91-qgi+OBfL

Isabel WOLFF, Plume fantôme.
380 pages.
Editions JC Lattès (6 mai 2015).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Jenni est ghost writer, une plume fantôme, plus encline à accoucher les autres de leur passé qu'à se tourner vers le sien. Lorsque Klara, une octogénaire désireuse de raconter son internement dans un camp de Java, sous l'occupation japonaise, fait appel à ses services, Jenni s'enthousiasme pour le projet, avant d'apprendre que la vieille dame réside dans un certain village des Cornouailles qui lui est bien familier... Tout en amenant Klara à raconter son enfance, Jenni est contrainte de revenir sur son propre passé. Au contact l'une de l'autre, les deux femmes devront apprivoiser les mots pour apaiser leurs pires démons...

MON AVIS :

Isabel Wolff est née dans le Warwickshire, en Angleterre. Après des études de littérature anglaise à Cambridge, elle devient journaliste et collabore à divers quotidiens, comme l’Evening Standard et le Daily Telegraph. Reporter radio à la BBC, elle fait la revue de presse du journal télévisé du matin, quand elle publie son premier roman, Les Tribulations de Tiffany Trott en 1999. Toute la presse anglaise salue aussitôt la prose vive et expressive de cet auteur. Ce premier roman connaît un formidable succès en Grande-Bretagne et dans de nombreux pays. Avec Les Mésaventures de Minty Malone, parues en 2000, Isabel Wolff s'est définitivement imposée comme un grand auteur de comédies romantiques. Elle a ensuite publié Avis de grand frais (2002), Rose à la rescousse (2003), Misérable Miranda (2004), Les Amours de Laura Quick (2006), Accroche-toi, Anna ! (2008), Un amour vintage (2009) et Tout ton portrait (2012). Plume fantôme (2015) est son dixième roman publié aux Éditions JC Lattès. Il est désormais disponible chez Pocket depuis septembre 2016.

J’attendais fébrilement la sortie de Plume fantôme mais il aura fallu trois ans avant que je ne décide de m’y plonger ! Pourtant, Isabel Wolff est une auteure que j’aime à retrouver au fil du temps et dont j’ai lu la bibliographie avec grand plaisir. J’espérais donc vraiment que son dixième roman serait dans la même veine que Un amour vintage, qui reste, selon moi, le roman le plus abouti de l’auteure. Pour mon plus grand bonheur, la réponse est oui ! Isabel Wolff confirme avec Plume fantôme le tournant amorcé dans son précédent roman et signe un récit historique bouleversant et plein d’émotions, dans lequel elle dévoile un pan assez méconnu de la Seconde Guerre mondiale.

L’histoire, à proprement parler, ne révolutionne pas les codes du genre. Les amateurs de ce genre de romans en auront certainement lu des dizaines d’autres, construits selon le même schéma narratif, à ceci près que l’auteure y a ajouté des scènes si poignantes que son récit y a gagné en sensibilité, en justesse et en authenticité.

Comme à son habitude, Isabel Wolff a su créer une jolie galerie de personnages que l’on se régale à découvrir au fil des pages. Les confidences et confessions recueillies par Jenni plonge le lecteur dans une atmosphère très intime au cours de laquelle la très secrète Klara dévoile avec pudeur et émotion les souvenirs d’abord heureux, de son enfance passée sur l’île de Java. Puis petit à petit, l’octogénaire accepte de livrer l’extraordinaire récit de sa survie au sein d’un camp d’internement placé sous l’occupation japonaise. À ce stade du récit, j’étais si captivée par ma lecture que je ne pouvais plus m’en extirper. Les passages consacrés au passé de Klara et de sa famille étaient d’ailleurs mes préférés.

Je suis un peu plus mitigée quant à la tragédie familiale vécue par Jenni et par le dénouement un peu convenu qu’a choisi l’auteure mais ce n’est finalement qu’un petit bémol qui n’a pas affecté mon ressenti global sur ce roman ni terni mon plaisir de lecture.

En conclusion, Plume fantôme est une vraie belle fiction historique que l’on n’a plus envie de quitter une fois commencée.