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Etienne DESLAUMES, Violences ayant entraîné la mort dans intention de la donner.
281 pages.
Editions Buchet Chastel (24 août 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Accident ou suicide ? Réunis pour les funérailles d’Armande, ses proches s’interrogent et revisitent le passé. Leurs monologues dessinent le portrait de deux familles très – trop ? – proches, qui ont enlacé leurs destins jusqu’au drame. Leurs pensées agitent sous nos yeux le ballet de ces questions auxquelles chaque âge a ses réponses : à quoi reconnaît-on l’amour ? comment faire durer le miracle ? où finit l’amitié ? Et surtout : peut-on vivre sans secrets ?

MON AVIS :

Étienne Deslaumes est né en 1963. Son Journal ambigu d’un cadre supérieur (éditions Monsieur Toussaint Louverture en 2012, repris chez Pocket en 2014) a été un succès. Il vit aujourd’hui dans le 15ème arrondissement de Paris. Violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sera publié le 24 août prochain aux éditions Buchet Chastel (Qui Vive).

Réunis pour les funérailles d’Armande, une quinquagénaire décédée dans un accident de la circulation (à moins qu’il ne s’agisse d’un suicide…), les proches s’interrogent et revisitent le passé. Leurs monologues intérieurs leur permettent de revenir sur leurs relations avec la défunte ainsi que sur leur propre existence. Qu’ont-ils fait de leur vie ? Que leur reste-t-il ? L’événement dramatique que constitue le décès prématuré d’Armande permet à chacun d’établir un constat.

Au travers de ces récits entremêlés se dessine le portrait de deux familles très proches, trop proches, qui ont enlacé leurs destins jusqu’au drame, une relation complexe qui a, peut-être, entraîné un certain nombre d’ambiguïtés…

« Parfois, les violences involontaires entraînent la mort sans intention de la donner, pour reprendre la terminologie du Code pénal. [...] Oui, sans doute peut-on mourir d'amour, de non-amour, de manque d'amour. L'amour est la seule donnée importante. Le reste ? Des fioritures. »

Etienne Deslaumes signe un roman captivant, très intimiste mais surtout riche en réflexions, dans lequel il aborde des thèmes graves et universels, comme l’amour, l’amitié, la vie après la mort, ou encore l’identité sexuelle, autant de questions intemporelles qui ne pourront que préoccuper et interpeller les lecteurs mais aussi les êtres imparfaits et faillibles que nous sommes ! C’est intéressant, très intéressant même ! D’émotions en sourires, on se surprend à tourner les pages, à dévorer les chapitres les uns après les autres pour découvrir au plus vite les pensées de chacun des personnages… Difficile d’en dire davantage sinon que les dernières pages apportent un éclairage différent sur les raisons qui, peut-être, ont pu faire basculer la vie d’Armande dans cette autre temporalité…

Entre mensonges, non-dits, infidélités et doutes existentiels, Etienne Deslaumes offre un décryptage sociologique sans fard des nouveaux codes de la famille bourgeoise. Le tableau n’est guère flatteur et les familles qu’il décrit paraissent plus dysfonctionnelles et décomposées qu’enjouées et bien dans leurs baskets ! Pourtant, en dépit de la gravité et du cynisme du propos, le roman est intense, pétillant et plein d’humanité ! Le suspense et l’ambivalence qui entourent la disparition d’Armande fonctionnent comme autant de contrepoids efficaces : la révélation du secret qui a bouleversé Armande et fait voler son existence en éclats risque de surprendre plus d’un lecteur !

Je remercie Babelio et les éditions Buchet Chastel de leur confiance.