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Amélie ANTOINE, Les secrets.
391 pages.
Editions Michel Lafon (8 mars 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Et si le mensonge était, parfois, une ultime preuve d'amour ?

Vous l'aimez plus que tout au monde. Vous lui faites aveuglément confiance. Vous ne rêvez que d'une chose : fonder une famille ensemble. Mais rien ne se passe comme prévu.

Jusqu'où iriez-vous pour éviter de tout perdre ?

Une histoire racontée à rebours, car il n'y a qu'en démêlant les fils du passé que l'on peut comprendre le présent.

MON AVIS :

Après l'immense succès de Fidèle au poste (250.000 lecteurs en France et aux États-Unis), puis la confirmation de son talent original dans Quand on n'a que l'humour (paru sous le titre Les Silences en poche), Amélie Antoine s'impose comme une brillante romancière du suspense psychologique.

Mathilde, Adrien, Yasha, Elodie… Quels sont les liens qui unissent les personnages qu’Amélie Antoine a mis en scène dans son dernier roman, Les secrets, paru en mars dernier aux éditions Michel Lafon ? Sans trop en dévoiler - ce serait vraiment criminel de gâcher un suspense que l’auteure s’est évertuée à conserver intact jusque dans les dernières pages…, ce qui fait la force et l’originalité de ce roman, c’est sans conteste sa construction brillante ainsi que les sujets, difficiles - pour ne pas dire graves et douloureux - qu’Amélie Antoine explore avec beaucoup de sensibilité et d’émotion contenue.

Dans ce récit déstabilisant, entièrement conté à rebours, la curiosité du lecteur est d’emblée piquée au vif. Il faut dire qu’en véritable Parque des temps modernes, Amélie Antoine sait s’y prendre pour nouer et dénouer les fils du destin et ainsi entretenir les mystères et les secrets qui nimbent chacun de ses protagonistes. C’est aussi habile que redoutable !

Les secrets aborde le désir d’enfant impérieux, la maternité, les difficultés à concevoir mais explore aussi et surtout ce que cette infertilité peut engendrer au sein d’un couple. Un sujet a priori banal mais qui fait mal, tant l’infertilité croissante est devenue un vrai sujet d’actualité et d’inquiétude.

Que l’on soit ou non parent, la déception de Mathilde, sa culpabilité puis plus tard, sa souffrance, sont autant de lames qui s’enfoncent au plus profond de la chair du lecteur. Peut-être plus encore dans celle de la lectrice qui ne pourra que ressentir viscéralement la détresse du personnage. Encore qu’Amélie Antoine ne se soit pas contentée de ne décrire que le désarroi et les tourments de Mathilde. Parce que cette épreuve peut se vivre différemment selon qu’on soit un homme ou une femme, l’auteure raconte aussi l’infertilité d’un point de vue masculin. Les lecteurs pourront donc se sentir tout aussi concernés et/ou touchés que leurs homologues féminins à la lecture de ce roman psychologique au suspense impeccable !

Tout en dosant subtilement les émotions et les ressentis des uns des autres, Amélie Antoine a su créer des personnage complexes, ambivalents, et pour certains, à la limite de l’obsession et de la névrose.

« Parfois, les frontières entre sa vie réelle, sa vie imaginée, et même sa vie rêvée semblent floues, comme spongieuses. Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qu’elle a imaginé ? Il arrive que Mathilde ne soit plus vraiment capable de le dire. »

Et puis, il y a tant d’autres thèmes dans ce roman résolument contemporain ! Bien plus que le récit d’une femme en mal d’enfant et prête à tout pour devenir mère, c’est avant tout une réflexion sur la parentalité au sens large que propose l’auteure, qu’elle soit d’ailleurs ardemment désirée ou non consentie.

Ce thème est à la fois si universel et si personnel qu’il ne pourra que conférer une résonance unique au roman d’Amélie Antoine. S’il y a mille et une façons de le vivre et de l’interpréter, je ne peux que vous conseiller la lecture de ce roman touchant, à la fois trouble et amer, certes, mais surtout terriblement humain. C’est une réussite à de nombreux égards !