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Caroline PIGNAT, La dernière traversée.
400 pages.
Editions Charleston (9 janvier 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Bannie de la résidence familiale en Angleterre, Ellie est embauchée pour travailler à bord de l'Empress of Ireland. Elle est tout de suite attirée par Jim, un jeune homme mystérieux qui travaille comme souffleur dans les fournaises du paquebot. Après un magnifique moment à Québec, la nuit de l'horreur. Les cris, les corps, les eaux si froides... Elle tente de se dire que Jim a survécu au terrible naufrage, mais le nombre de morts ne cesse de croître.

Alors lorsque Wyatt Steele, journaliste au New York Times, lui demande de raconter son histoire, Ellie commence par refuser. Mais lorsqu'il lui montre le journal de Jim, retrouvé parmi les débris du paquebot, la jeune femme saute sur l'occasion. Elle veut en savoir davantage sur l'homme dont elle est tombée amoureuse. Le deal est clair : en échange de son témoignage, Steele lui donnera les pages du journal, une par une...

« Si vous aimez les récits tragiques et marquants, les belles histoires d'amour et les personnages qui vont de l'avant après avoir traversé de terribles épreuves, ce livre ne pourra que vous plaire ! » Laurie, du blog Mya's books.

MON AVIS :

Caroline Pignat réside dans la région d’Ottawa. Enseignante au primaire, elle a écrit de nombreux livres pour enfants et pour jeunes adultes, et a reçu des distinctions prestigieuses telles que le Prix du Gouverneur Général. La version originale anglaise de ce roman, Unspeakable, a été dans la short-list du prix Red Maple Award.

La dernière traversée est une histoire d’amour à la fois belle et cruelle, de celles qui résonnent longtemps chez le lecteur. On ne peut que s’émouvoir des pertes et des luttes endurées par la jeune Ellen, de son sentiment de culpabilité à s’être sortie vivante de la plus grande catastrophe maritime survenue au Canada, deux ans seulement après celle du Titanic. Plus émouvante encore, c’est sa force de caractère et de sa détermination à aller de l’avant après l’horreur de la tragédie qu’elle a vécue qui emporte le lecteur et fait battre son cœur…

« C’est exactement ça, une tragédie : tragique. Mais si on pense constamment à l’absurdité de ces événements, si on se complaît dans notre peine et nos regrets, si on se laisse faire, on va couler dans les profondeurs et l’obscurité. »

D’abord réticente à raconter son histoire, Ellen finira cependant par confier son expérience traumatisante à Wyatt Steele, journaliste au New York Times qui, en échéance de son témoignage, acceptera de lui livrer une à une les pages du journal de Jim, retrouvé dans les décombres du paquebot…

Au fur et à mesure de sa confession, c’est une Ellen prostrée, exsangue et désemparée qui abandonnera finalement son sentiment de culpabilité, ses regrets et son lourd secret pour devenir une jeune femme fière et forte, déterminée à mener le cours de son existence selon ses propres choix.

« J’ai longtemps vécu une existence qui ne m’appartenait pas. J’avais laissé quelqu’un d’autre écrire ma vie. Je portais les vêtements que je devais porter. J’agissais comme je devais le faire. Je parlais comme on me l’avait enseigné. Je laissais les autres me dicter qui j’étais. »

Alors qu’elle tente de s’affranchir du joug de sa famille et des conventions sociales de son époque, Ellen affrontera les épreuves que la vie lui réserve sans jamais faillir ni perdre courage. Malgré son jeune âge, c’est un modèle de dignité, d’abnégation et de force de caractère qui pourraient en remontrer à beaucoup de jeunes filles d’aujourd’hui !

La dernière traversée est une histoire d’amour poignante, un roman puissant, d’une rare intensité dramatique. Véritable leçon de courage et d’espoir, l’histoire terrifiante d’Ellen et son cheminement intérieur pour renouer avec le bonheur rappellent, si besoin était, que la vie, qu’elle soit tissée de rires ou de larmes, vaut toujours la peine qu’on la réinvente. C’est juste magnifique !

« Nous écrivons notre vie avec les choix que nous faisons. Que cela nous plaise ou non, c’est cela qui deviendra notre histoire. Il y a des passages tristes, d’autres qui nous révulsent, d’autres encore qui sont tout simplement embarrassants. Mais les récits doivent être partagés, transmis et remémorés, même ceux qui nous terrifient ou nous font honte. Particulièrement ceux-là, je crois. Parce que si nous n’apprenons rien d’eux, nous les revivons encore et toujours. Nous restons coincés dans un chapitre de notre vie. »

Je remercie les éditions Charleston de leur confiance.