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Catherine BOISSEL, Les Portes du bonheur.
352 pages.
Editions Presses de la Cité (14 septembre 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

La Première Guerre mondiale racontée sous un angle inédit : le rôle primordial des chevaux sur le front, aux côtés des soldats. Une prise de conscience que vit Pauline, infirmière issue du monde rural, qui a quitté son village de Normandie et les siens parce qu’il lui semblait avoir tout perdu…  

Intense et volontaire. Telle est Pauline, dix-sept printemps, qui a hérité de son père l’amour de la terre et des bêtes. Dans ce village du Calvados, la Grande Guerre, comme partout, a mobilisé les hommes mais aussi les chevaux. Ainsi, Pompon, fier percheron avec lequel Pauline a grandi, est sur le front pour tirer les trains d’artillerie. Une déchirure pour la jeune fille. C’est aussi le cœur chaviré qu’elle revoit par hasard Henri, amour secret et impossible, la veille de son départ pour la Somme. Une lettre du jeune homme qui va décider de son destin…

En côtoyant au plus près la guerre et tout ce qu’elle pulvérise – l’espoir, les vies, les familles –, Pauline, enrôlée comme infirmière, peut-elle encore croire aux miracles ?

MON AVIS :

Catherine Boissel a grandi à Isigny-sur-Mer, dans le Calvados, au seuil des marais du Cotentin, où vit sa famille depuis de nombreuses générations. Elle conserve un souvenir émerveillé de son enfance insouciante et libre au cœur de ce paysage sauvage et grandiose. Ingénieur d'études, elle travaille à l'Université Caen-Normandie (ESPE). Écrire des œuvres de fiction est resté pour elle un rêve pendant de nombreuses années. D'abord spécialisée en littérature jeunesse, elle a rédigé des articles dans des revues professionnelles destinées aux enseignants, ainsi qu'un essai consacré aux contes traditionnels. Alors qu'elle n'y comptait plus, au milieu des années 2000, un château fort en ruine au cœur des marais de Carentan lui souffle sa première nouvelle de fiction. Celle-ci est d'abord publiée dans un magazine, puis en recueil avec six autres textes. Suivent alors trois romans réunissant ses trois grandes passions : les marais du Cotentin, les chevaux et le Moyen Age.

Dans Les Portes du bonheur, si on retrouve les marais et les chevaux, elle aborde une époque plus proche de nous qui, pour des raisons familiales, lui tient beaucoup à cœur : la Première Guerre mondiale. Même si le thème des chevaux n’apparaît qu’en filigrane, l’histoire de Catherine Boissel fait partie de celles qui brisent le cœur et serrent la gorge. L’auteure a su rendre un hommage vibrant aux infirmières et médecins pendant la Première Guerre mondiale. Son récit fascinant rend parfaitement compte des difficultés de la médecine et des conditions horribles dans lesquelles les soldats tout comme les civils ont dû vivre.

Mais les âmes sensibles seront prévenues que Catherine Boissel n’hésite pas à étoffer son récit de scènes éprouvantes, parfois difficilement soutenables pour le lecteur. Aux côtés de Pauline et Henri, on découvre les horreurs endurées par les combattants, les membres à amputer, les visages défigurés et les maladies qui accompagnent les temps de guerre. De la boucherie des Éparges dans la Meuse au tristement célèbre Chemin des Dames dans l’Aine, Catherine Boissel raconte la guerre, la vie dans les tranchées, l’épuisement des hommes et ces milliers de vies fauchées pour rien…

Pourtant, malgré l’immense sentiment de gâchis et d’incompréhension, on ne peut s’empêcher d’espérer un avenir meilleur pour Pauline, de conserver, malgré cette guerre indifférente et absurde qui broie et détruit tout sur son passage, une infime mais tenace lueur d’espoir. Car finalement, ce qu’il faut retenir de cette poignante histoire, c’est que la vie finit toujours par reprendre ses droits…

Les portes du bonheur est un témoignage bouleversant de l’horreur et des atrocités commises pendant la Première Guerre mondiale autant qu’un vibrant hommage à toutes celles et ceux qui sont morts dans des conditions épouvantables.