FOENKINOS, David : La tête de l'emploi
David FOENKINOS, La tête de l'emploi.
288 pages.
Editions J'ai Lu (8 janvier 2014).
QUATRIEME DE COUVERTURE :
A 50 ans, Bernard se voyait bien parti pour mener la même vie tranquille jusqu'à la fin de ses jours. Mais parfois l'existence réserve des surprises... De catastrophe en loi des séries, l'effet domino peut balayer en un clin d'œil le château de cartes de nos certitudes. Et le moins que l'on puisse dire est que cet homme ordinaire, sympathique au demeurant, n'était pas armé pour affronter ce qui l'attendait.
Buster Keaton post-moderne, il va devoir traverser ce roman drôle et mélancolique pour tenter de retrouver sa place dans un monde en crise.
MON AVIS :
Dans ce roman ancré dans une société en crise, David Foenkinos signe le portrait touchant d'un antihéros en pleine crise existentielle. Une comédie douce amère, teintée d'ironie, qui s'inscrit dans la lignée de Je vais mieux.
La tête de l'emploi n'est pas seulement une comédie sur la crise de la cinquantaine. C'est aussi, mais surtout, le roman d'une reconstruction après une série d'échecs, à travers lesquels Bernard, le personnage principal, un quinquagénaire un peu lunaire et maladroit, redécouvre ses proches et se redécouvre lui-même pour mieux pouvoir rebondir et trouver sa place au sein d'une société en crise. C'est émouvant, profond, sincère, parfois un peu mélancolique mais surtout très drôle ! Car Bernard a tout de l'antihéros. Ordinaire, un peu falot, il est en retard sur tout et surtout sur la compréhension de ce qui lui arrive. Comme le François Pignon des films de Veber, il n'est en phase ni avec la réalité, ni avec son époque.
"Le Bernard impose une sorte de familiarité tacite, pour ne pas dire immédiate. On n'a pas peur de taper dans le dos d'un Bernard. Je pourrais me réjouir de porter un prénom qui est une véritable propagande pour se faire des amis. Mais non. Avec le temps, j'ai saisi la dimension sournoise de mon prénom : il contient la possibilité du précipice. Oui, j'ai toujours ressenti le compte à rebours de l'échec, dans cette identité qui est la mienne. Il y a des prénoms qui sont comme la bande-annonce de leur destin. A la limite, Bernard pouvait être un film comique. En tout cas, il est certain que je n'allais pas révolutionner l'humanité."
Même si l'auteur le décrit comme un personnage finalement sympathique et touchant, le moins que l'on puisse dire c'est que Bernard n'était pas armé pour affronter les galères qui l'attendaient. Et pourtant, on le verra, l'existence réserve parfois de drôles de surprises...
Alors bien sûr, certains pourront regretter que l'auteur se borne à reprendre les clichés existentiels dont on nous a longuement rebattu les oreilles ! Et c'est vrai. Dans La tête de l'emploi, David Foenkinos reprend sans grande originalité les thèmes qu'il a déjà exploités dans ses précédents romans. Mais en dépit d'une intrigue un peu convenue, il a au moins le mérite de nous offrir son style, inimitable, pour traiter de manière réjouissante et presque burlesque de sujets qui font malheureusement partie de notre quotidien. Divorce, chômage, précarité, reconversion tardive, mal-être au travail, détresse affective et solitude n'auront jamais autant fait rire le lecteur !
Entre comédie romantique et analyse psychologique, La tête de l'emploi est un récit plein d'humour, de délicatesse et d'ironie. Un aimable mélange de superficialité au charme piquant et à la saveur douce amère. Un roman sympa, qui émeut tout autant qu'il divertit !
Je remercie les éditions J'ai Lu de leur confiance.
