HISTOIRE DU SOIR

29 mars 2020

Michel BUSSI : Nymphéas noirs

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Michel BUSSI, Nymphéas Noirs.
492 pages.
Editions Pocket (5 septembre 2013).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Le jour paraît sur Giverny.

Du haut de son moulin, une vieille dame veille, surveille. Le quotidien du village, les cars de touristes... Des silhouettes et des vies. Deux femmes, en particulier, se détachent : l'une, les yeux couleur nymphéa, rêve d'amour et d'évasion ; l'autre, onze ans, ne vit déjà que pour la peinture. Deux femmes qui vont se trouver au cœur d'un tourbillon orageux. Car dans le village de Monet, où chacun est une énigme, où chaque âme a son secret, des drames vont venir diluer les illusions et raviver les blessures du passé...

« On finit totalement emballé, le cœur un peu serré... Vraiment, génial ! » Ouest France

« Passé et présent se superposent et c'est peu dire que l'on passe par toutes les couleurs... » Marie France

Ce roman a reçu cinq prix littéraires en 2011 :

Prix Polar méditerranéen,

Prix Polar Michel Lebrun de la 25e Heure du Livre du Mans,

Prix des lecteurs du Festival Polar de Cognac,

Grand Prix Gustave Flaubert,

Prix Goutte de Sang d'encre de Vienne

MON AVIS :

Si vous aimez les policiers pas trop sanglants ni malsains ou plus simplement les romans à suspense renversants, avec des intrigues intelligentes et bien menées, sans nul doute vous aimerez Nymphéas noirs de Michel Bussi.

Tout à la fois énigme, jeu littéraire ou bien encore réflexion sur le destin, ce roman, qui commence de manière très classique par un meurtre, s’éloigne bien vite des codes du genre pour emmener le lecteur dans un véritable et inextricable jeu de pistes où l’auteur se joue de toutes les certitudes…

"Trois femmes vivaient dans un village. La première était méchante, la deuxième était menteuse, la troisième était égoïste. Elles possédaient pourtant un point commun, un secret en quelque sorte : toutes les trois rêvaient de fuir... "

C’est étonnant, c’est audacieux mais c’est aussi malheureusement beaucoup trop déstabilisant et beaucoup irréaliste pour mon esprit cartésien ! C’est dommage car j’espérais bien que ce roman de Michel Bussi me réconcilie avec sa plume et sa façon très particulière d’aborder le roman à suspense…

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25 mars 2020

Linwood BARCLAY : Promise Falls, tome 4 : Champ de tir

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Linwood BARCLAY, Promise Falls, tome 4 : Champ de tir.
480 pages.
Editions Belfond (19 mars 2020).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Quand des citoyens justiciers sèment la terreur dans une petite bourgade américaine... Meurtres, complots et coups tordus : à Promise Falls, on ne badine pas avec le crime !

D'habitude si paisible, la petite ville de Promise Falls est en ébullition. C'est d'abord un type ahuri qui débarque dans le bureau de l'inspecteur Duckworth en prétendant avoir été kidnappé et passé à tabac. Sur son dos, un tatouage l'accuse d'être un meurtrier.

Et puis il y a l'affaire Jeremy Pilford. Ce gosse de riche arrogant, soupçonné d'avoir écrasé une jeune fille, vient d'engager le privé Cal Weaver pour assurer sa sécurité. Acquitté au tribunal pour irresponsabilité, l'adolescent se retrouve lynché dans les médias et harcelé par une meute d'anonymes.

Qui sont ces bons redresseurs de torts, ces social justice warriors rassemblés sur les réseaux sociaux, déterminés à faire payer les supposés criminels ? Quelles sont leurs intentions ? Et sont-ils toujours bien informés ?

Alors que la ville ressemble à un champ de tir, Duckworth et Weaver ne seront pas trop de deux pour lutter contre cette chasse aux sorcières des temps modernes...

MON AVIS :

Star aux États-Unis et en Angleterre, Linwood Barclay s'est fait un nom dans le club très fermé des grands maîtres du thriller. Belfond a déjà publié treize de ses romans, dont Cette nuit-là (2009), Fenêtre sur crime (2014), La Fille dans le rétroviseur (2016), En lieux sûrs (2017) ou encore la série des aventures de Zack Walker. Tous sont repris chez J'ai lu. Après Fausses promesses (2018 ; J'ai lu, 2019), Faux Amis (2018) et Vraie folie (2019), Linwood Barclay ouvre un nouveau volet consacré à la petite ville fictive de Promise Falls.

Plume ciselée, personnages inquiétants et humour jubilatoire, l’auteur créateur de frissons signe un nouveau roman noir grinçant et savoureux dans lequel on retrouve avec plaisir le détective Cal Weaver et le bon gros inspecteur Duckworth, toujours aussi attachant !

Tout comme furent les trois précédents tomes de la série, Champ de tir est un puzzle d’intrigues haletant et machiavélique qui agrippe le lecteur dès les premières pages. Linwood Barclay n’a pas son pareil pour brouiller les pistes et raconter trois ou quatre histoires à la fois. On se pose 1001 questions, on échafaude tous les scénarii possibles pour tâcher de comprendre les ramifications et les sous-bassements de ces histoires… Bref, on ne voit ni le temps passer ni les pages se tourner !

Duckworth et Weaver ne seront décidément pas trop de deux pour assurer la sécurité de Jeremy Pilford, cet adolescent qui, acquitté pour irresponsabilité, déchaîne les passions et se retrouve harcelé par une meute d’anonymes bien déterminés à lui faire payer ses actes. Pour autant, ces justiciers des temps modernes sont-ils toujours bien informés ? Rien n’est moins sûr…

Derrière cette palpitante histoire de chasse aux sorcières, Linwood Barclay livre une critique acérée des réseaux sociaux et de leur pouvoir et n’hésite pas à faire le procès des dérives de la vindicte populaire. C’est intelligent, audacieux et très habilement mené !

Si vous aimez les polars haletants et les émotions fortes, vous aimerez forcément ce roman qui peut tout à fait se lire indépendamment de la série consacrée à Promise Falls. Mais honnêtement, ce serait se priver d’un fort bon moment de lecture !

Je remercie les éditions Belfond de leur confiance.

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21 mars 2020

Karine LEBERT : Les murmures du lac

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Karine LEBERT, Les murmures du lac.
360 pages.
Editions Presses de la Cité (12 mars 2020).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Plus aucune réconciliation ne sera possible entre Isaure et Lucille, vraies jumelles que tout sépare. Après avoir surmonté le choc de l'accident mortel de sa soeur – dont elle est l'unique témoin –, Isaure prend une folle décision : endosser l'identité de la défunte le temps de récupérer sa fortune. Le destin n'a pas toujours été tendre avec la jeune femme, qui s'est exilée vingt ans durant loin de tous. Lui offrirait-il enfin une seconde chance ?

Entre les îles d'Yeu et de Noirmoutier, le danger d'être démasquée est là, permanent, notamment face au séduisant Matthias. Comment être crédible dans la peau de celle qui était son exact contraire ? Une femme sûre d'elle, aimantant les hommes, à qui tout réussissait. Avec sa part d'ombre aussi...

D'autant que, dans la jolie maison familiale, une surprise de taille attend Isaure : un bébé, Noé.

Un suspense vertigineux sur le thème de l'identité et des maux jamais guéris de l'enfance.

MON AVIS :

Née en Normandie dont les paysages inspirent souvent le décor de ses romans, Karine Lebert a été biographe pendant quinze ans, puis journaliste. Elle a publié aux Presses de la Cité Ce que Fanny veut…, Les saisons du mensonge, Les Demoiselles de Beaune, Les Amants de l’été 44 et sa suite indépendante, Pour l’amour de Lauren.

Avec Les murmures du lac, Karine Lebert prouve une nouvelle fois qu’elle a la passion de l’écriture. Oscillant entre suspense et thriller psychologique, elle offre une histoire passionnante et bouleversante de sœurs jumelles que tout oppose.

Vingt ans après son départ soudain, Isaure est de retour en Vendée. Mais au moment de retrouver sa sœur jumelle Lucille, elle assiste impuissante à l'accident de moto qui propulse celle-ci dans le lac du Jaunay. Incapable de la sauver, Isaure prend alors une folle décision : prendre la place de sa sœur, le temps de récupérer sa fortune.

Mais un événement imprévu attend Isaure dans la demeure familiale de l’île d’Yeu : Lucille laisse derrière elle Noé, un nourrisson de quelques mois à peine…

Malgré la crainte d'être à tout moment démasquée, Isaure se fond dans la vie de sa jumelle. Le destin n'a pas toujours été tendre avec elle, lui offrirait-il une seconde chance ?

À partir de thèmes pourtant rebattus et/ou éculés, Karine Lebert est parvenue à tisser une intrigue d’une étonnante complexité, dont le suspense tient en haleine jusqu’aux dernières pages. C’est si romanesque et si poignant que contre toute attente, on ne peut que s’attacher à Isaure et éprouver pour elle de la sympathie en dépit son acte répréhensible.

On peut, il est vrai, regretter que l’auteure se soit montrée un peu trop timorée pour son dénouement, que d’aucuns trouveront trop tiède ou convenu. Cependant, grâce à d’incontestables qualités de conteuse, Karine Lebert parvient véritablement à captiver ses lecteurs. Son histoire, troublante et bien plus ambigüe qu’il n’y paraît, se dévore bien plus qu’elle ne se lit…

Que l’on aime les thrillers psychologiques sans effusion de sang ou que l’on recherche tout simplement une lecture addictive et divertissante, se plonger dans Les murmures du lac, c’est définitivement oublier la notion du temps ! En cette morne période de confinement, on ne voudrait lire que des romans aussi prenants !

Je remercie les Presses de la Cité pour leur confiance ainsi que l’auteure pour sa charmante dédicace.

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20 mars 2020

Balli Kaur JASWAL : Les incroyables aventures des soeurs Shergill

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Balli Kaur JASWAL, Les incroyables aventures des soeurs Shergill.
384 pages.
Editions Belfond (19 mars 2020).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Après Le Club des veuves qui aimaient la littérature érotique, Balli Kaur Jaswal livre un roman cocasse et émouvant sur la complexité des relations familiales, la double culture. Un Darjeeling Limited féminin, et féministe, des plus savoureux.

Dans la famille Shergill, il y a :

Rajni, l'aînée, mère de famille au bord de l'implosion depuis que son fils ado lui a fait une révélation fracassante.

Jezmeen, la séductrice un brin égoïste, petite actrice londonienne dont le dernier bad buzz tourne en boucle sur les réseaux sociaux.

Et enfin, Shirina, la docile cadette, dont le parfait mariage arrangé commence à sérieusement battre de l'aile.

Trois sœurs que tout oppose et qui vont devoir se supporter pour réaliser la dernière volonté de leur mère : accomplir un pèlerinage en son honneur en Inde, de Delhi au Temple d'or d'Amritsar.

Combien de temps avant que tout dérape ?

Les voies d'une mère sont impénétrables... Dans ce pays aux facettes multiples, et parfois violentes, les sœurs Shergill embarquent pour un incroyable voyage à la découverte de leurs racines et d'elles-mêmes.

MON AVIS :

Née à Singapour, Balli Kaur Jaswal a vécu au Japon, aux Philippines et en Russie. Diplômée de plusieurs ateliers de creative writing, ses romans – dont Le Club des veuves qui aimaient la littérature érotique (Belfond, 2018), sélectionné par Reese Witherspoon pour son fameux book club – ont tous remporté un joli succès critique lors de leurs publications anglophones.

Dans ce nouveau roman à la fois drôle et cocasse, Balli Kaur Jaswal traite de la complexité des relations familiales, de la difficulté d’être sœurs lorsque l’on est issue, comme Rajni, Jezmeen et Shirina, d’une double culture. Elevées en Angleterre, ces trois sœurs n’en ressentent pas moins le poids des traditions indiennes et ont parfois du mal à trouver leur place, tiraillées entre leur culture indienne, ses traditions ancestrales et l’envie d’affirmer et de faire valoir leurs libertés individuelles.

Toutes trois différentes, ces sœurs qui ne se supportent pas, devront faire beaucoup d’efforts et de compromis pour honorer la mémoire de leur mère qui leur impose un pèlerinage en Inde, de Delhi au Temple d’Or d’Amritsar… Ces vacances imposées, houleuses et mouvementées, leur permettra de découvrir non seulement leurs racines mais aussi et surtout de se découvrir elles-mêmes et de renouer avec des liens familiaux qui, au fil du temps, avaient fini par se distendre… Mais comment ces trois sœurs vont-elles pouvoir trouver un terrain d’entente, quand l’un d’elle a choisi de s’affirmer et de vivre librement quand l’autre souhaite plus que tout rester ancrée dans les traditions et porter haut l’honneur de sa famille et de sa communauté ?

Tout le roman de Balli Kaur Jaswal repose sur l’art et la manière de créer des personnages crédibles et attachants. Les sœurs Shergill sont aussi hautes en couleurs que le pays de leurs origines ! On se doute bien qu’avec autant de différences, leur pèlerinage risque de déraper et tourner court ! Mais Les incroyables aventures des sœurs Shergill ne se limite pas à cette seule dimension.

Développée avec humour et légèreté, l’intrigue de ce roman original n’en est pas moins engagée et féministe ! C’est une dénonciation du modèle patriarcal et un rejet pur et simple de cette culture de violence et de contrôle des femmes en Inde. Les viols impunis, les mariages arrangés, les violences conjugales, l’assujettissement et la soumission psychologique et matérielle des femmes à leur mari sont autant de sujets que Balli Kaur Jaswal aborde. Tout au long du roman, on ne peut que se révolter de la subordination des femmes et être horrifié des situations de déférence et de dépendance que cela crée.

L’auteure rappelle que l’Inde est une terre de contrastes où le luxe extrême côtoie le dénuement le plus total. Sa splendeur surprend, mais sa misère effraie. Les pérégrinations des sœurs Shergill permettent au lecteur de se rendre compte de la violence de ce pays où, au nom de traditions et de lois injustes, des traitements inhumains et dégradants sont perpétrés à l’encontre des filles et des femmes.

Mais loin de doucher les espoirs, l’auteure reste positive et optimiste. Certes, il faudra du temps encore pour améliorer le statut des femmes et leur place dans la société mais les choses bougent et le message qu’elle souhaite faire passer est que chacune d’entre elle, qu’elle soit finalement orientale ou occidentale, a les moyens d’agir ! En cela, Les incroyables aventures des sœurs Shergill est particulièrement éclairant, mobilisateur et stimulant. C’est finalement une belle leçon d’espoir pour toutes les femmes du monde !

Je remercie les éditions Belfond de leur confiance.

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18 mars 2020

Margaret MIZUSHIMA : Timber Creek K9, tome 1 : Les sentiers de l'oubli

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Margaret MIZUSHIMA, Timber Creek K9, tome 1 : Les sentiers de l'oubli.
336 pages.
Editions Blefond (7 mars 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Le Colorado, sa communauté d'habitants paisible, ses grandes forêts qui font la joie des amoureux de la nature... et des trafiquants de drogue. Une enquête riche en suspense menée par un couple aussi improbable qu'attachant : la lieutenant Mattie Cobb et Robo, son berger allemand au grand flair.

Mattie vient tout juste d'achever sa formation d'agent de police dans l'unité cynophile de Denver. La jeune femme et son chien trépignent d'excitation à l'idée de mettre en pratique leurs enseignements.

Mais Mattie n'était pas préparée à la découverte macabre que fait son coéquipier canin au cœur de la forêt : le corps de Grace, une élève du lycée local sans histoire, tuée par balle. Non loin, sa chienne Belle, blessée. Accident de chasse ? Alors comment expliquer la présence de sachets de poudre blanche dans le ventre de Belle ? Assassinat ?

La petite communauté du Colorado est en émoi mais Mattie n'est pas dupe. Elle, l'enfant de la région, sait la violence qui se dissimule sous l'apparente tranquillité des lieux. Aidé par Cole Walker, vétérinaire et père célibataire, notre duo de choc entame une enquête haletante. Il va falloir frapper vite et fort. Car les traqueurs pourraient bien être traqués à leur tour...

MON AVIS :

Autrefois orthophoniste, Margaret Mizushima a poursuivi son exploration des mots sous un angle plus artistique grâce à l'écriture. Passionnée de nature et d'animaux, elle vit dans le Colorado entourée de chats et de chiens et vient souvent en aide à son mari, à la tête d'un cabinet vétérinaire. Les Sentiers de l'oubli (2019) est son premier roman à être publié chez Belfond. Il met en scène la lieutenant Mattie Cobb et Robo, un berger allemand au grand flair.

Si le duo imaginé par Margaret Mizushima fonctionne, son enquête policière, elle, ne révolutionne pas les codes du genre ! Il y est question du meurtre d’une élève sans histoire, tuée par balle, d’un banal trafic de drogue… Rien de bien haletant, ni de très palpitant.

L’enquête reste classique et souffre d’un manque de suspense et de rebondissements. Toutefois, on appréciera le cadre sauvage dans lequel elle se déroule. Le Colorado et ses grandes forêts ont au moins le mérite de dépayser le lecteur et de lui apporter un bol d’air frais tout à fait salutaire en cette période de confinement ! C’est déjà ça !

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06 mars 2020

Mathieu MENEGAUX : Est-ce ainsi que les hommes jugent ?

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Mathieu MENEGAUX, Est-ce ainsi que les hommes jugent ?
240 pages.
Editions Points (9 mai 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Alors que Gustavo est à l'aube d'une journée déterminante pour sa carrière, la police fait irruption à son domicile. Placé en garde à vue pour homicide volontaire, questionné, bousculé, Gustavo s'effondre. Son épouse Sophie s'acharne à tenter de démontrer son innocence.

Mais comment rétablir la justice dans une société où les réseaux sociaux et le tribunal de l'opinion font désormais la loi ?

Mathieu Menegaux est né en 1967. Son premier roman, Je me suis tue, a reçu 5 prix littéraires et son deuxième roman, Un fils parfait, a été adapté pour la télévision. Ils sont disponibles chez Points.

« Un engrenage fatal » Hubert Artus – Lire

MON AVIS :

Mathieu Menegaux, dont j’ai lu et aimé les précédents romans pour leur écriture tendue, signe avec Est-ce ainsi que les hommes jugent ? un roman engagé, rythmé et incroyablement percutant dans lequel il n’hésite pas à faire le procès des dérives de la vindicte populaire.

« La télévision et les réseaux sociaux vont réussir là où ils ont échoué ; faire condamner un innocent. »

Habilement mené, aussi troublant que captivant, ce roman glaçant à la mécanique implacable vous happe dès les premières lignes et se lit d’une traite. Mathieu Menegaux y sonde un nouvelle fois les méandres de la justice, dénonce ses dysfonctionnements et montre comment un individu lambda peut, en un instant, se retrouver aspiré dans une spirale infernale qui va pulvériser sa vie et inexorablement détruire sa réputation… Le lecteur assiste, complètement impuissant, à un lynchage de masse, gratuit et infondé, qui fait vraiment froid dans le dos ! C’est terrifiant !

« Son avenir n'est plus qu'une suite d'orages jusqu'à ce que le ciel finisse par lui tomber violemment sur la tête. »

Un roman saisissant sur l’immense pouvoir des réseaux sociaux, qui sonne comme une mise en garde. À lire de toute urgence pour comprendre à quel point il est impératif de préserver sa vie privée et son anonymat !

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02 mars 2020

Kate FURNIVALL : Le diamant de Saint-Pétersbourg

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Kate FURNIVALL, Le diamant de Saint-Pétersbourg.
496 pages.
Editions Charleston (19 février 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

« Je te protégerai pour le reste de nos jours… je le jure sur ma vie. »

Valentina Ivanova, fille aînée du ministre des Finances du Tsar, dont tout Saint-Pétersbourg admire la beauté et le talent de pianiste, n'aurait jamais cru devoir un jour faire une telle promesse à sa soeur. N'étaient-elles pas destinées à une vie de plaisirs et d'oisiveté au sein d'une des cours les plus fastueuses du monde ?

Et pourtant, en cet hiver 1910, la révolution gronde et le danger se fait chaque jour plus menaçant pour les aristocrates russes. Alors que son univers vacille, Valentina se battra pour défendre le plus important : sa famille, mais aussi son indépendance et son amour pour un homme qui n'est pas celui qu'on lui destine…

« UN RÉGAL POUR LES FANS DE KATE FURNIVALL ET UNE DÉLICIEUSE SURPRISE POUR SES NOUVEAUX LECTEURS. » Publishers Weekly

MON AVIS :

Kate Furnivall est née au pays de Galles de parents danois et russes. Elle vit dans le Devon avec son mari et ses deux enfants. La Concubine russe, son premier roman, tiré de l'histoire de sa propre mère, est un best-seller international. Le Diamant de Saint-Pétersbourg a déjà été traduit aux Pays-Bas et en Norvège.

Russie, 1910. La jeune Valentina Ivanova est la coqueluche de tout St-Pétersbourg. Mais le scandale éclate quand la jeune femme se lance dans une folle histoire d’amour avec Jens Friis, un simple ingénieur danois, au détriment du très respectable comte choisi par ses parents. Dans une Russie au bord de la rébellion, Valentina se battra pour son indépendance. Mais alors que le Tsar, la Duma et les bolcheviques se livrent une lutte sans merci, elle devra faire un choix qui changera sa vie à jamais...

Des palais étincelants de Saint-Pétersbourg aux taudis infâmes dans lesquels croupissent les plus pauvres, le roman de Kate Furnivall est marqué par le mystère, l’évasion, l’aventure et le défi. L’auteure entremêle habilement le destin de son héroïne, en quête perpétuelle d’indépendance et de liberté, aux heures sombres et sanglantes qui ont précédé la révolution de 1917. L’âme slave, à la fois noire et lumineuse, y est magnifiquement décrite et on y croise certaines figures légendaires qui, chacune à leur manière, contribuèrent à révolutionner l’histoire de la Russie… C’est en quelque sorte une chevauchée amoureuse et historique au cœur de la Russie éternelle !

Si on aime les grandes et belles histoires romantiques, les personnages féminins forts et déterminés, on ne peut que se laisser emporter par le tourbillon d’émotions et le souffle épique du Diamant de Saint-Pétersbourg !

Je remercie les éditions Charleston de leur confiance.

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27 février 2020

Julien SANDREL : La vie qui m'attendait

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Julien SANDREL, La vie qui m'attendait.
336 pages.
Editions Le Livre de Poche (26 février 2020).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Romane, trente-neuf ans, est médecin ET hypocondriaque. Sa vie monotone bascule le jour où l’une de ses patientes lui dit l’avoir vue sortir en larmes du bureau d’un pneumologue à Marseille. Pourtant Romane est en pleine forme, et n’a jamais mis les pieds dans cette ville. Troublée par l’impression que ce mystère répond au vide qu’elle ressent depuis toujours, Romane décide de partir à la recherche de cette autre qui lui ressemble tant. Son enquête la guide vers Juliette, libraire à Avignon. Lorsque les deux femmes se rencontrent, l’évidence s’impose : elles sont jumelles. Comment est-il possible que chacune ignore l’existence de l’autre ? Quels secrets cachent leurs familles respectives ? En cheminant vers la vérité, les deux sœurs se lancent dans un étonnant voyage entre rires et douleurs…

Après La Chambre des merveilles, phénomène mondial traduit dans 26 langues et en cours d’adaptation au cinéma, Julien Sandrel livre un second roman bouleversant et lumineux, sur la quête du bonheur et le courage de réinventer sa vie.

Une belle histoire troublante et tendre, que l’on dévore d’une traite. Elle.

Une intrigue réjouissante, riche en émotions, sur la force des liens familiaux. Le Parisien Week-End.

MON AVIS :

Dans La vie qui m’attendait, Julien Sandrel s’interroge sur les secrets de famille, le mensonge et les non-dits. Il explore également la gémellité, qu’il a travaillée ici d’un point de vue romanesque.

Entre larmes et émotions, son intrigue lui permet d’aborder la thématique de l’amour familial, l’amour entre parents et enfants et de l’amour entre sœurs.

« Je me rends compte en déroulant mon récit­­­ que ma vie entière n’est peut-être qu’une immense imposture. Car Juliette est ma sœur jumelle, sans le moindre doute dans nos esprits. Un mot revient sans cesse, tissant sa toile au milieu des décombres de nos neurones. Un mot qui ne nous quittera plus jamais, nous le savons. Pour l’instant, Juliette refuse de connecter ce mot à ses parents. Pour l’instant, je refuse de connecter ce mot à mon père. Il va pourtant bien falloir le relier, ce mot flottant qui tranche nos veines et unit nos sangs. Mensonge. »

Lorsque Romane décide d’un coup d’un seul, de rencontrer Juliette, de se lancer avec elle dans une quête de la vérité afin d’élucider le mystère de leur naissance et de reconstruire le puzzle de leur existence, elle n’avait pas pensé une seule seconde que cet étonnant voyage entre rires et douleurs lui permettrait de combler l’étrange sensation de vide qu’elle avait toujours ressentie…

Alors qu’elle creuse le passé familial, déterre des mensonges et des non-dits qui font voler ses certitudes en éclats, Romane va apprendre à se détacher de secrets de famille profondément enfouis pour pouvoir avancer et se construire une nouvelle version, plus forte, plus lumineuse et plus heureuse d’elle-même...

Alors certes, c’est troublant, c’est tendre, c’est intense. Ça se lit d’une traite (ou presque) mais c’est surtout une histoire pleine de bons sentiments, cousue de fil blanc, que l’on essaie de vendre à grands renforts d’opérations marketing comme s’il s’agissait du roman du siècle ! Personnellement, je n’ai pas été convaincue mais après tout, tant mieux pour l’auteur et ses éditeurs si ça marche !

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24 février 2020

Hiro ARIKAWA : Les mémoires d'un chat

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Hiro ARIKAWA, Les mémoires d'un chat.
336 pages.
Editions Actes Sud (7 juin 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Un chat de gouttière au franc-parler et rompu au langage des humains a pris ses quartiers dans le parking d'un immeuble de Tokyo. Pour rien au monde il ne troquerait sa liberté contre le confort d'un foyer. Mais le jour où une voiture le percute, il est contraint d'accepter l'aide de Satoru, un locataire de l'immeuble, qui le soigne, lui attribue un nom - Nana - et lui offre la perspective d'une cohabitation durable.

Cinq ans plus tard, des circonstances imprévues obligent Satoru à se séparer de Nana. Anxieux de lui trouver un bon maître, il se tourne vers d'anciens camarades d'études, disséminés aux quatre coins du Japon. Commence alors pour les deux compères une série de voyages et de retrouvailles qui sont pour Nana autant d'occasions de découvrir le passé de Satoru et de nous révéler - à sa manière féline - maints aspects de la société japonaise.

Prenant et surprenant, profond et plein d'humour, Les Mémoires d'un chat est un beau roman sur l'adoption, l'amitié, et la force des liens qui unissent l'homme et l'animal.

MON AVIS :

Un changement dans la vie de Satoru fait qu'il doit se séparer de Nana, son chat adoré. Débute alors une série de voyages chez des amis d’enfance, aux quatre coins du Japon, pour lui trouver un nouveau foyer. Mais le rusé matou, narrateur de ce savoureux roman, ne l’entend pas de cette oreille : il fera tout pour rester avec Satoru et prolonger l’aventure…

Ce surprenant et facétieux road-trip à la nippone, plein d’humour et de fantaisie, permet au lecteur de découvrir maints aspects de la société japonaise. L’immersion y est totale et vraiment dépaysante mais c’est avant tout un très beau et très émouvant roman sur l’amitié et l’adoption animale, une magnifique histoire d’amour entre un homme et son chat.

Avec énormément de pudeur et de délicatesse, Hiro Arikawa montre la force des liens qui unissent un l’homme et l’animal. Elle décrit les multiples bienfaits qui existent à partager son quotidien avec un animal. Au fil des pages et des événements, parfois dramatiques, qui ont jalonné la vie de Satoru, on prend conscience du rôle fondamental de l’animal qui, tour à tour, soigne, console, apaise, éduque, fédère... Grâce à Nana, les humains se rencontrent, se revoient, se réconcilient et/ou se retrouvent. À son contact, chacun se sent meilleur, c’est un véritable plaidoyer en faveur de la cause animale !

C’est un roman bouleversant de tendresse et d’humanité qui, on l’espère, permettra de réveiller les consciences et de faire évoluer les comportements irrespectueux envers les animaux ! Une pépite à mettre entre les mains du plus grand nombre, qu’ils soient « dingues des chats » ou pas !

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22 février 2020

Valentin MUSSO : Une vraie famille

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Valentin MUSSO, Une vraie famille.
432 pages.
Editions Point (12 mai 2016).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Il dit s'appeler Ludovic. Un jeune homme sans histoires... En apparence. Les Vasseur, un couple de Parisiens retirés en Bretagne à la suite d'un drame personnel, l'engagent pour quelques travaux. Le mystérieux garçon devient vite indispensable et s'immisce dans leur vie. Quand les Vasseur commencent à avoir des doutes, il est trop tard. Pourtant, la menace qui pèse sur eux n'est pas celle qu'ils imaginent...

MON AVIS :

Né en 1977, Valentin Musso est l'auteur de nombreux succès traduits dans plusieurs langues. En quelques années, il a su s'imposer comme l'une des voix les plus originales du thriller français, notamment avec Le Murmure de l'Ogre, Les cendres froides et Dernier Été pour Lisa, tous disponibles chez Points. J’avais eu un tel coup de cœur avec ce dernier titre qu’il me tardait de relire Valentin Musso. Malheureusement, ce huis-clos rural, noir et glaçant, découvert sur le tard, ne m’aura pas pleinement convaincue.

Pourtant, la plongée en eaux troubles d’un couple ordinaire et de ce jeune homme en quête d’une vraie famille, avait tout pour me plaire ! J’en ai même lu la première moitié sans pouvoir m’arrêter tant le récit de Valentin Musso était addictif et avait piqué ma curiosité ! Qui était donc Ludovic ? D’où sortait-il et comment a-t-il fait pour se faire accepter aussi facilement des Vasseur ? Est-il réellement le jeune homme simple et sans histoires qu’il prétend être ou s’agit-il d’un manipulateur habile qui cherche à exercer une emprise mentale sur un couple qui a déjà connu son lot de drames ?

« Un visiteur de passage qui les aurait observés aurait sans doute vu dans leur trio une famille idéale. »

Mystère, emprise, manipulation, fausse identité, tout y est pour rendre la lecture complètement captivante ! L’auteur s’y entend pour faire monter la tension et instiller le malaise. Dans les nombreux détails du quotidien et services rendus que décrit Valentin Musso (une haie taillée, une toiture réparée...), le danger rôde, on le sent... Sauf que cette situation banale, qui insidieusement dérape, ne mène pas du tout là où on aurait pensé ! Le récit prend alors une tournure tout autre... C’est une véritable descente aux enfers qui attend les Vasseur, un parti pris déroutant auquel je n’ai malheureusement pas adhéré et que je n’ai cessé de regretter, tant la deuxième moitié du roman m’a paru invraisemblable ! C’est dommage !

Malgré tout, je tiens à saluer l’effort de l’auteur. Malgré quelques longueurs, l’atmosphère menaçante et oppressante de son thriller psychologique ainsi que son beau jeu sur les apparences auront eu le mérite de bien titiller ma curiosité. C’est déjà pas si mal !

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