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Anna QUINDLEN, La ferme des Miller.
320 pages.
Editions Belfond (18 mai 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Histoire d'amour, drames, secrets inavouables : à travers le destin d'une famille de Pennsylvanie, Anna Quindlen donne à lire tout un pan de l'histoire américaine de la seconde moitié du XXe siècle.

Petite fille précoce et curieuse, Mimi mène une enfance protégée dans la ferme familiale. Il y a là Bud, son père cultivateur et répare-tout ; Miriam, sa mère infirmière ; ses deux frères, le taiseux Eddie et le caïd séducteur Tommy ; ainsi que Ruth, sa tante qui, pour une raison étrange, ne s’éloigne jamais de la maison. Un monde rassurant, fait d’éclats de rire et de joie, que Mimi pense immuable. Mais nous sommes en 1966 et ces jours heureux sont comptés…

La guerre du Vietnam qui laisse Tommy à jamais meurtri, la maladie qui frappe Bud, les drames passés de la tante Ruth… et cet impensable projet du gouvernement de transformer leur vallée en barrage. Ce monde que Mimi aime tant disparaîtrait englouti sous les eaux ? Qui désormais pour sauver la ferme et ses habitants ?

Alors qu’elle envisageait de quitter le village pour suivre des études de médecine et retrouver son amour d’enfance, Mimi va devoir faire un terrible choix.

MON AVIS :

Anna Quindlen est une célèbre journaliste américaine, récompensée par le prix Pulitzer en 1992 pour ses chroniques dans le New York Times. Elle est également l'auteur de plusieurs romans, dont Noir comme l'amour (1999), L'enfant sourira peut-être (2004) et Nature morte aux miettes de pain (2016). La Ferme des Miller est son quatrième ouvrage à paraître chez Belfond. À travers le destin d’une famille de Pennsylvanie, elle y donne à lire tout un pan de l’histoire américaine de la seconde moitié du XXème siècle.

1966. À onze ans, Margaret Ann Miller, dite Mimi, coule des jours heureux dans son petit village de Miller's Valley. La journée, Mimi étudie dans l'espoir de devenir infirmière, comme sa mère. En rentrant de l'école, l'adolescente vend des épis de maïs avec ses amis Donald et LaRhonda, pour se faire de l'argent de poche. Mais c'est le soir que Mimi attend avec impatience. Là, l'oreille collée au tuyau de chauffage, elle peut écouter les conversations de ses parents. Les ragots du village, les esclandres de son indomptable frère Tommy, les tensions avec Ruth, sa tante qui vit en face et ne quitte jamais sa maison : Mimi sait tout. C'est ainsi qu'elle découvre l'étonnant projet du gouvernement de submerger la vallée pour en faire un barrage.

Doucement les années passent, et peu à peu tout change : Ruth devient de plus en plus folle, Tommy sombre dans la délinquance au retour du Vietnam, leur père tombe gravement malade, les amis s'éloignent. Et l'impensable se produit : les maisons de la vallée se vident peu à peu. Et bientôt, ne restent plus que Mimi et sa mère pour s'accrocher à leur ferme, à leurs terres. Mais pour combien de temps encore ? Car Mimi rêve de partir elle aussi, de devenir médecin ; de retrouver Donald, son amour d'enfance, parti en Californie. Qui pour défendre la vallée, alors ? Qui pour veiller sur les secrets qu'elle abrite ?

Entre histoire d’amour, drames et secrets inavouables, La ferme des Miller est un roman tendre et délicat qui dresse un portrait doux-amer de l’Américaine des années 1960. Anna Quindlen y invite le lecteur à l’introspection et convoque ses souvenirs. On regarde s’égrener la vie ordinaire de Mimi - ses joies, ses douleurs, ses tragédies, ses surprises et ses fêtes quotidiennes - comme on regarderait l’album-souvenir d’une famille dont on fait partie. Mais dès lors qu’on se penche sur chacune des images, que l’on prête aux scènes quotidiennes l’attention qu’elle méritent, le récit de la vie de Mimi, son parcours de fille, de sœur, d’amie puis de femme prennent l’allure d’un formidable témoignage des mutations sociologiques que l’Amérique a vécues dans la deuxième moitié du XXème siècle. C’est si passionnant qu’on ne peut plus lâcher le roman avant son dénouement !

Irrésistible chronique familiale au charme discret, La ferme des Miller fait partie de ces romans lumineux et bienveillants, qui, quelles que soient les tempêtes de l’existence, accueillent le lecteur comme dans un refuge, où l’on peut revivre, avec délice et nostalgie, les moments heureux de son enfance envolée...

Je remercie les éditions Belfond de leur confiance.