71Km-fdaMfL

Paul COUTURIAU, Ce feu qui me dévore.
384 pages.
Editions Presses de la Cité (25 janvier 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Bernard pourra-t-il un jour dire toute la vérité ? Sur l'incendie criminel qui a dévasté sa famille et sa vie. Sur le secret qu'il est le seul à connaître vraiment, qui mêle à la fois la folie, l'amour, la jalousie et, à l'origine, la souffrance muette d'un enfant malaimé.

À tout juste dix-huit ans, Bernard Bertin est désigné coupable de l'incendie criminel qui a tué sa mère et laissé pour mort son père. Depuis toujours, un feu contenu brûle en lui : une sensibilité à fleur de peau, une posture solitaire et secrète ont fait de lui un enfant incompris. Après sa peine de prison, il revient vivre sur les lieux du drame, à Metz. Il est devenu écrivain et n'a jamais levé le voile sur son histoire. La vraie et insoupçonnée. Celle qui se tramait derrière la façade bourgeoise de la maison familiale. À la faveur de ses retrouvailles avec Alexandra, son amour de jeunesse, Bernard est poussé dans ses derniers retranchements.

Parviendra-t-il, enfin, à panser les plaies du passé, à révéler les souvenirs douloureux d'une enfance qui n'en fut jamais une ?

MON AVIS :

Né à Bruxelles, Paul Couturiau a reçu en 2002 le Prix Maison de la Presse pour Le Paravent de soie rouge. Il a également publié aux Presses de la Cité En passant par la Lorraine (2003), L'Abbaye aux loups (2010) et Les Silences de Margaret (Prix roman des conseils généraux de Lorraine, 2011). Ce feu qui me dévore est un roman à la fois sombre et lumineux, qui s’inscrit un peu dans la lignée de Vipère au poing d’Hervé Bazin ou du Sagouin de François Mauriac. On y retrouve la même souffrance muette d’un enfant incompris et malaimé.

Bernard a 18 ans lorsqu’il est désigné coupable de l’incendie criminel qui a dévasté sa vie. Solitaire et secret, il est le seul à savoir ce qui s’est réellement passé cette nuit-là. Il passera trente ans en prison pour un crime qu’il n’a pas commis, car Bernard n’a de cesse de le répéter, il est « responsable mais non coupable » du drame qui a coûté la vie à sa mère et laissé son père pour mort.

Mais alors pourquoi accepte-t-il d’endosser la responsabilité d’un acte qu’il n’a pas commis ? Qui cherche-t-il à protéger au détriment de sa liberté ?

Après avoir purgé sa peine, Bernard revient sur les lieux du drame. Il y retrouve Alexandra, son amour de jeunesse, qui l’incite à raconter ses douloureux souvenirs d’enfance et à lever le voile sur ce qui se tramait derrière la façade bourgeoise de la maison familiale. Ce bouleversant récit autobiographique dénonce les oppressions familiales et sociales ainsi qu’un certain modèle d’éducation qui fit longtemps les beaux jours des familles françaises.

« Même en ce moment, ta peur est palpable, Bernard. C'est fou ! Tu vois, c'est ça que tu devrais raconter. L'origine de ta peur.»

 

Si le roman évoque dans sa terrible banalité la souffrance accumulée d’un enfant brimé et humilié, Paul Couturiau y délivre également un formidable message d’espoir. Sans angélisme, avec beaucoup d’humanité et d’émotion, il montre qu’il est tout à fait possible de survivre aux violences physiques et à la maltraitance psychologique. La description pudique et sobre qu’il donne du processus de résilience de Bernard est un véritable hommage à tous ceux sont ou ont été, de près ou de loin, concernés par des problèmes de maltraitance.

Un roman poignant, émouvant et lumineux, à lire absolument !