs. Maud Mihami y aborde des sujets tels que la vieillesse, la solitude, la perte de mémoire et d’autonomie et invite à réfléchir aux liens intergénérationnels ainsi qu’aux rapports que nous entretenons avec nos aînés. La façon dont elle décrit le troisième, voire le quatrième âge est toujours optimiste et positif.

« L’âge, c’est comme le fromage : plus c’est vieux, meilleur c’est ! »

Si la liste de vœux d’Alfréd est l’occasion pour le lecteur d’assister à des scènes toutes plus hilarantes les unes que les autres, Maud Mihami convoque également nos souvenirs et vient chatouiller notre âme d’enfant. À travers Alfréd, ce petit garçon sensible, optimiste et rêveur, qui ne comprend pas toujours tout du monde des adultes, il y a aussi un petit morceau de chacun de nous. Ses réflexions, ses aventures font remonter quantité de souvenirs d’enfance et rejaillir ces petites joies toutes simples, remisées bien loin dans les mémoires : les vacances chez les grands-parents, les édredons moelleux et les antiques matelas de laine, les petits déjeuners rustiques, le pâté, les tranches de saucisson et les premières bolées de cidre… Tout y est ! C’est vraiment plein d’émotion et de nostalgie !

L'histoire aurait presque pu paraître trop farfelue, mais on s'y laisse emporter sans difficulté dès les premières pages tant on sent que l'auteur a pris plaisir à l'écrire ! Ses personnages, formidablement bien campés, authentiques et vivants, ainsi que l’écriture, à la fois drôle et touchante, contribuent à faire de ce premier roman une comédie de mœurs grand public sans faute et bien ficelée. C’est parfait pour un moment de détente et de franche rigolade.

Je remercie les éditions Nil et la plateforme NetGalley de leur confiance.

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11 mai 2018

Tor UDALL : Le jardin des bonheurs égarés

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Tor UDALL, Le jardin des bonheurs égarés.
416 pages.
Editions Préludes (2 mai 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Audrey était l’épouse, l’amour et la meilleure amie de Jonah. Mais la jeune femme est brutalement décédée, et Jonah ignore comment vivre après ce drame. Il ne trouve de réconfort que dans les luxuriants et paisibles Kew Gardens, qu’Audrey adorait tant. Au fil des jours, Jonah y rencontre d’intrigants personnages : Chloe, une artiste passionnée hantée par un secret et par les gracieux oiseaux de papier qui naissent entre ses mains, Harry, intrépide jardinier chargé de prendre soin des plantes, et enfin Milly, une fillette de huit ans qui promène un peu partout sa bonne humeur.

Tandis que Jonah lutte contre ses démons, les mystères se multiplient. Où sont les parents de Milly ? Qui est réellement Harry ? Le journal intime d’Audrey, que Chloe découvre, pourrait les aider à dénouer les fils de l’écheveau qui s’est tissé dans les allées des jardins…

Un ballet de personnages d’une élégance rare, le décor splendide des parcs londoniens, la délicatesse des origamis… Enchanteur, subtil et puissant, Le Jardin des bonheurs égarés offre une bouleversante histoire d’amour et de perte.

« Un roman poétique et finement ciselé. » Sunday Express.

« Aussi déchirant qu’exaltant, un véritable hymne à tous les amours imparfaits. » The Observer.

MON AVIS :

Le jardin des bonheurs égarés offre le portrait intime de cinq vies inextricablement liées, tout au long d'une année à Kew Gardens. Tor Udall signe un premier roman étrange et inclassable, que tous les inconditionnels d'Alice Sebold, Barbara Kingsolver ou Audrey Niffenegger vont adorer.

Après la mort subite de sa femme, Jonah trouve refuge dans les jardins luxuriants et paisibles de Kew Gardens. Jour après jour, il y entretient le souvenir d’Audrey et tente d’y reconstruire son existence. C’est là qu’il rencontre Chloe, une jeune artiste écorchée vive, passionnée d’origami, qui cherche elle aussi le réconfort dans les allées des jardins. Alors que tous deux luttent contre leurs démons, Chloe et Jonah finissent par se rapprocher. Les jardins de Kew Gardens auraient-il la faculté ou le pouvoir extraordinaire de panser les plaies de celles et ceux qui ont perdu l’amour, l’espoir et le goût de vivre ?

Mais alors qui est cet énigmatique jardinier, qui inlassablement revient sur le devant de la scène et semble attendre que quelque chose -ou quelqu’un- l’enracine plus fermement à la terre ? Et qui est Milly, cette petite fille de huit ans qui erre dans les jardins et promène sa bonne humeur partout derrière elle ?

Au fil de cet étrange et élégant ballet de personnages, l’auteure lève le voile sur les mystères des jardins royaux de Kew Gardens. Au moyen d’un exercice de style inédit, Tor Udall nous apprend que les histoires d’amour et les destins sont comme le papier, ils peuvent être manipulés, pliés, dépliés et reformés à l’infini…  L’écriture est si poétique, si finement ciselée que l’on a vraiment envie de croire à cette histoire complètement folle, qui, tout en réconfortant le lecteur, fait aussi vaciller toutes ses croyances et ses certitudes… C’est étrange, déstabilisant mais pas inintéressant pour autant !

Le jardin des bonheurs égarés est une expérience de lecture dont vous vous souviendrez longtemps. Que vous soyez séduits -ou non- par le style pour le moins déconcertant de Tor Udall, vous ne pourrez pas rester de marbre face à ce roman insolite et déchirant. Un chef d’œuvre d’imagination et un hommage vibrant au pouvoir apaisant de la nature !

Je remercie les éditions Préludes et la plateforme NetGalley de leur confiance.

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08 mai 2018

Karine LAMBERT : Un arbre, un jour...

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Karine LAMBERT, Un arbre, un jour...
220 pages.
Editions Calmann-Lévy (2 mai 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Du haut de mes trente-deux mètres, je les regarde vivre sur la place du village.

Depuis cent trois ans, je partage leurs nuits et leurs jours, j’effeuille leurs amours et parfois j’envie leurs cris de joie.

En ce matin de printemps, un avis d’abattage est cloué sur le platane centenaire qui ombrage ce village de Provence.

Entraînés par un petit garçon effronté, sept habitants s’unissent pour découvrir qui souhaite la mort du géant.

Ensemble, ils combattent cette sentence absurde, tandis que l’arbre les observe et vibre avec humour et philosophie au rythme de leurs émotions et de leurs conflits.

Qui l’emportera… le pouvoir ou la solidarité ?

Aux premiers jours de l’été, Clément, Suzanne, Fanny et les autres ne seront plus les mêmes.

« Le roman qui cache une forêt d’émotions. » Pascal Laurent, librairie Filigranes Corner.

MON AVIS :

Karine Lambert est romancière et photographe. Ses premiers romans, L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes et Eh bien dansons maintenant ! connaissent un grand succès en France et sont publiés dans plus de vingt-cinq pays.

Son nouveau roman, Un arbre, un jour… publié chez Calmann-Lévy, est un véritable petit bijou de tendresse qui se lit d’une traite. Il y est question d’un arbre centenaire sur la place d’un petit village de Provence. Témoin de la vie des habitants, des potins comme des ragots, le vieux platane observe et commente, avec humour et philosophie, jusqu’à ce qu’un arrêté municipal cloué sur son tronc le menace d’abattage…

Les habitants vont alors se mobiliser contre cette décision absurde et s’associer en un comité hétéroclite formé d’une ex-instit reconvertie en tenancière de PMU, d’un gamin de dix ans hyperactif, d’un vendeur d’artichauts psychédélique, d’une styliste culinaire et d’un indécis chronique. Ensemble, ils vont explorer toutes les pistes, parmi les plus surréalistes, et tenter l’impossible pour sauver leur arbre.

Cette galerie de portraits touchants saura, à coup sûr, charmer le lecteur. De cette histoire écrite avec simplicité, on ressort apaisé, ressourcé, le sourire aux lèvres et des étoiles plein les yeux.  Un arbre, un jour… est également un bel hommage à la nature, à ce que le monde végétal peut nous apporter.

« Sur cette place, j’ai mes habitudes, entre un pot de lavande et la glycine qui serpente le long du mur du 34. Je suis immobile, mais je suis heureux quand il pleut, joyeux quand la brise me caresse doucement. Mes souvenirs remontent avant la naissance de chaque habitant. Lorsqu’ils seront tous partis, je serai encore là, à regarder jouer leurs enfants et les enfants de leurs enfants. »

Une chose est sûre, Karine Lambert a su choisir ses mots. Elle fait de ce platane, qui s’exprime « à fleur d’écorce », un être totalement vivant, un être humain à part entière. Lui, le gardien immuable de la mémoire du village, arrive à émouvoir et à faire monter les larmes aux yeux… C’est vraiment touchant ! L’arbre protecteur qui, de ses branches et ses feuilles apaise, effleure et caresse, fait alors ressurgir des souvenirs et des émotions que l’on croyait bien enfouies…

Mais il a aussi un pouvoir fédérateur insoupçonné. Grâce à lui, c’est toute une communauté hétéroclite va se créer, s’unir et œuvrer dans le seul but de le sauver. L’énergie que déploie ce petit groupe improbable, les liens qu’ils créent et tissent redonnent foi en la bonté humaine, en la générosité et en la solidarité, en l’aptitude au bonheur et au respect de la nature et de notre environnement !

Si les mots de Karine Lambert sont choisis pour faire du bien, ils suscitent également le réveil de notre conscience écologique. Alors que nos ressources s’épuisent, ce sursaut est plus que jamais nécessaire : nous devons plus que jamais être acteurs de notre futur commun et prendre soin de notre planète. À sa manière, le roman de Karine Lambert y contribue. Entre gravité, humour et légèreté, il donne en tout cas un bel exemple de ce que nous pouvons faire en tant que citoyens responsables. C’est vraiment un roman originanl et réussi !

Je remercie les éditions Calmann-Lévy et la plateforme NetGalley de leur confiance.

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07 mai 2018

Laurence PEYRIN : L'aile des vierges

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Laurence PEYRIN, L'aile des vierges.
466 pages.
Editions Calmann-Lévy (28 mars 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Doit-on trahir ses convictions et ses rêves pour un peu de bonheur ?

Un extraordinaire portrait de femme libre.

Angleterre, avril 1946. La jeune femme qui remonte l’allée de Sheperd House, majestueux manoir du Kent, a le coeur lourd. Car aujourd’hui, Maggie Fuller, jeune veuve au fort caractère, petite-fille d’une des premières suffragettes, fille d’une sage-femme féministe, entre au service des très riches Lyon-Thorpe. Elle qui rêvait de partir en Amérique et de devenir médecin va s’installer dans une chambre de bonne. Intégrer la petite armée de domestiques semblant vivre encore au siècle précédent n’est pas chose aisée pour cette jeune femme cultivée et émancipée. Mais Maggie va bientôt découvrir qu’elle n’est pas seule à se sentir prise au piège à Sheperd House et que, contre toute attente, son douloureux échec sera le début d’un long chemin passionnel vers la liberté.

« Entre raison et sentiments, la vie de Maggie est un véritable tumulte. » Aurélie Janssens, librairie Page et Plume, Limoges.

« J’ai passé des moments fabuleux en compagnie de ces personnages. Le nouveau roman de Laurence Peyrin est une petite pépite. » Juliette Jeanroy, librairie Cultura, Reims.

« Maggie, héroïne battante d’une histoire romantique comme on les aime ! » Béatrice Leroux, librairie Gibert Jeune, Paris.

MON AVIS :

Laurence Peyrin a été journaliste de presse pendant 20 ans. Mère de six enfants aujourd'hui adolescents pour la plupart, elle se consacre désormais à transmettre sa passion du cinéma à des élèves de collège, aux voyages qui nourrissent sa plume et à l'écriture qui occupe la plus grande partie de sa vie. 

Depuis La drôle de vie de Zelda Zonk, son premier roman, qui a reçu le Prix Maison de la Presse en 2015, on espérait que l’auteure nous surprenne à nouveau. C’est désormais chose faite ! L’aile des vierges est le roman que les inconditionnelles de Laurence Peyrin attendaient toutes ! Avec le talent fou qui la caractérise, l'auteure a imaginé une formidable histoire d’amour doublée d’un extraordinaire portrait de femme libre.

Entre désir et ambition, le long chemin passionnel de Maggie laissera la lectrice pantelante d’émotion. Impossible de ne pas s’identifier à cette jeune femme de caractère, cultivée, émancipée, ne vivant que pour ses rêves et ses convictions ! À travers les souvenirs de son mariage douloureux, de son veuvage et de ses échecs, c’est un peu comme si Maggie nous encourageait, nous exhortait à poursuivre nos rêves, quoi qu’il en coûte. Il y a dans ces 450 pages une telle connivence entre l’auteure, ses héroïnes et ses lectrices, une telle solidarité que l’on ne peut que se sentir pousser des ailes et prêtes à déplacer des montagnes !

Qu’il s’agisse de Maggie, de Kitty, de Pippa-ma-chère, ou de toutes celles qui ont été à l’honneur dans les précédents romans de l’auteure, ces femmes, fières et battantes, ont toutes un message ultra-positif à nous transmettre : celui d’ « aimer comme on veut ». Comme dans La drôle de vie de Zelda Zonk, Hanna et Miss Cyclone, Laurence Peyrin s’interroge une fois encore sur l’amour, le sens profond de la vie et le temps qui passe, un vaste sujet qui suscite toujours autant de passion et d’émotion…

L’histoire d’amour unique, intense et émouvante de Maggie ne manquera pas d’interpeller la lectrice sur ses propres choix de vie ! En tant que lectrice mais surtout que femme, on retrouve forcément un peu de nos vies dans le tumultueux parcours de Maggie et c’est bien ce qui rend le roman de Laurence Peyrin aussi bouleversant !

L’aile des vierges est un roman captivant, qui vous fera rire et pleurer mais c’est surtout un roman intelligent, subtil et très stimulant, qui vous fera sentir incroyablement libres et vivants ! Une pépite à découvrir absolument !

Je remercie les éditions Calmann-Lévy pour leur confiance et Laurence Peyrin pour sa charmante dédicace.

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02 mai 2018

Vanessa LAFAYE : Les brumes de Key West

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Vanessa LAFAYE, Les brumes de Key West.
409 pages.
Editions Belfond (19 avril 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

1993. En plein jour, dans une rue bondée de Floride, une femme de quatre-vingt-seize ans abat froidement un membre du Ku Klux Klan.

1919. Bannie par les siens, Alicia Cortez, vingt-deux ans, quitte La Havane pour rejoindre l'Amérique et sa cousine Beatriz, tenancière du Pearl's, l'une des maisons closes les plus fréquentées de Key West.

Avec son charme exotique, la belle Cubaine trouve rapidement sa place dans cet univers sensuel et secret. Aidée de John, vétéran tourmenté et propriétaire d'un bar voisin, Alicia va jusqu'à organiser la contrebande d'alcool, pour contrer les lois de la prohibition. Et leur amitié laisse bientôt place à une profonde attirance.

Mais la menace du Klan gronde dans l'archipel... Et le rapprochement entre une métisse à la réputation sulfureuse et un héros de guerre blanc ne passe pas inaperçu. Et ne saurait être toléré.

Dans les brumes de Key West, un drame se prépare...

MON AVIS :

Née en Floride, Vanessa Lafaye a commencé sa carrière dans l’édition d’ouvrages académiques à Oxford, avant de se consacrer à l’écriture et au chant. Après Dans la chaleur de l’été (2016, Belfond ; 2017, Pocket), Les brumes de Key West est son second roman publié chez Belfond. Vanessa Lafaye a disparu en février 2018.

Puisant dans l’histoire mouvementée du sud des États-Unis, elle livre, avec finesse et élégance, le récit d’une passion interdite, sur fond de ségrégation, de fanatisme et de violence.

Cette histoire d’amour mixte à l’époque des lois ségrégationnistes s’inspire d’un fait réel, celui du meurtre non résolu d’un vétéran médaillé de la Première Guerre mondiale au tout début des années 1920 à Key West. Le scandale de cette relation illégale a été transformée en tragédie par l’arrivée à Key West du Ku Klux Klan, chargé de sauver le pays pour les « vrais Américains ».

La façon dont Vanessa Lafaye raconte le règne du Klan des Keys est particulièrement intéressant. À travers plusieurs épisodes, dont celui particulièrement marquant de la cérémonie d’initiation, elle évoque un curieux mélange de bouffonnerie et d’efficacité criminelle caractéristique des activités du Klan. Sous les costumes et les rituels, il y avait bel et bien une organisation ainsi qu’un système de pensée arriéré qui faisaient régner la terreur et commettait les pires atrocités en toute impunité.

On peut, assez tristement d’ailleurs, remarquer à quel point cette rhétorique de la suprématie raciale des Blancs trouve encore une résonance à notre époque. Lee techniques de recrutement du KKK, telles que l’auteure les décrit dans son roman, présentent des analogies certaines avec ce que l’on connaît et que l’on nomme aujourd’hui sous le terme de radicalisation. Le Klan ciblait les gens en colère, les laissés-pour-compte, ceux à qui manquait le sentiment d’appartenance à un groupe et qui ressentaient le besoin de faire partie de quelque chose de plus grand qu’eux. En exploitant leur désillusion, il les incitait à commettre les pires exactions. C’est sidérant !

« Il savait ce que représentait le Klan, ce dont Pa était capable après avoir vécu tant d’années avec lui et pourtant il avait volontairement choisi l’aveuglement. Tout comme un enfant qui se cache les yeux derrière les mains. Tous ces signes et ces rituels qu’il avait pris pour de la virilité n’étaient qu’un moyen pour les chefs, Pa et les autres, d’exercer leur pouvoir sur les faibles et les naïfs… sur des gens comme lui. Il l’avait toujours su. »

À travers cette tragédie, Vanessa Lafaye raconte surtout l’histoire magnifique et éternelle de deux êtres qui ont simplement voulu vivre ensemble et en ont été empêchés à cause du sectarisme et de la haine. Leur drame révèle autant de choses sur la nature de l’amour que sur leur époque. La tension, croissante, et la façon dont l’auteure dépeint l’enchaînement inéluctable des faits est tout simplement passionnante !

Les brumes de Key West fait partie de ces romans bouleversants, qui laissent une empreinte indélébile sur ses lecteurs. Suspendu aux mots de l’auteure, on ne peut que s’émouvoir de l’histoire magnifique d’Alicia et John, ressentir leur courage et leur détermination à combattre les préjugés pour vivre leur amour au grand jour et affirmer leur liberté. Mais au-delà de son intrigue tendue et passionnante, Vanessa Lafaye signe surtout un roman politique remarquable, intelligent et engagé, dont la lecture est plus que jamais nécessaire pour qui s’intéresse à la question raciale, à la haine et au racisme ordinaire.

Je remercie les éditions Belfond de leur confiance.

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27 avril 2018

Paul COUTURIAU : Ce feu qui me dévore

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Paul COUTURIAU, Ce feu qui me dévore.
384 pages.
Editions Presses de la Cité (25 janvier 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Bernard pourra-t-il un jour dire toute la vérité ? Sur l'incendie criminel qui a dévasté sa famille et sa vie. Sur le secret qu'il est le seul à connaître vraiment, qui mêle à la fois la folie, l'amour, la jalousie et, à l'origine, la souffrance muette d'un enfant malaimé.

À tout juste dix-huit ans, Bernard Bertin est désigné coupable de l'incendie criminel qui a tué sa mère et laissé pour mort son père. Depuis toujours, un feu contenu brûle en lui : une sensibilité à fleur de peau, une posture solitaire et secrète ont fait de lui un enfant incompris. Après sa peine de prison, il revient vivre sur les lieux du drame, à Metz. Il est devenu écrivain et n'a jamais levé le voile sur son histoire. La vraie et insoupçonnée. Celle qui se tramait derrière la façade bourgeoise de la maison familiale. À la faveur de ses retrouvailles avec Alexandra, son amour de jeunesse, Bernard est poussé dans ses derniers retranchements.

Parviendra-t-il, enfin, à panser les plaies du passé, à révéler les souvenirs douloureux d'une enfance qui n'en fut jamais une ?

MON AVIS :

Né à Bruxelles, Paul Couturiau a reçu en 2002 le Prix Maison de la Presse pour Le Paravent de soie rouge. Il a également publié aux Presses de la Cité En passant par la Lorraine (2003), L'Abbaye aux loups (2010) et Les Silences de Margaret (Prix roman des conseils généraux de Lorraine, 2011). Ce feu qui me dévore est un roman à la fois sombre et lumineux, qui s’inscrit un peu dans la lignée de Vipère au poing d’Hervé Bazin ou du Sagouin de François Mauriac. On y retrouve la même souffrance muette d’un enfant incompris et malaimé.

Bernard a 18 ans lorsqu’il est désigné coupable de l’incendie criminel qui a dévasté sa vie. Solitaire et secret, il est le seul à savoir ce qui s’est réellement passé cette nuit-là. Il passera trente ans en prison pour un crime qu’il n’a pas commis, car Bernard n’a de cesse de le répéter, il est « responsable mais non coupable » du drame qui a coûté la vie à sa mère et laissé son père pour mort.

Mais alors pourquoi accepte-t-il d’endosser la responsabilité d’un acte qu’il n’a pas commis ? Qui cherche-t-il à protéger au détriment de sa liberté ?

Après avoir purgé sa peine, Bernard revient sur les lieux du drame. Il y retrouve Alexandra, son amour de jeunesse, qui l’incite à raconter ses douloureux souvenirs d’enfance et à lever le voile sur ce qui se tramait derrière la façade bourgeoise de la maison familiale. Ce bouleversant récit autobiographique dénonce les oppressions familiales et sociales ainsi qu’un certain modèle d’éducation qui fit longtemps les beaux jours des familles françaises.

« Même en ce moment, ta peur est palpable, Bernard. C'est fou ! Tu vois, c'est ça que tu devrais raconter. L'origine de ta peur.»

 

Si le roman évoque dans sa terrible banalité la souffrance accumulée d’un enfant brimé et humilié, Paul Couturiau y délivre également un formidable message d’espoir. Sans angélisme, avec beaucoup d’humanité et d’émotion, il montre qu’il est tout à fait possible de survivre aux violences physiques et à la maltraitance psychologique. La description pudique et sobre qu’il donne du processus de résilience de Bernard est un véritable hommage à tous ceux sont ou ont été, de près ou de loin, concernés par des problèmes de maltraitance.

Un roman poignant, émouvant et lumineux, à lire absolument !

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18 avril 2018

Patricia WILSON : L'île des secrets

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Patricia WILSON, L'île des secrets.
464 pages.
Editions City (10 janvier 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Du soleil et des oliviers, un village de carte postale... c’est magnifique. Mais Angelika n’est pas venue en Crète en touriste. La jeune femme veut découvrir l’histoire de sa famille dans ce pays où sa mère a grandi avant de partir définitivement en Angleterre.

Pourquoi sa mère a-t-elle si violemment tiré un trait sur ce passé et refuse-t-elle d’en parler ? Une douloureuse découverte attend Angelika lorsqu’elle frappe à la porte de sa grand-mère qu’elle n’avait encore jamais rencontrée. Après des années de silence, la vieille femme ouvre son cœur et remonte le fil de ses souvenirs.

Commence alors un voyage déchirant qui plonge dans l'histoire de la Crète occupée par les Nazis. Une histoire cachée révélant les heures sombres et, surtout, la force d'une femme prête à tout pour protéger ses enfants...

Trois femmes. Trois générations. Un secret dévastateur.

MON AVIS :

Patricia Wilson est l'auteure de romans best-sellers mettant en scène des secrets de famille. Elle a longtemps vécu dans un village de Crète où, un jour, elle a découvert une arme enterrée dans son jardin... les anciens du village lui ont alors raconté un épisode de la guerre qui lui a donné l'idée de ce roman.

L’île des secrets, qui a déjà conquis plus d’un million de lecteurs, dévoile un pan sombre et bouleversant de l’histoire de la Crète pendant la Seconde Guerre mondiale, une histoire faite de meurtres, de chagrin et de secrets dont les conséquences dévastatrices vont bouleverser plusieurs générations.

« Les blessures guérissent avec le temps. Mais pas ces blessures-là… »

Patricia Wilson signe une histoire déchirante. C’est un véritable tourbillon d’émotions qui s’abat sur ses lectrices. Dans les méandres d'une histoire familiale ravagée par un drame, son héroïne Angelika va découvrir les sombres secrets qui ont détruit la vie de sa famille et remettre toute sa vie en question… Son récit, qui explore le poids des non-dits, des mensonges et de la culpabilité des membres d’une même famille, est absolument saisissant !

Malheureusement, à force de vouloir trop entretenir le suspense, l’auteure multiplie les passages et les rebondissements inutiles. Les passages consacrés à l’occupation nazie sont distillés au compte-goutte, l’auteure préférant s’attarder sur les doutes et les atermoiements d’Angelika concernant son futur mariage… C’est vraiment dommage !

Malgré tout, le roman se lit jusqu’au bout sans déplaisir et Patricia Wilson s’en sort honorablement. L’île des secrets fera le bonheur des amateures de sagas familiales et de toutes celles qui aiment les portraits de femmes courageuses et prêtes à tout pour protéger leurs enfants…

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16 avril 2018

Aurélie VALOGNES : Au petit bonheur la chance !

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Aurélie VALOGNES, Au petit bonheur la chance !
342 pages.
Editions Fayard/Mazarine (7 mars 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

1968. Jean a six ans quand il est confié du jour au lendemain à sa grand-mère. Pour l’été. Pour toujours. Il n’a pas prévu ça. Elle non plus.

Mémé Lucette n’est pas commode, mais dissimule un coeur tendre. Jean, véritable moulin à paroles, est un tourbillon de fraîcheur pour celle qui vivait auparavant une existence paisible, rythmée par ses visites au cimetière et sa passion pour le tricot.

Chacun à une étape différente sur le chemin de la vie – elle a tout vu, il s’étonne de tout –, Lucette et Jean vont s’apprivoiser en attendant le retour de la mère du petit garçon.

Ensemble, dans une société en plein bouleversement, ils découvrent que ce sont les bonheurs simples qui font le sel de la vie.

Un duo improbable et attachant pour une cure de bonne humeur garantie !

MON AVIS :

Agée de 34 ans, Aurélie Valognes est une romancière française, auteur de best-sellers. Ses trois premières comédies, Mémé dans les orties, En voiture, Simone ! et Minute, papillon ! sont de véritables phénomènes populaires et ont conquis le coeur de millions de lecteurs à travers le monde. Au petit bonheur la chance ! est son quatrième roman.

Véritable condensé de bonne humeur qui redonne le moral, ce nouveau roman d’Aurélie Valognes vous laissera sans aucun doute avec des étoiles au fond des yeux et le sourire aux lèvres. Frais, léger, émouvant et pourtant bien ancré dans son époque, c'est également un roman dont la dimension sociétale ne manquera pas d'attendrir et de faire réfléchir les lecteurs.

Si l’auteure y laisse autant transparaître sa sensibilité, c’est que l’histoire du petit Jean s’inspire de l’enfance, romancée, du papa d’Aurélie Valognes, élevé par sa grand-mère. Ce devait être l’histoire d’un enfant malheureux et d’une mère coupable jusqu’à ce que l’auteure choisisse de nuancer son récit et fasse de Jean un enfant heureux et de Marie, sa mère, une victime de son époque.

La notion de maternité, qu’elle soit choisie ou non, est d’ailleurs très prégnante dans ce roman. À son jeune fils qui ne la comprend pas et la rejette, Marie déclare :

« Tu sais, ce n’est pas évident pour moi. Quand on est une femme, on nous autorise le rôle d’épouse pondeuse, soit celui de femme légère, égoïste. Tout n’est pas blanc ou noir, Jean, jamais. J’espère que tout cela changera. Pour moi c’est trop tard, mais il y a une chance pour que les choses soient différentes pour ta fille, si tu en as une un jour. Je souhaite qu’elle soit libre. De ses choix, de son corps. Libre de vivre ses rêves. Je ne te demande pas de me pardonner, mais peut-être qu’un jour tu me comprendras. »

Et grâce à la légalisation de l’avortement en janvier 1975, les choses ont effectivement beaucoup changé pour les femmes. Désormais, nous sommes libres de fonder une famille ou pas. Au petit Bonheur la chance ! est en cela un très bel hommage à toutes ces femmes qui, il n’y a pas si longtemps, ont été les premières à tracer un nouveau chemin vers la liberté et lutté pour améliorer nos conditions de vie.

Au petit bonheur la chance ! est aussi, comme toujours avec les romans d’Aurélie Valognes, un roman très attendrissant, qui réveille les souvenirs anciens du lecteur et vient chatouiller son âme d’enfant. À travers Jean, petit garçon sensible, naïf, optimiste et rêveur, il y a un petit morceau de chacun d’entre nous, de nos souvenirs et de ces petites joies toutes simples du quotidien que l’on garde pour toujours en mémoire… C’est vraiment plein d’émotion et de nostalgie !

Bien entendu, l’auteure aborde également d’autres sujets, plus graves, comme la solitude, la vieillesse, la perte de mémoire, d’autonomie et, on s’en doute, la mort. Mais surtout, grâce à une écriture tendre et sensible, Aurélie Valognes invite à réfléchir aux liens intergénérationnels ainsi qu’aux rapports que ses lecteurs, jeunes ou moins jeunes, entretiennent avec leurs aînés. C’est une très jolie façon de se rappeler que la famille vise avant tout à l’épanouissement de ses membres en garantissant sécurité affective et bien-être face aux aléas de la vie. Alors si vous avez encore la chance d’avoir vos grands-parents, passez vite les embrasser ou décrochez votre téléphone pour leur dire combien ils sont précieux et combien vous les aimez ! Vous illuminerez leur journée ! ;)

Je remercie les éditions Fayard/Mazarine et la plateforme NetGalley de leur confiance.

Posté par ingridfasquelle à 13:19 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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