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Mathieu MENEGAUX, Un fils parfait.
168 pages.
Editions Points (1 février 2018).

QUARTIEME DE COUVERTURE :

Quand on épouse le prince charmant, beau et brillant, qu'on a avec lui deux petites filles adorables, comment imaginer un seul instant que le pire puisse arriver ? Qu'il a menti sur tout, tout le temps ? Qu'il va falloir se résoudre à affronter celui qu'on a tant aimé dans une lutte sans merci ?

Inspiré d'une histoire vraie, le récit poignant du combat d'une mère contre la machine judiciaire.

MON AVIS :

Diplômé de HEC, il a débuté une carrière dans l'industrie au Maroc, et il travaille aujourd'hui dans un cabinet de conseil en management, une occupation très sérieuse en vérité. Passionné de littérature et de chanson, il a attendu d'avoir 45 ans avant d'enfin décider de passer plus de temps à écrire des phrases en français sur Word que des transparents en franglais sur PowerPoint. Son premier roman, Je me suis tue, est paru en avril 2015 chez Grasset, chez Points en janvier 2017 et a été récompensé aux Journées du Livre de Sablet.

Un fils parfait a été publié par Grasset le 1er février 2017 et chez Points l’année suivante. Il a reçu le Prix Claude Chabrol du roman noir. Inspiré d’une histoire vraie, Mathieu Menegaux y livre le récit du combat d’une mère contre la machine judiciaire.

C’est encore un roman de mœurs grave et bouleversant, qui se lit d’une traite et dont on ne peut absolument rien dévoiler.

Pour autant, la situation de départ est tout ce qu’il y a de plus simple : Maxime a tout du mari parfait. C’est un mari aimant, doublé d’un père investi et attentionné, qui mène également une carrière brillante. Jusqu’à ce que sa femme Daphné découvre par le plus grand des hasards que ce tableau idyllique comporte une faille… Entre eux, désormais, le conflit est inévitable et la lutte sera sans merci.

« Dans cette histoire, il aura suffi d’un minuscule détail pour emballer la machine. »

Jusqu’où une mère peut-elle aller pour faire valoir ses droits alors que personne n’accepte de la croire ? C’est tout le propos de ce roman magistral, aussi brillant que terrifiant, qui pointe du doigt les limites de notre système judiciaire.  

Poids de la culpabilité, jugement des autres, la confession de Daphné est poignante. Révoltante aussi. Et le drame qu'elle a vécu est quant à lui franchement sordide. Mais tout cela dépend bien sûr de quel côté on se place. Car c'est bien connu, sous la couche parfois bien épaisse du vernis social, les familles sont souvent moins reluisantes qu’il n’y parait de prime abord…

« J’avais beau faire partie à présent des rangs des victimes, je ne parvenais pas à m’identifier aux protagonistes de ces histoires dont je comprenais qu’elles se déroulaient le plus souvent dans le cadre d’un divorce conflictuelle et dans des milieux défavorisés. Je me revois dans ma chambre quatre étoiles à continuer à me sentir supérieure à « ces gens-là », juchée sur mon piédestal d’éducation, privilèges et de milieu. »

Noir, intense et dérangeant, Un fils parfait s’inscrit dans la même veine que l’envoûtante Chanson douce de Leïla Slimani. Mathieu Menegaux y montre comment des individus complètement normaux peuvent, en un instant, se retrouver aspirés dans une spirale incontrôlable qui va pulvériser leur vie et détruire leur réputation. Un roman fascinant à lire de toute urgence !