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Sarah HAYWOOD, Le cactus.
448 pages.
Editions Denoël (7 juin 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

À quarante-cinq ans, Susan Green s’est fabriqué une vie parfaite : elle a un métier qu’elle adore, un joli studio dans lequel elle cultive ses précieux cactus, un arrangement bien particulier avec Richard, qui lui procure sorties culturelles et satisfaction sexuelle. Tout est sous contrôle, sauf son insupportable frère, Edward, un fainéant alcoolique qui vit aux crochets de leur mère malade. Cette merveilleuse mécanique commence à se dérégler quand Susan apprend qu’elle est enceinte (comment a-t-elle pu faire une erreur aussi énorme ?) et que sa mère décède en laissant à Edward la totalité de sa maison (comment sa mère a-t-elle pu la trahir ainsi ?). Hors de question de garder Richard, le père de l’enfant, dans le paysage, leur accord était très clair, et hors de question de laisser son frère hériter ! Déterminée, inflexible, Susan se bat sur tous les fronts, en vain. L’inaccessible « cactus » va-t-il enfin laisser un peu de place à l'improvisation et au lâcher-prise ?

MON AVIS :

Née à Birmingham, Sarah Haywood est avocate et vit aujourd'hui à Liverpool avec son mari et ses deux fils. Le Cactus est son premier roman. Il met en scène une héroïne un peu spéciale qui ne laisse personne s’approcher trop près d’elle et fuit toute sorte d’engagement sentimental. Jusqu’au jour où sa vie va basculer…

Très bien écrit mais tout à fait accessible, drôle et émouvant, Le cactus fait partie des ces romans à part, totalement inclassables, pour lesquels on craque dès les premières pages. Décalée mais terriblement tendre et attachante, Susan Green, dont la vie est minutieusement réglée selon une routine étrange, va se trouver chamboulée lorsqu’elle découvre qu’elle est enceinte et que sa mère décède en laissant à son frère Richard l’usufruit de la maison familiale. Déterminée et inflexible, cette quadragénaire au charme déconcertant et à l’humour aussi piquant que les cactus qu’elle collectionne, entreprend alors de récupérer la part d’héritage dont sa mère l’a privée. Pour cela, elle devra devra se dépouiller de ses épines et se confronter au monde extérieur, aux autres ainsi qu’à un secret de famille farouchement gardé… Parviendra-t-elle à laisser place à l’improvisation et au lâcher prise, c’est tout le propos du roman de Sarah Haywood !

Au fil des pages et de ses rencontres pour le moins improbables, Susan va comprendre qu’elle a besoin du concours et de l’amitié des autres pour s’épanouir et vivre une vie heureuse et harmonieuse. Contrainte à laisser derrière elle un passé familial traumatique qui l’obligeait à vivre dans une profonde solitude et un isolement quasi-total, Susan va peu à peu grandir et panser ses blessures.

Car on le devine assez vite, l’enfance de Susan n’a pas été un chemin de roses… Sarah Haywood s’en explique à la toute fin de son roman mais sème néanmoins de minuscules indices qui permettent au lecteur de comprendre à demi-mots le comportement étrange et décalé de son héroïne. On ne peut alors que ressentir de l’empathie et être admiratif de la volonté dont Susan fait preuve pour s’ouvrir aux autres et se sentir enfin mieux ! Avec elle, on découvre qu’il n’est jamais trop tard pour (ré)apprendre à vivre. C’est vraiment touchant !

Réjouissante, puissante, poignante, l’histoire de Susan a ce « je ne sais quoi » de lumineux qui invite le lecteur à voir la vie sous son meilleur angle ! Le cactus est un roman astucieux, plein d’optimisme et d’espoir que l’on referme avec le sourire aux lèvres et des étoiles dans les yeux !