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Kate MORTON, La prisonnière du temps.
624 pages.
Editions Presses de la Cité (4 avril 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

« Mon vrai nom, personne ne s'en souvient. La vérité à propos de cet été-là, personne ne la connaît. »

 À l'été 1862, un groupe de jeunes peintres proches des Préraphaélites, menés par le talentueux Edward Radcliffe, s'installe au Birchwood Manor, sur les rives de la Tamise. Là, inspiré par sa muse, la sulfureuse Lily avec qui il vit une passion ravageuse, Edward peint des toiles qui marqueront l'histoire de l'art. Mais à la fin de sa retraite, une femme a été tuée, une autre a disparu, un inestimable diamant a été dérobé, et la vie d'Edward Radcliffe est brisée.

Plus d'un siècle plus tard, Elodie Winslow, jeune archiviste à Londres fiancée à un golden-boy qui l'ennuie, découvre dans une vieille sacoche deux objets sans lien apparent : le portrait sépia d'une femme à la beauté saisissante en tenue victorienne, et un cahier de croquis contenant le dessin d'une demeure au bord de l'eau. Pourquoi le Birchwood Manor semble-t-il si familier à Elodie ? L'inconnue de la photo pourra-t-elle enfin livrer tous ses secrets ? Et si, en l'entraînant sur les traces d'une passion d'un autre siècle, son enquête l'aidait à percer le mystère de ses propres origines et à enfin mener la vie qu'elle désire ?

MON AVIS :

Titulaire d'une maîtrise sur la littérature victorienne, férue de gothique, l'Australienne Kate Morton est depuis toujours fascinée par les romans d'atmosphère. Son premier roman, Les Brumes de Riverton (Presses de la Cité, 2007), écrit à 29 ans, est un succès mondial, bientôt suivi par Le Jardin des secrets (2009) et Les Heures lointaines (2011), puis La Scène des souvenirs (2013), chez le même éditeur, ainsi que L'Enfant du lac, toujours publié aux Presses de la Cité en 2016. Avec plus de plus de 10 millions d'exemplaires vendus à son actif, Kate Morton est publiée dans 38 pays. Grâce à son dernier roman, La prisonnière du temps, paru en avril dernier, l’auteure confirme son talent et sa place sur la scène littéraire internationale.

Pourtant, il est difficile de résumer un roman aussi dense et aussi intense que La prisonnière du temps à un seul fil conducteur. Le roman explore, comme bien souvent chez cette auteure, des domaines divers et traite, entre autres, du temps et de son absence, de la vérité et de la beauté, de la peinture préraphaélite, des pionniers de la photographie, des maisons et de la notion de foyer, des rivières, des fleuves et de la force qui imprègne certains lieux…

Il y a, indéniablement, quelque chose de Daphné du Maurier dans ce roman. Impossible en lisant les passages consacrés à Birchwood Manor, de ne pas penser au majestueux manoir de Manderley, à Rebecca de Winter ! De la même manière que son illustre consœur, Kate Morton a su tramer une incroyable histoire hantée où illusion et réalité, passé et présent s’imbriquent subtilement et se recoupent, révélant par la même occasion à un lecteur ébahi le mystère des origines de la jeune Elodie Winslow. C’est captivant de bout en bout mais c’est surtout incroyablement bien maîtrisé !

Grâce à une imagination hors du commun et un talent de conteuse exceptionnel, l'auteure n'a pas son pareil pour créer des intrigues parfaitement ficelées. Son sens aiguisé de la description emporte le lecteur dans un tourbillon de scènes où tout s'anime et prend vie ! Tout particulièrement Birwoord Manor, cette immense bâtisse victorienne sur les rives de la Tamise, qui est à elle seule un personnage à part entière de l’histoire imaginée par Kate Morton. Dépositaire du secret entourant la mort du talentueux peintre Edward Radcliffe, c'est cette vieille maison désormais délabrée et solitaire qu'il faudra fouiller pour résoudre le mystère de cet été 1862…

Certes, il faut faire preuve de patience avant que Kate Morton ne se décide à dévoiler la vérité et les liens qui lient chacun de ses personnages. La psychologie des personnages, tout autant que les situations ou les paysages décrits, tout est détaillé, fouillé à l’extrême ! Mais comme à chaque fois avec cette auteure, les révélations sont stupéfiantes.

Si l’intrigue, complexe et foisonnante, oblige le lecteur à rester vigilant au moindre détail, La prisonnière du temps est un roman d’atmosphère somptueux et envoutant dans lequel rien ne manque ! Peut-être même le meilleur que Kate Morton ait écrit !

Je remercie les éditions Presses de la Cité pour leur confiance.