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Laurent DECAUX, Le Seigneur de Charny.
416 pages.
XO Editions (7 septembre 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Une formidable aventure de cape et d'épée.

Champagne, 1382. Quand, après six années de croisade, Jacques de Charny regagne enfin ses terres, il découvre, stupéfait, une foule immense massée devant l'église du château.

De toute l'Europe, des pèlerins affluent pour prier devant la relique extraordinaire détenue par la famille : le saint suaire, sur lequel apparaît le corps martyrisé du Christ. Pour sauver le domaine de la faillite, Jeanne, la mère de Jacques, a décidé d'exposer publiquement cette relique cachée aux yeux du monde depuis des décennies.

Alors qu'il espérait être accueilli à bras ouverts, Jacques se heurte à la défiance et l'hostilité de tous. Sa mère, la première, lui reproche d'avoir ruiné la seigneurie avec ses voyages en Orient. Pierre d'Arcis, l'implacable évêque de Troyes, veut interdire l'exposition du drap sacré. Et même sa promise, la ravissante Hélène, s'est mariée à un barbon... Seuls ses deux amis d'enfance, Miles, le bouillonnant comte de Brienne, et Arnaut, le fougueux chevalier de Jaucourt, semblent se réjouir de son retour.

C'est alors qu'un jeune seigneur et sa suite arrivent en Champagne pour admirer la sainte relique. Pour Jacques, cette visite inattendue va s'avérer providentielle...

Avec Le Seigneur de Charny, Laurent Decaux nous offre un grand roman d'aventure où la passion, l'audace et l'amitié triomphent de la mort et du déshonneur.

MON AVIS :

Laurent Decaux a 36 ans et vit à Paris. Le Seigneur de Charny est son premier roman.

Après six années de croisade, Jacques, seigneur de Charny, regagne ses terres. Il retrouve un fief bouleversé par l’ostension du Saint Suaire, la plus vieille relique de la chrétienté, détenue par sa famille depuis plusieurs décennies. Alors qu’il pensait être accueilli en chef de famille et en chevalier méritant, malgré le fiasco de la croisade à laquelle il a pris part, le jeune seigneur retrouve un entourage hostile, qui lui reproche, sa mère la première, d’avoir abandonné sa terre. Il devra également faire face à Pierre d’Arcis, évêque de Troyes, qui souhaite ardemment faire interdire l’exposition publique du suaire qu’il considère comme faux. Rejeté par les siens, menacé d’excommunication, le retour de Jacques est dur. Seule la présentation du Saint Suaire permet d’assurer une source de revenus pour sa famille. Mais lorsque la relique est dérobée, le jeune seigneur ne peut compter que sur l’amitié de ses deux amis d’enfance pour tenter de la récupérer. C’est le début de mille aventures où la passion, l’audace et l’amitié sauront triompher de la mort et du déshonneur !

Formidable aventure de cape et d’épée, Le Seigneur de Charny s’appuie avant tout sur une histoire vraie. Toute l’intrigue de Laurent Decaux est tissée autour d’un fait historique désormais oublié. Il faut savoir qu’avant d’être conservé à la cathédrale de Turin, le Saint Suaire se trouvait en France, en Champagne, où il était détenu par la famille de Charny. L’auteur décrit parfaitement bien cette période selon laquelle la France d’alors, décimée par la Grande Peste, meurtrie par la guerre de Cent Ans, connaît une incroyable vague de superstition. La pratique de la religion s’en trouve profondément modifiée, les pèlerinages et le culte des reliques connaissent un immense regain d’intérêt au point de devenir un véritable « business ».  Le seigneur de Charny est donc entièrement sous-tendu par les convoitises et les rivalités que crée la possession du suaire par la famille de Charny. Le roman est vraiment très riche d’enseignement et parfaitement documenté, même si l’on peut noter ici ou là quelques anachronismes ou « remaniements » de la réalité chronologique que l’auteur avoue très humblement dans sa note explicative en fin d’ouvrage.

Cependant, il ne faut pas s’attendre à ce que Laurent Decaux apporte des preuves de l’authenticité de la sainte relique ! Son ambition n’est pas d’affirmer quoi que ce soit concernant l’objet sacré ! Est-elle l’œuvre d’un faussaire, comme l’affirme Pierre d’Arcis ? Provient-elle du sac de Constantinople ? Comment fut-elle transférée en Occident ? D’aucuns affirment que le Suaire aurait été secrètement conservé par les Templiers puis confié à la famille de Charny après la dissolution de l’ordre ? Le doute demeure et le propos du Seigneur de Charny est tout autre… Impossible d’ailleurs d’en dire davantage sans dévoiler les rebondissements de l’histoire !

Il faut se plonger dans ce grand roman historique pour comprendre que, sous ses faux airs d’aventure et de divertissement, se cache une description très fidèle et extrêmement bien documentée du Moyen Âge, et plus particulièrement de la fin du XIVème siècle. Un fil conducteur teinté de mystère et de superstition, des héros magnifiques, à l’âme courtoise et flamboyante, un contexte religieux et politique sans précédent…, dans cette France d’alors, « rien n’est impossible à qui possède la dépouille d’un martyr, le cheveu d’un saint, un fragment de la Vraie Croix ou, mieux encore, l’illustre suaire où fut recueilli le Christ après la Crucifixion ». C’est à un de ces moments de l’Histoire où tout semble pouvoir basculer que Laurent Decaux a choisi de nous emmener !

Ciselée comme l’anneau Piscatorial mais néanmoins frustrante dans son dénouement, Le Seigneur de Charny est une épopée médiévale qui ravira autant les amateurs de de romans historiques que les inconditionnels de romans de cape et d’épée !

Je remercie les éditions XO de leur confiance.