HISTOIRE DU SOIR

24 septembre 2017

Colson WHITEHEAD : Underground Railroad

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Colson WHITEHEAD, Underground Railroad.
397 pages.
Editions Albin Michel (23 août 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d'avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu'elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s'enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les Etats libres du Nord. De la Caroline du Sud à l'Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d'esclaves qui l'oblige à fuir, sans cesse, le « misérable cœur palpitant » des villes, elle fera tout pour conquérir sa liberté.

L'une des prouesses de Colson Whitehead est de matérialiser l'« Underground Railroad », le célèbre réseau clandestin d'aide aux esclaves en fuite qui devient ici une véritable voie ferrée souterraine, pour explorer, avec une originalité et une maîtrise époustouflantes, les fondements et la mécanique du racisme. À la fois récit d'un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de l'Histoire, ce roman, couronné par le prix Pulitzer, est une œuvre politique aujourd'hui plus que jamais nécessaire. « Un roman puissant et presque hallucinatoire. Une histoire essentielle pour comprendre les Américains d'hier et d'aujourd'hui. » The New York Times

MON AVIS :

Né à New York en 1969, Colson Whitehead a été découvert en France avec la traduction de son premier roman, L'Intuitionniste. Ont suivi notamment Ballades pour John Henry, Le Colosse de New York ou encore Apex ou le cache-blessure (publiés aux Editions Gallimard), qui tous ont confirmé l'exceptionnel talent de Colson Whitehead à inventer de véritables machines romanesques, irriguées par une méditation sur les mythologies américaines, ainsi que par une réflexion très politique sur la question raciale.

Si, dans Underground Railroad, l’auteur raconte la période qui précède la Guerre de Sécession avec juste ce qu’il faut d’émotion, d’indignation et de vérité historique, c’est surtout le voyage émotionnel que l’on effectue aux côtés de Cora, de Caesar et des autres esclaves noirs en fuite qui font toute la complexité et la richesse de son roman. Leurs trajectoires, leurs décisions et leurs destinées s’entrecroisent comme les rails et les embranchements de ce chemin de fer clandestin que Colson Whitehead a choisi de matérialiser dans son roman.

Toutefois, si l’Underground Railroad a bel est bien existé, il convient de rétablir la vérité selon laquelle il ne s’agissait pas pour autant d’une véritable voie ferrée souterraine. Le chemin de fer clandestin était composé de points de rencontre, de routes secrètes, de moyens de transports, de lieux d’accueil protégés et d’assistance apportée aux esclaves noirs par les sympathisants abolitionnistes qui utilisaient la terminologie ferroviaire en guise de code. Pourquoi Colson Whitehead a-t-il décidé de matérialiser ce réseau clandestin en véritable chemin de fer, difficile à dire… Une telle matérialisation n’apporte finalement rien de plus à l’histoire de Cora et de ses semblables. Il aurait été plus judicieux, à mon sens, d’approfondir les passages consacrés au fonctionnement de ce réseau clandestin, ce qui aurait apporté un supplément non négligeable de profondeur et de détail historique au roman !

Cela dit, on pardonne volontiers à l’auteur d’avoir mixé le réel et le fantastique, tant il illustre parfaitement le système de pensée arriéré du Sud des Etats-Unis avant la guerre de Sécession. D’ailleurs, cette plongée au cœur de la barbarie raciste, avec ses lynchages méthodiques, ses chasses à l’homme, ses exécutions sommaires et son épuration ethnique n’est pas sans rappeler l’actualité… L’histoire de Cora pourrait finalement être celle de milliers de migrants actuels…

« Une plantation restait une plantation ; on pouvait croire ses misères singulières mais leur véritable horreur tenait à leur universalité. »

Si l’on referme le roman de Colson Whitehead avec autant de tristesse, de dégoût et d’effarement, c’est sans doute parce que l’auteur nous force à regarder l’Histoire en face. On y voit non seulement les fléaux que représentent la haine et le racisme mais aussi l’indifférence de ceux qui, parce qu’ils ont eu la chance de naître au bon endroit, n’ont pas à lutter pour leur liberté et leurs droits fondamentaux.

Pas de surprise donc à ce que le roman ait remporté le succès que l’on sait ! Au-delà de son intrigue bouleversante et souvent dramatique, de l’intérêt historique et culturel, Underground Railroad est avant tout un roman intelligent et engagé dont la lecture est plus que jamais nécessaire !

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22 septembre 2017

Ken FOLLETT : Les Piliers de la Terre

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Ken FOLLET, Les Piliers de la Terre.
1056 pages.
Editions Robert Laffont (8 octobre 2015).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Dans l’Angleterre du XIIe siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent pour s’assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l’amour, ou simplement de quoi survivre. Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle. Les fresques se peignent à coups d’épée, les destins se taillent à coups de hache et les cathédrales se bâtissent à coups de miracles… et de saintes ruses. La haine règne, mais l’amour aussi, malmené constamment, blessé parfois, mais vainqueur enfin quand un Dieu, à la vérité souvent trop distrait, consent à se laisser toucher par la foi des hommes.

Abandonnant le monde de l’espionnage, Ken Follett, le maître du suspense, nous livre avec Les Piliers de la Terre une œuvre monumentale dont l’intrigue, aux rebonds incessants, s’appuie sur un extraordinaire travail d’historien. Promené de pendaisons en meurtres, des forêts anglaises au cœur de l’Andalousie, de Tours à Saint-Denis, le lecteur se trouve irrésistiblement happé dans le tourbillon d’une superbe épopée romanesque dont il aimerait qu’elle n’eût pas de fin.

MON AVIS :

Avec l'histoire de la construction de la cathédrale de Kingsbridge, racontée dans les deux volumes des Piliers de la Terre, Ken Follett a enchanté des millions de lecteurs dans le monde, captivés également par Un monde sans fin, situé pour sa part au XIVème siècle. Son dernier roman, Une colonne de feu, renoue avec la ville de Kingsbridge et sa cathédrale, deux siècles plus tard, au moment de l'accession au trône d'Élisabeth Ière.

Il aura fallu que Ken Follett renoue avec la ville de Kingsbridge pour que je me décide enfin à découvrir le premier tome de cette fresque monumentale de plus de mille pages ! Plongée aux heures les plus sombres du Moyen Âge, j’ai été littéralement transportée par cette histoire écrite en lettres de sang !

XIIème siècle. L'Angleterre est déchirée par la guerre civile et affaiblie par la famine et une épouvantable crise religieuse. À Kingsbridge, la construction de la plus grande cathédrale du monde suscite rivalités, violences et luttes de pouvoir. Les destins de Philip, le prieur, Jack, le bâtisseur ou la jeune aristocrate Aliena s'entremêlent dans cette superbe épopée romanesque où l'amour et la haine sont omniprésents. Tous égaux devant Dieu, ils seront seuls pour affronter leur sort…

Entre convoitises et manigances, vengeances et complots machiavéliques, Les Piliers de la Terre était incontestablement le roman qu’il me fallait découvrir en ce début d’automne pour remonter le cours du temps et tout oublier ! J’ai adoré vivre aux côtés de ces personnages et œuvrer, avec eux, à reconstruire les vies qu’on leur a si injustement arrachées ! Une chose est sûre : je n’attendrai pas aussi longtemps pour découvrir la suite de cette passionnante saga médiévale !

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13 septembre 2017

Tristan KOËGEL : Le complot du trident

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Tristan KOËGEL, Le complot du trident.
192 pages.
Editions Didier Jeunesse (4 octobre 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Dans le port d’Ostie, le trafic maritime est bloqué par un navire inconnu. Publius et son neveu Lucius enquêtent. Ils ne vont découvrir à son bord que des cadavres, morts de la peste. À leur cou, un pendentif en forme de trident. Rome est menacée et la peste n’est que le premier fléau infligé à la ville et à ses habitants. Une enquête haletante débute pour le duo…

MON AVIS :

Tristan Koëgel est né en 1980 et vit à Aix en Provence. Après avoir été tour à tour distributeur de prospectus, garçon de café, pizzaïolo, animateur radio, écrivain public, il obtient une maîtrise de Lettres et enseigne la littérature et la langue française. Parallèlement à son activité d’enseignant, il écrit des poésies et collabore avec plusieurs revues. Tristan Koëgel a l’ambition folle de visiter tous les pays du monde en ramenant à chaque fois une histoire à raconter.

Dans ce roman à destination des adolescents à partir de 12 ans, il remonte le temps et entraîne ses lecteurs dans une enquête trépidante au cœur de la Rome antique, sous le règne de l’Empereur Titus. Si vous aimez les enquêtes tortueuses et les mystères à résoudre sur lesquels planent l’ombre menaçante et le jugement des Dieux, vous aimerez forcément Le complot du trident !

Alors que Rome est menacée par la peste, que le port d’Ostie est bloqué par un navire inconnu, l’empereur, inquiet pour son peuple et craignant pour sa propre sécurité, dépêche Publius pour faire toute la lumière sur les fléaux qui semblent s’abattre sur la ville et ses habitants.

« Les dieux sont contre vous, Romains ! Vous êtes trop arrogants ! Vous ignorez la mer ! Vous la croyez soumise de bout en bout à vos légions ! La terre s’est ouverte à Pompéi et maintenant, la peste ! Qu’y aura-t-il d’autre demain pour vous punir ? Neptune aux cheveux bleus, le dieu qui fait trembler la terre, le souverain des flots, Neptune, oui ! C’est lui qui vous accable ! Personne ne peut soumettre cette mer, ni les terres qui la bordent, ni les hommes qui y vivent ! Neptune vous accable ! »

Refusant de croire à une malédiction, Publius et son neveu mènent l’enquête, bien décidés à découvrir la vérité… Les jeunes lecteurs seront eux aussi rapidement embarqués dans cette mosaïque complètement renversée !

Passionnant de bout en bout, Le complot du trident offre une vision tout à fait intéressante d’une Rome prise dans la tourmente. Corruption, appât du gain et course au pouvoir politique sont au programme de ce polar envoûtant et palpitant, mené par la magnifique plume de l’auteur de Bluebird !

Le complot du trident sera disponible aux éditions Didier Jeunesse à compter du 4 octobre.

Je remercie des éditions Didier Jeunesse et la plateforme NetGalley de leur confiance.

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12 septembre 2017

Alain ROQUEFORT : Sous le velours, l'épine

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Alain ROQUEFORT, Sous le velours, l'épine.
736 pages.
Editions Pocket (15 juin 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Une rencontre imprévue, un visage d'autrefois croisé par hasard à la gare de Toulouse, c'est tout ce qu'il faut pour faire ressurgir du passé les souvenirs enfouis d'une mystérieuse octogénaire.

Ancienne résistante, Rose dissimule un secret dont elle cherche désespérément à se libérer. Après avoir connu l'insouciance d'avant-guerre, cette jeune provinciale va plonger au cœur de la barbarie et de la cruauté humaine.

Amours, haine, courage, lâcheté, cette fresque est celle d'une inexorable obsession de vengeance. Celle d'une femme que la guerre va bouleverser jusqu'au point de non-retour...

MON AVIS :

Alain Roquefort, la soixantaine, a toujours été habité par l’écriture. C’est en 2014 qu’il se lance et publie son premier roman, Sous le velours, l’épine (Les Nouveaux Auteurs, 2014), récompensé par le Prix Femme Actuelle 2014 et le Prix spécial du Jury Roman de l’Académie des Jeux floraux de Toulouse.

« Sous le velours, l’épine n’est pas un livre qui se raconte ; il se vit ».

Rien n’est plus juste que cette phrase issue de la chronique d’Oona, publiée sur Babelio. La fresque émouvante et passionnante d’Alain Roquefort raconte le destin extraordinaire de Rose, une octogénaire qui porte un lourd secret dont elle veut se délester. Une rencontre imprévue à la gare de Toulouse va lui permettre de faire remonter des souvenirs et des secrets jusque-là bien gardés…

Ce récit, bien que se déroulant à une époque fortement troublée de notre histoire, est une œuvre de fiction. Pour autant, l’histoire de Rose n’en est pas moins émouvante et passionnante ! Alain Roquefort possède un tel talent de conteur que son histoire éveille des réminiscences de faits réels. Dès les premières pages, le lecteur éprouve une connivence immédiate avec les personnages, comme une curieuse impression de déjà-vu ou de déjà entendu... Par le truchement du récit de cette jeune provinciale pleine de rêves et d’ambition, on s’immisce dans son passé, dans son enfance heureuse, on l’accompagne dans l’insouciance des années 30, puis, plus tard, pendant les années de guerre, à l’époque où la peur, les atrocités, les lâchetés sont monnaie courante et où les valeurs morales ne semblent ne plus avoir de sens…

Sous le velours, l’épine revient évidemment sur les heures les plus sombres de notre histoire. Alain Roquefort y dénonce le rôle méprisable que la France a joué à l’époque. Dans cette violente critique de l’ordre xénophobe, lâche et servile qu’était le régime de Vichy, l’auteur exprime son dégoût profond et sa honte de la France de l’époque. Ce climat délétère auquel s’ajoutent les intérêts personnels, animés par un esprit de lucre facile a de quoi choquer les esprits ! À l’heure où certains épisodes peu glorieux sont efffacés au profit de l’honneur du pays et de sa reconstruction nationale, Alain Roquefort n’hésite pas à condamner férocement la politique nauséabonde d’un pays collaborationniste, aux valeurs morales inversées, dans lequel l’honnête citoyen se sent coupable. Délation, lois d’aryanisation, spoliations, déportation…, rien n’est épargné au lecteur ! C’est profondément révoltant et écœurant !

Avec Rose, le lecteur plonge littéralement au cœur de la barbarie et de la cruauté humaine ! Entre amour, haine et courage, Rose vivra mille et une pérégrinations chaotiques, mille et une souffrances physiques et morales mais sa farouche et inexorable obsession de vengeance pourra-t-elle effacer les outrages ? Toujours est-il que l'explosion de son passé bouleversant trop longtemps contenu va ébranler le présent à tout jamais !

Sous le velours, l’épine est un roman attachant, poignant, une histoire remplie d'émotion magnifiquement contée, à conseiller à toutes les générations qui n'ont pas connu cette période sombre de notre histoire.

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06 septembre 2017

Elly GRIFFITHS : Le secret des orphelins

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Elly GRIFFITHS, Le secret des orphelins.
320 pages.
Editions Presses de la Cité (7 septembre 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Encore un os à ronger pour Ruth Galloway !

Un squelette d'enfant décapité est retrouvé sous la porte d'une vieille bâtisse victorienne à Norwich. S'agit-il d'un sacrifice datant de la période romaine ou de la dépouille d'un petit pensionnaire échappé de l'orphelinat qui occupait les lieux dans les années 1970 ? Experte en datation, l'archéologue Ruth Galloway rejoint l'équipe de l'inspecteur Harry Nelson, partenaire d'investigation – et parfois plus dans l'intimité. Tandis que Ruth remonte la piste du drame et croise le chemin de prêtres retraités, magnats de l'immobilier et druides chevelus, quelqu'un semble décidé à littéralement la faire mourir de peur...

Retour de l'universitaire la plus attachante du venteux Norfolk, intello nourrie aux chips, célibataire attendant un heureux événement, dans un thriller atmosphérique et mystique à déguster impérativement avec une cup of tea !

MON AVIS :

Née à Londres, diplômée en littérature anglaise et ancienne éditrice, Elly Griffiths vit aujourd'hui près de Brighton avec son mari archéologue et leurs deux enfants. Après Les disparues du marais (Presses de la Cité, 2015), Le secret des orphelins est son deuxième roman. On y retrouve l’archéologue médico-légale Ruth Galloway et l’inspecteur Harry Nelson pour une nouvelle enquête tout aussi mystique…

Et comme dans son premier opus, Elly Griffiths excelle à créer une atmosphère angoissante et prenante en faisant de cette région du Norfolk, battue par les vents, un acteur à part entière de son intrigue. Si la première enquête du duo Ruth Galloway et Harry Nelson laissait la part belle aux légendes nordiques, il est ici question de rites sacrificiels romain, d’offrandes et de libations aux divinités telles que Janus et Hécate... 

« Omnia Mutantur, Nihil Interit. »

Entre la découverte d’un squelette d’enfant décapité et la dépouille d’un petit pensionnaire échappé de l’orphelinat dans les années 70, a priori rien à voir. Mais quand Ruth Galloway, professeur d’archéologie aussi brillante que solitaire, est sollicitée pour son expertise, celle-ci est loin de se douter qu’elle sera intimement mêlée  à l’enquête…

Alors qu'elle remonte la piste de ces mystérieux ossements, son chemin l’amène à croiser le chemin d’un prêtre retraité, d’une famille de magnats de l’immobilier et de druides chevelus, quelqu’un semble déterminé à l'intimider, quitte à la faire mourir de peur. Mais pour quelle raison aurait-on intérêt à ce qu’elle abandonne ses investigations ? La vieille bâtisse victorienne où l'on a retrouvé les ossements serait-elle au coeur d'un secret monstrueux ?

Dans ce jeu de piste particulièrement macabre, Elly Griffiths joue avec les ressorts du suspense psychologique jusqu’à un final des plus haletants. Le secret des orphelins est un polar atmosphérique et mystique dont le lecteur ne fera qu’une bouchée ! À lire autant pour son ambiance sourde et oppressante que pour la rudesse des paysages du Norfolk, vous ne pourrez que frissonner à l’évocation des rites funéraires d’un autre temps ! Une expérience de lecture hautement addictive, quasi hypnotique !

Je remercie les éditions Presses de la Cité de leur confiance.

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04 septembre 2017

Anne FORTIER : Juliette

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Anne FORTIER, Juliette.
574 pages.
Editions Charleston (16 juin 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

« Juliette nous entraîne dans une fabuleuse chasse au trésor qui rend la tragédie de Roméo et Juliette encore plus fascinante. » Elle US.

À la mort de sa tante préférée, Julie ne reçoit pour héritage qu'une mystérieuse clé, accompagnée de l'adresse d'une banque à Sienne. Elle s'envole aussitôt pour l'Italie et y trouve une liasse de papiers jaunis relatant les amours d'un jeune homme prénommé Roméo avec celle qui est sans doute son ancêtre, la belle Juliette Tolomei. La Juliette de Shakespeare.

Alors que Julie déchiffre les parchemins, elle comprend que la sinistre malédiction prononcée six siècles plus tôt plane encore sur sa famille… Pourra-t-elle échapper au danger qui la guette à vouloir ainsi découvrir son destin ?

Une poignante histoire d'amour : Shakespeare en a tiré sa plus belle pièce, Julie y découvrira son destin.

MON AVIS :

Coproductrice de documentaires récompensés aux Oscars, Anne Fortier a grandi au Danemark et s’est installée aux États-Unis pour travailler dans le cinéma. Juliette a été traduit dans près de 30 pays.

Dans ce roman ébouriffant doublé d’une fabuleuse chasse au trésor, Anne Fortier dépoussière et rajeunit l'histoire d'amour la plus célèbre de tous les temps. La transposition de ses Roméo et Juliette, devenus des figures mythiques de l’amour et de la jeunesse, en lutte contre l’absurdité des conflits familiaux, est des plus réussies ! Ressuscités sous les traits de personnages modernes, au franc parler, les deux amants n’en sont pas moins convaincants dans ce qu’ils incarnent : insolents et aventureux, ils conservent les mêmes émois impulsifs de la jeunesse inconstante et demeurent tout aussi passionnés que leurs homonymes classiques !

Soyez sûrs qu’une fois le premier choc passé, vous ne lâcherez plus ce roman mystérieux et palpitant qui se dévore à la manière des meilleurs page-turners ! Une brillante et étonnante actualisation qui donnera sans doute envie à plus d’un lecteur de (re)découvrir l’œuvre intemporelle de Shakespeare !

Je remercie les éditions Charleston de leur confiance.

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31 août 2017

Jean-François CHABAS : La loi du Phajaan

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Jean-François CHABAS, La loi du Phajaan.
128 pages.
Editions Didier Jeunesse (6 septembre 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Dans la famille de Kiet, on est dresseur d’éléphants de père en fils. Le jour de ses dix ans, Kiet part avec son père et des chasseurs pour capturer son premier éléphanteau. Pendant plusieurs jours, l’enfant participe au « Phajaan », une méthode de dressage traditionnelle particulièrement cruelle qui marquera à jamais le jeune garçon…

MON AVIS :

Jean-François Chabas, auteur majeur de la littérature jeunesse contemporaine engagé en faveur de la protection des animaux, livre un récit puissant et émouvant qui défend avec subtilité et vigueur la cause des éléphants. La loi du Phajaan, son nouveau roman coup de poing à paraître le 6 septembre aux éditions Didier Jeunesse, dénonce et condamne les mauvais traitements infligés aux éléphants d’Asie au nom d’une méthode ancestrale de dressage particulièrement cruelle. Parce qu’il y est question de torture animale dans ce qu’elle a de pire, c’est une lecture à conseiller à un public averti, à partir de 10 ou 11 ans.

« J’ai accompli la basse besogne qui demeure aujourd’hui, alors que j’ai soixante-quatre ans, la plus grande honte et le plus immense chagrin de toute mon existence. Comment décrire le phajaan sans provoquer, chez ceux qui en entendent parler pour la première fois, incrédulité et répulsion ? »

L’intrigue en flux tendu, concentrée sur un unique flash-back, fait toute la lumière sur cette pratique de dressage méconnue et toujours en vigueur aujourd’hui. L’histoire de Kiet et de Sura, son éléphant, ne laissera personne indifférent ! Elle fera passer les lecteurs, qu’ils soient petits ou grands, par toutes sortes d’émotions : honte, colère, dégoût, ou incompréhension. 

La loi du Phajaan est une lecture nécessaire, qui agit comme un véritable électrochoc et marque profondément la conscience de celui qui le lit !

« On n’a pas deux cœurs, l’un pour l’homme, l’autre pour l’animal. On a du cœur ou on n’en a pas » Alphonse de Lamartine.

Pour information, Didier Jeunesse soutient l’action de EVI (Eco Volontaire International), une association dont le but est d’intervenir pour la protection des animaux sauvages et de l’environnement dans le monde, ainsi que de consolider un lien respectueux entre les humains et la nature.

Je remercie les éditions Didier Jeunesse ainsi que la plateforme NetGalley de leur confiance.

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30 août 2017

Eric SENABRE : Megumi et le fantôme

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Eric SENABRE, Megumi et le fantôme.
224 pages.
Editions Didier Jeunesse (6 septembre 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Megumi n’a peur de rien. Surtout pas d’un fantôme irlandais qui hante la maison de ses ancêtres ! Saura-t-elle lever la malédiction qui pèse sur lui ? Une histoire pleine de rebondissements où l’on croise Yokaï et robots dans le Japon des années 80.

MON AVIS :

Né en 1973 en région parisienne, Eric Senabre est journaliste depuis plus de dix ans. Lorsqu'il n'écrit pas, il joue du rock, se passionne pour les arts martiaux, dévore les films de série B et aime surtout la littérature fantastique du XIXème siècle. Dans sa bibliothèque, on peut trouver de grands romans d'aventure écrits par Roberts Louis Stevenson ou Sir Arthur Conan Doyle, mais en cherchant bien, on trouvera aussi des Comics des X-Men et des Mickey Parade. Car ce qu'il apprécie par-dessus tout, ce sont les histoires pleines d'imagination, les mystères à résoudre, et ce que l'on peut découvrir derrière la surface des choses connues.

Une chose est sûre, l’auteur possède une imagination dévorante qu’il a bien fait de mettre au profit de ses lecteurs ! Petits et grands ne pourront que tomber sous le charme de la jeune Megumi et d’Horatio, un gentil fantôme rencontré au cours d’un voyage à Dublin et qu’elle a décidé de ramener avec elle au Japon.

Commence alors une belle histoire d’amitié entre cette petite fille intrépide et le fantôme d’Horatio, qui s’avère bizarrement être un lointain ancêtre irlandais de Megumi. Victime de son destin tragique, Horatio se voit contraint de vivre dans une boite en fer-blanc que protège jalousement Megumi. Ensemble, arriveront-ils à lever la malédiction qui pèse sur le fantôme ?

Entre enquête haletante et secret bien gardé, le roman d’Eric Senabre a tout pour plaire et divertir ! Dès les premières pages de cette histoire pleine de rebondissements, on comprend que la rencontre improbable de Megumi et Horatio va bien au-delà de la simple histoire de fantôme ! Pour le plus grand plaisir de ses lecteurs, Eric Senabre signe une histoire pleine de tendresse et de fantaisie, qui aborde avec beaucoup de fraîcheur et de légèreté des thèmes difficiles comme l’incarnation, l’héritage familial, mais aussi l’injustice et la nécessité de faire son deuil !

Megumi et le fantôme est une belle histoire d’amitié qui donne envie de croire en la force du merveilleux ! À conseiller à partir de 10 ans.

Je remercie les éditions Didier Jeunesse et la plateforme NetGalley de leur confiance.

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29 août 2017

Christian LABORIE : La promesse à Elise

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Christian LABORIE, La promesse à Élise.
573 pages.
Editions Presses de la Cité (31 août 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

En 1956, Adèle Gensac occupe son premier poste d'institutrice à Saint-Jean-du-Gard, au cœur des Cévennes. Parmi ses élèves, l'une se distingue : Élise, dix ans, aux yeux pleins de douceur, brillante mais muette. Et née de père inconnu. Une double singularité que sa mère, Lucie Rochefort, malgré les ragots et les médisances, assume au regard de tous. Au fil du temps, une connivence s'établit entre Adèle et Lucie. Ne montrent-elles pas toutes deux une indépendance d'esprit et d'action rare pour l'époque ?

Un jour, l'institutrice se voit confier le journal intime d'Élise qui y a consigné ses plus lointains souvenirs. Terribles. Violents. Douloureux. Que sa mère, elle-même, ignorait...

Quel mystère entoure la naissance d'Élise ? Quelle est la véritable histoire de Lucie Rochefort ? Adèle tiendra-t-elle la promesse faite à Élise pour qu'enfin s'apaisent les tourments du passé ?

MON AVIS :

Né dans le Nord et Cévenol d’adoption depuis plus de trente ans, Christian Laborie a notamment publié L’Appel des drailles (2004) et Les Hauts de Bellecoste (2011), ainsi que Les Rives Blanches (2013), Les Rochefort (2014), L’Enfant rebelle (2015) et Le Goût du soleil (2016), tous publiés aux éditions Presses de la Cité. Ses romans sont un véritable hommage à sa terre adoptive dont il aime raconter l'histoire et les habitants.

Dans La promesse à Élise, son dernier roman à paraître le 31 août aux éditions Presses de la Cité, Christian Laborie met une nouvelle fois les Cévennes en lumière et s’efforce de faire découvrir à ses lecteurs ce qui fait l’authenticité de cette région. Mêlant son goût pour l’histoire et la société du XXème siècle, il signe un roman tout à fait passionnant, à la fois intimiste et universel, qui retrace le destin hors du commun d’Élise, une petite fille mystérieusement abandonnée chez des paysans cévenols, auprès de qui elle vivra comme une paria, dans la soumission et la maltraitance.

Lorsqu'Élise retrouve miraculeusement sa mère, elle ignore tout du secret qui entoure sa naissance. Elle finira par découvrir qu’elle est le fruit d’un amour sincère et qu’elle est née sous l’Épuration, à l’une des périodes les plus sombres et les plus troubles de notre histoire… Avec l’aide d’Adèle, son institutrice, Élise, tente alors de retrouver son père et de rendre à sa mère sa dignité bafouée…

« L’intérêt qu’elle portait à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, ses remarques à propos de sujets graves, telles que les notions de devoir, d’honnêteté, de sincérité, de pouvoir de résilience des déportés face à leurs bourreaux, lui prouvaient qu’elle cherchait à percer les arcanes de sa naissance. »

Entre secrets bien gardés, quête de soi, exil, engagement et tourments du cœur, le roman de Christian Laborie fait partie de ceux qui se dévorent plus qu’ils ne se lisent ! Le destin d’Elise et celui, non moins incroyable, de sa mère placent cette rentrée littéraire sous le signe de l’aventure et de la passion !

De manière remarquable, Christian Laborie entremêle histoire personnelle, familiale et collective, et dénonce l’absurdité et les horreurs de la guerre à travers les souffrances et les drames individuels. C’est bouleversant !

La promesse à Élise est un roman très émouvant, qui restitue, avec une égale maîtrise, le pouvoir destructeur d’un secret douloureusement gardé et les tourments d’une Histoire aveugle aux sentiments et au sort des individus. Une lecture aussi indispensable que magnifique !

Je remercie les éditions Presses de la Cité de leur confiance ainsi que Christian Laborie pour sa sympathique dédicace.

 

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26 août 2017

Véronique DE BURE : Un clafoutis aux tomates cerises

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Véronique DE BURE, Un clafoutis aux tomates cerises.
384 pages.
Editions Flammarion (17 mars 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Au soir de sa vie, Jeanne, quatre-vingt-dix ans, décide d'écrire son journal intime. Sur une année, du premier jour du printemps au dernier jour de l'hiver, d'événements minuscules en réflexions désopilantes, elle consigne ses humeurs, ses souvenirs, sa petite vie de Parisienne exilée depuis plus de soixante ans dans l'Allier, dans sa maison posée au milieu des prés, des bois et des vaches. La liberté de vie et de ton est l'un des privilèges du très grand âge, aussi Jeanne fait-elle ce qu'elle veut et ce qu'elle peut : regarder pousser ses fleurs, boire du vin blanc avec ses amies, s'amuser des mésaventures de Fernand et Marcelle, le couple haut en couleurs de la ferme d'à côté, accueillir pas trop souvent ses petits-enfants, remplir son congélateur de petits choux au fromage, déplier un transat pour se perdre dans les étoiles en espérant les voir toujours à la saison prochaine... Un clafoutis aux tomates cerises, le plus joli roman sur le grand âge qui soit, traite sans fard du temps qui passe et dresse le portrait d'une femme qui nous donne envie de vieillir.

MON AVIS :

Véronique de Bure est l'auteure d'un premier roman très remarqué par la critique, Une confession (Stock, 2009), et de plusieurs récits dont Un retraité (Stock, 2011).

Un clafoutis aux tomates cerises, disponible aux éditions Flammarion depuis mars 2017, est un roman au ton résolument intimiste, plein de tendresse et de nostalgie sur la vieillesse et le temps qui passe. Certes, il y est aussi question de solitude, de perte d’autonomie, de maladie et de mort mais Véronique de Bure réussit l’extraordinaire pari de livrer une vision positive et tout à fait rassurante du « quatrième âge » et de la fin de vie.

Après une longue vie bien remplie, la santé chancelante et la mémoire qui flanche, Jeanne sait que ses jours d’autonomie sont comptés. Alors, sur une année, du premier jour du printemps au dernier jour de l’hiver, elle décide d’écrire son journal intime. D’évènements minuscules en réflexions désopilantes, elle consigne ses humeurs, ses souvenirs et sa vie de Parisienne exilée depuis plus de soixante ans dans la campagne de l’Allier, dans sa vieille maison posée au milieu des prés, des bois et des vaches.

Son histoire ordinaire, toute simple, ponctuée d’anecdotes, de souvenirs et baignée d’émotion est une véritable bouffée d’oxygène pour le lecteur ! Jeanne est une nonagénaire attachante, digne, qui vit dans le plaisir de l’instant et sait comment profiter des petites joies toutes simples de l’existence. Son récit, sans fausse pudeur ni déballage malsain, sonne extrêmement juste et agit comme un formidable antidépresseur pour tous ceux qui ont peur de vieillir !

Véronique de Bure signe un roman émouvant, touchant, d’une grande acuité et d’une surprenante empathie sur la vieillesse et la fin de vie. Livrée avec beaucoup de simplicité et d’honnêteté, Un clafoutis aux tomates cerises est une magnifique leçon de vie, un vrai petit bijou de tendresse, dont on sort, apaisé, le cœur léger et le sourire aux lèvres !

Posté par ingridfasquelle à 10:58 - - Commentaires [2] - Permalien [#]