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Nikola SCOTT, Les Roses de Hartland.
448 pages.
Editions Charleston (16 octobre 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Trois générations de femmes inoubliables, réunies par un amour fou et de lourds secrets.

1958, Hartland.

La jeune Lizzie Holloway, seize ans, est envoyée passer l'été loin de Londres où sa mère adorée se meurt à petit feu. Un éloignement auquel elle s'est opposée de toutes ses forces. Pourtant, à présent, face à la splendide demeure des Shaw, Lizzie pressent que jamais elle ne sera aussi heureuse qu'en cet instant.

1998, Rose Hill Manor, Londres.

Adele Harington aurait tout donné pour échapper à ce premier anniversaire de la mort de sa mère… Cette mère qu'elle ne parvient pas à pleurer, tant leur relation faite d'amour et de malentendus garde un goût d'inachevé. Mais quand une jeune femme se présente à la porte, affirmant être sa soeur, Adele devine qu'Elizabeth Holloway Harrington était une femme plus mystérieuse et complexe encore qu'elle ne l'avait imaginé. Que s'est-il passé, ce bel été de 1958 qu'Elizabeth a passé en compagnie de la fascinante famille Shaw ?

MON AVIS :

Nikola Scott est Allemande, mais c'est à Londres et New York qu'elle a accompli son rêve : lire toute la journée en tant qu'éditrice pour une grande maison d'édition. Elle a profité de son retour à Francfort, où elle vit aujourd'hui avec son mari et leurs deux fils, pour se lancer elle-même dans l'écriture. Les Roses de Hartland, son premier roman, traduit dans 12 pays, a connu un véritable succès !

Nikola Scott y retrace le destin bouleversant d’une mère qui a tout fait pour retrouver l’enfant dont elle a été cruellement séparée à la naissance. Elle décrit notamment la vie austère des femmes de la bonne société de l’après-guerre, comment, dans un souci de respectabilité, celles-ci étaient reléguées à la maison, entièrement dévouée au foyer et à leur famille, bridées par une morale victorienne inepte et rétrograde, qui tolérait peu d’écarts de conduite et maintenait les filles et les jeunes femmes dans une totale ignorance de tout ce qui pouvait concerner l’éducation sexuelle.

Mais surtout, elle dénonce les châtiments qui s’abattaient sur les « filles déchues » dont la seule option consistait à accoucher en secret dans un foyer pour mères célibataires puis de proposer le bébé à l’adoption. Jugées et rejetées par leurs proches, taxées de dépravation ou de faiblesse morale, ces femmes subissaient mauvais traitements et humiliations au sein même des établissements censés les aider à se réintégrer dans la société : accouchements difficiles, souffrance post-natale, ces jeunes - voire très jeunes - parturientes devaient « expier leur pêché » en étant placées sous la supervision de personnels médicaux revêches et sans aucun égard pour leur souffrance et leur isolement.

Pourtant, malgré le chagrin et le souvenir des bébés qui leur ont été purement et simplement arrachés puis confiés aux bons soins d'étrangers, ces établissements à la moralité douteuse et hypocrite ont continué d’exister jusqu’à la fin des années 1960, date à laquelle le stigmate attaché aux mères célibataires a commencé à s’effacer et la société à évoluer. C'est non seulement émouvant, révoltant mais aussi très instructif !

En cela, Les Roses de Hartland rappelle d’autres romans, comme Philomena de Martin Sixsmith, dont le récit a inspiré le film éponyme de Stephen Frears avec Judi Dench, Il était un secret de Kathryn Hughes ou encore La séparation de Dinah Jefferies. Grâce à sa plume fluide et entraînante, à une bouleversante histoire de fratrie, d'amour, de résilience et d'espoir, Nikola Scott plonge ses lectrices dans un véritable tourbillon d’émotions.

Les Roses de Hartland fait partie de ces romans issus de la grande tradition romanesque, qui font frissonner et palpiter le cœur des lectrices ! C'est addictif de la première à la dernière page !

Je remercie les éditions Charleston de leur confiance.