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Balli Kaur JASWAL, Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique.
352 pages.
Editions Belfond (3 mai 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Généreux, émouvant et épicé, un roman qui questionne avec originalité et force la place des femmes orientales en Occident, leurs tiraillements entre traditions ancestrales et désir de liberté.

« Association sikhe recherche animatrice pour atelier d'écriture réservé aux femmes. » La bonne aubaine pour Nikki, Londonienne de vingt-deux ans, en quête désespérée d'un petit boulot.

Mais alors qu'elle pensait former des apprenties romancières, Nikki se retrouve face à un public inattendu : une dizaine d'Indiennes, de tous âges, majoritairement veuves, souvent analphabètes et dotées d'une imagination très, très fertile. Écrire ? Pensez-vous ! Elles, ce qu'elles veulent, c'est raconter : le choc culturel, la vie de famille, l'éducation des enfants. Raconter encore l'amour, le sexe et tous ces fantasmes enfiévrés qui leur traversent si souvent l'esprit. Raconter aussi la solitude, la soumission aux hommes, la violence, parfois.

Alors que la fréquentation de ce club débridé augmente de semaine en semaine, Nikki s'interroge : comment porter ces histoires au-delà des murs de la maison de quartier ? La jeune étudiante a une idée. Mais libérer la parole des femmes n'est jamais sans danger...

MON AVIS :

Née à Singapour, Balli Kaur Jaswal a passé sa vie entre le Japon, la Russie, les États-Unis et l'Europe. Premier de ses romans publié en France, Le Club des veuves qui aimaient la littérature érotique a rencontré un fort succès lors de sa publication internationale et a été sélectionné par Reese Witherspoon pour son fameux book club.

Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique est bien plus profond que ce que son titre laisse paraître. C’est un roman original et engagé qui fait réfléchir sur la place des femmes orientales en Occident.

Tiraillées entre leurs traditions ancestrales et leurs libertés individuelles, les femmes de ce club débridé vont choisir de s’affirmer et de vivre librement quand d’autres vont rester ancrés dans les traditions et porter au pinacle l’honneur de leur famille et de leur communauté.

Entre honneur et horreur, Balli Kaur s’insinue habilement dans les interstices d’un acte barbare qui affecte un large éventail de cultures, de communautés, de religions et d’ethnies. Si elle possède l’art et la manière de créer des personnages crédibles et attachants, elle condamne néanmoins sans appel ces meurtres perpétrés aujourd’hui encore dans de nombreux pays du monde.

Développée avec humour et légèreté, son intrigue est une dénonciation du modèle patriarcal et un rejet pur et simple de cette culture de violence et de contrôle des femmes. Les mariages forcés, les violences conjugales, l’assujetissement et la soumission psychologique et matérielle des femmes à leur mari sont autant d’exemples au service du maintien du conservatisme oriental. Tout au long du roman, on le voit, cette subordination des femmes conduit à des situations de déférence, de dépendance et de pauvreté. C’est profondément révoltant !

Même s’il faudra encore beaucoup de temps pour changer des attitudes aussi profondément enracinées, Balli Kaur Jaswal reste optimiste et positive. Loin de plomber les espoirs, elle prouve avec Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique qu’il est possible d’agir, même à très petite échelle, pour améliorer le statut et la place des femmes dans la société. Son roman d’empowerment est particulièrement éclairant, stimulant et mobilisateur ! Une magnifique leçon de tolérance et un espoir pour toutes les femmes du monde, qu’elles soient de culture orientale ou occidentale !

Je remercie les éditions Belfond et la plateforme NetGalley de leur confiance.