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Jonathan COE, La pluie, avant qu'elle tombe.
272 pages.
Editions Folio (1 avril 2010).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen. S'appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd'hui, l'histoire de trois générations de femmes, liées par le désir, l'enfance perdue et quelques lieux magiques. Et de son récit douloureux et intense naît une question, lancinante : y a-t-il une logique qui préside à ces existences ? Tout Jonathan Coe est là : la virtuosité de la construction, le don d'inscrire l'intime dans l'Histoire, l'obsession des coïncidences qui font osciller nos vies entre hasard et destin. Et s'il délaisse cette fois le masque de la comédie, il nous offre du même coup son roman le plus grave et le plus poignant.

MON AVIS :

Né en 1961, à Birmingham, en Angleterre, Jonathan Coe a fait ses études à Trinity College à Cambridge. Il a écrit des articles pour le Guardian, la London Review of Books, le Times Literary Supplement... Il a reçu le prix Femina Étranger en 1995 pour son quatrième roman, Testament à l’anglaise et le prix Médicis Étranger en 1998 pour La Maison du sommeil.

Il me tardait de découvrir la plume de Jonathan Coe et plus particulièrement ce roman, La pluie, avant qu’elle tombe, qu’on m’avait vivement conseillé à de très nombreuses reprises. Il aura fallu un été arrosé, drôle de concours de circonstances (à moins qu’il ne s’agisse d’une coïncidence...) pour que je me décide à sauter le pas et que je découvre l’histoire émouvante et ô combien troublante de ces trois générations de femmes, liées par le désir, l’enfance perdue et quelques lieux magiques…

J’ai tout aimé de ce roman de Jonathan Coe : la virtuosité de la construction, le don d’inscrire l’intime dans l’Histoire et l’obsession des coïncidences qui font osciller nos vies entre hasard et destin ! L’histoire de ces trois femmes est si grave, si douloureuse, si poignante qu’elle en devient inoubliable et universelle ! Parce qu’elle trouve un écho particulier ou provoque une résonnance particulière en chacun d’entre nous, la confession de Rosamond convoque nos propres souvenirs et fait ressurgir les moments les plus marquants de notre enfance.

Difficile d’en dévoiler davantage sans gâcher la révélation progressive de cette histoire familiale secrète et insoupçonnée... Il faut plonger, s’immerger dans les pages de La pluie, avant qu’elle tombe pour saisir toute la finesse et l’élégance rare dont Jonathan Coe fait preuve dans son récit ! Il y a peu de romans qui parlent aussi bien, avec autant de pudeur et de sensibilité, d’amour et de la façon dont le manque d’amour se transmet de génération en génération. La pluie, avant qu’elle tombe fait partie de ceux-là !

« Et certes, partout dans le monde, il y a des enfants auxquels leurs parents infligent des choses bien pires, j’en suis consciente. Mais malgré tout, il me paraît important, il me paraît essentiel de ne pas sous-estimer ce qu’on doit ressentir quand on se sait mal-aimé par sa mère. Par sa mère, celle qui vous a donné le jour ! C’est un sentiment qui ronge toute estime de soi et détruit les fondements mêmes d’un être. Après ça, il est très difficile de devenir une personne à part entière. »

L’atmosphère pleine d’émotion et de délicatesse de ce roman vous hantera longtemps après avoir tourné la dernière page ! Une pure merveille !