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Marie VAREILLE, La vie rêvée des chaussettes orphelines.
400 pages.
Editions Charleston (12 juin 2019).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

En apparence, Alice va très bien (ou presque). En réalité, elle ne dort plus sans somnifères, souffre de troubles obsessionnels compulsifs et collectionne les crises d’angoisse à l’idée que le drame qu’elle a si profondément enfoui quelques années plus tôt refasse surface.

Américaine fraîchement débarquée à Paris, elle n’a qu’un objectif : repartir à zéro et se reconstruire. Elle accepte alors de travailler dans une start-up dirigée par un jeune PDG fantasque dont le projet se révèle pour le moins... étonnant : il veut réunir les chaussettes dépareillées de par le monde. La jeune femme ne s’en doute pas encore, mais les rencontres qu’elle va faire dans cette ville inconnue vont bouleverser sa vie.

Devenue experte dans l’art de mettre des barrières entre elle et les autres, jusqu’à quand Alice arrivera-t-elle à dissimuler son passé ?

MON AVIS :

Comme n'importe quelle fille de 30 ans, Marie Vareille croule sous les problèmes existentiels : une vie amoureuse qui passe sans crier gare du néant le plus total à la tragédie grecque, une dangereuse tendance à prendre les Mojitos pour des menthes à l'eau et une carte bleue hors de tout contrôle... Seul remède à ses déboires : s'inventer des histoires ; elle écrit depuis qu'elle a été en âge d'aligner trois phrases sur ses cahiers Hello Kitty. Son roman best-seller, Je peux très bien me passer de toi, a reçu le 1er prix des lectrices Confidentielles en 2015. Depuis, l’auteure, qui se consacre désormais à l’écriture, a remporté de nombreux prix en littérature jeunesse pour sa trilogie Elia la passeuse d’âmes et conquis plus de 400.000 lecteurs.

La vie rêvée des chaussettes orphelines, le septième roman de Marie Vareille, publié aux éditions Charleston le 12 juin dernier, a suscité un tel enthousiasme parmi les lecteurs qu’il était tout bonnement impossible de passer à côté !

Derrière son titre déjanté, ce roman, qui aborde des thèmes personnels, est étonnement complexe, poignant et profondément humain. Il y est notamment question de désir d’enfant, de difficulté à concevoir, mais aussi de filiation, d’amour fraternel et, comme c’est souvent le cas dans les romans de Marie Vareille, de la nécessité de poursuivre et de réaliser ses rêves.

Mais le point fort de ce roman, indépendamment du fait que les personnages suscitent immédiatement la sympathie (voire l’empathie) du lecteur, c’est bien la maîtrise du suspense que Marie Vareille entretient jusque dans les dernières pages ! Tout l’intérêt de son récit réside dans le fait de découvrir ce qui a bien pu bouleverser la vie d’Alice au point qu’elle se décide à tout plaquer, à quitter les Etats-Unis pour s’installer à Paris, seule, bourrée d’angoisse, de troubles obsessionnels, et de médicaments. Quel est donc le drame qu’Alice tente d’enfouir si profondément en elle ? Lui sera-t-il possible de commencer une nouvelle vie en France, sans attaches, sans famille ni amis, en occultant aux autres comme à soi-même, un pan tout entier de son passé ?

« La vie est faite de minuscules décisions. À chaque pas, chaque action, chaque choix, nous avançons un peu plus sur un chemin plutôt que sur un autre. On sait ce qu’on accepte, mais on ne sait jamais ce à quoi on renonce. La simple réponse à une question enfantine peut changer le cours d’une destinée.»

Et si les chaussettes orphelines n’étaient rien d’autres finalement que ces fameuses « âmes sœurs » que parfois, la vie sépare ? Ces moitiés qui ne faisaient qu’un et qui soudain se retrouvent seules, désœuvrées et persuadées de ne plus servir à rien ? C’est ce que vous découvrirez en lisant La vie rêvée des chaussettes orphelines, un roman profond et surprenant qui cache, comme par pudeur, une émouvante et touchante histoire de reconstruction.

Si, comme moi, vous craignez de lire une de ces intrigues tire-larmes qui plombent le moral et vous laissent le cœur à marée basse une fois terminées, sachez que Marie Vareille possède une plume suffisamment enjouée et optimiste pour écrire une histoire positive, motivante et bienveillante que vous ne pourrez plus lâcher ! Vous refermerez ce roman plein de bonne humeur et de fantaisie, le sourire aux lèvres, avec l’envie d’aller vous aussi jusqu’au bout de vos rêves !

« Un loser n’a jamais été quelqu’un qui ne réussit pas, c’est quelqu’un qui n’essaie pas. Les losers, ce sont ceux qui clament qu’ils vont faire quelque chose et ne se lancent jamais, ceux qui baissent les bras au premier obstacle et abandonnent, ceux qui acceptent comme une fatalité tout ce qui ne va pas dans leur vie, et se plaignent continuellement sans jamais agir pour rien changer. »

Je remercie les éditions Charleston de leur confiance et Marie Vareille pour sa charmante dédicace.