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Laura McVEIGH, Sous les étoiles silencieuses.
336 pages.
Editions Fleuve (8 février 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

« Il y a certains voyages qu'on n'aimerait jamais avoir à faire.
Et que l'on fait pourtant s'ils offrent le seul moyen de survivre. »

Été 1990.

Afsana, 15 ans, se trouve à bord du Transsibérien vers la Russie. Elle vient de loin. De très loin. Sa ville, Kaboul, l'endroit où elle se sentait jadis chez elle, a été ravagée par la guerre civile, suite à l'arrivée des talibans.

Depuis, Afsana et les siens sont en fuite, parcourant le pays d'un bout à l'autre, en perpétuelle recherche d'un lieu où enfin trouver la paix.

Cet ultime trajet en train est l'occasion de se remémorer les événements qui ont précédé le départ, mais aussi toutes les étapes de cette longue fuite en famille. Afsana se souvient de la belle maison au cœur de la ville et de l'arbre de Judée dans le jardin, de l'amour de ses parents, de leur foi en l'avenir. Du bonheur d'être unis. Mais aussi de l'horreur qui s'immisce progressivement dans le quotidien et qui finit par les contraindre à partir.

Avec, au bout du voyage, une unique question : comment recommencer lorsque tout a été perdu ?

MON AVIS :

Laura McVeigh a grandi en Irlande du Nord. Diplômée de langues modernes et médiévales à l’université de Cambridge, elle a travaillé dans l’édition et le secteur humanitaire. Elle a récemment rejoint la direction de PEN International, l’association mondiale des écrivains pour la liberté d’expression. Par ailleurs, elle est diplômée du Royal Court Theatre Young Writer’s Program, membre de la Royal Sociaty of Arts et détient également une maîtrise en politique mondiale de l’université de Londres. Elle vit à Londres et à Majorque avec son mari et sa fille.

Que dire de ce premier roman sinon qu’il s’agit d’un roman bouleversant sur la force et la résilience de ceux qui ont été obligés de tout quitter et de recommencer leur vie à zéro ?

« Il est des voyages qu’on préférerait ne jamais entreprendre. Pourtant on part. On part parce qu’on n’a pas le choix, parce que c’est la seule façon de survivre. Ceci est mon voyage, celui que j’aurais voulu ne jamais faire. Mais je l’ai fait. Certaines choses ont survécu. D’autres ne peuvent être, ne serons jamais oubliées. Elles nous accompagnent jusqu’à la fin. »

Réflexion sur la guerre, la perte, la détresse, mais aussi sur l’espoir, l’amour, la paix et le bonheur de vivre unis et entourés des siens, le roman de Laura McVeigh relate les souvenirs douloureux d’Afsana, une jeune Afghane de 15 ans dont l’enfance et le quotidien ont été ravagés par la guerre civile et le régime imposé par les talibans. À travers elle, l’auteure raconte les interdictions et les lois absurdes qui grignotent sans cesse la liberté, réduit comme peau de chagrin les droits les plus fondamentaux de chacun. Elle décrit, parfois durement, les injustices, les dénonciations et l’horreur des exécutions sommaires qui poussent les habitants à fuir, à s’installer toujours plus loin, quitte à tout abandonner : leur maison, leur famille, leurs amis pour rester libres, mais surtout pour avoir une chance de rester en vie… Seulement, peut-on vraiment recommencer quand on a tout perdu ? Quand il ne reste plus rien, comment fait-on pour trouver, en soi, la force de ne pas baisser les bras ?

Les mots de la jeune Afsana et son incroyable maturité résonnent longtemps dans l’esprit du lecteur. Malgré l’horreur de ce qu’elle et les siens ont vécu, on retient surtout son courage et son immense détermination à toujours aller de l’avant. Même s’il arrive parfois qu’il faille reculer pour avancer, c’est bel et bien une exhortation à croire en soi et en l’avenir qui imprègne les pages de ce roman ! C’est chaleureux et finalement bien plus lumineux que ce que l’on aurait pu croire de prime abord. Une lecture essentielle, à recommander au plus grand nombre !