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Cédric LALAURY, Il est toujours minuit quelque part.
352 pages.
Editions Préludes (7 février 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Bill Herrington est un homme heureux. La cinquantaine approchant, mari et père comblé, il occupe un poste de professeur de littérature dans une prestigieuse université américaine. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes... jusqu'au jour où il trouve dans son casier l'exemplaire d'un roman à sensation publié par un mystérieux inconnu : Richard Philip Kirkpatrick. Pas de quoi chambouler Bill.

À un détail près : ce roman raconte une histoire vraie. Celle d'un crime dont Bill était persuadé que personne n’avait jamais eu connaissance. Sur une île qu’il aurait voulu oublier pour toujours.
Ce livre envahit bientôt l'existence de Bill et contamine tout autour de lui. Sa vie paisible et confortable, ainsi que son équilibre psychologique, vont vite menacer de voler en éclats sous l'effet dévastateur de ce roman vengeur qui a réveillé tous les fantômes du passé.

MON AVIS :

Cédric Lalaury est né à Montluçon. Après avoir étudié les lettres modernes à l'Université Blaise Pascal de Clermont II où il a notamment travaillé sur Giono, Aragon, et les littératures des XIXème et XXème siècles, il décide de se consacrer à l'écriture. Grand admirateur de littérature classique (Proust, Henry James, Virginia Woolf, Faulkner...) et aussi de roman contemporain (policier, thriller, roman noir, roman populaire), il aime aussi bien Stephen King, Fred Vargas et Maxime Chattam que Borges, Joyce Carol Oates ou John Irving. Sa vie se résume à la lecture, l'écriture, le cinéma, sa famille et ses animaux. Il porte un grand intérêt aux séries télévisées comme Lost, Sons of Anarchy, The Walking Dead. Il publie en 2015 son premier roman, Des Silhouettes dans le brouillard. Il a plusieurs romans en cours d'écriture dont une série romanesque qui conciliera l'esprit du roman-feuilleton et celui de la série télé moderne. Il aime à dire qu'il est habité, comme Diane de Margerie, par « la passion de l'énigme ».

Dans Il est toujours minuit quelque part, on sent bien la passion de l’auteur pour la littérature. Les références sont nombreuses, mais ce sont surtout les thématiques que Cédric Lalaury aborde qui sont captivent et donnent tout son sens à ce thriller psychologique à l’humour ravageur et à la tension implacable. Entre mécanique du groupe, sentiment de culpabilité et paranoïa, le portrait qu’il brosse de ce prof respectable, bien sous tous rapports, en proie à une véritable crise morale, est incroyablement addictif !

Cédric Lalaury n’a pas son pareil pour décrire le poids de la honte et le malaise grandissant qui « grignote » l’équilibre psychologique de son personnage principal. Si tout le monde a des secrets, celui que cache Bill Herrington pourrait bien être dévastateur. Lorsque la vérité éclate et que son passé ressurgit, on ne peut s’empêcher de tourner les pages de ce roman vengeur au charme vénéneux !

Cédric Lalaury a écrit un thriller psychologique intense et bouleversant, dont l’issue va crescendo. Avec une bonne dose d’humour (qui nous fait plutôt rire jaune), l’auteur nous renvoie à nos propres failles et à la perversité que chacun dissimule sous le vernis social. En découvrant le passé de Bill, on s'interroge forcément sur la question de la responsabilité, de la culpabilité et de la lâcheté. Faut-il avouer ses fautes au risque de voir basculer sa vie et de faire souffrir ceux que l'on aime ? Aussi impardonnable soit-il, un seule et unique acte peut-il définir une personne à jamais ? La réponse n'est pas si simple...

Vous vous délecterez à coup sûr de ce roman psychologique glaçant qui s’inscrit dans la même veine que les romans de Liane Moriarty. Il est toujours minuit quelque part plonge le lecteur au cœur des redoutables mensonges et des secrets inavouables de l’âme humaine. C’est fin, saisissant, jubilatoire ! Une excellente découverte !

Je remercie les édition Préludes et la plateforme NetGalley de leur confiance.