HISTOIRE DU SOIR

22 mars 2019

Jean E. PENDZIWOL : Le silence du phare

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Jean E. PENDZIWOL, Le silence du phare.
352 pages.
Editions Charleston (9 janvier 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Emily et Elizabeth. Les deux faces d'une même pièce, les inséparables jumelles Livingstone. Elles ont grandi à l'ombre du phare de Porphyry, sur les rives tumultueuses du Lac Supérieur. Une enfance libre et sauvage au coeur de cette nature éblouissante. Jusqu'au jour où le drame a frappé. Depuis, Elizabeth a dû apprendre à vivre seule, à effacer le nom d'Emily.

Soixante-dix ans plus tard, au crépuscule de sa vie et privée de la vue, Elizabeth s'est réfugiée dans la musique. Mais lorsque les journaux tenus par son père sont découverts dans l'épave d'un voilier échoué, elle n'a d'autre choix que se replonger dans ce passé… et réunir enfin les pièces manquantes de son histoire.

Que s'est-il passé sur la petite île de Porphyry toutes ces années plus tôt ? Et quel est le lien avec Morgan, la jeune femme qui vient lui rendre visite dans sa maison de retraite ? Une bouleversante histoire d'amour et de mort, de secret et de pardon.

« Un magnifique roman sur l’amour et le mensonge qui réalise le tour de force d’être à la fois mélancolique et grisant. » Kirkus Reviews.

MON AVIS :

Auteure primée de nombreux best-sellers pour les enfants, Jean Pendziwol s’est lancée dans le roman avec Le Silence du phare, un premier roman qui s’est immédiatement hissé en tête de liste des best-sellers canadiens. Dans ce roman, elle retranscrit toute l’ambiance de son Ontario natal, les terres somptueuses mais tumultueuses du Lac Supérieur.

Elizabeth est au crépuscule de sa vie. Privée de la vue, elle s’est réfugiée dans la musique et les souvenirs. Mais le jour où le journal intime de son père est découvert, elle va se replonger dans son enfance, avec l’aide de Morgan, une jeune fille en pleine révolte. Une enfance passée en compagnie de sa sœur jumelle sur une minuscule île, terre sauvage et reculée perdue au cœur du Lac Supérieur où son père gardait le phare. Une enfance dont les secrets vont avoir des conséquences autant pour Elizabeth que pour Morgan..

Ce roman bouleversant, à la fois mélancolique et grisant, fait partie de ceux que l’on n’oublie pas. Véritable ode à la nature et à sa beauté sauvage, c’est un premier roman déchirant, sombre, âpre et vibrant qui interroge les liens du cœur et ceux du sang.

L’auteure signe un récit d’une puissance émotionnelle si rare que l’on ne peut que s’y abîmer. La beauté sauvage de la petite île de Porphyry n’est que l’écho du tumulte intérieur des personnages qu’elle a imaginés. Entre amour, mensonge, culpabilité, désespoir et isolement, chacun devra assumer ses choix et vivre avec les conséquences dramatiques d’un lourd secret…

Jean E. Pendziwol est une conteuse hors pair qui manie et distille le suspense de main de maître. Son intrigue est si parfaitement ficelée que l’on a du bien du mal à croire qu’elle n’en est qu’à son premier coup essai ! D’aucuns pourraient certes reprocher à son récit de souffrir d’un rythme lent et abondamment descriptif mais ce serait nier que ces pages renferment tous les codes et les ressorts d’une tragédie classique finalement impossible à lâcher ! Jean E. Pendziwol y balade le lecteur à sa guise et ses révélations, bien que tardives, le balaient comme un fragile esquif pris dans la tempête !

Porté par une intense tension dramatique, Le silence du phare est un roman terrible et incroyablement émouvant. Une histoire universelle, poignante et forte qui happe le lecteur et le retient captif jusqu’à la dernière ligne ! Absolument sublime !

Je remercie les éditions Charleston de leur confiance.

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14 mars 2019

Camilla & Viveca STEN : L'île des disparus, tome 2 : Le secret du brouillard

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Camilla & Viveca STEN, L'île des disparus, tome 2 : Le secret du brouillard.
360 pages.
Editions Michel Lafon (14 février 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

« Choisis ton destin, Fille de l'eau ! »

Le printemps est là, et pourtant, un épais brouillard a envahi l'archipel suédois. D'après la légende ancestrale, cette brume opaque annonce de terribles événements. Bientôt, elle va noyer les navigateurs et perturber les signaux des GPS, troublant l'équilibre de l'île.

Changelin parmi les humains, la jeune Tuva tente par tous les moyens de découvrir la vérité, sur elle-même et sur le danger qui menace sa terre natale. Aux côtés de son meilleur ami Rasmus, et de Maria, sa fidèle alliée mara, la jeune fille comprend qu'une créature mythique offensée par les hommes s'est réveillée sous la forme de ce brouillard. Le peuple des océans dont elle pensait être la seule survivante est loin d'avoir dit son dernier mot.

MON AVIS :

Viveca Sten est l’auteure de polars best-sellers adaptés en série TV « Meurtres à Sandhamn ». Sa fille, Camilla, a toujours écrit et aidé sa mère à peaufiner ses histoires. Avec L’île des disparus, la mère et la fille nous offrent une trilogie fantastique écrite à quatre mains.

On retrouve dans ce deuxième tome tout ce qui avait fait le succès de La fille de l’eau, publié en 2018 chez Michel Lafon. À savoir, l’atmosphère angoissante de l’archipel de Stockholm, cette fois nimbée d’une épaisse brume de mystère... Les habitants qui vivent en vase clos, les plages inhospitalières et les créatures mythiques du folklore scandinave feront quant à eux le régal de tous ceux qui apprécient les thrillers atmosphériques.

Dans ce deuxième tome, toutefois, il n’y a pas d’enquête policière à proprement parler. Il s’agit pour Tuva, la jeune fille de l’eau, de découvrir la vérité sur elle-même et sur ce brouillard qui menace sa terre natale. Une fois encore, le duo Sten mêle habilement mystère et psychologie des personnages dans une intrigue passionnante, dans laquelle l’archipel de Stockholm est un acteur à part entière. Mystérieuses, majestueuses et sauvages, ses petites îles isolées constituent un écrin de rêve pour chacun des personnages qu’ont imaginé les deux auteures ! Jouant avec les ressorts psychologiques et l’angoisse jusqu’à un final à glacer les sangs, Viveca et Camilla Sten signent un polar atmosphérique, presque mystique et bien ficelé, que l’on savourera idéalement au coin du feu ou sous la couette.

Les auteures y ont également disséminé des faits alarmants à propos de la mer Baltique et de sa pollution inquiétante, qui permettront, espérons-le, d’éveiller la conscience écologique des jeunes lecteurs.

« Je réalisais pour la première fois le mauvais comportement des hommes, leur brutalité, leur insouciance vis-à-vis de la nature. »

« Ce sont eux les fautifs, avec les produits chimiques, leurs émissions toxiques. Et leur soif de tout posséder. »

À lire autant pour son intrigue mystérieuse et passionnante que pour la beauté sauvage de l’archipel de Stockholm, ce deuxième tome de L’île des disparus fera frissonner tous les amateurs de thrillers d’ambiance, petits comme grands ! On se réjouit déjà de retrouver Tuva dans la suite et la fin de ses aventures fantastiques !

Je remercie les éditions Michel Lafon de leur confiance.

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11 mars 2019

Olivier MERLE : Libre d'aimer

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Olivier MERLE, Libre d'aimer.
464 pages.
Editions XO (3 janvier 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Juillet 1942.

Elle s'appelle Esther, elle a vingt ans, elle est juive.
Ses parents ont été arrêtés, elle erre dans les rues de Paris, perdue et terrifiée. Alors qu'elle se repose sur un banc, son regard croise celui d'une femme élégante, plus âgée qu'elle, qui fume de longues cigarettes à la terrasse d'un café.

Esther ne le sait pas encore mais sa rencontre prochaine avec Thérèse Dorval, l'épouse d'un homme cynique et violent qui collabore avec les Allemands, va bouleverser sa vie.

Naissance d'un désir irrésistible, en pleine tragédie. Amour interdit de deux femmes emportées par le feu de la passion.

À Dinard, où elles se réfugient, elles devront, sous la pluie des bombes alliées, décider de leur destin : se séparer pour tenter de survivre ou accepter de mourir par amour.

MON AVIS :

Écrivain et professeur à l'université, auteur de nombreux romans historiques, Olivier Merle vit en Auvergne. Fils de Robert Merle, il a obtenu en 2013 le prix Charles-Exbrayat. Libre d’aimer décrit la brûlante passion de deux femmes sous l’Occupation.

Subtile, pudique, touchante et bien documentée, l’histoire d’amour de ces deux femmes unies contre toutes les oppressions et tous les dangers, est évoquée librement avec ses joies, ses drames et ses plaisirs.

Mais Olivier Merle va bien au-delà du simple roman d’amour lesbien. Il traite avant tout de l’amitié féminine, des passions, de la liberté de la vie comme elle va.

Dans un monde en pleine mutation, Thérèse et Esther feront l’expérience, souvent difficile et douloureuse, de la découverte de l’amour, de l’acceptation, du déni et du rejet.

« La vie les séparait. Au fond, n’avaient-elles pas rêvé naïvement d’une union si puissante que la société ne pourrait la détruire ? Cette naïveté se brisait sur la réalité. »

Libre d’aimer est un roman résolument poignant, qui dénonce les inégalités et les violences faites aux femmes dans une société soumise à un ordre moral strict et à la tyrannie des bonnes mœurs. Un véritable hymne à l’espoir et à la liberté.

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08 mars 2019

Dorothy KOOMSON : Les pétales de sang

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Dorothy KOOMSON, Les pétales de sang.
715 pages.
Editions Charleston (9 janvier 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Tami pensait avoir une famille parfaite. Jusqu'à ce soir tragique où la jeune femme, impuissante, voit son mari Scott se faire menotter sous les yeux de leurs deux fillettes terrifiées. Le choc est total : Scott est accusé d'un acte odieux, impensable. Et c'est sa meilleure amie Mirabelle qui a porté plainte.

Qui croire ? L'homme qu'elle aime depuis toujours, le père de ses enfants ? Ou celle en qui elle plaçait une confiance aveugle, sa presque sœur ?

Alors que Scott nie tout en bloc et que Mirabelle fuit les explications, Tami enquête.

Et bientôt, le passé trouble de Mirabelle se dévoile... Mais aussi les nombreux secrets que Scott dissimule depuis tant d'années.

Il est des vérités plus difficiles à supporter que le mensonge. Et si le pire, pour Tami et les siens, était à venir ?

MON AVIS :

Dorothy Koomson est originaire du sud de Londres. Son diplôme en poche, elle publie de nombreux articles pour des magazines féminins comme New Woman ou Marie-Claire et des journaux tels que The Independent on Sunday, The Guardian ou Ms London. Sa carrière de romancière commence en 2001, avec The Cupid Effect, qui sera son premier succès en Angleterre. Après le succès de La Fille de ma meilleure amie (2007 ; J'ai Lu, 2008), Un nouveau départ (2008) et L'Ombre de l'autre femme (2013), Les Pétales de sang est le quatrième roman de Dorothy Koomson à paraître d’abord chez Belfond en 2015, puis depuis le début de cette année en format Poche chez Charleston.

Le roman de Dorothy Koomson avait tout pour me séduire. Une couverture originale, une jolie présentation et surtout, une quatrième de couverture et des avis dithyrambiques qui laissaient présager un suspense digne des meilleurs thrillers psychologiques.

Hélas, à défaut d’être bluffée par une intrigue au suspense haletant, je n’ai trouvé qu’un long thriller romantique tortueux, une histoire finalement banale de tourmente judiciaire et d’épouse trahie, mêlant au petit bonheur de vieilles thématiques éculées, supposées faire le bonheur d’un lectorat féminin : amitié bafouée, jalousie, couple à la dérive, sexualité déviante, harcèlement… Rien de nouveau, surtout dans la façon dont Dorothy Koomson les exploite !

Son intrigue, semée de nombreux passages sans grand intérêt, peine à progresser. Organisée en différents récits choraux, elle donne l’impression de suivre les embrouilles de personnages pitoyables qui ressassent et déclinent le malheur et le désastre de leur vie sur tous les tons. En clair, on s’ennuie.

Quant au dénouement, n’attendez pas non plus de miracles, il est à l’image même du roman de Dorothy Koomson, c’est-à-dire frustrant.

Un thriller long et décevant, une lecture totalement dispensable.

Je remercie néanmoins les éditions Charleston de leur confiance.

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02 mars 2019

Gilbert BORDES : Elle voulait voir la mer

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Gilbert BORDES, Elle voulait voir la mer.
315 pages.
Editions XO (8 novembre 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Mai 1944. Jérémie, Rachel et Eloïse doivent quitter la ferme où ils se cachaient depuis plusieurs mois. La milice est à leurs trousses : ils sont juifs, et leur père est un savant dont les connaissances pourraient être capitales pour les nazis. Marguerite, une jeune boiteuse, et Paul, orphelin de fraîche date, les rejoignent avec chacun sa motivation, plus ou moins avouable. Commence alors pour les cinq fuyards une aventure dont aucun ne sortira indemne. Ils décident de suivre le cours de la Loire, avec l'espoir de rejoindre l'océan et d'embarquer pour l'Amérique. Mais les méandres sont nombreux. Et périlleux. Entre trahisons, dénonciations, fausses amitiés et bombardements, ils ne renonceront jamais à leur quête de liberté.

MON AVIS :

Grand romancier de l'Histoire, Gilbert Bordes est membre de l'Ecole de Brive. II a remporté le prix RTL-Grand Public et le prix des Maisons de la presse.

Avec Elle voulait voir la mer, l'auteur offre un roman d’initiation chargé de rebondissements et d’émotion sur une des périodes les plus troubles et les plus sombres de notre histoire. Son récit sans concession, parfois dur mais aussi souvent tendre laisse la part belle aux sentiments naissants de personnages attachants, à la lisière de l’âge adulte.

Entre trahisons, dénonciations, fausses amitiés et bombardements, le danger est partout. Le lecteur ne pourra que vibrer de concert avec Jérémy, Rachel, Paul et les autres, tant leur histoire d’entraide, d’amitié et de combat pour la vie est bouleversante !

Elle voulait voir la mer est un roman d’une belle intensité dramatique, une épopée incroyable où l’innocence côtoie la cruauté et l’absurdité de la guerre. À découvrir à partir de 15 ou 16 ans.

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27 février 2019

Emmanuel PROST : L'antichambre du bon dieu

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Emmanuel PROST, L'antichambre du bon dieu.
320 pages.
Editions Presses de la Cité (4 octobre 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Patou ne parle pas et ne s'exprime qu'à travers le rire. Il grandit auprès de sa grand-mère et de son père, un gueux habitant dans les misérables baraquements d'un marais où il cultive des endives dans leur village d'Oignies.

Patou tue le temps en compagnie de son cheval Chico, un cabossé de la vie comme lui, quand surgit Isabelle, fille d'un instituteur des Flandres venu alphabétiser les ouvriers des mines. Depuis peu, grâce au charbon, le Pas-de-Calais est un bassin minier d'envergure. Patou et Isabelle se lient d'amitié. Mais l'amour qu'Isabelle aura pour un ingénieur de la compagnie des mines les éloignera un temps.

Patou se retrouve seul avec son cheval pour l'accompagner dans ses jeux bucoliques. Aussi, quand, le jour de ses vingt ans, son père vend Chico à un homme de la compagnie minière, c'est pour Patou une trahison et un déchirement.

Il n'a plus qu'une idée en tête : le retrouver. Ainsi commence pour Patou une descente au fond des mines et dans les enfers...

MON AVIS :

Passionné de littérature et de cinéma, Emmanuel Prost a rapidement été attiré par la volonté d'écrire : il s'essaye d'abord aux nouvelles avec Concerto sur le Sornin, puis il vient au roman. Tout d’abord publié aux éditions De Borée avec La descente des anges (2014), Les enfants de Gayant (2015) puis Un été 48 (2016), il continue aujourd’hui à rendre hommage à l’ex-bassin minier artésien. Publié aux éditions Presses de la Cité, son dernier roman, L’antichambre du bon dieu, est un hommage tendre, émouvant et sincère à l’histoire de sa région d’adoption et à sa population.

Avec ce quatrième roman, Emmanuel Prost signe une histoire poignante, à l’époque où le Pas-de-Calais devient le bassin minier. Il entraîne le lecteur sur les pas de Patou, un simple d’esprit, dont le cheval Chico est l’unique compagnon de jeu. Considéré comme un indésirable, Patou, dont le rire n’attire que les railleries, l’incompréhension et la haine de ses semblables, trouve refuge entre les champs d’endives de son père et les marais environnants aux légendes endormies…

Mais à l’époque où les campagnes sont peu à peu grignotées par les cités minières, des ouvriers arrivent de toute la région pour travailler dans les mines et laisser un avenir meilleur à leurs descendants. Patou fait alors la connaissance de la jolie et intrépide Isabelle, la fille d’un instituteur venu des Flandres pour alphabétiser les mineurs. Ainsi commence l’histoire d’amitié inattendue mais sincère entre Isabelle et Patou. Des rires en guise de mots, des sentiments purs, toujours flanqués de Chico, ils couleront ensemble des jours de bonheur et de complicité enfantine avant que Patou ne plonge inexorablement dans l’enfer de la mine, de la sueur et des Gueules Noires…

Si l’histoire de l’attendrissant Patou est avant tout une quête d’amour, un appel au respect, à la dignité et au droit à la différence, pour le fondu d’histoire locale qu’est Emmanuel Prost, c’est aussi l’occasion de se replonger dans les traditions et le savoir-faire d’une région qui l’a adopté et qu’il a appris à connaître. L’antichambre du bon dieu est un roman de terroir qui se réclame tout autant du document historique que de la chronique villageoise. Grâce à une documentation précise et rigoureuse, l’auteur fait revivre tout un pan de l’histoire du Nord de la France, à une époque cruciale où l’explosion des grandes fortunes et l’industrialisation provoquent inquiétudes, doutes, grèves et colères chez les mineurs. On y retrouve un univers proche de celui de Germinal, une peinture sociale très fidèle de ce que pouvait être le quotidien, le rude labeur et la souffrance des mineurs.

Organisant son récit comme un roman à suspense, Emmanuel Prost signe avec L’antichambre du bon dieu un vibrant plaidoyer en faveur des déshérités et des exploités. C’est passionnant de bout en bout !

Je remercie les éditions Presses de la Cité et la plateforme NetGalley de leur confiance.

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22 février 2019

Lucy ADLINGTON : Le ruban rouge

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Lucy ADLINGTON, Le ruban rouge.
336 pages.
Editions Pocket Jeunesse/ PKJ (6 septembre 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

« Nous quatre : Lily, Marta, Carla et moi. Dans une autre vie, nous aurions pu être amies. Mais nous sommes à Birchwood. »

Ella, quatorze ans, est couturière. Pour son premier jour de travail, elle plonge dans ce monde de rubans, d'étoffes et de soie qu'elle aime tant. Mais son atelier n'est pas ordinaire, et ses clients le sont encore moins. Ella est prisonnière du camp de Birchwood, où elle confectionne les vêtements des officiers. Dans ce terrible quotidien où tout n'est qu'affaire de survie, la couture lui redonnera-t-elle espoir ?

MON AVIS :

Lucy Adlington vit dans une ferme dans le nord de l'Angleterre. Quand elle n'écrit pas sur son canapé, elle aime partir à la recherche de trésors historiques dans des foires vintages. Son roman, Le ruban rouge, destiné aux jeunes adultes, s’inscrit dans la lignée du Journal d’Anne Frank et du Garçon en pyjama rayé de John Boyne.

Que dire de ce roman sinon qu’il fait partie des meilleurs sur l’Holocauste jamais écrits. C’est un roman poignant, bouleversant, qui met en lumière les différents choix moraux que les personnages imaginés par Lucy Adlington doivent faire pour survivre.

Si Le ruban rouge est une fiction, comme dans les contes de Lily, la vérité se mêle à la fiction. Car Birchwood n’est autre que le vaste camp de travail et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau en Pologne, où des millions de personnes ont souffert et ont été assassinées pendant la Seconde Guerre mondiale. Si l’auteure a délibérément choisi de ne pas nommer les pays, les religions ou les régimes politiques en particulier, cela ne minimise en rien le fait que certaines populations aient été victimes d’humiliation et de génocide. Les camps tels que Birchwood ont été créés pour punir les opposants de l’idéologie nazie puis pour exterminer des groupes d’individus bien précis, les Juifs bien sûr mais aussi les homosexuels, les Tziganes, les témoins de Jéhovah, les handicapés physiques, mentaux et encore bien d’autres, sans distinction de leur nationalité, de leur sexe, âge et/ou de leur pratique religieuse réelle.

À l’heure où « le poison de l’antisémitisme se répand comme un fiel », où plusieurs inscriptions antijuives ont été découverts à Paris, où un arbre en mémoire d’Ilan Halimi a été vandalisé quelques jours avant la commémoration du treizième anniversaire de sa mort, où deux portraits de Simone Veil ont été recouverts de croix gammées, à l’heure où les jeunes générations n’entretiennent plus le même rapport mémoriel et historique à la Shoah, il est de notre devoir que chacun d’entre nous lutte contre l’indifférence, la tentation de la banalisation et prenne conscience que nous sommes en présence d’un mal insidieux qui ronge notre République de l’intérieur.

Et c’est pourquoi la lecture d’un tel roman reste, plus que jamais, essentielle. Même si bien sûr les mots de Lucy Adlington ne pourront jamais rendre compte de l’horreur de la violence, de la déchéance et de la souffrance qui régnaient dans ces camps, son roman reste une lecture indispensable à mettre d’urgence entre les mains du plus grand nombre pour ne jamais oublier les atrocités qui ont été commises et se souvenir que le crime haineux, malheureusement, n’appartient pas au passé. L’inquiétante résurgence de l’antisémitisme en France nous le prouve.

« Quand nous divisons le monde entre NOUS et EUX, nous semons les graines de la haine. La haine se transforme en violence. Et la violence nous tue tous, d’une manière ou d’une autre. »

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16 février 2019

Karine LEBERT : Les amants de l'été 44, tome 2 : Pour l'amour de Lauren

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Karine LEBERT, Les amants de l'été 44, tome 2 : Pour l'amour de Lauren.
416 pages.
Editions Presses de la Cité (17 janvier 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Entre la Normandie et la Louisiane, portraits croisés de deux femmes audacieuses en terre inconnue. L'une, américaine, cherche à remonter le fil de sa généalogie et enquête sur sa grand-mère maternelle française, une war bride, qui a tout quitté par amour...
Par l'auteur des Amants de l'été 44.

Au nom de la vérité, Gemma, New-Yorkaise, a fait voler en éclats son quotidien trépidant de femme d'affaires. Sous le charme de la Normandie, elle part depuis Honfleur sur les traces de son aïeule, Philippine, cinquante ans après, grâce à ceux qui l'ont connue. Par amour, celle-ci a tout quitté, sa famille, sa Normandie. Pour Ethan, un beau GI rencontré à l'été 1944, Philippine a rejoint sa belle-famille en Louisiane. Passé le choc de la découverte du Nouveau Monde, le bonheur s'offrira-t-il à la jeune exilée, mariée, enceinte, loin des traditions de son pays natal ?

Gemma veut savoir : quelle était la vie de Philippine, là-bas, à La Nouvelle-Orléans ? Pourquoi est-elle rentrée en France ? Seule ?...

Entre deux continents, deux époques, portraits croisés de deux femmes entières qui vibrent à l'unisson. Pour l'amour d'une petite fille, Lauren...

MON AVIS :

Née dans l'Orne, dont les paysages inspirent le décor de ses romans, Karine Lebert a été journaliste à Paris Normandie. Elle a publié Les Sortilèges du Tremblay (2012), préfacé par Yves Jacob, puis, aux Presses de la Cité, Ce que Fanny veut... (2015), Les Saisons du mensonge (2016), Les Demoiselles de Beaune (2017) et en 2018, Les amants de l’été 44, dans lequel Karine Lebert emmenait ses lecteurs dans un passionnant voyage de la Normandie à New-York, sur les traces des war brides.

Dans son dernier opus, intitulé Pour l’amour de Lauren, l’auteure poursuit son histoire et révèle enfin à des lecteurs impatients la vérité à propos de Philippine, une jeune femme audacieuse, qui dans l’insouciance de sa jeunesse, n’avait pas hésité à quitter famille et patrie pour suivre Ethan en Amérique, dans l’espoir d’un avenir meilleur.

On y retrouve également Gemma Harper, cette jeune New-Yorkaise trentenaire, qui, avait tenté de retrouver ses origines normandes, liées à celles de Philippine. Fascinée à la fois par une Normandie inconnue et par cette grand-mère dont elle ignorait tout, Gemma continue d’explorer les zones d’ombre qui entourent le souvenir de son aïeule. De confessions en révélations, elle exhume enfin le passé de Philippine, son histoire d’amour contrarié avec le bel Ethan et comprend en quoi les secrets de sa filiation pourraient changer définitivement le cours de son existence…

Mais bien au-delà l’histoire passionnante et bouleversante d’un amour contrarié, le roman de Karine Lebert se réclame également du document d’histoire en revenant sur un pan relativement méconnu de l’Histoire. L’auteure y livre un témoignage et un hommage poignant aux war brides, à une époque tourmentée où s’expatrier et épouser quelqu’un d’une nationalité et d’une culture différentes n’est pas aussi simple et évident qu’aujourd’hui. Alors que nous vivons plus que jamais dans un monde où les distances sont abolies et où les civilisations sont métissées, Karine Lebert donne un éclairage différent sur la réalité de l’époque. On comprend alors ce que la décision de ces femmes, souvent très jeunes et candides (pour ne pas dire naïves), avait d’audacieux et de courageux ! De désillusions en espoirs déçus, beaucoup de ces war brides finiront par rentrer brisées de leur rêve américain…

On ne peut que tomber sous le charme de ce roman à mi-chemin entre la saga familiale et le roman d’amour ! Karine Lebert a su y tisser une intrigue dont le suspense nous tient en haleine jusqu’aux dernières pages ! C’est romanesque à souhait et si poignant qu’on ne peut s’empêcher de dévorer cette histoire d’une traite !

Je remercie les éditions Presses de la Cité et la plateforme NetGalley de leur confiance ainsi que Karine Lebert pour sa charmante dédicace.

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14 février 2019

Stephenie MEYER : Les âmes vagabondes

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Stephenie MEYER, Les âmes vagabondes.
747 pages.
Editions JC Lattès (6 mai 2008).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Melanie Stryder est une rebelle.

Notre Terre a été envahie par un ennemi invisible. Petit à petit, les âmes vagabondes s’emparent du corps des hommes en neutralisant leur esprit. La quasi-totalité de l’humanité a ainsi succombé.

Melanie Stryder fait partie du dernier groupe d’hommes libres. Lorsqu’elle est capturée par les Traqueurs, on lui insère Vagabonde, une âme exceptionnelle qui a déjà connu plusieurs corps. Elle sait les difficultés d’envahir un humain hostile : les émotions dévastatrices, le tumulte des sens, les souvenirs trop vifs. Et Vagabonde rencontre un obstacle supplémentaire : l’esprit de l’ancienne propriétaire résiste.

L’âme explore les souvenirs de Melanie dans l’espoir de découvrir l’endroit où se cachent les derniers résistants humains. Mais à la place de ces informations, Melanie submerge Vagabonde par les images de l’homme qu’elle aime – Jared, un humain encore en cavale. Incapable de se dissocier des pulsions de son corps d’emprunt, Vagabonde commence à aimer l’homme qu’elle est censée livrer aux autorités. Face aux pressions extérieures, Melanie et Vagabonde se retrouvent alliées malgré elles ; commence alors pour elles la quête incertaine et périlleuse de cet homme dont elles sont toutes deux amoureuses.

MON AVIS :

Stephenie Meyer est née en 1973 dans le Connecticut. Diplômée en littérature anglaise, elle publie, en 2005, Fascination, premier tome de la saga Twilight, traduite dans 47 pays et vendue à plus de 120 millions d'exemplaires dans le monde. Elle vit aujourd’hui dans l’Arizona avec son mari et ses trois fils.

C’est sur les recommandations d’une amie que j’ai décidé de donner sa chance aux Âmes vagabondes de Stephenie Meyer. Derrière ce roman de science-fiction teinté de romance, comme le sont, apparemment, les autres romans de l’auteure, j’ai trouvé de nombreuses références aux films SF que j’ai vus dans ma jeunesse (E.T., Alien, Dune, etc…). Je dois reconnaître que je me suis assez facilement laissé entraîner par l’intrigue. L’imagination est débordante, le style facile d’accès, les premiers chapitres suffisamment intrigants pour que l’on ait envie de tourner toujours plus de pages.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, pour moi qui n’ai aucune attirance particulière pour le young-adult, la science-fiction ou le fantastique, je reconnais que le roman de Stephenie Meyer est original et bien ficelé. Malgré des dialogues un peu mous et superficiels, les personnages qui constituent la principale force du roman, sont tous plus émouvants les uns que les autres, en particulier le duo Melanie/Gaby dont la personnalité gémellaire est, il faut l’avouer, assez fascinante !

Mais c’est surtout la réflexion morale derrière cette intrigue captivante qui m’a le plus intéressée : la liberté (ou plutôt le libre arbitre), l’acceptation de soi, de l’autre, les questions éthiques qu’engendre la colonisation des êtres humains par les âmes, etc… Le roman ne manque pas d’interpeller le lecteur et de bousculer aussi bon nombre de ses préjugés ! C’est intéressant !

En définitive, Stephenie Meyer signe ici un roman touchant, fort et mature, qui abolit la frontière entre littérature jeunesse et adulte. Cette histoire, passionnante de bout en bout, m’a donné un bel aperçu du talent qui l’a placée parmi les auteures les plus reconnus au monde.

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08 février 2019

Lara DEARMAN : Les enquêtes de Jennifer Dorey, tome 2 : L'île au ciel noir

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Lara DEARMAN, L'île au ciel noir (Jennifer Dorey, tome 2).
400 pages.
Editions Robert Laffont/ La Bête Noire (15 novembre 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Bienvenue sur la minuscule île de Sercq, surnommée l’ « île au ciel noir »…

Pas de voitures sur les routes, seulement des calèches et des vélos. Pas de lumière la nuit, seulement les étoiles dans un ciel parfaitement noir. Ce petit bout de terre, situé à quelques kilomètres à l'est de Guernesey, c'est l'île de Sercq. Population : quatre cent cinquante habitants. Quand des ossements humains y sont découverts et qu'un vieil homme est brutalement assassiné chez lui, l'inspecteur-chef Gilbert est appelé de Guernesey pour se charger de l'affaire – suivie de près par la journaliste Jennifer Dorey, qui vient recueillir les réactions des îliens pour son journal. Entre superstitions, histoires de fantômes et de diable, Michael et Jenny vont découvrir que ce havre de paix et de sérénité cache en son coeur de bien sombres secrets...

 Retrouvez le duo d'enquêteurs le plus atypique des îles anglo-normandes : le commissaire Gilbert et la journaliste Jennifer Dorey.

MON AVIS :

Lara Dearman a grandi à Guernesey avant de s'installer au Royaume-Uni pour étudier à l'université les relations internationales et le français. Après une brève carrière dans la finance et trois ans passés à Singapour, elle se consacre à l'écriture. Dans ce deuxième opus, on retrouve avec plaisir l’improbable duo composé du commissaire Michael Gilbert et de Jennifer Dorey, reporter au journal local de Guernesey, pour une nouvelle enquête sur la petite île de Sercq.

Une fois encore, Lara Dearman mêle habilement enquête criminelle et psychologie des personnages dans une intrigue qui prend son temps et dans laquelle l’île de Sercq, petit bout de terre situé à quelques kilomètres de Guernesey, est un acteur à part entière.

Cependant, bien que l’atmosphère reste toujours aussi prenante et captivante que dans le tome précédent, il y est moins question de folklore et de légendes et on le regrette un peu ! L’auteure a cependant su tirer parti de la beauté sauvage de l’île, de ses falaises et de ses plages battues par les vents pour faire de Sercq un écrin qui convient finalement à chacun des personnages torturés qu’elle a imaginés.

Alternant les points de vue, jouant avec les ressorts psychologiques jusqu’à un final en apothéose, L’île au ciel noir reste un polar atmosphérique réussi, un huis-clos en pleine mer passionnant, que l’on savourera idéalement au coin du feu.

À lire autant pour son intrigue originale que pour la beauté sauvage de l’île de Sercq, L’île au ciel noir fera le bonheur de tous les amateurs de thrillers d’ambiance ! On espère retrouver bien vite Jennifer Dorey et l’inspecteur chef Michael Gilbert dans une prochaine enquête dans les îles Anglo-Normandes !

Posté par ingridfasquelle à 08:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]