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Elena VARVELLO, Ce qu'il reste.
272 pages.
Editions Le Masque (10 janvier 2018).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

1978, nord de l'Italie. Elia a seize ans. C'est un jeune homme solitaire, en proie aux tourments de l'adolescence - ses amitiés fragiles, ses questionnements, ses premiers émois amoureux. Cet été-là, dans le petit village de Ponte, comme tous les étés, la chaleur est étouffante. Mais si l'atmosphère est particulièrement pesante, c'est que le père d'Elia a un comportement étrange depuis quelques temps, depuis qu'il s'est fait licencier de l'usine pour laquelle il travaillait.

Persuadé d'avoir été victime d'un complot, il s'isole des heures dans le garage de la maison, à son van, rentrant parfois tard dans la nuit, sans explications. La mère d'Elia ferme les yeux. La mère d'Elia est une femme amoureuse.

Un jour, le village est secoué par la disparition d'une jeune femme, montée à bord d'une fourgonnette qui s'est enfoncée dans les bois. À Ponte, tout le monde se connaît, tout se sait. Mais il y a des choses que personne ne peut imaginer.

Trente ans après les faits, Elia raconte cet été où tout a basculé, et ce qu'il en reste.

MON AVIS :

Née à Turin, où elle enseigne l’écriture créative, Elena Varvello est l’auteure de deux recueils de poésie, d’un recueil de nouvelles, L’Economia delle cose, sélectionné pour le prix Strega et d’un roman, La Luce perfetta del giorno. Ce qu’il reste, son premier roman traduit en français, est publié aux éditions Le Masque et disponible à partir du 10 janvier.

Elena Varvello signe un premier roman intrigant et réussi sur les tourments de l’adolescence et le passage à l’âge adulte. Bien loin du thriller ou de l’enquête policière, le roman d’Elena Varvello se réclame davantage du roman initiatique ou du roman d’apprentissage dans lequel elle raconte, à travers l’histoire singulière de Elia, le passage de l’innocence à l’expérience.

En découvrant le récit de cet été où tout a basculé pour Elia et pour sa famille, on ne peut s’empêcher de penser que le roman d’Elena Varvello s’inspire de Harper Lee ou de Carson McCullers. Comme dans Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur ou dans Frankie Addams, Elena Varvello se sert elle aussi de la naïveté et de la candeur de ses personnages pour émouvoir le lecteur et lui faire ressentir les émotions qui les submergent. Elia, le jeune et gauche narrateur de 16 ans est si attachant, si crédible qu’on aurait presque l’impression d’entendre le jeune garçon nous raconter l’histoire qui a bouleversé sa vie. C’est vraiment touchant !

Mais là où Elena Varvello fait la démonstration de son talent, là où elle m’a semblé réussir un véritable tour de force, c’est en replongeant, en quelque sorte, le lecteur dans cet état à la fois si douloureux et si excitant de l’adolescence. C’est cette capacité qu’a Elena Varvello de raconter une histoire aux multiples dimensions, cette facilité déconcertante à créer un équilibre instable et fragile et d’instiller le drame qui donne à cette drôle d’histoire, à la fois lancinante et captivante, toute sa puissance et sa portée dramatique… En découvrant le récit d’Elia, on comprend pourquoi il est si difficile de passer de l’enfance à l’âge adulte, pourquoi il est si compliqué de conclure la paix avec soi-même…

Ce qu’il reste est un roman obsédant, une magnifique et fascinante réflexion sur la mort, les conséquences de la maladie mentale et la perte de l’innocence. Roman intime, terriblement envoûtant et dramatique, Ce qu’il reste est un récit incroyablement touchant, porté par des personnages attachants et plein d’humanité.

Je remercie les éditions Le Masque et la plateforme NetGalley de leur confiance.