HISTOIRE DU SOIR

11 septembre 2018

Carla BUCKLEY : Le secret le plus sombre

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Carla BUCKLEY, Le secret le plus sombre.
460 pages.
Editions Charleston Noir (28 août 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Jusqu'où iriez-vous pour protéger vos enfants ?

Dans la famille Lattimore, Eve, la mère, est le socle. David, son mari, s'absente la semaine pour son travail et elle doit tout gérer : la crise d'adolescence de leur fille Melissa, et surtout la sécurité de leur fils Tyler, qui souffre d'une maladie rare, la maladie des « enfants de la lune » : la moindre exposition aux rayons du soleil peut lui être fatale. Pour éviter tout accident, leur maison, sous la vigilance d'Eve, est devenue une véritable forteresse.

Entièrement dévouée à son fils, Eve ne se rend plus compte de rien. Que fait Tyler lorsque tout le monde dort ? Que lui cache sa fille qu'elle ne reconnaît plus ? Et que sait-elle vraiment de l'existence de David, à des milliers de kilomètres de là ?

Quand un événement dramatique frappe Eve de plein fouet, elle prend une terrible décision : pour elle, sa famille passe avant tout. Mais pourra-t-elle vraiment la sauver ?

« UN DRAME FAMILIAL TOUT EN TENSION… BRILLANT ET PALPITANT ! » People.

MON AVIS :

Carla Buckley est née à Washington. Elle a été assistante d'un sénateur, analyste au Smithsonian et plume pour un entrepreneur ! Elle vit en Caroline du Nord avec son mari et leurs trois enfants. Elle est l'auteure de quatre romans sélectionnés pour de nombreux prix littéraires.

Véritable mélange de frissons et d’émotion brute, Le secret le plus sombre est un thriller addictif, intense et bouleversant dans lequel Carla Buckley explore avec brio la question de la responsabilité, de la culpabilité et de la lâcheté.

C’est une histoire douloureuse d’une noirceur folle, d’une efficacité et une intensité dramatique redoutables, qui contamine le lecteur et le presse sans aucun répit jusqu’au dénouement. Pourtant, Le secret le plus sombre ne fait pas partie de ces romans qui agrippent le lecteur dès les premières pages. Au contraire, Carla Buckley prend le temps de développer la psychologie de chacun de ses personnages dans un récit qui peut a priori paraître anodin ou même banal. Tout le suspense et l’intérêt du roman réside dans la seule et unique décision qu’Eve sera contrainte de prendre pour protéger sa famille, et en particulier ses enfants, à la suite d’un événement dramatique qui va la frapper de plein fouet.

Dès lors, oscillant entre effroi et détresse, le récit de Carla Buckley devient alors émotionnellement tendu et obsédant. On s’y abîme avec une curiosité presque malsaine, tant on espère que cette mère désespérée, déjà très éprouvée par la maladie rare et incurable dont souffre son fils, parviendra à sauver sa famille d’une désagrégation qui semble inévitable…

« Tous leurs efforts pour protéger cette maison du soleil n’ont fait que permettre aux ténèbres de l’envahir. »

En dévoiler davantage serait criminel, mais sachez que vous ne sortirez pas indemne de ce suspense psychologique où tout, absolument tout, est effroyablement plausible…

Je remercie les éditions Charleston de leur confiance.

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06 septembre 2018

Mireille CALMEL : La fille des templiers, tome 1

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Mireille CALMEL, La fille des templiers, tome 1.
384 pages.
Editions XO (24 mai 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

19 mars 1314. Jacques de Molay, le dernier grand maître de l'Ordre du Temple, est brûlé en place publique.

Il a été condamné par le roi Philippe le Bel qui reproche aux Templiers de dissimuler un fabuleux trésor.

Mais le jour du supplice, une colombe dépose un message entre les mains du souverain.

C'est la malédiction, terrible : le Roi et ses fils paieront pour ce crime !

Huit ans plus tard...

15 juillet 1322. Une jeune paysanne, Flore Dupin, est pourchassée par les soldats de Charles IV.

Quel secret détient-elle ?

Qu'a-t-elle à voir avec l'ordre du Temple ?

Un homme lui confie :

– Avant de mourir, le roi a prononcé ton nom !

Une confrérie mystérieuse, des femmes de courage, des Rois maudits, avec ce vingtième roman, Mireille Calmel signe un roman d'aventure fascinant.

Mireille Calmel est l'une des grandes figures du roman historique. Avec trois millions d'exemplaires vendus en France, elle a conquis un large public. Ses best-sellers sont aujourd'hui traduits dans quinze langues.

MON AVIS :

Mireille Calmel écrit depuis l’âge de huit ans. Ses romans aux héroïnes entières, fières, courageuses, connaissent un immense succès : Le Lit d’Aliénor, Le Bal des Louves, Lady Pirate et Le chant des sorcières, se sont vendus à près de deux millions d’exemplaires et traduits dans plus de dix pays. Avec La fille des templiers, la reine du roman historique français entame une nouvelle série sur les origines du miracle de Sainte Colombe.

Et c’est réussi ! Dès les premières pages, on apprécie le rythme trépidant de ce premier tome qui revient notamment sur l’exécution de Jacques de Molay, dernier maître de l’Ordre des Templiers, accusé par Philippe le Bel de cacher un fabuleux trésor et injustement condamné au bûcher. Le jour du supplice, le roi est frappé d’une malédiction terrible : ses fils et lui paieront pour ce crime !

Huit ans plus tard, les soldats du roi traquent Flore Dupin, une jeune paysanne de Rethel, dont on dit qu’elle serait l’héritière du secret des Templiers. Dans cet univers torturé, Flore doit fuir, coûte que coûte, pour sauver sa vie mais aussi accomplir la mission à laquelle elle semble destinée et dont elle ignore tout…

À ses côtés et ceux d’Armand, un mystérieux rémouleur qui l’accompagne dans cette aventure périlleuse, le lecteur chevauche à bride abattue dans la forêt de Rethel, serpente dans les rues de Paris, se terre dans le cimetière nauséabond des Saints-Innocents et assiste aux pires tortures et exécutions publiques en place de Grèves… Le rythme est si soutenu, le mystère et le suspense si omniprésents qu’on ne peut tout simplement pas s’extraire de sa lecture une fois le roman commencé !

Et que dire du niveau d’érudition de l’auteure ! Comme à son habitude, Mireille Calmel a su entremêler parfaitement réalité historique et légendes pour aiguiser la curiosité du lecteur et créer un roman d’aventures haletant à propos d’un des mystères les mieux gardés de la chrétienté. Jusqu’où a-t-elle remodelé le secret de l’Ordre des Templiers, où se situe la part de spéculation, on s’interroge encore… mais son récit est si passionnant, si savamment écrit, qu’on ne peut que se laisser troubler par l’Histoire, la vraie, et laisser notre imagination s’emballer à propos de l’origine du miracle de Sainte Colombe !

On se réjouit déjà de retrouver Flore dans la suite de ses aventures captivantes dans le tome 2, à paraître au mois d’octobre !

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03 septembre 2018

John BOYNE : Les fureurs invisibles du coeur

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John BOYNE, Les fureurs invisibles du coeur.
580 pages.
Editions JC Lattès (22 août 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Cyril Avery n’est pas un vrai Avery et il ne le sera jamais – ou du moins, c’est ce que lui répètent ses parents adoptifs. Mais s’il n’est pas un vrai Avery, qui est-il ?

Né d’une fille-mère bannie de la communauté rurale irlandaise où elle a grandi, devenu fils adoptif d’un couple dublinois aisé et excentrique par l’entremise d’une nonne rédemptoriste bossue, Cyril dérive dans la vie, avec pour seul et précaire ancrage son indéfectible amitié pour le jeune Julian Woodbead, un garçon infiniment plus fascinant et dangereux.

Balloté par le destin et les coïncidences, Cyril passera toute sa vie à chercher qui il est et d’où il vient – et pendant près de trois quarts de siècle, il va se débattre dans la quête de son identité, de sa famille, de son pays et bien plus encore.

Dans cette œuvre sublime, John Boyne fait revivre l’histoire de l’Irlande des années 1940 à nos jours à travers les yeux de son héros. Les Fureurs invisibles du cœur est un roman qui nous fait rire et pleurer, et nous rappelle le pouvoir de rédemption de l’âme humaine.

MON AVIS :

John Boyne est né en Irlande en 1971. Auteur de dix romans et de quelques livres pour la jeunesse dont le célèbre Le Garçon en pyjama rayé (Gallimard, 2006), il signe ici son roman le plus personnel et le plus ambitieux.

À peine paru et déjà unanimement salué par la presse et le public qui en parlent déjà comme d'un roman destiné à devenir un classique, Les fureurs invisibles du cœur emprunte son titre à Hannah Arendt, à propos du poète britannique W. H. Auden, à l'homosexualité assumée. Il s’agit d’une saga bouleversante aux accents politiques, que certains, excusez du peu, comparent même au roman de John Irving, Le monde selon Garp. Il est vrai que Les fureurs invisibles du coeur possède le même souffle épique et ce même mélange d’émotions, d’humour et de drôlerie qui a fait le succès du roman tragico-burlesque d’Irving.

Cependant, à côté des dialogues acerbes et/ou cyniques en total décalage avec l’Irlande rétrograde de l’époque à laquelle John Boyne plante son histoire, le vocabulaire cru qu’il choisit a de quoi surprendre ou choquer le lecteur. Certains auront sûrement du mal à supporter les propos vulgaires employés à tout va pour décrire la sexualité, les comportements ou les pratiques sexuelles débridés de certains de ses personnages…

À moins que le choix de ce vocabulaire ne soit plutôt un moyen pour l’auteur de dénoncer les pratiques ineptes et rétrogrades d’une société irlandaise, intolérante et totalement inféodée à l’Eglise catholique... C’est possible.

En tout cas, l’épopée ahurissante de Cyril ne peut que toucher et émouvoir le lecteur. De situations cruelles et franchement sordides, John Boyne réussit l’exploit de faire jaillir des moments incroyables de drôlerie et de fantaisie. Touché en plein cœur par la bonté et la bienveillance d’un personnage pourtant mille fois rejeté, agressé et humilié, le lecteur, à travers l’histoire et le personnage attendrissant de Cyril, se surprendra à réfléchir à l’épineuse question de l’identité.

« Nous haïssons ce qui nous effraie en nous-mêmes. »

Faut-il nécessairement dévoiler sa singularité pour pouvoir vivre pleinement ce qui nous rend heureux ou au contraire, faut-il refouler sa nature profonde pour pouvoir rester dans la « norme » ? C’est tout le propos du roman de John Boyne qui, espérons-le, agira sur la plus grande majorité comme une piqûre de rappel des notions indispensables de tolérance, d’acceptation et de non-jugement des autres.

Je remercie les éditions JC Lattès et la plateforme NetGalley de leur confiance.

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29 août 2018

Katherine SCHOLES : Leopard Hall

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Katherine SCHOLES, Leopard Hall.
640 pages.
Editions Belfond (20 avril 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Anna Emerson s'apprête à quitter Melbourne pour retourner sur sa terre natale, au Congo : son père, Karl, qu'elle n'a pas vu depuis son enfance, est mourant.

Au lendemain de sa mort, Anna apprend que sa mère lui a menti et que Karl n'est pas son père biologique. Accompagnée d'Eliza, une mystérieuse photographe américaine, elle se lance alors sur les pistes, en quête d'indices sur son passé.

De Leopard Hall, un palace colonial rempli d'œuvres d'art pillées aux Africains, sur les bords du lac Tanganyika, à un hôpital de mission dans la jungle, Anna finira-t-elle par trouver les réponses qu'elle cherche ? Et si c'était à Leopard Hall, ce lieu auquel elle tente d'échapper, que le destin lui avait donné rendez-vous ?

MON AVIS :

De nationalité anglaise et australienne, Katherine Scholes est née en Tanzanie et vit désormais en Tasmanie. Après, entre autres, La Reine des pluies (2005 ; Pocket, 2004), Les Amants de la terre sauvage (2010 ; Pocket, 2011) et Les Fleurs sauvages des bougainvilliers (2015 ; Pocket, 2017), Leopard Hall est son septième roman paru chez Belfond. Tous sont repris chez Pocket.

Katherine Scholes signe ici un roman envoûtant, le magnifique portrait d'une jeune femme à la recherche de ses racines, doublé d'une fresque hallucinante sur l'histoire du Congo des années 1960.

Dur et bouleversant, le roman revient sur les heures les plus sombres de l’indépendance du Congo et sur les révoltes qui ont secoué le tout jeune pays après le départ des Belges, en 1960. Assassinat de Patrice Lumumba, rébellion des Simbas, capture et massacre de civils et de missionnaires, certains de ces épisodes horribles qui appartiennent désormais à l’Histoire, sont parfois décrits de manière assez insoutenable. Loin de verser dans le sensationnel, l’intention de l’auteure est davantage de montrer à quel point la situation politique du Congo était alors instable.

En effet, Katherine Scholes montre bien que les rébellions locales et les tensions tribales étaient accentuées par la rivalité américano-soviétique pour le contrôle de la région et de ses ressources naturelles. Même si l’opération Fleur de nuit, dont il est question dans son récit, n’a pas réellement eu lieu, elle est en partie calquée sur des missions menées par des groupes de mercenaires actifs au Congo dans les années 1960. On pense notamment à Bob Denard et ses mercenaires ainsi qu’à l’opération Dragon rouge organisée en novembre 1964 par la Belgique pour venir en aide aux otages occidentaux qui étaient détenus par les rebelles. Tout cela laisse donc penser que l’auteure s’est solidement et minutieusement documentée, dans un souci de rester fidèle à la vérité historique et politique de l’époque. Si Leopard Hall est une œuvre de fiction, elle s’inspire néanmoins de faits authentiques et le roman de Katherine Scholes restitue parfaitement le vent de terreur qui soufflait alors sur le Congo.

Bien plus profond que les simples retrouvailles d’un père et de sa fille, Leopard Hall exhume un conflit oublié de tous et rappelle qu’aujourd’hui encore, le Congo n’est toujours pas en paix. Alors que les rébellions se multiplient au Congo, le lecteur ne peut qu’être frappé par la similitude entre les deux époques. La corruption régnait déjà. Les fonctionnaires étaient déjà impayés, de nombreux Congolais s’engageaient déjà dans l’armée pour échapper au chômage et pouvoir se servir grâce à leur arme, tandis que d’autres fournissaient de la chair à canon aux rébellions. Déjà l’armée pillait et violait jusqu’aux petites filles. Déjà les politiques multipliaient les scissions et les exclusions au gré de leurs ambitions personnelles…

La question congolaise, on le voit, est donc toujours d’actualité et le climat politique au Congo toujours aussi précaire. Mais s’il n’y pas de remède contre le poison de la guerre, comme le déclare Katherine Scholes, qui donc bâtira ce Congo « plus beau qu’avant » tel qu’il est célébré dans l’hymne national ?

Leopard Hall est un roman de fiction historique qui offre une tout autre image que celle, romantique, exotique et très fantasmée, que nous nous faisons tous de l’Afrique. En ce sens, c’est une lecture intelligente et nécessaire qui rétablit crûment la vérité et rappelle que le Congo a connu l’un des régimes coloniaux les plus atroces qui soient.

Je remercie les éditions Belfond de leur confiance.

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22 août 2018

Beatriz WILLIAMS : Une maison sur l'océan

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Beatriz WILLIAMS, Une maison sur l'océan.
544 pages.
Editions Belfond (5 juillet 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Des tensions de l'Europe en guerre à l'Amérique jazzy des sixties, Beatriz Williams livre un final palpitant, une magnifique histoire d'amitié et de passion, pour ponctuer la trilogie des sœurs Schuyler.

À l'automne 1966, l'intrépide Pepper Schuyler est dans les ennuis jusqu'au cou : non seulement la belle est enceinte de son ex-patron, politicien influent qui la pourchasse à travers le pays, mais elle se retrouve seule et sans ressources. Son unique bien : une Mercedes de collection, qu'elle vient de vendre pour une coquette somme à une mystérieuse acquéreuse, Annabelle Dommerich.

Il faut dire que cette célèbre violoncelliste française attache une valeur sentimentale particulière à ce véhicule. Elle seule connaît l'histoire de cette voiture, de sa course éperdue à travers l'Allemagne nazie jusqu'à son arrivée en Amérique. Et le destin des deux amants en fuite qu'elle abritait...

Alors qu'Annabelle décide de prendre Pepper sous son aile et lui offre un refuge sur une plage déserte de Floride, les deux femmes se livrent peu à peu leurs secrets.

Ensemble, parviendront-elles à affronter les zones d'ombre de leur passé ?

MON AVIS :

Beatriz Williams s'est fait connaître avec L'Été du cyclone (2015 ; Pocket, 2016), best-seller outre-Atlantique. Après La Vie secrète de Violet Grant (2016 ; Pocket, 2017) et Les Lumières de Cape Cod (2017 ; Pocket, 2018), Une maison sur l'océan clôt la trilogie des sœurs Schuyler. Beatriz Williams vit dans le Connecticut, avec son époux et leurs quatre enfants.

Des tensions de l’Europe en guerre à l’Amérique jazzy des sixties, j’ai tout aimé de ce final palpitant de la trilogie somptueuse des sœurs Schuyler ! Une maison sur l’océan est une magnifique histoire d’amitié et de passion qui fera à coup sûr palpiter le cœur des amateures de grandes et belles sagas romanesques mais plaira également aux lectrices soucieuses de découvrir les portraits émouvants de deux femmes passionnées, en lutte contre les préjugés et les convenances de la bonne société américaine du XXème siècle.

À mi-chemin entre le grand roman féminin et le roman de fiction historique, Une maison sur l’océan retrace l’histoire captivante d’une célèbre violoncelliste française, dont l’existence demeure un mystère aux yeux de ses proches. Même si on n’apprend finalement pas grand-chose du scandale qui entoure la belle et intrépide Pepper Schuyler, l’histoire d’Annabelle est si addictive et si poignante qu’on ne peut que pardonner à l’auteure de l’avoir portée au premier plan ! On se prend immédiatement de passion pour cette élégante violoncelliste au passé pavé de drames, de pertes et de non-dits…

Beatriz Williams revient notamment sur les événements tragiques de la Nuit de Cristal, qui se sont déroulés en Allemagne dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938. À moins d’un an du début de la Seconde Guerre mondiale, on ne peut que comprendre et ressentir pleinement la détresse et l’impuissance du peuple juif, déjà très touché par l’immobilisme du reste de l’Europe face aux mesures visant à les expulser d’Allemagne. Cette nuit horrible qui marque un réel tournant dans la politique anti-juive des Nazis, annonce tout simplement les pogroms de la Seconde Guerre mondiale. Il y a, à ce moment-là du roman de Beatriz Williams, un souffle romanesque si puissant, un pouvoir émotionnel si rare qu’on jurerait alors que les Von Kleist, les Silverman et les Himmelfarb ont réellement existé !

Captivant et bien documenté, le roman de Beatriz Williams offre une formidable radiographie de l’Allemagne et de l’Europe de l’entre-deux-guerres déchirée par la violence des nationalismes et de l’idéologie nazie. Entre tourbillon de la vie et vent de l’Histoire, Une maison sur l’océan est un page turner somptueux, qui vous retiendra captif pour votre plus grand plaisir !

Je remercie les éditions Belfond de leur confiance.

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16 août 2018

Michel BUSSI : Un avion sans elle

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Michel BUSSI, Un avion sans elle.
576 pages.
Editions Pocket (7 mars 2013).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Lyse-Rose ou Émilie ? Quelle est l'identité de l'unique rescapée d'un crash d'avion, une fillette de trois mois ? Deux familles, l'une riche, l'autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les médias ont baptisée « Libellule ». Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l'affaire, avant d'être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête. Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu'à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, la jeune femme va dénouer les fils de sa propre histoire jusqu'à ce que les masques tombent. Hasards et coïncidences ne sont-ils que les ricochets du destin ? Ou bien quelqu'un, depuis le début, manipule-t-il tous les acteurs de ce drame ?

MON AVIS :

Unanimement reconnu et acclamé par la presse et les lecteurs, Michel Bussi est devenu le deuxième auteur français le plus lu en 2016 (palmarès Le Figaro) et le premier auteur français de romans policiers le plu lu en 2015 (Source GFK/tous formats). Ses ouvrages sont traduits en 34 langues et les droits de ses romans ont été vendus pour le cinéma et la télévision.

Qui est « Libellule », ce nourrisson, unique rescapé d’un crash d’avion à la veille de Noël 1980 ? Seul, un détective, trouvera dix-huit ans plus tard la vérité. Il le paiera de sa vie. Un avion sans elle est un thriller contemporain sur le thème de la quête d’identité, avant l’ère des analyses ADN et autres expertises. On me l’a souvent recommandé et dernièrement, c’est la vidéo conseil de l'auteure Marie Vareille qui m’a donné envie de le sortir enfin de ma pile à lire.

Malheureusement, même si je reconnais que Michel Bussi y fait montre de son extraordinaire ingéniosité, je n’ai pas vibré au diapason de l’enfance et de l’adolescence bouleversée et bouleversante de Libellule, alias Lylie. Je ne me suis pas sentie happée par l’intrigue de ce thriller que beaucoup annoncent pourtant comme un des meilleurs de la décennie. D’ailleurs, les lecteurs ne s’y sont pas trompés puisqu’Un avion sans elle a remporté le Prix Maison de la Presse en 2012.

Pourtant, je ne peux pas nier qu’en multipliant les fausses pistes et les rebondissements, en jouant de l’illusion et des non-dits, Michel Bussi ne m’ait pas donné du fil à retordre ! J’ai tenté, comme le détective du roman, de mener moi aussi mon enquête mais j’ai souvent été gênée dans ma progression et mes réflexions par le manque de rythme de l’intrigue, pourtant remarquablement ficelée. Mais les déplacements de Marc en RER et en métro sont d’une telle lenteur ! De même, son introspection d’amoureux transi m’a souvent exaspérée (je ne suis pas la fille la plus romantique du monde, je le concède bien volontiers) mais c’est le dénouement, trop invraisemblable à mon goût, qui a véritablement fait pencher la balance en la défaveur de Michel Bussi.

En clair, Un avion sans elle n’a pas comblé mes attentes et je le regrette car on sent que l’auteur a pris un réel plaisir à construire, page après page, cette belle alchimie entre émotions et suspense… Dommage !

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15 août 2018

Sophie JOMAIN & Maxime GILLIO : Thérapie du crime

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Sophie JOMAIN & Maxime GILLIO, Thérapie du crime.
387 pages.
Editions Pygmalion (28 mars 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Alice Rivière est une psychologue peu conventionnelle. L'incongruité, c'est son truc. Elle ne fait rien comme personne et c'est même la raison pour laquelle on vient la voir. D'ailleurs, si elle pouvait parler de ce qu'on lui confie lors de ces séances, elle aurait des centaines d'histoires à raconter. Mais la discrétion est une règle d’or. Une règle fortement ébranlée par la réapparition du commandant Xavier Capelle qui vient lui soutirer des informations sur un de ses patients. Encore faudrait-il qu’elle accepte de l'aider et qu'elle lui pardonne l'humiliation subie seize ans plus tôt. Et pour ça, il peut toujours courir...

MON AVIS :

Lorsque Sophie Jomain, auteure de romans contemporains et fantastiques à succès s'associe à Maxime Gillio, auteur de polars savoureux, étincelles garanties ! Thérapie du crime est un polar à quatre mains totalement inclassable, pétillant et savoureux.

Si vous aimez les comédies policières telles que les cozy mysteries, je pense notamment à la série à succès Agatha Raisin enquête de M.C. Beaton ou celle, un peu plus récente, de Julia Chapman, Les détectives du Yorkshire, vous devriez apprécier l’humour mordant de ces deux auteurs qui n’en sont d’ailleurs pas à leur première collaboration, puisqu’il avaient déjà eu l’occasion d’écrire ensemble un crossover entre Felicity Atcock et Orcus Morrigan dans Les anges ont la mort aux trousses, publié chez Rebelle en mars 2016.

Et le résultat de cette nouvelle association est plutôt réussi. Thérapie du crime est un polar hors norme, aussi déjanté que décapant mais, ne vous y trompez pas, il est aussi bigrement bien ficelé. Le suspense y est omniprésent et les personnages finalement bien moins superficiels qu’ils en ont l’air de prime abord. Lisez les premières pages, vous verrez, ne pourrez plus le lâcher !

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14 août 2018

Amélie ANTOINE : Les secrets

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Amélie ANTOINE, Les secrets.
391 pages.
Editions Michel Lafon (8 mars 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Et si le mensonge était, parfois, une ultime preuve d'amour ?

Vous l'aimez plus que tout au monde. Vous lui faites aveuglément confiance. Vous ne rêvez que d'une chose : fonder une famille ensemble. Mais rien ne se passe comme prévu.

Jusqu'où iriez-vous pour éviter de tout perdre ?

Une histoire racontée à rebours, car il n'y a qu'en démêlant les fils du passé que l'on peut comprendre le présent.

MON AVIS :

Après l'immense succès de Fidèle au poste (250.000 lecteurs en France et aux États-Unis), puis la confirmation de son talent original dans Quand on n'a que l'humour (paru sous le titre Les Silences en poche), Amélie Antoine s'impose comme une brillante romancière du suspense psychologique.

Mathilde, Adrien, Yasha, Elodie… Quels sont les liens qui unissent les personnages qu’Amélie Antoine a mis en scène dans son dernier roman, Les secrets, paru en mars dernier aux éditions Michel Lafon ? Sans trop en dévoiler - ce serait vraiment criminel de gâcher un suspense que l’auteure s’est évertuée à conserver intact jusque dans les dernières pages…, ce qui fait la force et l’originalité de ce roman, c’est sans conteste sa construction brillante ainsi que les sujets, difficiles - pour ne pas dire graves et douloureux - qu’Amélie Antoine explore avec beaucoup de sensibilité et d’émotion contenue.

Dans ce récit déstabilisant, entièrement conté à rebours, la curiosité du lecteur est d’emblée piquée au vif. Il faut dire qu’en véritable Parque des temps modernes, Amélie Antoine sait s’y prendre pour nouer et dénouer les fils du destin et ainsi entretenir les mystères et les secrets qui nimbent chacun de ses protagonistes. C’est aussi habile que redoutable !

Les secrets aborde le désir d’enfant impérieux, la maternité, les difficultés à concevoir mais explore aussi et surtout ce que cette infertilité peut engendrer au sein d’un couple. Un sujet a priori banal mais qui fait mal, tant l’infertilité croissante est devenue un vrai sujet d’actualité et d’inquiétude.

Que l’on soit ou non parent, la déception de Mathilde, sa culpabilité puis plus tard, sa souffrance, sont autant de lames qui s’enfoncent au plus profond de la chair du lecteur. Peut-être plus encore dans celle de la lectrice qui ne pourra que ressentir viscéralement la détresse du personnage. Encore qu’Amélie Antoine ne se soit pas contentée de ne décrire que le désarroi et les tourments de Mathilde. Parce que cette épreuve peut se vivre différemment selon qu’on soit un homme ou une femme, l’auteure raconte aussi l’infertilité d’un point de vue masculin. Les lecteurs pourront donc se sentir tout aussi concernés et/ou touchés que leurs homologues féminins à la lecture de ce roman psychologique au suspense impeccable !

Tout en dosant subtilement les émotions et les ressentis des uns des autres, Amélie Antoine a su créer des personnage complexes, ambivalents, et pour certains, à la limite de l’obsession et de la névrose.

« Parfois, les frontières entre sa vie réelle, sa vie imaginée, et même sa vie rêvée semblent floues, comme spongieuses. Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qu’elle a imaginé ? Il arrive que Mathilde ne soit plus vraiment capable de le dire. »

Et puis, il y a tant d’autres thèmes dans ce roman résolument contemporain ! Bien plus que le récit d’une femme en mal d’enfant et prête à tout pour devenir mère, c’est avant tout une réflexion sur la parentalité au sens large que propose l’auteure, qu’elle soit d’ailleurs ardemment désirée ou non consentie.

Ce thème est à la fois si universel et si personnel qu’il ne pourra que conférer une résonance unique au roman d’Amélie Antoine. S’il y a mille et une façons de le vivre et de l’interpréter, je ne peux que vous conseiller la lecture de ce roman touchant, à la fois trouble et amer, certes, mais surtout terriblement humain. C’est une réussite à de nombreux égards !

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11 août 2018

Guillaume MUSSO : La jeune fille et la nuit

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Guillaume MUSSO, La jeune fille et la nuit.
440 pages.
Editions Calmann-Levy (24 avril 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Un campus prestigieux figé sous la neige.

Trois amis liés par un secret tragique.

Une jeune fille emportée par la nuit.

Côte d’Azur - Hiver 1992. Une nuit glaciale, alors que le campus de son lycée est paralysé par une tempête de neige, Vinca Rockwell, 19 ans, l’une des plus brillantes élèves de classes prépas, s’enfuit avec son professeur de philo avec qui elle entretenait une relation secrète. Pour la jeune fille, « l’amour est tout ou il n’est rien ».

Personne ne la reverra jamais.

Côte d’Azur - Printemps 2017. Autrefois inséparables, Fanny, Thomas et Maxime – les meilleurs amis de Vinca – ne se sont plus parlé depuis la fin de leurs études. Ils se retrouvent lors d’une réunion d’anciens élèves. Vingt-cinq ans plus tôt, dans des circonstances terribles, ils ont tous les trois commis un meurtre et emmuré le cadavre dans le gymnase du lycée. Celui que l’on doit entièrement détruire aujourd’hui pour construire un autre bâtiment.

Dès lors, plus rien ne s’oppose à ce qu’éclate la vérité.

Dérangeante
Douloureuse
Démoniaque…

MON AVIS :

De Guillaume Musso, j’avais lu, il y a plusieurs années déjà, Je reviens te chercher, un roman très prometteur, qui tenait à la fois du polar existentiel et de l’histoire d’amour surnaturelle. Si le thème de ce roman m’avait d’emblée emballée - l’idée de pouvoir jouer avec la course du temps et de modifier la trajectoire du destin m’a toujours fascinée – je n’avais pas été complètement séduite par la façon dont l’auteur avait exploité ces thèmes et avais fini par laisser ses nombreux autres best-sellers prendre la poussière sur les rayons de ma bibliothèque.

Puis, les commentaires unanimes de la presse et les avis élogieux des lecteurs à propos de La jeune fille et la nuit, publié en avril dernier, ont titillé ma curiosité. Je cherchais justement un roman addictif, à lire sous mon parasol, une intrigue policière qui me tienne en haleine sans pour autant faire couler trop d’hémoglobine, je dois avouer que ce roman ne m’a pas déçue.

Guillaume Musso signe un « cold case » redoutable, un « campus novel » haletant, digne des meilleurs auteurs de thrillers américains. L’intrigue est efficace, maîtrisée de bout en bout et truffée de rebondissements qui instillent le doute dans l’esprit du lecteur et jouent avec ses nerfs jusque dans les dernières pages. En dire davantage serait criminel mais soyez certains, vous serez happés par la sombre balade de cette jeune fille mystérieusement emportée par la nuit et forcément surpris par le sort que l’auteur réserve à ses personnages !

La jeune fille et la nuit est un thriller terriblement efficace, tant par sa construction que par la profondeur et la finesse psychologique des personnages que Guillaume Musso met en scène. Vous n’en ferez qu’une bouchée !

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10 août 2018

M.C. BEATON : Agatha Raisin enquête, tome 12 : Crime et déluge

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M.C. BEATON : Agatha raisin enquête, tome 12 : Crime et déluge.
324 pages.
Editions Albin Michel (13 juin 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Le bonheur conjugal est de courte durée pour Agatha, une fois de plus délaissée par son mari. Punition divine, un véritable déluge s'abat sur la région, plongeant le petit village de Carsley sous les eaux. C'est le moral dans les chaussettes et sous une pluie torrentielle qu'Agatha aperçoit le corps sans vie d'une jeune femme en robe de mariée, un bouquet à la main, flottant dans la rivière. Pour noyer son chagrin, Agatha n'a qu'une solution : se jeter à corps perdu dans une nouvelle enquête.

MON AVIS :

Avec plus de 450.000 exemplaires vendus, on ne présente plus Agatha Raisin, l'héritière très spirituelle de Miss Marple version rock. En trois ans seulement, l’héroïne de M.C. Beaton a su imposer sa personnalité loufoque et irrésistible sur les rayons des librairies de l’Hexagone et les lecteurs en redemandent ! Toujours plus nombreux et impatients de retrouver leur détective favorite dans des enquêtes rocambolesques, on peut désormais parler d'un véritable phénomène « Agatha Raisin ».  

Pourtant, il faut l’avouer, les enquêtes d'Agatha sont parfois décevantes : comme dans Vacances tous risques, lorsque notre quinqua sans scrupule était en vacances à Chypre ou plus récemment, dans L’enfer de l’amour, lorsqu’on la retrouvait en pleine déconfiture sentimentale, délaissée par un James Lacey, à qui elle avait pourtant réussi, envers et contre tout, à passer la bague au doigt.

Sans qu'on se l'explique véritablement, on se surprend pourtant à retomber sous le charme d'Agatha au moment où on s'y attend le moins ! C’est exactement ce qui s’est passé pour moi avec Crime et déluge, que j’ai lu au plus fort de la canicule de l’été 2018. Peut-être est-ce justement cette pluie torrentielle qui s’abat sur le petit village de Carsley qui m’a rafraîchie ? J’ai beau réfléchir, je ne saurais trouver de raison précise justifiant que cette fois, entre Agatha et moi, l’alchimie s’est produite.  

Pourtant, le schéma narratif est toujours le même. On ne peut pas affirmer que M.C. Beaton ait cherché à innover ou à introduire dans son récit des éléments nouveaux visant à relancer une série en perte de vitesse. Toujours est-il que cette enquête les pieds dans l’eau fonctionne davantage que la précédente. Plus rythmée, plus incisive, elle m’a tout simplement tenue en haleine du début à la fin.

Grâce à cette nouvelle comédie policière distrayante et réussie, M.C. Beaton, dont je craignais qu’elle n’ait finalement épuisé ses ressources, semble avoir retrouvé la forme ! J’ai déjà hâte de retrouver son héroïne dans les deux prochaines enquêtes à paraître en octobre prochain !

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