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Mary MARCUS, Le refuge des souvenirs.
456 pages.
Editions Presses de la Cité (16 mars 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

En Louisiane, en 1963, la haine est partout, mais les liens du cœur sont parfois plus forts que ceux du sang.

Mary Jacob grandit dans l’indifférence générale. Son unique confidente : Lavina, la domestique noire de la famille, qui la considère comme sa fille. Quand Lavina est tuée lors d’incidents raciaux, Mary Jacob est envoyée en pension sans que le drame soit jamais évoqué. Pour se protéger, la fillette oublie tout de cette période.

Trente ans plus tard, Mary Jacob retourne dans sa ville natale, auprès de son père mourant. Sur les traces de son passé, la jeune femme recouvrera-t-elle la mémoire ? Pourra-t-elle faire la paix avec sa propre histoire et avec Billy Ray, le fils de Lavina, blessé par le silence et les non-dits ?

Porté par trois voix uniques et bouleversantes, ce roman juste et puissant rappelle les lois raciales qui sévissaient encore récemment aux États-Unis et l’importance de retenir les leçons de l’Histoire.

MON AVIS :

Mary Marcus a grandi en Louisiane, où elle a été élevée par la femme de ménage de sa mère durant les dernières années de la ségrégation. Elle a travaillé dans la publicité et dans la mode et partage aujourd’hui sa vie entre Los Angeles et Long Island.

Le refuge des souvenirs est son premier roman traduit en France. Paru en mars dernier aux éditions Presses de la Cité, le roman caracole depuis en tête des ventes. La raison de cet engouement est simple : dans cette Amérique ségrégationniste de Martin Luther King, où la haine est partout, l’auteure revient sur l’importance et la puissance des liens du cœur. Son histoire, bouleversante, est celle d’un retour aux racines sur fond de mémoire ségrégationniste, un roman polyphonique sensible et pudique, qui retrace les heures les plus sombres d’un passé séparatiste pas si lointain et éclaire les atrocités commises au nom de lois raciales scélérates et injustifiées qui sévissaient encore au début des années 60.

Au cours de l'été brûlant de 1963, la ségrégation fait rage dans la petite ville de Murpheysfield. Mary Jacob, douze ans, mal aimée par sa famille, trouve refuge auprès de Lavina, la cuisinière noire, qu'elle considère comme sa mère. Mais, lors d'incidents raciaux, la domestique est tuée. Mary Jacob, choquée, sera alors envoyée en pension sans qu’on revienne sur ce drame. Pour se protéger, elle oubliera tout de cette période de sa vie.

Trente ans plus tard, apprenant que son père est mourant, Mary Jacob retourne dans sa Louisiane natale. Partie sur les traces de son passé, la jeune femme retrouvera-t-elle la mémoire de son enfance brisée ? Pourra-t-elle faire la paix avec sa propre histoire et avec Billy Ray, le fils de Lavina, blessé par le silence et les non-dits ?

À travers le personnage meurtri de Billy Ray (et outre les thèmes du pardon, de la tolérance et de la reconstruction de soi que Mary Marcus aborde d’ailleurs avec beaucoup de justesse), l’auteure souligne également à quel point la résilience des afro-africains est fragile. La haine des petits blancs d’hier pour les hommes et femmes de couleur renvoie au racisme d’aujourd’hui et à la question de l’identité raciale, toujours aussi brûlante, de nos jours, aux États-Unis comme sur tous les autres continents.

Dit ainsi, on pourrait penser que le roman de Mary Marcus excite le sentiment de haine ou de vengeance, mais au contraire, Le refuge des souvenirs véhicule un puissant et apaisant message d’optimisme et d’espoir, et traite du thème de la ségrégation sans aucune velléité de rébellion. C’est un roman à la fois âpre, puissant et courageux qui relance, avec intelligence, le débat du racisme et de la tolérance.

Plus que jamais d’actualité, on peut tout à fait comparer la radiographie sociale que Mary Marcus donne de la petite ville de Murpheysfield avec les récents événements de Charlottesville. Encore une preuve édifiante, s’il en fallait une, que l’être humain ne retient décidément rien des leçons de l’Histoire… Une lecture indispensable donc pour bien comprendre que l’identité et le sentiment d’appartenance n’ont rien à voir avec la couleur de peau et que les liens du cœur peuvent parfois surpasser ceux du sang…

Je remercie les éditions Presses de la Cité de leur confiance.