51C3iPOQfgL

Louise TREMBLAY D'ESSIAMBRE, Les héritiers du fleuve, tome 1 : 1887-1914.
544 pages.
Editions Charleston (19 juin 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

D'une rive à l'autre du Saint-Laurent, des familles attachantes aux destins entrecroisés voguent entre amitiés et rivalités, drames déchirants et bonheurs intenses.

Nous voici au XIXème siècle, sur les rives du Saint-Laurent, là où le fleuve se mêle à la mer. Deux rives : celle du nord, aride, majestueuse, faite de falaises et de plages ; celle du sud, tout en vallons, en prés verdoyants et en terres fertiles. Des couples et leur famille : Alexandrine et Clovis, Albert et Victoire, Emma et Matthieu, ainsi que James O'Connor, Irlandais immigré, seul membre de sa famille ayant survécu à la traversée.

Ces personnages plus grands que nature, plus vrais que la rudesse de l'hiver, plus émouvants que les larmes et les sourires qui se succèdent au rythme des marées, peuplent le premier tome des Héritiers du fleuve, une saga incomparable comme seule Louise Tremblay d'Essiambre sait en créer.

MON AVIS :

Louise Tremblay d'Essiambre est née au Québec en 1953. Elle découvre les possibilités de l'écriture lors de ses études, à travers des cours orientés vers le roman, la nouvelle, le théâtre et le conte. Le mariage et la venue de neuf enfants mettent un terme à son parcours mais pas à sa passion. Son premier roman, Le Tournesol, est publié en 1984. Auteure d'une trentaine d'ouvrages, vendus à près de trois millions d'exemplaires, Louise Tremblay d'Essiambre est l'une des romancières québécoises les plus lues dans le monde. Elle consacre désormais la majeure partie de son temps à l'écriture et à la peinture.

À l'aube du XXème siècle, modernité et tradition s'affrontent. Louise Tremblay d’Essiambre a su profiter d’une recherche historique rigoureuse et mettre son inimitable talent de conteuse au service de personnages plus vrais que nature, dont on prend plaisir à suivre les vies toutes simples. Joies, infortunes et espoirs fous rythment les jours des témoins de cette ère nouvelle.

Les amateurs de grandes et belles sagas populaires ne feront qu’une bouchée de ce premier tome des Héritiers du fleuve. Dépaysant, âpre et rude comme l’hiver québécois, chaleureux comme une gorgée de sirop d’érable et réconfortant comme un sucre à la crème, ce roman émouvant met en scène la vie domestique de trois amies : Victoire, Alexandrine et Emma, et de leurs familles respectives. Ils sont pêcheurs, fermiers, marins, forgerons et rencontrent trente-six misères à joindre les deux bouts et à nourrir leur nombreuse progéniture.

La force du roman de Louise Tremblay d’Essiambre, ce sont ces personnages, ces familles attachantes aux destins qui s’entrecroisent et qui voguent entre amitiés, rivalités, drames déchirants et bonheurs intenses. C’est aussi l’évocation de ce Québec de l’époque, qui fleure bon l’encaustique, la gomme de sapin, la lessive qui bat au vent sur des cordes à linge et le levain du pain croustillant tout juste sorti du four. Louise Tremblay d’Essiambre l’a tellement bien décrit qu’il suffit juste de fermer les yeux pour s’y voir, pour entendre les cornes de brume, les vaches qui meuglent et le vent qui siffle dans les grands arbres ! Rive nord, rive sud, qu’importe ! Dès les premières pages, le lecteur se retrouve les pieds ancrés dans le terroir ! On a instantanément envie de connaître les personnages que l’auteure a créés, de partager leur vie et de découvrir ce pays à la fois rude et généreux qu’est le Québec !

Sur plus de 25 ans, au fil des saisons, et d’une rive à l’autre du Saint-Laurent, Louise Tremblay d’Essiambre raconte le quotidien de ses hommes, de ses femmes et de leurs nombreux enfants ! Avec ce talent inimitable qui a fait d’elle l’auteure chouchoute des Québécoises, elle tisse les destins de ces générations qui s’entremêlent. Sagesse des vieux, audace des plus jeunes, elle s’attache à clamer que l’âge n’a pas d’importance, que seule compte l’envie de continuer à mordre la vie à pleines dents et de profiter de ses petits bonheurs. Et c’est ce qui rend son roman si attachant et si passionnant !

Malgré les difficultés, malgré la crise et la guerre sur laquelle l’auteure clôt ce premier tome, ce sont de très belles années que Louise Tremblay d’Essiambre raconte. Entre amour, espoir, honneur, labeur et sacrifices, elle explore une époque charnière finalement pas si lointaine et observe la société à travers trois générations de personnages, qui ont tout à découvrir et à bénéficier des grandes inventions du monde moderne : l’électricité, le téléphone, les machines agricoles qui vont révolutionner le quotidien éreintant des fermiers, les moteurs et les premières automobiles, l’effervescence des grandes villes comme Montréal et Québec, etc… Le changement est en marche et les personnages de Louise Tremblay d’Essiambre en connaîtront toutes les mutations ! C’est passionnant de voir ses personnages pourtant si ancrés dans la tradition, évoluer et s’éveiller peu à peu au monde moderne !

Si vous cherchez une saga qui vous fasse oublier la grisaille de l’automne, plongez-vous sans hésiter dans ce premier tome joyeux et pétillant des Héritiers du fleuve. Vous ne serez pas déçus et n’oublierez pas votre voyage de sitôt !

Je remercie les éditions Charleston de leur confiance.