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Aurélie VALOGNES, Au petit bonheur la chance !
342 pages.
Editions Fayard/Mazarine (7 mars 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

1968. Jean a six ans quand il est confié du jour au lendemain à sa grand-mère. Pour l’été. Pour toujours. Il n’a pas prévu ça. Elle non plus.

Mémé Lucette n’est pas commode, mais dissimule un coeur tendre. Jean, véritable moulin à paroles, est un tourbillon de fraîcheur pour celle qui vivait auparavant une existence paisible, rythmée par ses visites au cimetière et sa passion pour le tricot.

Chacun à une étape différente sur le chemin de la vie – elle a tout vu, il s’étonne de tout –, Lucette et Jean vont s’apprivoiser en attendant le retour de la mère du petit garçon.

Ensemble, dans une société en plein bouleversement, ils découvrent que ce sont les bonheurs simples qui font le sel de la vie.

Un duo improbable et attachant pour une cure de bonne humeur garantie !

MON AVIS :

Agée de 34 ans, Aurélie Valognes est une romancière française, auteur de best-sellers. Ses trois premières comédies, Mémé dans les orties, En voiture, Simone ! et Minute, papillon ! sont de véritables phénomènes populaires et ont conquis le coeur de millions de lecteurs à travers le monde. Au petit bonheur la chance ! est son quatrième roman.

Véritable condensé de bonne humeur qui redonne le moral, ce nouveau roman d’Aurélie Valognes vous laissera sans aucun doute avec des étoiles au fond des yeux et le sourire aux lèvres. Frais, léger, émouvant et pourtant bien ancré dans son époque, c'est également un roman dont la dimension sociétale ne manquera pas d'attendrir et de faire réfléchir les lecteurs.

Si l’auteure y laisse autant transparaître sa sensibilité, c’est que l’histoire du petit Jean s’inspire de l’enfance, romancée, du papa d’Aurélie Valognes, élevé par sa grand-mère. Ce devait être l’histoire d’un enfant malheureux et d’une mère coupable jusqu’à ce que l’auteure choisisse de nuancer son récit et fasse de Jean un enfant heureux et de Marie, sa mère, une victime de son époque.

La notion de maternité, qu’elle soit choisie ou non, est d’ailleurs très prégnante dans ce roman. À son jeune fils qui ne la comprend pas et la rejette, Marie déclare :

« Tu sais, ce n’est pas évident pour moi. Quand on est une femme, on nous autorise le rôle d’épouse pondeuse, soit celui de femme légère, égoïste. Tout n’est pas blanc ou noir, Jean, jamais. J’espère que tout cela changera. Pour moi c’est trop tard, mais il y a une chance pour que les choses soient différentes pour ta fille, si tu en as une un jour. Je souhaite qu’elle soit libre. De ses choix, de son corps. Libre de vivre ses rêves. Je ne te demande pas de me pardonner, mais peut-être qu’un jour tu me comprendras. »

Et grâce à la légalisation de l’avortement en janvier 1975, les choses ont effectivement beaucoup changé pour les femmes. Désormais, nous sommes libres de fonder une famille ou pas. Au petit Bonheur la chance ! est en cela un très bel hommage à toutes ces femmes qui, il n’y a pas si longtemps, ont été les premières à tracer un nouveau chemin vers la liberté et lutté pour améliorer nos conditions de vie.

Au petit bonheur la chance ! est aussi, comme toujours avec les romans d’Aurélie Valognes, un roman très attendrissant, qui réveille les souvenirs anciens du lecteur et vient chatouiller son âme d’enfant. À travers Jean, petit garçon sensible, naïf, optimiste et rêveur, il y a un petit morceau de chacun d’entre nous, de nos souvenirs et de ces petites joies toutes simples du quotidien que l’on garde pour toujours en mémoire… C’est vraiment plein d’émotion et de nostalgie !

Bien entendu, l’auteure aborde également d’autres sujets, plus graves, comme la solitude, la vieillesse, la perte de mémoire, d’autonomie et, on s’en doute, la mort. Mais surtout, grâce à une écriture tendre et sensible, Aurélie Valognes invite à réfléchir aux liens intergénérationnels ainsi qu’aux rapports que ses lecteurs, jeunes ou moins jeunes, entretiennent avec leurs aînés. C’est une très jolie façon de se rappeler que la famille vise avant tout à l’épanouissement de ses membres en garantissant sécurité affective et bien-être face aux aléas de la vie. Alors si vous avez encore la chance d’avoir vos grands-parents, passez vite les embrasser ou décrochez votre téléphone pour leur dire combien ils sont précieux et combien vous les aimez ! Vous illuminerez leur journée ! ;)

Je remercie les éditions Fayard/Mazarine et la plateforme NetGalley de leur confiance.