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Beatriz WILLIAMS, Une maison sur l'océan.
544 pages.
Editions Belfond (5 juillet 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Des tensions de l'Europe en guerre à l'Amérique jazzy des sixties, Beatriz Williams livre un final palpitant, une magnifique histoire d'amitié et de passion, pour ponctuer la trilogie des sœurs Schuyler.

À l'automne 1966, l'intrépide Pepper Schuyler est dans les ennuis jusqu'au cou : non seulement la belle est enceinte de son ex-patron, politicien influent qui la pourchasse à travers le pays, mais elle se retrouve seule et sans ressources. Son unique bien : une Mercedes de collection, qu'elle vient de vendre pour une coquette somme à une mystérieuse acquéreuse, Annabelle Dommerich.

Il faut dire que cette célèbre violoncelliste française attache une valeur sentimentale particulière à ce véhicule. Elle seule connaît l'histoire de cette voiture, de sa course éperdue à travers l'Allemagne nazie jusqu'à son arrivée en Amérique. Et le destin des deux amants en fuite qu'elle abritait...

Alors qu'Annabelle décide de prendre Pepper sous son aile et lui offre un refuge sur une plage déserte de Floride, les deux femmes se livrent peu à peu leurs secrets.

Ensemble, parviendront-elles à affronter les zones d'ombre de leur passé ?

MON AVIS :

Beatriz Williams s'est fait connaître avec L'Été du cyclone (2015 ; Pocket, 2016), best-seller outre-Atlantique. Après La Vie secrète de Violet Grant (2016 ; Pocket, 2017) et Les Lumières de Cape Cod (2017 ; Pocket, 2018), Une maison sur l'océan clôt la trilogie des sœurs Schuyler. Beatriz Williams vit dans le Connecticut, avec son époux et leurs quatre enfants.

Des tensions de l’Europe en guerre à l’Amérique jazzy des sixties, j’ai tout aimé de ce final palpitant de la trilogie somptueuse des sœurs Schuyler ! Une maison sur l’océan est une magnifique histoire d’amitié et de passion qui fera à coup sûr palpiter le cœur des amateures de grandes et belles sagas romanesques mais plaira également aux lectrices soucieuses de découvrir les portraits émouvants de deux femmes passionnées, en lutte contre les préjugés et les convenances de la bonne société américaine du XXème siècle.

À mi-chemin entre le grand roman féminin et le roman de fiction historique, Une maison sur l’océan retrace l’histoire captivante d’une célèbre violoncelliste française, dont l’existence demeure un mystère aux yeux de ses proches. Même si on n’apprend finalement pas grand-chose du scandale qui entoure la belle et intrépide Pepper Schuyler, l’histoire d’Annabelle est si addictive et si poignante qu’on ne peut que pardonner à l’auteure de l’avoir portée au premier plan ! On se prend immédiatement de passion pour cette élégante violoncelliste au passé pavé de drames, de pertes et de non-dits…

Beatriz Williams revient notamment sur les événements tragiques de la Nuit de Cristal, qui se sont déroulés en Allemagne dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938. À moins d’un an du début de la Seconde Guerre mondiale, on ne peut que comprendre et ressentir pleinement la détresse et l’impuissance du peuple juif, déjà très touché par l’immobilisme du reste de l’Europe face aux mesures visant à les expulser d’Allemagne. Cette nuit horrible qui marque un réel tournant dans la politique anti-juive des Nazis, annonce tout simplement les pogroms de la Seconde Guerre mondiale. Il y a, à ce moment-là du roman de Beatriz Williams, un souffle romanesque si puissant, un pouvoir émotionnel si rare qu’on jurerait alors que les Von Kleist, les Silverman et les Himmelfarb ont réellement existé !

Captivant et bien documenté, le roman de Beatriz Williams offre une formidable radiographie de l’Allemagne et de l’Europe de l’entre-deux-guerres déchirée par la violence des nationalismes et de l’idéologie nazie. Entre tourbillon de la vie et vent de l’Histoire, Une maison sur l’océan est un page turner somptueux, qui vous retiendra captif pour votre plus grand plaisir !

Je remercie les éditions Belfond de leur confiance.