HISTOIRE DU SOIR

19 juillet 2018

Hubert de MAXIMY : Ariane et Juliette

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Hubert de MAXIMY, Ariane et Juliette.
368 pages.
Editions Presses de la Cité (14 juin 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Ce jour de rentrée 1917, elle est arrivée à l'institution Sainte-Jeanne. A bientôt quinze ans, Juliette a dû quitter sa mère, son quartier minier de Saint-Etienne, pour poursuivre ses études. D’emblée, l’adolescente se sait différente de ces jeunes collégiennes « bien nées » qui se vouvoient, elle qui, il y a peu, travaillait dans la sueur, la poussière et le charbon au tri de la mine. Pourquoi a-t-elle été inscrite dans cet établissement prestigieux ? « Une chance » a dit sa mère, laconique.

Ariane, en revanche, est heureuse à Sainte-Jeanne, malgré la mort récente de son père, au front. Ce deuil, même si elle le mesure mal, va bouleverser sa vie et celle des siens.

L’isolement de l’une, le deuil de l’autre, et la guerre, omniprésente. Au fil des mois, Juliette, l’écorchée vive, et Ariane, l’orpheline nantie, s’apprivoisent et se lient d’amitié.

Au-delà de leurs différences, quel lien secret les unit ?

MON AVIS :

Producteur et réalisateur de documentaires, Hubert de Maximy a notamment publié aux éditions l'Archipel la trilogie rurale Le Bâtard du bois noir, La Revanche du bâtard et La Fille du bâtard (2008 à 2011). Il est l'auteur aux Presses de la Cité du Destin d'Honorine, prix Paul Féval 2011 de la Société des Gens de Lettres, d'Alice la flamboyante, de Pierre, maître de dentelle et d'Olympe.

Adolescente introvertie, Juliette a quitté son village minier et sa mère pour suivre ses études. Toujours sur ses gardes, mal à l'aise, elle ne comprend rien aux conversations blasées et superficielles des élèves « bien nées » qui se vouvoient. Aussi s'efforce-t-elle de passer inaperçue. Ce monde tranche tellement avec le sien ! Elle qui travaillait avec sa mère au tri dans la mine où elle a vécu tant d'expériences, des traumatismes même, où elle côtoyait de près l'univers rude des mineurs, comment a-t-elle pu être inscrite dans ce prestigieux établissement ?

Ariane, quatorze ans également, affiche, elle, l'assurance des enfants de son milieu. Elle retrouve ses amies, ses habitudes. C'est juste une rentrée de plus pour elle, malgré tout endeuillée par la disparition de son père, mort pour la France dans la Somme.

Au fil des mois, l’auteur raconte les destins croisés de ces deux jeunes filles si différentes l’une de l’autre, qui s'apprivoisent et se lient d'amitié. Chacune à leur façon, elles vont tenter de surmonter l'absence de figure paternelle qui pèse tant dans leur quotidien. Car pour Ariane comme pour Juliette, leur père est resté un mystère… et ni l’une ni l’autre ne se doute un seul instant que leur quête va exhumer un secret et des vérités dérangeantes que certains voudraient voir à jamais enterrées...

Ariane et Juliette est une histoire émouvante, riche en émotions, avec juste ce qu’il faut de détails et de rigueur historiques pour passionner les lecteurs occasionnels comme les plus réguliers. Même si on devine assez vite le secret qui unit les deux adolescentes, il n’en demeure pas moins que l’on ne peut que s’attendrir et s’émouvoir de la façon dont les deux jeunes protagonistes vont s’affranchir des conventions sociales et de la morale de l’époque pour finalement s’accommoder de ce que la vie leur avait injustement réservé… Un bel exemple de courage et d’émancipation féminine, qu’il fera bon lire cet été, pour vibrer et tout oublier des plages bondées et surchauffées !

Je remercie les éditions Presses de la Cité de leur confiance.

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16 juillet 2018

Madeleine-MANSIET-BERTHAUD : La valse des mouettes

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Madeleine MANSIET-BERTHAUD, La valse des mouettes.
368 pages.
Editions Presses de la Cité (3 mai 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Une croyance populaire affirme que les mouettes sont l'âme des marins disparus en mer...

La jeune Gabrielle vit avec son père Denis, qui tient le café le Mascaret, à Meschers, village de pêcheurs de l'estuaire de la Gironde. Elle devient auxiliaire au phare de Cordouan, le « Versailles des mers », situé à sept kilomètres en mer sur le plateau de Cordouan. Même si le lieu ravive le souvenir de Léa, sa mère, morte dans un naufrage dix ans plus tôt, elle s'y sent bien. Parfois, au-dessus de sa chambre, vient se percher une mouette à la gorge noire. Pour la jeune fille, c'est comme si cet oiseau des mers lui transmettait des messages de la disparue. Parmi les gardiens, il y a Alexis, de dix ans son aîné, dont elle tombe amoureuse. Quand la guerre est déclarée, Meschers se vide de sa jeunesse et Alexis disparaît sans plus donner de nouvelles... Sur la côte, les Allemands ordonnent la construction du mur de l'Atlantique, et l'extinction des feux de Cordouan. Aussi, Gabrielle s'étonne que son père Denis l'incite à rester au phare. Que craint-il donc pour elle ?

Drames, secrets, révélations sur sa mère et amours contrariées vont précipiter le destin de Gabrielle dans la tourmente et loin des siens...

MON AVIS :

Attachée à la véracité historique et sociale dans tous ses romans, Madeleine Mansiet-Berthaud est l’auteure notamment d’une trilogie consacrée aux cagots d’Aquitaine (rééditée en Trésors de France), de Mademoiselle dite Coco, de Scandaleuse Alexandrine et, aux Presses de la Cité, de Bleu Gentiane, Les nuits blanches de Lena et Wanda.

Avec La Valse des mouettes, Madeleine Mansiet-Berthaud signe le portrait très émouvant d’une femme déterminée qui, au-delà des conventions, a choisi un métier d’homme au quotidien rude mais exaltant.

« […] Pour se lancer dans la profession de gardien de phare, il fallait avoir du caractère, de l’endurance et, de la part d’une femme, une furieuse volonté de braver les interdits. »

C’est un roman d’anticipation plein de fougue et de passion, qui, à la fois, célèbre la beauté sauvage et indomptable de la nature et prouve que les femmes sont capables d’accomplir de véritables exploits pour changer le monde et ses mentalités.

Au terme d’épreuves initiatiques terribles, qui vont forger son tempérament et exacerber son courage et sa détermination, Gabrielle sera-t-elle en mesure de pardonner les injustices et les sévices qu’elle a endurés ? Pourra-t-elle, enfin, trouver l’amour et la paix ?

Grâce à une documentation historique impeccable, Madeleine Mansiet-Berthaud a restitué à merveille la vie romancée de ces personnages du passé qui, grâce à un courage et une détermination sans faille, ont contribué à façonner notre présent. Au-delà de l’incroyable et passionnant destin de Gabrielle, La valse des mouettes est un hommage magnifique à tous ceux dont les métiers sont aujourd’hui oubliés.

Je remercie les éditions Presses de la Cité de leur confiance.

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13 juillet 2018

Jenny COLGAN : Une saison au bord de l'eau

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Jenny COLGAN, Une saison au bord de l'eau.
472 pages.
Editions Prisma (7 juin 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

La nouvelle série de Jenny Colgan ! Sur l'île sauvage de Mure, au nord de l'Écosse, Flora dispose d'un été pour chasser les fantômes du passé et donner un nouveau sens à sa vie.

Assistante juridique dans un cabinet d'avocats à Londres, Flora McKenzie était loin d'imaginer qu'il lui faudrait, pour son travail, retourner à Mure, l'île sur laquelle elle a grandi. Une île qu'elle a quittée avec perte et fracas après le décès brutal de sa mère, quelques années plus tôt.

Quand elle arrive à Mure pour s'installer dans la ferme familiale, la jeune femme sent très vite qu'elle n'est pas la bienvenue. Les non-dits et les rancœurs du passé empoisonnent ses relations avec son père, ses frères, mais aussi avec la plupart des habitants du village. Jusqu'au jour où Flora tombe par hasard sur le vieux cahier de recettes de sa mère. En se plongeant dans ce carnet, elle se découvre une nouvelle passion pour la cuisine qui pourrait bien l'aider à se réconcilier avec sa famille et son île natale. Emportée par son élan gourmand, Flora décide de rénover une boutique sur le port dans l'espoir d'y ouvrir un restaurant éphémère...

MON AVIS :

On ne présente plus Jenny Colgan ! Cette romancière britannique a enchanté des milliers de lectrices de par le monde grâce à ses comédies romantiques et notamment sa trilogie de La petite boulangerie du bout du monde. Après le succès de Rendez-vous au Cupcake Café, qui confirme le talent de Jenny Colgan à écrire des feel-good books réconfortants, qui véhiculent de jolies valeurs de partage et d’entraide, nombreuses étaient les lectrices qui attendaient à nouveau de pouvoir la retrouver dans un nouveau roman. Une saison au bord de l’eau, publié aux éditions Prisma le 7 juin dernier, est sa nouvelle série événement de 2018 !

Hélas, là où s’attendait à une histoire romantique attachante, à la fois drôle, pleine de fantaisie et d'émotion, là où on espérait se laisser surprendre par les accents mélancoliques d’une intrigue dont Jenny Colgan a le secret, force est de constater que l’auteure s’est égarée avec ce nouvel opus qui n’a définitivement pas la saveur de ces précédents romans ! L’histoire de Flora est prévisible, poussive, désespérément longue et les péripéties dont Jenny Colgan émaille son récit ne suffisent pas à divertir la lectrice. On soupire, on lève les yeux au ciel, bref, on s’ennuie et on se demande surtout comment cette comédie décevante a pu devenir « le coup de cœur de l’été » de Femme Actuelle !

Si vous êtes à la recherche d’un roman divertissant, gourmand et chaleureux pour l’été, faites l'impasse sur Une saison au bord de l’eau et choisissez plutôt les précédents de l’auteure, ils vous emballeront davantage que cette comédie romantique fade et sans aucune profondeur !

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09 juillet 2018

Joël DICKER : La vérité sur l'affaire Harry Quebert

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Joël DICKER, La vérité sur l'affaire Harry Quebert.
672 pages.
Editions de Fallois (19 septembre 2012).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ? Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

MON AVIS :

Faut-il encore présenter ce roman, qui, depuis sa sortie en 2012, s’est imposé comme un véritable phénomène littéraire ? Que l’on soit jeune ou moins jeune, homme, femme… Tous ceux qui ont mis le nez dans ce gros roman fleuve sont unanimes. Malgré ses 700 pages, impossible de ne pas se sentir happé et phagocyté par cet étonnant roman psychologique ! On en sort exténué, épuisé par les rebondissements, les fausses pistes et les retournements de situation concoctés par le très ingénieux Joël Dicker.

Et je ne fais pas figure d’exception ! J’ai vécu ces derniers jours rivée à mon roman, incapable de me détacher de ce thriller à l’américaine dangereusement addictif. Même si on peut reprocher à l’auteur d’avoir construit des personnages un brin caricaturaux (l'énigmatique pasteur, sa méchante épouse, le policier timide et bafouilleur…), on ne peut que louer son talent pour cet étonnant, agaçant, fascinant, déroutant roman de mœurs. Sa construction, surtout, avec ses mises en abymes littéraires, ses rapports de police, retranscriptions d'entretien et extraits de roman, est ingénieuse. Elle apporte rythme et crédibilité à une intrigue efficace et diablement menée.

Jolie performance donc pour ce jeune auteur suisse qui, à 27 ans seulement, s’est montré tout à fait capable d’égaler les plus grands ! D’ailleurs, les lecteurs ne s’y sont pas trompés puisque son roman a remporté le Prix Goncourt des lycéens ainsi que le Grand Prix du Roman de L’Académie française en 2012.

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03 juillet 2018

Barbara DRIBBUSCH : Le bois des ombres

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Barbara DRIBBUSCH, Le Bois des Ombres.
352 pages.
Editions Les Escales (5 octobre 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

À la mort de sa grand-mère, Anne Südhausen hérite d'un mystérieux médaillon en argent et découvre, cachés sous le lit, une dizaine de cahiers d'écolier à la couverture noire. Un journal intime que sa grand-mère Charlotte a rédigé en 1943, lors de son séjour au Bois des Ombres.

En lisant ces carnets, Anne découvre un pan de la vie de sa grand-mère dont elle ignorait tout. Quel était ce Bois des Ombres, cette mystérieuse clinique autrichienne, dans laquelle sa grand-mère a vécu pendant la Seconde Guerre mondiale ? Quelles expériences psychiatriques, menées par les nazis, abritait-elle ? Qui était vraiment son énigmatique directeur ?

Alors qu'elle n'a qu'une hâte, avancer chaque jour un peu plus dans la lecture de ce journal, Anne se rend compte que deux des carnets ont disparu...

Un roman bouleversant où présent et passé s'enlacent, et où la petite histoire rejoint la grande.

MON AVIS :

Barbara Dribbusch est journaliste au Tageszeitung depuis 1993 et vit actuellement à Berlin. Elle a consacré ces dernières années à des recherches sur l'histoire de la psychiatrie des années 1920 au régime nazi. Le Bois des Ombres est son premier roman.

En contant une histoire captivante et toute nimbée de mystère, Barbara Dribbusch aborde un sujet révoltant et rarement traité, qui marque encore notre époque de son empreinte. Il ne suffit que de quelques pages pour que l’on se sente réellement happé par l’étrange sanatorium du Bois des ombres. Que s’est-il passé dans cette clinique autrichienne dans laquelle la grand-mère d’Anne a trouvé refuge pendant la Seconde Guerre mondiale ? Qui était vraiment l’énigmatique directeur et à quelles expériences psychiatriques se livrait-il au sein de son établissement ? Les réponses se trouvent dans les carnets intimes qu’Anne découvre à la mort de sa grand-mère…

Comme Anne, le lecteur plonge au cœur de la barbarie et de la cruauté nazie. C’est passionnant, édifiant même, et une fois commencé, il est très difficile de s’extraire de ce roman bouleversant où passé et présent s’entremêlent habilement.  

Entre eugénisme, politique d’hygiène raciale et éradication médicale visant à l’élimination des « vies indignes et/ou sans valeur » …, Barbara Dribbusch évoque les différentes mesures mises en place par les nazis pour améliorer le « capital humain » biomédical de la nation. Mais que les âmes sensibles se rassurent, là où on s’attend à lire des passages particulièrement poignants, cruels et révoltants, l’auteure préfère ménager la sensibilité de ses lecteurs en restant très en surface. Certains apprécieront d’être ainsi préservés de la violence et de l’horreur, d’autres moins. Question de point de vue…

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28 juin 2018

Coralie KHONG-PASCAUD : Loin de Berkley Hall

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Coralie KHONG-PASCAUD, Loin de Berkley Hall.
224 pages.
Editions City (6 septembre 2017)

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Angleterre, 1911. Derrière les murs épais de l'immense demeure de Berkley Hall, lady Catherine Davenport tourne en rond. Décidément, elle ne pourra jamais se résoudre à cette existence morne, uniquement rythmée par les tea times et les robes somptueuses. Elle aspire à autre chose que la vie d'épouse docile qui l'attend.

À Berkley Hall, il y a aussi Lydia, la femme de chambre. Une domestique, rien de plus. Pour combattre l'amertume qui l'envahit en pensant à sa modeste condition, elle écrit de petits textes satiriques dans lesquels elle moque les habitudes de ces grandes familles côtoyées chaque jour.

La vie de ces deux femmes si différentes, mais éprises de liberté et de reconnaissance, vont se télescoper d'une façon inattendue. Comme la promesse qu'un jour, une aube nouvelle se lèvera sur Berkley Hall...

MON AVIS :

Journaliste diplômée en littérature anglaise, Coralie Khong-Pascaud est la lauréate du concours d'écriture « Hommage à Downton Abbey ». Loin de Berkley Hall, son premier roman, s’inspire en effet directement de la série mythique de Julian Fellowes. Entre mensonges, scandales et secrets, il y est question de deux femmes qui, dans un monde d’hommes et de pouvoir, décident de tout faire pour s’émanciper et reprendre le contrôle de leur existence.

Si l’intrigue de Coralie Khong-Pascaud est un peu rapide, on passe malgré tout un très agréable moment en compagnie de ces héroïnes qui évoluent dans une société en pleine mutation. Attachantes, battantes, tout à la fois intelligentes et cultivées, il est impossible de ne pas tomber sous le charme de ces jeunes femmes de caractère qui ne vivent que pour leurs rêves et leurs convictions. Qu’il s’agisse de Lydia ou de Lady Catherine, l’auteure a brossé de jolis et très motivants portraits de femmes libres.

Bien entendu, si vous aimez les romans engagés, vous ne serez peut-être pas pleinement comblés par ce roman qui reste tout de même très en surface, mais si vous recherchez un roman de détente (et l’appellation n’a rien de péjoratif), il y a toutes les chances que Loin de Berkley Hall répondent à vos attentes. Le roman de Coralie Khong-Pascaud offre un savoureux mélange de secrets, d’intrigues et déboires de l’aristocratie anglaise et de l’atmosphère fébrile de la domesticité. Une belle reconstitution des salons de l’aristocratie et de la société anglaise de ce début du XXème siècle.

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26 juin 2018

Rachel JOYCE : Si on dansait...

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Rachel JOYCE, Si on dansait...
374 pages.
Editions XO (16 mai 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

À Londres, au bout d'une impasse délabrée, Frank n'est pas un disquaire comme les autres. Chez ce marchand de vinyles, une belle équipe de joyeux marginaux se serre les coudes, tous un peu abîmés par la vie.

Surtout, Frank a un don. Il lui suffit d'un regard pour savoir quelle musique apaisera les tourments de son client. Quitte à préconiser du Aretha Franklin à un obsessionnel de Chopin...

C'est ainsi que Frank fait la rencontre de Lisa, une mystérieuse femme au manteau vert. Après s'être évanouie devant sa boutique, elle le supplie de l'aider à comprendre la musique. Lors de leurs rendez-vous, Frank replonge dans sa propre enfance, revoyant sa mère, l'excentrique Peg, lui passer des vinyles sur sa vieille platine.

Lui qui ne croit plus en l'amour depuis longtemps sent son cœur vibrer à nouveau. Et puis, un jour, Frank découvre le secret de Lisa. Le monde s'écroule, il disparaît.

C'est sans compter, pourtant, sur l'extraordinaire solidarité qui règne sur Unity Street. Car après le chaos, il n'est jamais trop tard pour faire renaître l'espoir et réapprendre à danser...

MON AVIS :

Rachel Joyce vit en Angleterre, dans une ferme du Gloucestershire, avec sa famille. Elle a été pendant plus de vingt ans scénariste pour la radio, le théâtre et la télévision, et comédienne de théâtre récompensée par de nombreux prix. La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva le mardi, son premier roman, publié chez XO en 2012, a connu un gros succès international. Il a été traduit en 23 langues et s’est vendu à plus 150.000 exemplaires en France. Si on dansait… est son quatrième roman dans lequel on retrouve la plume magique de l’auteure.

Avec la même sensibilité qui a fait le succès de La lettre qui allait changer le destin de Harold Fry, Rachel Joyce y célèbre le courage et la solidarité de gens ordinaires, la force de l’amour mais aussi la puissance de la musique et son extraordinaire pouvoir de guérison.

« Frank ne savait jouer d’aucun instrument, il ne savait pas lire une partition et il n’avait aucune connaissance musicale particulière, mais lorsqu’il s’asseyait face à un client et qu’il attendait attentivement, il percevait une mélodie. Pas une symphonie complète, juste quelques notes, au mieux un accord. Et cela ne se produisait pas chaque fois, seulement lorsqu’il s’abandonnait et se laisser flotter dans cet entre-deux. Il avait toujours ressenti cela, d’aussi loin qu’il s’en souvienne. Le Père Anthony appelait ça une « intuition ». Pour Maud, c’était un « truc de dingue ».

Inspirée, originale, empreinte de bienveillance et de mystère, cette jolie romance musicale déborde d’un optimisme rafraîchissant qui fera le bonheur de tous les amateurs de musique et de belles histoires. Rachel Joyce y déploie toute la magie de son écriture et sa capacité à créer des personnages irrésistibles. Sa joyeuse bande de marginaux cabossés par la vie est si attachante, si attendrissante, qu’elle suscite immédiatement l’empathie. Le charme de ces personnages, leur chaleur et leur générosité vous redonneront à coup sûr foi en la nature humaine !

Et pour encore plus de plaisir, laissez-vous bercer par la playlist disponible en début d’ouvrage. Vous verrez, entre deux chapitres, vous vous surprendrez à fredonner !

Si on dansait… est un feel-good book pétillant, drôle et émouvant qui va ensoleiller votre vie comme le tube de l’été !

Je remercie les éditions XO de leur confiance.

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21 juin 2018

Mary SIMSES : L'irrésistible histoire du Café Myrtille

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Mary SIMSES, L'irésistible histoire du Café Myrtille.
432 pages.
Editions NiL (7 juin 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Ellen Branford, ravissante avocate new-yorkaise, se doit d'exaucer le voeu qu'a formulé sa grand-mère avant de mourir : retrouver son amour de jeunesse et lui remettre sa dernière lettre. Ellen part sur la route, pour s'arrêter à Beacon, petite ville côtière du Maine. Alors qu'elle explore les lieux, elle manque de se noyer – une mésaventure qui fait d'elle une célébrité locale et la pousse littéralement dans les bras d'un certain Roy. Et tandis qu'elle lève le voile sur le passé de sa grand-mère et qu'elle poursuit sa quête, Ellen comprend qu'elle n'aura pas assez d'un séjour de vingt-quatre heures. Mais lorsque son fiancé vient jusqu'à Beacon à sa rescousse, la jeune femme doit repenser la vie qu'elle veut vraiment avoir...

Une irrésistible comédie romantique qui prône les plaisirs d'une vie simple.

MON AVIS :

Mary Simses a grandi à Darien dans le Connecticut et passé la plus grande partie de sa vie en Nouvelle-Angleterre. Elle a travaillé dans divers magazines, puis comme juriste d’entreprise. Durant toutes ces années, elle n’a jamais cessé d’écrire et a publié des nouvelles dans des magazines littéraires. Aujourd’hui, elle vit avec son mari et leur fille dans le sud de la Floride. Elle aime la photographie et les vieux classiques de jazz. Elle confectionne également de délicieux muffins aux myrtilles, autant de centres d’intérêt qu’elle partage avec l’héroïne de sa comédie romantique, actuellement en cours de traduction dans 15 pays.

L’irrésistible histoire du Café Myrtille est un feel-good book idéal pour les vacances et l’été. Grâce à une prose simple et délicate, Mary Simses met en avant les sentiments de ses personnages et rappelle aux lecteurs que les meilleures choses de la vie sont souvent les plus inattendues.

Même si j’ai parfois regretté que le Café Myrtille ne soit pas un élément un peu plus central du roman, j’ai passé un agréable moment avec Ellen, Roy et les autres. 

Certes, il s’agit d’une comédie romantique sans prétention, comme il en existe déjà beaucoup d’autres (je pense notamment à la série de La petite boulangerie de Jenny Colgan), et l’intrigue de Mary Simses ne révolutionne pas les codes du genre, mais les péripéties qui rythment son récit et les dialogues enlevés, tour à tour drôles et émouvants, en font une lecture idéale pour se détendre et tout oublier.

Je remercie les éditions NiL de leur confiance.

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16 juin 2018

R.J. ELLORY : Papillon de nuit

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R.J. ELLORY, Papillon de nuit.
512 pages.
Editions Le Livre de Poche (1 février 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Assassinat de Kennedy, guerre du Vietnam, luttes pour les droits civiques, Ku Klux Klan : c’est dans cette Amérique en crise des sixties que Daniel Ford a grandi. Et c’est là, en Caroline du Sud, qu’il a été accusé d’avoir tué Nathan Verney, son meilleur ami.

1982. Daniel est dans le couloir de la mort. Peu de temps avant son exécution, un prêtre vient recueillir ses dernières confessions. Bien vite, il apparaît que les choses sont loin d’être aussi simples qu’elles en ont l’air. Papillon ne nuit, premier roman publié de R. J. Ellory, nous emporte là où rodent la folie et le complot.

MON AVIS :

R. J. Ellory est né en 1965 en Angleterre. Après avoir connu l’orphelinat et la prison, il devient guitariste dans un groupe de rythm n'blues, avant de se tourner vers la photographie, puis l’écriture. Papillon de nuit est son premier roman publié en France. C’est un portrait saisissant, dur et troublant d’une Amérique qui se cherche, un récit fascinant qui entremêle le présent et le passé, sonde les émotions intimes et fouille les replis les plus nauséabonds de l’Histoire des États-Unis.

Assassinat de Kennedy, guerre du Vietnam, lutte pour les droits civiques, ségrégation, Ku Klux Klan, scandale du Watergate..., voilà le cadre que R.J. Ellory a choisi pour raconter l’histoire déchirante et réaliste de ce prisonnier dans le couloir de la mort. C’est dur, poignant, captivant, et lorsque Daniel revient sur son histoire d’amitié avec Nathan Verney, le lecteur est peu à peu gagné par l’émotion et le doute. Se peut-il que Daniel ait commis un meurtre fratricide à l’image de celui de Caïn ? A-t-il tué cet ami, ce frère avec qui il a tout partagé depuis leur rencontre sur les bords du lac Marion, à l’âge de six ans ? Bien vite, il apparaît que rien n’est vraiment très clair…

Entre règlements de compte, haine raciale, mensonges et corruption, Papillon de nuit aspire le lecteur dans les tréfonds d’une âme humaine que toute lueur d’espoir semble avoir déserté… Une intrigue magistrale et très engagée qui subjugue et tient le lecteur captif jusqu’à la dernière page.

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12 juin 2018

Caroline ERIKSSON : L'île des absents

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Caroline Eriksson, L'île des absents.
237 pages.
Editions Presses de la Cité (7 juin 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Rester à la surface des souvenirs, ou tomber dans l'abîme.

On l'appelle le Cauchemar. C'est un lac à l'eau noire et stagnante, quelque part en Suède, dont la légende raconte qu'il est maudit. Au milieu du Cauchemar, il y a un îlot. Sur cet îlot, Alex et la petite Smilla vont faire une promenade, tandis que Greta les attend dans la barque amarrée au rivage, puis s'endort. À son réveil, la nuit tombe et seuls retentissent au loin les cris lugubres des oiseaux aquatiques. L'homme et la fillette ont disparu. De retour dans le cottage que la petite famille occupe au village, Greta fouille chaque pièce et tente en vain de joindre Alex. En proie à la panique, elle décide de se rendre au commissariat. Seulement, sur place, un policier lui annonce qu'elle n'est pas mariée et n'a jamais eu d'enfants. Qui sont Alex et Smilla ?

Plébiscité par la critique et le public à sa parution en Suède, le thriller de Caroline Eriksson fait mugir les forêts du Nord et étourdit le lecteur à grand renfort de twists et de montée d'adrénaline. Mais c'est surtout la finesse de la construction psychologique et la réflexion documentée sur les traumas de l'enfance qui font de L'Île des absents un incontournable du genre.

MON AVIS :

Malheureusement pas adhéré au roman de Caroline Eriksson… Pourtant, dès les premières pages, le roman est addictif, prenant, l’histoire cruelle et machiavélique comme j’aime mais j’ai trouvé trop déroutant de devoir sans cesse naviguer dans les pensées dérangées du personnage principal.

Confusion mentale, troubles psychiques, ce sont finalement les seules « sensations fortes » auxquelles le lecteur a droit durant sa lecture. Il faudra beaucoup de patience pour reconstituer la personnalité troublée et confuse de Greta, arriver à comprendre ses névroses et je n’ai malheureusement pas l’étoffe d’un psychothérapeute ! Je me suis lassée et complètement désintéressée de son enfance traumatique, de son rapport compliqué à ses parents et de son histoire avec Alex, qui, soit dit en passant, s’est révélée finalement peu convaincante…

C’est dommage car il y avait matière à faire de ce récit amateur un thriller vraiment exceptionnel !

Je remercie les éditions Presses de la cité de leur confiance.

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