HISTOIRE DU SOIR

18 septembre 2019

Dany ROUSSON : Pour le sourire de Lenny

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Dany ROUSSON, Pour le bonheur de Lenny.
272 pages.
Editions Presses de la Cité (22 août 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

À Aigues-Mortes, le roman d'une improbable amitié entre un mystérieux vagabond, « Savate », et Lenny, neuf ans. Quand celui-ci est victime d'un tragique accident, Savate puise dans son passé et ses souvenirs pour redonner à l'enfant le goût de vivre...

Printemps 2003. Deux vagabonds, Titi et Savate, font halte à Aigues-Mortes, sur le littoral gardois. Dès son arrivée, Savate a l'étrange impression que cette cité médiévale va changer sa vie. En effet, de bonnes âmes tendent la main aux deux hommes : Pacôme, saunier, les héberge, et Marcellin, retraité, se démène pour leur trouver un emploi. Mais c'est au petit Lenny, amateur de skateboard et de défis, que s'attache Savate.

Entre le garçonnet malaimé par son père et le voyageur sans bagages, une intense amitié se noue. Au contact de l'enfant, le sévère Savate s'ouvre peu à peu. Puis son passé le rattrape... Quel douloureux secret cache celui dont tous ignorent le véritable nom ? Quelle lointaine tragédie l'empêche de connaître le bonheur ?

MON AVIS :

Dany Rousson habite dans le Languedoc-Roussillon. Passionnée de peinture et amoureuse de sa région, elle aime la décrire, y tisser des intrigues et créer des personnages plus vrais que nature. Son premier roman, Les genêts de Saint-Antonin, paru en 2014 aux éditions Les Nouveaux Auteurs, a remporté le Prix des Lectrices Femme Actuelle. L’auteure a également publié L’ensoleillée (Presses de la Cité, 2016 ; Pocket, 2017) et L’été retrouvé (Presses de la Cité, 2018).

Son nouveau roman, Pour le sourire de Lenny est disponible depuis le 22 août. C’est le récit d’une amitié improbable entre un mystérieux vagabond au passé douloureux et un petit garçon de neuf ans en manque d’affection.

Alors que rien ne les prédisposait à se rencontrer, Savate et Lenny vont vite devenir inséparables. Leur amitié défie les préjugés et les clivages sociaux. D’abord méfiants, les habitants de la petite cité médiévale d’Aigues-Mortes vont apprendre à apprécier ce voyageur sans bagages dont on ignore le nom… Mais lorsque survient un tragique accident, les secrets de Savate le rattrapent. Qu’a-t-il bien pu vivre de si douloureux pour s'infliger de vivre en marge de la société ? Quelle tragédie a-t-il vécu qui l’empêche de connaître le bonheur ?

Une fois encore, Dany Rousson signe un roman plein de tendresse et d’émotions. Ses personnages attachants invitent le lecteur à voir au-delà des apparences et des préjugés. Comme Pacôme, le saunier généreux, on n’a alors qu’une envie : tendre la main aux plus démunis et leur apporter un peu de réconfort et de chaleur humaine.

Peur de l’autre, xénophobie, rejet, exclusion sociale…, Dany Rousson n’aurait pas pu choisir de sujets plus actuels pour son récit ! Les personnages qu’elle a créés sont si profondément humains dans leurs comportements et leurs choix qu’on se sent immédiatement concernés leurs problèmes ! On comprend leurs doutes, leurs hésitations, on s’indigne de leur passé, des coups du sort et des blessures qu’ils ont reçus mais surtout on se réjouit de leurs rencontres inattendues, de leurs retrouvailles inespérées et des débuts un peu gauches et maladroits de leurs histoires d’amour et d’amitié !

Car, Dany Rousson n’a pas son pareil pour susciter l’empathie de ses lecteurs ! Sans jamais se montrer mièvre ni moralisatrice, elle dénonce les petites attitudes qui conduisent à isoler et déshumaniser ceux que la vie n’a pas épargnés. Mais surtout, elle montre qu’à force de bienveillance et de petites attentions toutes simples, il est toujours possible de retendre les liens qui s’étaient distendus.

Sous ses airs faussement simples, Pour le sourire de Lenny est un roman tendre et revigorant, sur la famille, les amis et les secondes chances de la vie. Bourré de tendresse et de bonne humeur, c’est le roman idéal pour se ressourcer, retrouver le sourire et la joie de vivre en cette fin d’été !

Je remercie les éditions Presses de la Cité de leur confiance ainsi que l’auteure pour sa charmante dédicace.

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15 septembre 2019

Adriana TRIGIANI : Très chère Valentine

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Adriana TRIGIANI, Très chère Valentine.
424 pages.
Editions Charleston (15 mai 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

New-York, 2007. De génération en génération, les Roncalli ont mis tout leur amour dans la confection d'exquises chaussures de mariage, façonnées dans les cuirs les plus tendres et les satins les plus chatoyants. Une passion qui a permis à la petite entreprise familiale de perdurer, en plein coeur d'un Manhattan envahi par les grandes enseignes. Aujourd'hui, c'est à Valentine qu'il revient de poursuivre cet héritage. Mais prise dans les tumultes de la vie new-yorkaise et son histoire d'amour compliquée avec un jeune chef cuisinier en vogue, l'inspiration lui manque. Et si un voyage en Italie sur les traces de son histoire familiale l'aidait à découvrir sa voix artistique ? Et peut-être beaucoup d'autres choses sur elle-même... Des rues encombrées de Manhattan aux verdoyantes collines toscanes, à la rencontre d'une jeune femme passionnée et inoubliable.

« Poignant, drôle, tendre et incandescent, très chère Valentine est un magnifique cadeau pour tous les fans d’Adriana Trigiani. » Boston Globe

MON AVIS :

Très chère Valentine est une touchante déclaration d’amour à l’Italie et à son art de vivre. Dans ce roman émouvant sur les sentiments, la famille et les choix qui nous façonnent, Adriana Trigiani invite la lectrice à un délicieux et sémillant voyage initiatique des rues encombrées de Manhattan aux verdoyantes collines toscanes.

Si la question de l’émancipation des femmes y est cruciale, si la vie de Valentine n’est finalement pas le conte de fée qu’elle espérait, on ne retiendra de ses désillusions et de ses guerres quotidiennes que les moments heureux que l’amour des siens et sa passion pour son travail lui procurent.

Véhiculant de très jolies et saines valeurs comme la sincérité, la simplicité et la convivialité, Très chère Valentine est un roman chaleureux et réconfortant qui accorde également une reconnaissance au travail bien fait, dans un monde de l’instantané qui ne valorise plus le concept du « fait main » et de l’excellence.

Un roman idéal pour se ressourcer et profiter des derniers jours de l’été !

Je remercie les éditions Charleston de leur confiance.

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11 septembre 2019

Yves JACOB : Le silence de Justine

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Yves JACOB, Le silence de Justine.
312 pages.
Editions Calmann-Lévy (24 avril 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Par une nuit de novembre 1872, sur les hauteurs de Rouen, Delphin Luce, un garçon de dix ans, et la jeune Justine Boulard sont sauvagement agressés, au retour de l’usine de tissage où ils sont employés. L’enfant périt dans cette attaque qui bouleverse la Normandie.
Lorsqu’elle recouvre la parole, Justine varie dans la description de son agresseur et la police multiplie les arrestations, aiguillonnée par la presse, les rumeurs, les dénonciations. Enfin, à la surprise générale, la jeune fille désigne un proche, père de famille jouissant d’une honorable réputation.

Faut-il la croire ? Confronté à la fragilité des témoignages, à l’ambiguïté des faits, aux silences de Justine qui réveillent les spectres de l’occupation prussienne récente, le juge d’instruction Julien Delavigne doit éclairer de bien sombres mystères. Avant de guider la justice vers un inattendu coupable…

MON AVIS :

Tout en dénouant les fils d’une authentique énigme judiciaire, Yves Jacob, récompensé notamment par le prix Guillaume-le-Conquérant et le prix du Roman populaire, brosse une passionnante peinture de la Normandie du XIXème siècle, entre ville et campagne, bourgeoisie distinguée et monde ouvrier.

L’auteur donne un éclairage très intéressant sur l’acte civique et le devoir citoyen des jurés d’assises, qui selon leur « intime conviction », sont chargés de rendre la justice.

Mais comment décide-t-on de la culpabilité de quelqu’un ? Comment choisit-on sa peine, sachant qu’au moment des faits décrits par Yves Jacob, la peine capitale était toujours en vigueur ?

Les questions de responsabilité et de l’angoisse du « pouvoir de juger » se posent alors. Elle forcent le lecteur à réfléchir au fait que la peine de mort est irréversible et le risque d’exécuter un innocent toujours présent…

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08 septembre 2019

Anne-Gaëlle HUON : Même les méchants rêvent d'amour

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Anne-Gaëlle HUON, Même les méchants rêvent d'amour.
368 pages.
Editions Albin Michel (3 avril 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Jeannine, 80 ans passés, a la mémoire qui s'effiloche. Les jours sont comptés avant que ses souvenirs plient bagage. Alors Jeannine fait des listes, toutes sortes de listes. Et surtout, elle consigne dans un carnet ce qu'elle n'a jamais osé raconter. L'histoire d'un secret, d'une rencontre, d'un mensonge. Elle se confie à Julia, sa petite-fille. Quand celle-ci la rejoint en Provence, elle découvre une maison de retraite très animée. Tandis que Jeannine semble déjà partie bien loin, le précieux carnet s'offre à Julia comme un cadeau du destin. Entourée d'une bande de joyeux pensionnaires, la jeune femme va tenter de faire la lumière sur les zones d'ombre du récit. Et lever le voile sur l'histoire d'amour bouleversante qui a marqué la vie de sa grand-mère. Et s'il n'était pas trop tard pour réécrire le passé ?

Après Le bonheur n'a pas de rides, Anne-Gaëlle Huon nous entraîne dans un récit lumineux sur le bonheur, la tendresse, le pardon. Et sur les hasards, parfois heureux, de la vie.

MON AVIS :

Anne-Gaëlle Huon a 34 ans, une passion pour les listes et une tendresse particulière pour les vieilles dames. Née à Toulon, son départ en famille à New York en 2014 lui donne l'occasion de se tourner vers l'écriture. Elle auto-publie son premier roman, Buzz !, puis un second, Le bonheur n'a pas de rides, qui met en scène Paulette, une vieille dame au caractère bien trempé. Le succès est immédiat. Plébiscité par les libraires et les blogueurs, le roman séduit près de 100 000 lecteurs avant sa sortie en poche en avril 2019. En 2019, elle rejoint Albin Michel et publie Même les méchants rêvent d'amour, inspirée par l'histoire de sa grand-mère.

Sa plume sensible et lumineuse met en scène avec brio les personnes âgées et leurs tourments. Chacun de ses romans a pour décor une France du terroir attachante et sublimée, teintée d'une nostalgie optimiste et bienveillante.

Si vous partagez vous aussi l’amour d’Anne-Gaëlle Huon pour les « anciens », si vous êtes convaincus par l’importance et les bienfaits de ces liens intergénérationnels, si vous cultivez le sens du partage et de la transmission, vous ne pourrez que tomber sous le charme délicieux de son roman ! Entre les excentricités des uns et les mesquineries des autres, Anne-Gaëlle Huon offre une galerie de portraits savoureux, truculents et authentiques. Vous verrez, sous sa plume, la vieillesse n’a rien de triste ! Et puis il y a Jeannine, 80 ans passés et la mémoire en déroute, qui consigne dans un précieux carnet ce qu’elle n’a jamais oser raconter…

Même les méchants rêvent d’amour est un roman sincère, tendre et régressif à la lecture duquel on retrouve, ému et heureux, les parfums, les saveurs et tous les souvenirs de son enfance ! Une véritable Madeleine de Proust !

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05 septembre 2019

Catherine BOISSEL : Les portes du bonheur

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Catherine BOISSEL, Les Portes du bonheur.
352 pages.
Editions Presses de la Cité (14 septembre 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

La Première Guerre mondiale racontée sous un angle inédit : le rôle primordial des chevaux sur le front, aux côtés des soldats. Une prise de conscience que vit Pauline, infirmière issue du monde rural, qui a quitté son village de Normandie et les siens parce qu’il lui semblait avoir tout perdu…  

Intense et volontaire. Telle est Pauline, dix-sept printemps, qui a hérité de son père l’amour de la terre et des bêtes. Dans ce village du Calvados, la Grande Guerre, comme partout, a mobilisé les hommes mais aussi les chevaux. Ainsi, Pompon, fier percheron avec lequel Pauline a grandi, est sur le front pour tirer les trains d’artillerie. Une déchirure pour la jeune fille. C’est aussi le cœur chaviré qu’elle revoit par hasard Henri, amour secret et impossible, la veille de son départ pour la Somme. Une lettre du jeune homme qui va décider de son destin…

En côtoyant au plus près la guerre et tout ce qu’elle pulvérise – l’espoir, les vies, les familles –, Pauline, enrôlée comme infirmière, peut-elle encore croire aux miracles ?

MON AVIS :

Catherine Boissel a grandi à Isigny-sur-Mer, dans le Calvados, au seuil des marais du Cotentin, où vit sa famille depuis de nombreuses générations. Elle conserve un souvenir émerveillé de son enfance insouciante et libre au cœur de ce paysage sauvage et grandiose. Ingénieur d'études, elle travaille à l'Université Caen-Normandie (ESPE). Écrire des œuvres de fiction est resté pour elle un rêve pendant de nombreuses années. D'abord spécialisée en littérature jeunesse, elle a rédigé des articles dans des revues professionnelles destinées aux enseignants, ainsi qu'un essai consacré aux contes traditionnels. Alors qu'elle n'y comptait plus, au milieu des années 2000, un château fort en ruine au cœur des marais de Carentan lui souffle sa première nouvelle de fiction. Celle-ci est d'abord publiée dans un magazine, puis en recueil avec six autres textes. Suivent alors trois romans réunissant ses trois grandes passions : les marais du Cotentin, les chevaux et le Moyen Age.

Dans Les Portes du bonheur, si on retrouve les marais et les chevaux, elle aborde une époque plus proche de nous qui, pour des raisons familiales, lui tient beaucoup à cœur : la Première Guerre mondiale. Même si le thème des chevaux n’apparaît qu’en filigrane, l’histoire de Catherine Boissel fait partie de celles qui brisent le cœur et serrent la gorge. L’auteure a su rendre un hommage vibrant aux infirmières et médecins pendant la Première Guerre mondiale. Son récit fascinant rend parfaitement compte des difficultés de la médecine et des conditions horribles dans lesquelles les soldats tout comme les civils ont dû vivre.

Mais les âmes sensibles seront prévenues que Catherine Boissel n’hésite pas à étoffer son récit de scènes éprouvantes, parfois difficilement soutenables pour le lecteur. Aux côtés de Pauline et Henri, on découvre les horreurs endurées par les combattants, les membres à amputer, les visages défigurés et les maladies qui accompagnent les temps de guerre. De la boucherie des Éparges dans la Meuse au tristement célèbre Chemin des Dames dans l’Aine, Catherine Boissel raconte la guerre, la vie dans les tranchées, l’épuisement des hommes et ces milliers de vies fauchées pour rien…

Pourtant, malgré l’immense sentiment de gâchis et d’incompréhension, on ne peut s’empêcher d’espérer un avenir meilleur pour Pauline, de conserver, malgré cette guerre indifférente et absurde qui broie et détruit tout sur son passage, une infime mais tenace lueur d’espoir. Car finalement, ce qu’il faut retenir de cette poignante histoire, c’est que la vie finit toujours par reprendre ses droits…

Les portes du bonheur est un témoignage bouleversant de l’horreur et des atrocités commises pendant la Première Guerre mondiale autant qu’un vibrant hommage à toutes celles et ceux qui sont morts dans des conditions épouvantables.

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31 août 2019

David FOENKINOS : Deux sœurs

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David FOENKINOS, Deux sœurs.
176 pages.
Editions Gallimard (21 février 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Du jour au lendemain, Etienne décide de quitter Mathilde, et l'univers de la jeune femme s'effondre. Comment ne pas sombrer devant ce vide aussi soudain qu'inacceptable ? Quel avenir composer avec le fantôme d'un amour disparu ? Dévastée, Mathilde est recueillie par sa soeur Agathe dans le petit appartement qu'elle occupe avec son mari Frédéric et leur fille Lili. De nouveaux liens se tissent progressivement au sein de ce huis clos familial, où chacun peine de plus en plus à trouver un équilibre. Il suffira d'un rien pour que tout bascule...

MON AVIS :

Dans ce court roman, David Foenkinos dresse le portrait d’une femme aux prises avec les tourments de l’abandon. Mathilde révèle peu à peu une nouvelle personnalité, glaçante, inattendue. Deux sœurs, c’est la restitution précise d’une passion amoureuse et de ses dérives.

Même si la peine d’amour n’est pas un sujet qu’on peut qualifier de nouveau, on ne peut que dévorer l’histoire, à la fois banale et tragique, de Mathilde, cette femme terrassée par une rupture amoureuse inattendue. On ne peut qu’assister, impuissant, à son humiliation, sa dévastation et sa souffrance qui, peu à peu, vont la propulser dans une violence extrême…

« Je dois me reconstruire, oui, car je suis détruite. »

Jusqu'où peut aller une femme trahie après avoir cru au bonheur ?

C’est tout le propos de ce suspense psychologique vertigineux, qui s’inscrit, un peu, comme une version noire de La délicatesse. Un voyage au cœur du deuil amoureux très déroutant !    

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26 août 2019

Amélie ANTOINE : Raisons obscures

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Amélie ANTOINE, Raisons obscures.
381 pages.
Editions XO (7 mars 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Deux familles ordinaires à l'heure de la rentrée scolaire. Deux familles où chacun masque et tait les problèmes pour ne pas inquiéter les autres. Chez les Kessler, la mère a retrouvé son premier amour. Chez les Mariani, le père est mis à l'écart dans son entreprise.

Deux familles où règnent les secrets. Où, sans que personne ne s'en aperçoive, un enfant est progressivement démoli par un autre. Harcelé, rabaissé, moqué au quotidien. Détruit dans le silence et l'aveuglement le plus complet.

Deux familles où, en apparence, tout va bien. Jusqu'à ce que tout déraille... Pour des raisons obscures.

Un roman sur les non-dits, les faux-semblants, et ce regard que, parfois, l'on ne sait plus toujours porter autour de soi.

Une chronique implacable sur le harcèlement, le silence des victimes, la cécité des proches, servie par une écriture puissante et cinématographique.

MON AVIS :

Amélie Antoine est née en 1984, ce qui en fait encore d’elle, d’après son éditeur, une « jeune trentenaire ». Elle vit à Lille avec sa famille. Après un récit autobiographique, Combien de temps, publié en 2011, elle se lance dans la fiction et publie en mars 2015 son premier roman Fidèle au poste. Ce texte connaît très vite un vif succès, et parvient à séduire plus de 25.000 lecteurs en autoédition, avant d’être repéré par les éditions Michel Lafon et de sortir en librairie en mars 2016, puis dans les pays anglophones en août 2016. Depuis, ce sont plus de 250.000 lecteurs qui ont été conquis par ce thriller psychologique ! Une adaptation au cinéma est d’ailleurs en cours de réalisation.

Pour ma part, après Les secrets, c’est le deuxième roman que je lis de cette auteure et une fois encore, c’est une intrigue brillante, savamment construite, qui vient confirmer le talent d’Amélie Antoine et l’inscrire parmi les meilleurs auteurs de suspense psychologique.

Difficile d’en dire davantage sans gâcher le plaisir de la lecture ! Sachez seulement que Raisons obscures est un roman sombre, sans échappatoire mais profondément émouvant et sincère.

Méticuleusement tissée et orchestrée de bout en bout, c’est une chronique effroyable autant qu’implacable sur le harcèlement et le silence des victimes, sur les non-dits et les faux- semblants, sur les apparences, sur l’aveuglement des proches et sur tous ces petits détails qui auraient dû alerter et à côté desquels on est passé… Vous en aurez froid dans le dos !

En tant que parent, forcément, l'histoire d'Amélie Antoine interpelle et fait réfléchir : auriez-vous su détecter le mal-être de votre enfant ? Auriez-vous su éviter que, pour des raisons obscures, le pire se produise ? Et d'ailleurs, êtes-vous bien certain de connaitre vraiment votre enfant ? Rien n'est moins sûr...

Raisons obscures est un thriller psychologique effrayant vous hantera bien longtemps après que vous aurez tourné la dernière page !

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23 août 2019

Annie DEGROOTE : Renelde, fille des Flandres

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Annie DEGROOTE, Renelde, fille des Flandres.
672 pages (tome double comprenant La kermesse du diable et Le coeur en Flandres).
Edtions Presses de la Cité (5 mars 2009).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Au XVIIe siècle, la vie en Flandres et ses traditions à travers l'existence tumultueuse d'une jeune dentellière flamande, généreuse et volontaire.

Au XVIIe siècle, de l'effervescence lilloise jusqu'au cœur des Flandres, l'existence tumultueuse d'une dentellière qui lutte pour sa liberté. Lille. 1659. Renelde Van Eyck est la fille d'un brasseur réputé. Après le couvent et une descente aux enfers auprès d'un mari qui la répugne, elle crée une « Chambre de dentelle » pour orphelines, véritable havre de paix. Mais son chemin croise celui de l'étrange monsieur Grégoire, soupçonné d'hérésie. Alors que les troupes de Louis XIV assiègent Lille, que la peste et la peur de Satan font des ravages, commence une chasse aux sorcières pour Renelde et Grégoire, contraints de fuir vers une terre de tolérance...

MON AVIS :

D'ouvrage en ouvrage, Annie Degroote est devenue une auteure et une personnalité du Nord de premier plan. Originaire des Flandres, elle a notamment publié aux Presses de la Cité Un palais dans les dunes, La Splendeur des Vaneyck et Nocturne pour Stanislas, hommages à l'histoire et aux traditions des Flandres et du Nord. Plusieurs de ses romans ont été couronnés par des prix littéraires.

Après La kermesse du diable, premier roman de l’auteure à avoir été publié aux éditions Presses de la Cité en 1993 et réédité au début de l’année 2019, il me tardait de lire Le cœur en Flandre, dernier volet du dyptique consacré à Renelde, fille des Flandres, dans lequel Annie Degroote décrit la vie en Flandres et ses traditions au XVIIème siècle.

De l’effervescence lilloise jusqu’au cœur des Flandres, des canaux d’Amsterdam à la cour de Versailles, cette suite passionnante pose un point final sur l’existence tumultueuse d’une jeune dentellière généreuse et volontaire, farouchement attachée à sa liberté et son indépendance. Mais en cette fin de siècle absolutiste, tandis que la révocation de l’édit de Nantes et les persécutions forcent des milliers de protestants à l’exil, Renelde parviendra-t-elle à triompher de l’intolérance qui l’entoure ?

Parfaitement documenté, riche en événements et coups de théâtre, on sent dans ce roman historique foisonnant tout l’attachement d’Annie Degroote pour l’histoire et les traditions de sa région. Dans ce décor toujours rigoureusement planté, se conjuguent aussi quelques uns des thèmes de prédilection de l’auteure, comme la quête d’identité, la tolérance, l’exil et les rencontres, parfois déterminantes d’une vie…

C’est un bien bel hommage aux « gens du nord », doublé d’un passionnant voyage dans le temps qu’Annie Degroote offre à ses lecteurs. On ne regrette pas un seul instant le chemin parcouru aux côtés de Renelde, Marguerite et les autres !

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20 août 2019

Julia CHAPMAN : Les détective du Yorkshire, tome 1 : Rendez-vous avec le crime

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Julia CHAPMAN, Les détectives du Yorkshire, tome 1 : Rendez-vous avec le crime.
408 pages.
Editions Robert Laffont/ La Bête Noire (12 avril 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

La mort est aveugle.

Quand Samson O'Brien débarque sur sa moto rouge à Bruncliffe, dans le Yorkshire, pour y ouvrir son agence de détective privé, la plupart des habitants voient son arrivée d'un très mauvais oeil. De son côté, Delilah Metcalfe, génie de l'informatique au caractère bien trempé, tente de sauver de la faillite son site de rencontres amoureuses. Pour cela, elle décide de louer le rez-de-chaussée de ses locaux. Quelle n'est pas sa surprise quand son nouveau locataire se révèle être Samson – et qu'elle découvre que son entreprise porte les mêmes initiales que la sienne !

Les choses prennent un tour inattendu lorsque Samson met au jour une série de morts suspectes dont la piste le mène tout droit... à l'agence de rencontres de Delilah !

Premier volet d'une série so british, Rendez-vous avec le crime est un polar drôle, plein de charme et au casting haut en couleur.

« Le roman de Julia Chapman se place directement en tête de liste des cosy mysteries ! » Kirkus Reviews

MON AVIS :

Si vous êtes las de l’humour vache et des excentricités d’Agatha Raisin, essayez donc la série best-seller de Julia Chapman ! Amour, humour, mystère, ce cosy mystery-là ne vous décevra pas ! C’est idéal pour chasser le blues et le stress de la rentrée !

Dans le sillage des romans d’Agatha Christie, vous ne pourrez que savourer l’enquête complexe, prenante et fouillée de ce duo de détectives amateurs à l’humour très british !

Quatre tomes des enquêtes des détectives du Yorshire sont d’ores et déjà disponibles et un cinquième à paraître le 21 novembre. Voilà qui promet des tea-time d’automne bien corsés !

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16 août 2019

Tamara McKINLEY : Les fleurs du repentir

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Tamara McKINLEY, Les fleurs du repentir.
416 pages.
Editions L'Archipel (10 mai 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Cela fait longtemps que Claire a quitté les terres hostiles et désolées du domaine où elle a grandi pour poursuivre ses études et sa carrière de vétérinaire à Sydney.

Lorsque lui parvient l'invitation de sa grand-tante Aurelia la conviant à une réunion de famille, Claire est ramenée à son passé, elle qui était partir après une violente dispute avec les siens...
Bien qu'à contrecœur, elle rejoint l'Outback australien. Mais comment va réagir sa mère, Ellie, qu'elle n'a pas revue depuis cinq ans ? Et Leanne, sa sœur, lui battra-t-elle toujours froid ?

En renouant avec ce passé, ce sont autant de rancœurs qui remontent à la surface, mais aussi des secrets qui ressurgissent...

Comme à son habitude, Tamara McKinley brosse le portrait de femmes courageuses. Trois générations de femmes, qui chacune à sa manière a dû lutter contre l'adversité pour gagner son indépendance.

MON AVIS :

Née à Launceston en Tasmanie, Tamara McKinley émigre en Grande-Bretagne, alors qu’elle n’est encore qu’une enfant. Elle a signé nombre de sagas à succès et se sert des paysages grandioses de l’Australie sauvage pour raconter le destin de femmes courageuses, luttant pour gagner leur indépendance.

Les fleurs du repentir ne font pas exception, Tamara McKinley signe une nouvelle saga australienne qui tient en haleine et s’inscrit tout à fait dans la lignée de La dernière valse de Mathilda. On y retrouve toujours cette même atmosphère envoûtante, des personnages forts et des secrets enfouis qui ne demandent qu’à remonter à la surface…

Cependant, en dépit de l’histoire poignante, de ces destins brisés, des désillusions et de ces amours contrariées par le cours de l’Histoire, il faut reconnaître que cette fois, l’auteure a eu plus de mal à convaincre.

Son intrigue, pleine de mystères et de secrets, mêle pourtant suspense et aventure mais si certains aspects du roman sont captivants, d’autres sont en revanche totalement insipides (voire inutiles). À de nombreuses reprises, l’auteure s’égare notamment en précisions botaniques sans aucun intérêt pour son intrigue qui perd ainsi une grande partie de son charme et de son attrait ! C’est dommage, quand on sait que Tamara McKinley excelle généralement à décrire l’outback australien et ses paysages grandioses !

S’agit-il d’une baisse de forme ? Peut-être. Toujours est-il que le lecteur devra longtemps ronger son frein avant d’en apprendre finalement un peu plus de l’histoire de Claire et de sa famille… C’est forcément décevant, surtout que la construction -relativement décousue- du roman autant que sa traduction -parfois approximative- pêchent tout autant que son manque de rythme ! Tamara McKinley nous avait décidément habitués à bien mieux !

Les fleurs du repentir est un roman inégal et laborieux qui réussit, malgré tout, à procurer évasion et divertissement. Un roman de vacances à lire d’un œil, surtout pour l’atmosphère et les descriptions de l’Australie et de ses grands espaces. N’en attendez pas trop quand même…

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