HISTOIRE DU SOIR

06 décembre 2016

Glenn BECK : Un Noël de rêve

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Glenn BECK, Un Noël de rêve.
190 pages.
Editions Pocket (4 novembre 2010).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Noël approche. Avec son lot d'étoiles dans les yeux, d'odeurs de pancakes... Cette année, Eddie l'aura son vélo rouge. Il y croit dur comme fer. Même si la chasse aux cadeaux n'a rien donné, les jours précédents. Même si sa mère, qui l'élève seule, peine à joindre les deux bouts. Il n'a pas la vie facile, Eddie. Ce vélo, il l'a bien mérité. Ce vélo qu'il n'aura pas... A la place, sous le sapin, trône un pull-over moche, tricoté à la main. On est capricieux à 12 ans. Egoïste. Destructeur. Il faudra au jeune adolescent l'expérience d'une nuit cauchemardesque, interminable, pour redécouvrir l'amour de sa famille, cette joie qui sauve de tout. La véritable magie de Noël...

MON AVIS :

Né le 10 février 1964 à Everett dans l'État de Washington, Glenn Beck est animateur de radio et commentateur sur la chaîne de télévision américaine conservatrice Fox News. Un Noël de rêve est son premier roman et c'est un joli conte de Noël, dramatique mais pour le moins charmant, qui décrit le parcours initiatique d'Eddie, un jeune garçon de douze ans en perte totale de repères.

Parce qu'il n'a pas trouvé au pied du sapin le vélo rouge qu'il espérait tant recevoir, Eddie en veut à la terre entière. À sa mère, d'abord, qui l'élève seule et peine à joindre les deux bouts, ainsi qu'à ses grands-parents généreux et dévoués, sur qui Eddie peut pourtant toujours compter... Mais à douze ans, on est ainsi ! Capricieux et égoïste, Eddie ne comprend pas à quel point son comportement est destructeur envers ceux qui l'aiment et le soutiennent. Il lui faudra l'expérience cauchemardesques d'une terrible et interminable nuit pour que le jeune adolescent redécouvre les vraies valeurs, celles du cœur et l'amour de sa famille...

Ainsi résumé, le récit de Glenn Beck est tout à fait conforme à l'esprit de Noël tel qu'on s'attend à le trouver dans un conte de ce genre. Même si son intrigue est classique et pleine de bon sentiments, l'auteur arrive, malgré tout, à sortir des sentiers battus et à créer la surprise.

Totalement absorbé par l'histoire douce-amère d'Eddie, le lecteur ne doute pas un seul instant que ce jeune garçon à la vie déjà bien cabossée, doive encore endurer des événements aussi pénibles et tragiques ! Pourtant, Eddie va bel et bien vivre un Noël inoubliable, un Noël pas comme les autres dont il sortira grandi et complètement transformé...

«Tu vas devoir comprendre que rien n'arrive par hasard. C'est à toi d'en trouver les raisons, d'en tirer les leçons, et de les laisser te guider là où tu es censé aller.»

Grâce à l'amour de ses proches, leur sens du partage, leur courage et leur soutien indéfectible dans les pires moments, Eddie va petit à petit reprendre son bonheur en main et comprendre que Noël, finalement, c'est avant tout donner avant de recevoir...

«La plupart du temps, on est tellement focalisés sur ce qu'on croit vouloir qu'on ne voit pas à quel point on est déjà heureux.»

Un Noël de rêve est un conte inattendu, une très jolie et émouvante histoire qui prône de belles valeurs et qui redéfinit, surtout, le véritable sens et la vraie richesse de la fête de Noël ! Les nostalgiques de la série Les routes du paradis vont adorer ! 

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05 décembre 2016

Tatiana de ROSNAY : Elle s'appelait Sarah

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Tatiana de ROSNAY, Elle s'appelait Sarah.
416 pages.
Editions Le Livre de Poche (22 septembre 2010).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Paris, juillet 1942 : Sarah, une fillette de dix ans qui porte l'étoile jaune, est arrêtée avec ses parents par la police française, au milieu de la nuit.

Paniquée, elle met son petit frère à l'abri en lui promettant de revenir le libérer dès que possible. Paris, mai 2002 : Julia Jarmond, une journaliste américaine mariée à un Français, doit couvrir la commémoration de la rafle du Vél d'Hiv. Soixante ans après, son chemin va croiser celui de Sarah, et sa vie va changer à jamais. Elle s'appelait Sarah, c'est l'histoire de deux familles que lie un terrible secret, c'est aussi l'évocation d'une des pages les plus sombres de l'Occupation.

MON AVIS :

Tatiana de Rosnay, selon le palmarès du Figaro, était en 2011 l'un des cinq auteurs français les plus lus dans l'Hexagone (avec plus de 500.000 exemplaires vendus tous titres confondus). D'après Bookseller (l'équivalent anglais de Livres Hebdo), elle a été en 2009 et 2010 l'auteur français le plus lu en Europe.

Gigantesque succès à l'étranger, Elle s'appelait Sarah a été traduit à ce jour en 42 langues et vendu à plus de 6 millions d'exemplaires. Le roman a atteint un score historique aux Pays-Bas, où il s'est vendu à plus d'un million et demi d'exemplaires (dans un pays qui compte 16 millions d'habitants), et en Norvège, où il a figuré des semaines sur les listes des meilleures ventes. En Allemagne, son éditeur la compare à Anna Gavalda, Katherine Pancol ou Muriel Barbery. Tatiana de Rosnay est l'auteur français le plus lu aux États-Unis actuellement, avec plus de trois millions d'exemplaires vendus d'Elle s'appelait Sarah et 153 semaines de présence sur la liste du palmarès du New York Times.

Devant un tel succès, on peut véritablement parler d'un phénomène Tatiana de Rosnay. Il nous paraît donc tout à fait superflu de publier une énième chronique dithyrambique de ce roman poignant, devenu, depuis sa sortie en 2007, un incontournable de la littérature contemporaine.

On retiendra seulement l'émotion qui submerge le lecteur au fil des pages. Tout en évoquant l'épisode douloureux du Vel d'Hiv, Tatiana de Rosnay dévoile un bouleversant mystère familial. La vérité issue du passé a parfois des répercussions dans le présent, le terrible secret qui lie la vie de Julia et de ses proches fait partie de ceux qui bouleversent à tout jamais...

Elle s'appelait Sarah est un roman choc, indispensable, sur la culpabilité et le devoir de mémoire. Ce livre, qui s'est naturellement imposé comme un classique de la littérature contemporaine, se lit la gorge nouée d'émotion et les yeux embués de larmes... Magnifique !

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30 novembre 2016

Kent HARUF : Nos âmes la nuit

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Kent HARUF, Nos âmes la nuit.
180 pages.
Editions Robert Laffont (1er septembre 2016).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Dans la petite ville de Holt, Colorado, dans une Amérique profonde et isolée, Addie, une septuagénaire, veuve depuis des décennies, fait une étrange proposition à son voisin, Louis, également veuf : voudrait-il bien passer de temps à autre la nuit avec elle, simplement pour parler, pour se tenir compagnie ? La solitude est parfois si dure... Bravant les cancans, Louis se rend donc régulièrement chez Addie. Ainsi commence une très belle histoire d'amour, lente et paisible, faite de confidences chuchotées dans la nuit, de mots de réconfort et d'encouragement. Une nouvelle jeunesse apaisée, toute teintée du bonheur de vieillir ensemble. Mais voilà, les choses ne vont pas se passer si simplement, les cancans vont bon train, et les familles s'en mêlent... Que va-t-il advenir de cette bulle de douceur si précieuse qu'Addie et Louis avaient réussi à construire ?

MON AVIS :

Kent Haruf (1943-2014), né dans le Colorado, est l'auteur de nombreux romans. Le succès est arrivé en 1999 avec Le Chant des plaines, acclamé par la critique, plébiscité par les lecteurs du monde entier et lauréat de nombreux prix littéraires. En France, les Éditions Robert Laffont ont aussi publié Colorado Blues et Les Gens de Holt Country. Kent Haruf est mort en 2014, quelques mois avant la parution de Nos âmes la nuit.

Dans un joli petit quartier résidentiel de Holt vivent Addie et Louis, deux septuagénaires veufs depuis de nombreuses années. Afin de meubler leur solitude et de retrouver un peu de compagnie, Addie propose un soir à son voisin Louis de passer la nuit avec elle. Ils ne se connaissent pas très bien mais qu'à cela ne tienne ! Louis accepte la proposition embarrassante de sa voisine, d'autant que celle-ci est encore une belle femme !

«Non, il ne s'agit pas de sexe. Ce n'est pas comme ça que je vois la chose. Jecrois que j'ai perdu tout élan sexuel il y a longtemps. Je parle de passer le cap des nuits. Et d'être allongés au chaud sous les draps, de manière complice. D'être allongés sous les draps ensemble et que vous restiez la nuit. Le pire, ce sont les nuits. Vous ne trouvez pas ?»

Après une première nuit et une période d'approche un peu gênées, commence alors une très belle histoire d'amour, lente, paisible, toute faite de confidences chuchotées dans la nuit, de tendresse et de mots de réconfort. Petit à petit, Addie et Louis apprennent à se connaître. Ils troquent leur quotidien fait de solitude et d'isolement pour une bulle de douceur qui leur deviendra vite indispensable...

«J'aime ces moments ensemble. Être ici au cœur de la nuit. Discuter. T'entendre respirer à côté de moi si je me réveille.»

Dans une langue toute en délicatesse et en émotions retenues, Kent Haruf raconte l'histoire d'Addie et Louis, leur harmonie toute neuve et leur bonheur de vieillir ensemble. Il met l'accent sur une succession de petits moments tout simples, comme des balades main dans la main, une excursion dans les montagnes, ou encore une baignade dans le lit d'une petite rivière... C'est tendre, c'est beau, c'est pur, comme l'affection que se portent Addie et Louis...

Parce qu'il s'aiment sur le tard, qu'ils ont tous deux déjà connu des blessures qui ne cicatrisent jamais et souffert de la perte de leurs conjoints respectifs, l'histoire d'amour d'Addie et Louis apparaît d'emblée comme sincère et touchante aux yeux du lecteur. Addie et Louis ne s'embarrassent ni de mensonges ni de compromis pour assouvir leur besoin d'amour et de tendresse et faire valoir leur droit à l'intimité. C'est au grand jour qu'ils vivent leur amour, sans se soucier du «qu'en dira-t-on» ni des cancans que leur histoire ne manquent pas de susciter.

Car, en dévoilant une relation amoureuse qui transgresse toutes les convenances, ils s'exposent non seulement aux remarques, parfois vives, de leur entourage mais surtout à l'incompréhension et au rejet de leurs proches, bien décidés à faire cesser cette proximité malsaine qui va à l'encontre de la bienséance et ne peut que nuire à la réputation de la famille ! Jusqu'ici, Addie et Louis se sentaient libres, désormais les choses risquent d'être un peu plus compliquées que prévu !

Nos âmes la nuit est un joli roman qui raconte l'ultime chance d'aimer d'un couple qui tente de résister à toutes les bassesses et les petites mesquineries ! Une merveille de sensibilité !

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28 novembre 2016

Marie-Aude MURAIL : Sauveur & Fils, saison 1

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Marie-Aude MURAIL, Sauveur & Fils, saison 1.
329 pages.
Editions L'École des Loisirs (13 avril 2016).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois sœurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme… Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien. Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage ? Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ?

MON AVIS :

Après de longues études de Lettres à la Sorbonne, Marie-Aude Murail se consacre désormais à ses livres et à sa famille ! Elle a reçu en 2004, l'insigne de chevalier de la Légion d'Honneur pour services rendus à la littérature et s'est, dernièrement, farouchement mobilisée pour la défense des enfants de réfugiés sans papiers.

Avec le premier opus de Sauveur & Fils, Marie-Aude Murail signe un roman cocasse au charme indéniable, qui explore toutes les composantes de la psyché humaine et passe au crible quelques uns des tabous les plus tenaces de notre société. Racisme, homophobie, deuil, divorce, filiation et quête d'identité, voilà quelques uns des sujets que Marie-Aude Murail aborde et décrypte avec beaucoup d'humour et de sensibilité dans son roman à destination des adolescents à partir de 13 ans.

Si Sauveur & Fils a autant enthousiasmé les lecteurs, petits comme grands, c'est précisément parce que Marie-Aude Murail sait s'y prendre pour parler de tout, briser les tabous et aborder, en toute simplicité, des sujets difficiles tels que l'automutilation, l'énurésie, le suicide ou encore la folie. Le mal-être, la souffrance et la détresse de ses personnages ordinaires suscitent une telle émotion qu'on ne peut que ressentir une profonde empathie à leur égard et l'envie de leur ouvrir grand les bras et le cœur !

Leurs failles et leurs faiblesses les rendent si humains qu'on ne peut que les trouver sympathiques, touchants et attachants ! Pourtant, leurs problèmes psychologiques sont gratinés ! On peut parfois se demander comment Sauveur fait pour conserver sa propre santé mentale ! C'est une drôle de faune bigarrée dont il recueille jour après jour les confidences ! Mais si Marie-Aude Murail n'hésite pas à se moquer gentiment des adultes et de leur ignorance sur certains sujets, c'est avant tout pour dédramatiser et mieux tordre le cou aux préjugés ! Son roman, c'est finalement un beau plaidoyer pour la tolérance et le droit à la différence !

Dans ce roman surprenant, où chaque page amène son flot d'émotion, Marie-Aude Murail fait passer le lecteur du rire aux larmes. Une petite note d'espoir par-ci, un bon mot par-là et le lecteur éclate de rire face à l'incongruité de certaines situations ! Tout en traitant avec pudeur et réalisme des sujets les plus délicats, elle fait comprendre à tous, petits et grands, qu'il est toujours possible de retrouver le bonheur malgré les épreuves de la vie !

Sauveur & Fils est un petit bijou de tendresse, d'humour et de dérision dont on sort ému et attendri, le cœur léger et le sourire aux lèvres ! On se réjouit déjà de retrouver le «Docteur Sauveur» et ses patients dans d'autres péripéties ! 

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26 novembre 2016

Valentin MUSSO : Les cendres froides

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Valentin MUSSO, Les cendres froides.
343 pages.
Editions Points (18 mai 2012).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Dix jeunes femmes enceintes, grandes et blondes, sourient à la caméra. Elles attendent les enfants illégitimes de la guerre, conçus avec un officier allemand. Aurélien découvre ce film lors du décès de son grand-père médecin, qui y apparaît. Quand le jeune prof cherche à en savoir plus, il reçoit aussitôt des menaces. Et une octogénaire est tuée chez elle, tout près de la maison dudit grand-père...

MON AVIS :

Né en 1977, Valentin Musso est agrégé de lettres et enseigne la littérature dans les Alpes-Maritimes. Il est l'auteur de plusieurs romans, dont Le murmure de l'ogre, qui a remporté le Prix Sang d'encre des lycéens et Prix du polar historique

Le talent de Valentin Musso a été repéré par Points, Gérard Collard (La Griffe Noire) ainsi que de nombreux journalistes et spécialistes du genre. Plébiscité par un comité de lecture grand public, Les cendres froides, son deuxième roman, est un thriller captivant dont on ne décroche pas une fois commencé.

Entremêlant habilement les époques, Valentin Musso se faufile entre dans les mailles de l'Histoire et prouve à ses lecteurs qu'il ne fait pas toujours bon déterrer les secrets et fouiller dans le passé de sa propre famille...

Intrigue captivante, personnages crédibles, sens du suspense et détail du souci historique, on prend vraiment plaisir à s'immerger dans le passé stupéfiant et l'histoire glaçante de Henri Cochet ! A-t-il, comme le laisse supposer le film retrouvé par son petit-fils et qui le montre aux côtés d'un SS, un passé honteux de collabo ? A-t-il réellement pris part au programme eugéniste de l'Allemagne nazie ? Quelles étaient ses activités et ses motivations pendant la seconde Guerre mondiale ?

«Je me rendais compte, avec une acuité nouvelle, que je ne savais presque rien de mon grand-père, de sa vie d'avant notre naissance du moins. Nous n'avions jamais parlé de la Seconde Guerre Mondiale chez nous. J'ignore comment les choses se passent dans les autres familles : le silence est-il la réponse la plus fréquente aux questions de ceux qui n'ont pas connu cette période ? Dissimule-t-il par pudeur des actions héroïques ou par honte des lâchetés ? Je savais simplement que mon grand-père possédait une carte de Combattant volontaire de la Résistance. Mais je savais aussi que ces cartes avaient été distribuées jusque dans les années quatre-vingts, à une époque si éloignée des événements que ces attestations étaient pour le moins sujettes à caution. Un simple bout de papier ne suffirait pas à annihiler ce que je venais de voir.»

Pour comprendre, Aurélien va devoir élucider un à un les mystères qui entourent le la vie de son grand-père et affronter les souvenirs d'un passé familial des plus troubles. Même ceux qui dissimulent une vérité qu’il aurait peut-être été préférable de ne jamais mettre à jour…

Secrets inquiétants, non-dits, menaces, agressions..., Valentin Musso entraîne des personnages en apparence ordinaires, dans des spirales et des pièges qui révèlent la complexité profonde de leur personnalité. Qu'y a-t-il vraiment sous la surface des êtres et des choses, c'est tout le propos de ce thriller addictif, qui agrippe le lecteur dès la première page ! Brillant !

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22 novembre 2016

Laurent GAUDÉ : Le soleil des Scorta

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Laurent GAUDÉ, Le soleil des Scorta.
248 pages.
Editions J'ai Lu (7 spetembre 2013).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

La lignée des Scorta est née d'un viol et du péché. Maudite, méprisée, cette famille est guettée par la folie et la pauvreté. A Montepuccio, dans le sud de l'Italie, seul l'éclat de l'argent peut éclipser l'indignité d'une telle naissance. C'est en accédant à l'aisance matérielle que les Scorta pensent éloigner d'eux l'opprobre. Mais si le jugement des hommes finit par ne plus les atteindre, le destin, lui, peut encore les rattraper.

MON AVIS :

Avec Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé signe un roman dépaysant, sensible et captivant, dans lequel le soleil tape fort et ne laisse aucun repos aux hommes.

Sobre et imagé, son récit est servi par une langue âpre, où l'on sent la fatigue des uns et la pauvreté des autres. L'auteur y décrit magnifiquement les paysages rudes de l'Italie du Sud et dresse des portraits plus vrais que nature, de petites gens simples, de villageois attachés à leur terre aride et ingrate. Il raconte leurs mentalités, leurs croyances teintées de mysticisme et de superstitions, leurs espoirs souvent déçus et toute cette vie qui passe, lentement, autour de l'église et de son curé tout-puissant qui sermonne et fustige.

L'amour, la mort, l'exil, l'orgueil, la misère, la haine, la violence et toute la force de caractère des personnages font de ce péplum rural un véritable chef d'œuvre ! Tel Sisyphe, on se sent, pendant les quelques heures intenses et captivantes que durent la lecture, comme transporté dans cette Italie pieuse et grégaire, où des êtres humains bornés et fiers suent et s'échinent à surmonter les difficultés d'une vie tout entière faite de larmes, de drames et de labeur.

«Lorsque le soleil règne dans le ciel, à faire claquer les pierres, il n’y a rien à faire. Nous l’aimons trop, cette terre. Elle n’offre rien, elle est plus pauvre que nous, mais lorsque le soleil la chauffe, aucun d’entre nous ne peut la quitter.»

C'est cruel, implacable, impitoyable, harassant aussi, mais tellement beau ! L'aventure familiale des Scorta et leur destin tragique invitent le lecteur à méditer sur le sens de la vie et de la destinée propre à chacun. Notre vie suit-elle un chemin tout tracé ? Notre destin est-il marqué d'avance ? Tel est sans doute le propos véritable du roman de Laurent Gaudé...

«Nous n'avons été ni meilleurs ni pires que les autres, Elia. Nous avons essayé. C'est tout. De toutes nos forces, nous avons essayé. Chaque génération essaie. Construire quelque chose. Consolider ce que l'on possède. Ou l'agrandir. Prendre soin des siens. Chacun essaie de faire au mieux. Il n'y a rien d'autre à faire que d'essayer.Mais il ne faut rien attendre de la fin de la course. Tu sais ce qu'il y a, à la fin de la course ? La vieillesse. Rien d'autre.»

Condamnés à leur terre, coincés entre liberté et fatalité, les Scorta ne sont peut-être rien mais on les quitte avec l'immense satisfaction que la tragédie antique a trouvé, grâce à eux, un visage profondément humain ! Une fresque familiale sublime et bouleversante qui laisse le lecteur hébété, comme marqué au fer rouge. 

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20 novembre 2016

Monica HESSE : Une fille au manteau bleu

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Monica HESSE, Une fille au manteau bleu.
352 pages.
Editions Gallimard Jeunesse (27 octobre 2016).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

«La jeune fille qui a disparu est juive. Il faut que tu la retrouves avant les nazis.»

Amsterdam, 1943. Hanneke sillonne à vélo les rues de la ville afin de se procurer au marché noir des marchandises qu'on lui commande. Ses parents ignorent tout de ses activités clandestines. Un jour, l'une de ses clients lui fait une requête particulière. Il s'agit de retrouver une jeune fille qu'elle cachait chez elle et qui a disparu. Elle s'appelle Mirjam Roodvelt. Elle est juive.

MON AVIS :

Monica Hesse est journaliste au Washington Post. Elle participe aussi régulièrement à des émissions de télévision. D'une plume alerte, elle évoque le destin déchirant d'une jeune fille confrontée à des choix difficiles et retrace de façon saisissante la vie à Amsterdam sous l'Occupation.

Une fille au manteau bleu est un roman pour adolescents poignant, déchirant et magnifiquement documenté, où la culpabilité, la trahison, l'ingéniosité et le courage tissent une passionnante trame de mystère...

«La jeune fille qui a disparu est juive. Il faut que tu la retrouves avant les nazis.»

Cette histoire de petite trahison au cœur d'une grande guerre illustre la façon, dont on peut, en une fraction de seconde, décider de faire preuve de courage moral ou de lâcheté, la façon dont on peut devenir un héros ou, au contraire, un parfait salaud.

Les lecteurs, même adultes, ne pourront que tomber sous le charme de Hanneke. Certes, c'est une héroïne imparfaite mais si humaine, si touchante et si incroyablement vivante qu'on ne peut que s'attacher à elle et l'aimer, pleinement et inconditionnellement ! Son courage, son insouciance et ses tourments d'adolescente confrontée à l'une des périodes les plus sombres et cruelles de l'Histoire en font un personnage tout simplement inoubliable.

Dans la lignée des romans de John Boyne et de Ruta Sepetys, Monica Hesse illustre, grâce à ce magnifique roman d'amour, d'amitié, de solidarité et d'entraide, le renouveau de la fiction historique dans la littérature pour adolescents. Une fille au manteau bleu est un livre bouleversant, captivant, qu'on ne lâche pas jusqu'à son dénouement saisissant !  Un roman à ne manquer sous aucun prétexte ! 

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17 novembre 2016

Ann HOOD : Le cercle des tricoteuses

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Ann HOOD, Le cercle des tricoteuses.
380 pages.
Editions City (9 mars 2016).

QUATRIEME  DE COUVERTURE :

Mary vient de perdre son unique enfant. Elle s'enfonce peu à peu dans la dépression. Jusqu'au jour où elle découvre les vertus du tricot. Avec des aiguilles et une pelote de laine dans les mains, Mary apprend à occuper son esprit sans ressasser sa douleur. Dans le magasin de tricot tenu par Alice, elle rejoint le "cercle des tricoteuses". Il y a Scarlet qui dissimule un vrai chagrin. Beth est une femme au foyer dont l'univers est sur le point de s'effondrer. Et que cache Ellen, qui semble porter le poids du monde sur ses épaules ? Alors que les semaines passent, sous l'œil de la mystérieuse Alice, des amitiés improbables se forment. Chaque membre du club apprend à aller de l'avant pour affronter l'avenir...

MON AVIS :

Ann Hood vit aux Etats-Unis. Elle est l'auteure de quatre autres romans qui ont connu un grand succès populaire et remporté plusieurs prix littéraires. Le cercle des tricoteuses est le roman féminin par excellence. Authentique et douillet, on s'y sent à l'aise, comme au sein d'une vraie famille.

J'ai adoré découvrir les histoires entremêlées de ces femmes qui se réunissent pour passer le temps et profiter des vertus thérapeutiques du tricot ! Au fil de ces soirées, des liens se tissent, des amitiés parfois improbables se nouent et les membres du cercle de la Grande Alice, bien que d'âges et d'horizons différents, finissent par former une famille pas comme les autres, dans laquelle les unes et les autres s'épaulent pour faire face aux aléas de la vie. Au fur et à mesure que ces femmes tricotent, elles dévoilent, pour le plus grand bonheur de la lectrice, leurs joies, leurs bonheurs, mais aussi leurs peines, leurs chagrins et leurs regrets, toutes les difficultés qu'elles éprouvent à être tout à la fois femmes, mères, filles et amies...

«Mary songea à toutes les histoires qu'elle avait entendues depuis qu'elle avait rejoint le cercle de tricot. Alice ne lui avait-elle pas dit qu'écouter aussi procure du réconfort ?»

Inutile d'être passionnée de tricot pour apprécier le roman de Ann Hood ! Les histoires de ces femmes sont si poignantes, leurs secrets si habilement dévoilés qu'on ne peut que s'émouvoir, s'attacher, et finalement, s'identifier à chacune d'entre elles ! Rédigé dans l'esprit de ces séries télé qui nous rendent accro, Le cercle des tricoteuses est un roman choral passionnant, qui se dévore plus qu'il ne se lit. À la fois plein d'humour, de drames et d'émotions, c'est une véritable leçon de vie, d'optimisme et de courage qui encourage la lectrice à aller de l'avant !

«Mary fouilla dans son panier à tricot et en ressortit un pelote de grosse laine chartreuse. Peut-être était-ce pour cela que les tricoteuse achetaient toujours plus de laine qu'il ne leur en fallait : pour la donner à quelqu'un qui en avait besoin.»

Les thèmes abordés dans ce roman ont beau ne pas être réjouissants, ils ressemblent finalement à ce que la vie a d'imprévisible, d'injuste et de cruel. Même s'il est question d'alcoolisme, de mariage qui prend l'eau ou de reconstruction après un deuil, l'ensemble sonne juste et reste incroyablement léger.  Ann Hood sait doser les émotions et ne pas abuser des larmes. De ses personnages, elle dresse des portraits juste ce qu'il faut d'authentique et de réaliste pour susciter l'empathie de la lectrice.

Le cercle des tricoteuses est un roman revigorant, une comédie vive et alerte qui célèbre d'une très jolie façon l'amitié et la solidarité féminine ! Elle fera le bonheur de toutes les quadras à la recherche d'un roman de chick-lit différent et plus mature. Un très bon roman de détente, idéal pour s'évader et s'émouvoir !

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14 novembre 2016

Collectif : 13 à table ! édition 2017

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13 à table ! 2017.
288 pages.
Editions Pocket (3 novembre 2016).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Les plus grands auteurs de la littérature contemporaine ont pris leur plus belle plume pour la troisième année consécutive afin de vous concocter un délicieux recueil de nouvelles autour d'un thème : l'anniversaire. 

Le joyeux, le sinistre, le raté, celui qui finit dans les larmes ou le sang, l'apothéose de la fête et les éclats de rire, tout y est, comme dans la vie.

Treize bougies à souffler sans modération. 

MON AVIS :

Pour la troisième année consécutive, à l'initiative des éditions Pocket, treize des plus grands auteurs de la littérature contemporaine ont accepté d'écrire une nouvelle sur le thème de l'anniversaire. Vendu 5€, chaque livre permet aux Restos du Cœur de distribuer quatre repas. 

Humour, frissons, émotion... Chaque auteur a laissé libre cours à son imagination. Françoise Bourdin, Maxime Chattam, François d'Epenoux, Caryl Fery, Karine Giébel, Alexandra Lapierre, Agnès Ledig, Marc Levy, Agnès Martin-Lugand, Bernard Minier, Romain Puértolas, Yann Queffélec et Franck Thilliez ont répondu à l'invitation des éditions Pocket pour ce projet entièrement bénévole au profit des Restos du Cœur, et ils se sont tous magnifiquement prêté au jeu !

Règlements de compte sordides, retrouvailles inattendues, histoires tendres qui serrent le cœur ou nouvelles fantastiques à vous glacer les sangs, ces treize textes inédits ont tous leur particularité ! Ce sont autant de pochettes-surprises que leurs auteurs ont concoctées ! 

Mais au-delà du divertissement et des émotions que ce petit livre procure, le lecteur a également la satisfaction de pouvoir s'associer aux auteurs et de contribuer, avec eux, à une noble cause. Rappelons que l’association des Restos du Cœur, créée en 1985 par Coluche, a pour but «d’aider et d’apporter assistance bénévole aux personnes démunies, notamment dans le domaine alimentaire par l’accès à des repas gratuits et par la participation à leur insertion sociale et économique ». L'année dernière, grâce à l'opération «13 à table !», ce sont plus de 2.100.000 repas supplémentaires qui ont été distribués ! Cette année encore, alors que l'action des Restos du Cœur est plus que jamais une nécessité, faisons de notre mieux pour les aider !

13 à table ! C'est l'occasion, pour tous les amoureux des livres et de la littérature, de faire un beau geste de générosité et de solidarité ! N'oublions pas que pour chaque exemplaire acheté, ce sont quatre repas supplémentaires que les Restos du Cœur s'engagent à distribuer. Alors, faites passer le message ! Comme aurait dit Coluche, on compte sur vous !

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12 novembre 2016

Jessie BURTON : Miniaturiste

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Jessie BURTON, Miniaturiste.
512 pages.
Editions Gallimard (26 mars 2015).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Nella Oortman n'a que dix-huit ans ce jour d'automne 1686 où elle quitte son petit village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt. Homme d'âge mûr, il est l'un des marchands les plus en vue de la ville. Il vit dans une opulente demeure au bord du canal, entouré de ses serviteurs et de sa sœur, Marin, une femme restée célibataire qui accueille Nella avec une extrême froideur. En guise de cadeau de mariage, Johannes offre à son épouse une maison de poupée, représentant leur propre intérieur, que la jeune fille entreprend d'animer grâce aux talents d'un miniaturiste. Les fascinantes créations de l'artisan permettent à Nella de lever peu à peu le voile sur les mystères de la maison des Brandt, faisant tomber les masques de ceux qui l'habitent et mettant au jour de dangereux secrets. 

MON AVIS :

Jessie Burton est née à Londres en 1982. Elle a étudié à l'université d'Oxford avant de devenir comédienne pour le théâtre et la télévision. S'inspirant d'une maison de poupée d'époque exposée au Rijksmuseum d'Amsterdam, Jessie Burton livre un premier roman qui restitue avec précision l'ambiance de la ville à la fin du XVIIème siècle.

Dans une atmosphère glaciale et oppressante, qui mêle habilement réalisme et scènes fantastiques, Jessie Burton a su créer une étrange et fascinante mise en abyme qui happe le lecteur dès les premières pages. L'univers obscur qu'elle s'applique à décrire, la vie secrète de ses personnages au sein de la très pieuse société calviniste a tout pour fasciner le lecteur ! Il aura fallu à l'auteure pas moins de quatre ans de travail pour arriver à rendre l'ambiance de la ville d'Amsterdam au XVIIème siècle et son livre s'en ressent ! Les us et les coutumes de l'époque, ses hauts-lieux, ses odeurs ainsi que ses saveurs sont très bien rendus. On s'y croirait !

De même, Jessie Burton a su cerner l'hypocrisie de cette société qui prônait rigueur morale et intransigeance religieuse tout en amassant d'immenses fortunes. L'ambivalence de ses personnages, leurs secrets, leurs passions réprimées ont un je-ne-sais quoi de captivant qui retient l'attention du lecteur et le pousse à tourner toujours plus de pages !

Mais à coté de ses personnages complexes, torturés, à côté de ce récit riche, dense, sensible et sensuel, de ce microcosme fait de contradictions et d'excès, il y a aussi la symbolique, moins évidente, que représente la maison de poupée miniature. Paradoxalement, alors que c'est précisément cette miniature qui a inspiré Jessie Burton, il apparaît aussi clairement que c'est la partie de l'histoire la moins passionnante et la moins bien maîtrisée par l'auteure. Certes, on comprend bien que cette maison miniature ouvre une réflexion sur le contrôle, le pouvoir, l'imagination, la vie domestique, la liberté et ses limites, mais les motivations du miniaturiste, ses interventions fugaces au cours du récit ainsi que ses prémonitions restent, quant à elles, très énigmatiques. C'est dommage, mais il faut accepter que Miniaturiste ne livre pas tous ses secrets...

Œuvre richement documentée, Miniaturiste est une fiction historique de haute volée littéraire qui surprend par son côté atypique. C'est autant un roman d'apprentissage puissant sur la force du destin et la capacité de chacun à devenir l'architecte de sa propre existence qu'un conte fantastique qui éveille la curiosité du lecteur et n'en finit pas de l'étonner ! Une lecture surprenante !

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