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Penelope MORTIMER, Le mangeur de citrouille.
250 pages.
Editions Belfond (19 avril 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

« Dans cette tour sur la colline, il n'y avait pas d'enfants pour me conférer une identité ou mettre de l'ordre dans le chaos du temps qui passe. Il faisait très clair : l'éclat brutal du brouillard était plus net que la lumière du soleil. J'avais décroché le téléphone : il gisait sur la table comme un fœtus informe, avec son fil tordu en nœuds épais. »

Profonde, violente, la confession glaçante d'une femme au bord de la folie, étouffant dans un mariage qu'elle ne reconnaît pas, perdant pied devant des enfants qu'elle ne comprend plus. Chargé d'une forte dimension autobiographique, porté par un style renversant d'intelligence, ce roman fouille les plaies de Mrs Armitage, la narratrice, mais aussi de Penelope Mortimer, l'auteur, et finalement celles de générations de femmes cherchant désespérément une échappatoire à leur condition.

Publié en Angleterre en 1962 et chez Plon en 1964, un cri déchirant qui, aujourd'hui, est toujours plus assourdissant.

MON AVIS :

Penelope Mortimer est née à Rhyl, au pays de Galles, en 1918. Journaliste et romancière, ses écrits dépeignent brillamment une réalité peuplée de névroses et de mariages à la dérive et ont influencé les fictions féministes des années 1960. Le mangeur de citrouille, son cinquième roman, publié en 1962, lui a valu son plus grand succès.

Il s’agit d’un roman très noir, profond et grinçant, sur une femme brisée, qui ne réussit qu’à exister que par la maternité ou le mariage. Ce récit porte une très forte dimension autobiographique, puisque Penelope Mortimer, à l’image de sa narratrice, est mère de six enfants. Tout comme elle, son mari lui a demandé d’avorter et de se faire stériliser. Après son opération, celle-ci découvre alors la liaison de son époux et sombre dans une longue et douloureuse dépression.

Le mangeur de citrouille est un roman « coup-de-poing », tristement intemporel et glaçant, qui bouleverse l'institution du mariage et explore des sujets cruciaux, tels que la féminité, la monogamie, la maternité ainsi que le bonheur familial et conjugal. En dépit de la note d'espoir (ou l'accalmie) laissée par le dénouement, c'est un texte plombant, dont le ton déchirant, ne manquera pas d'avoir des effets négatifs sur le moral de la lectrice. Mais c'est peut-être aussi un mal nécessaire... Les (heureuses) candidates au mariage en décideront !

Je remercie les éditions Belfond de leur confiance.