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Yves JACOB, Le silence de Justine.
312 pages.
Editions Calmann-Lévy (24 avril 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Par une nuit de novembre 1872, sur les hauteurs de Rouen, Delphin Luce, un garçon de dix ans, et la jeune Justine Boulard sont sauvagement agressés, au retour de l’usine de tissage où ils sont employés. L’enfant périt dans cette attaque qui bouleverse la Normandie.
Lorsqu’elle recouvre la parole, Justine varie dans la description de son agresseur et la police multiplie les arrestations, aiguillonnée par la presse, les rumeurs, les dénonciations. Enfin, à la surprise générale, la jeune fille désigne un proche, père de famille jouissant d’une honorable réputation.

Faut-il la croire ? Confronté à la fragilité des témoignages, à l’ambiguïté des faits, aux silences de Justine qui réveillent les spectres de l’occupation prussienne récente, le juge d’instruction Julien Delavigne doit éclairer de bien sombres mystères. Avant de guider la justice vers un inattendu coupable…

MON AVIS :

Tout en dénouant les fils d’une authentique énigme judiciaire, Yves Jacob, récompensé notamment par le prix Guillaume-le-Conquérant et le prix du Roman populaire, brosse une passionnante peinture de la Normandie du XIXème siècle, entre ville et campagne, bourgeoisie distinguée et monde ouvrier.

L’auteur donne un éclairage très intéressant sur l’acte civique et le devoir citoyen des jurés d’assises, qui selon leur « intime conviction », sont chargés de rendre la justice.

Mais comment décide-t-on de la culpabilité de quelqu’un ? Comment choisit-on sa peine, sachant qu’au moment des faits décrits par Yves Jacob, la peine capitale était toujours en vigueur ?

Les questions de responsabilité et de l’angoisse du « pouvoir de juger » se posent alors. Elle forcent le lecteur à réfléchir au fait que la peine de mort est irréversible et le risque d’exécuter un innocent toujours présent…