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Caroline DORKA-FENECH, Rosa Dolorosa.
288 pages.
Editions de la Martinière (27 Août 2020).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

« Elles étaient au nombre de douze. Douze méduses qui plongèrent parmi les bulles éclairées au néon dans l'aquarium. Leurs tentacules flottant comme des fourreaux de fantômes. »

Dans les rues serpentines du Vieux-Nice, Rosa déambule au bras de son fils, Lino. Ensemble ils rêvent de posséder un hôtel dans lequel un immense aquarium accueillerait des méduses. À peine dix-neuf ans d'écart, ils forment un duo inséparable. Jusqu'au jour où Lino est arrêté et emprisonné pour le meurtre d'un enfant.

Pour Rosa, l'innocence de son fils est incontestable. Dans un ballet d'images charnelles, poétiques, la mater dolorosa se lance dans une quête sublime et dévorante. Mais jusqu'où l'amour maternel peut-il conduire ?

MON AVIS :

Née en 1975, Caroline Dorka-Fenech, diplômée de lettres modernes et de l'Atelier scénario de la FEMIS, a travaillé comme lectrice de scénarios, script doctor et enseignante. Rosa dolorosa, son premier roman, est le fruit d'un travail de dix ans et c’est bel et bien un roman choc, qui laisse le lecteur complètement médusé !

Caroline Dorka-Fenech plonge ses lecteurs dans les affres d’une mère, prête à tout pour défendre son fils mais quand le couperet tombe, que la culpabilité de Lino est dévoilée au grand jour, s’engage alors un véritable combat, un duel entre l’amour infini d’une mère et l’implacable et effroyable vérité… La façon dont l’auteure décrit cette lente et inexorable mécanique, ce moment terrifiant où elle s’aperçoit que son fils n’est rien d’autre qu’un horrible meurtrier, est absolument fascinante...

La complexité du sujet, le questionnement que ne manque pas de susciter cette histoire à la fois sordide et déchirante, la déferlante d’émotions qui résulte de cette situation tragique, rien ne manque au roman de Caroline Dorka-Fenech. Sa « mère de douleur » captive et émeut par son courage et son abnégation sans faille. À elle seule, elle cristallise la souffrance éthique, psychologique, émotionnelle et physique.

Evidemment, les lecteurs ne s’y sont pas trompés ! Amélie Nothomb elle-même s’est laissé prendre dans les filets de ce roman « terrible et addictif » ! Tout est dit ! Pourtant, il y aurait fort à redire du style rudimentaire, de cette écriture directe, factuelle et presque banale ! Mais il n’empêche que cet amour sans limite interroge… Rosa Dolorosa est un premier roman captivant, dont se dégage une ambiance et une force vraiment hors du commun !