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Barbara DRIBBUSCH, Le Bois des Ombres.
352 pages.
Editions Les Escales (5 octobre 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

À la mort de sa grand-mère, Anne Südhausen hérite d'un mystérieux médaillon en argent et découvre, cachés sous le lit, une dizaine de cahiers d'écolier à la couverture noire. Un journal intime que sa grand-mère Charlotte a rédigé en 1943, lors de son séjour au Bois des Ombres.

En lisant ces carnets, Anne découvre un pan de la vie de sa grand-mère dont elle ignorait tout. Quel était ce Bois des Ombres, cette mystérieuse clinique autrichienne, dans laquelle sa grand-mère a vécu pendant la Seconde Guerre mondiale ? Quelles expériences psychiatriques, menées par les nazis, abritait-elle ? Qui était vraiment son énigmatique directeur ?

Alors qu'elle n'a qu'une hâte, avancer chaque jour un peu plus dans la lecture de ce journal, Anne se rend compte que deux des carnets ont disparu...

Un roman bouleversant où présent et passé s'enlacent, et où la petite histoire rejoint la grande.

MON AVIS :

Barbara Dribbusch est journaliste au Tageszeitung depuis 1993 et vit actuellement à Berlin. Elle a consacré ces dernières années à des recherches sur l'histoire de la psychiatrie des années 1920 au régime nazi. Le Bois des Ombres est son premier roman.

En contant une histoire captivante et toute nimbée de mystère, Barbara Dribbusch aborde un sujet révoltant et rarement traité, qui marque encore notre époque de son empreinte. Il ne suffit que de quelques pages pour que l’on se sente réellement happé par l’étrange sanatorium du Bois des ombres. Que s’est-il passé dans cette clinique autrichienne dans laquelle la grand-mère d’Anne a trouvé refuge pendant la Seconde Guerre mondiale ? Qui était vraiment l’énigmatique directeur et à quelles expériences psychiatriques se livrait-il au sein de son établissement ? Les réponses se trouvent dans les carnets intimes qu’Anne découvre à la mort de sa grand-mère…

Comme Anne, le lecteur plonge au cœur de la barbarie et de la cruauté nazie. C’est passionnant, édifiant même, et une fois commencé, il est très difficile de s’extraire de ce roman bouleversant où passé et présent s’entremêlent habilement.  

Entre eugénisme, politique d’hygiène raciale et éradication médicale visant à l’élimination des « vies indignes et/ou sans valeur » …, Barbara Dribbusch évoque les différentes mesures mises en place par les nazis pour améliorer le « capital humain » biomédical de la nation. Mais que les âmes sensibles se rassurent, là où on s’attend à lire des passages particulièrement poignants, cruels et révoltants, l’auteure préfère ménager la sensibilité de ses lecteurs en restant très en surface. Certains apprécieront d’être ainsi préservés de la violence et de l’horreur, d’autres moins. Question de point de vue…