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Alain ROQUEFORT, Sous le velours, l'épine.
736 pages.
Editions Pocket (15 juin 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Une rencontre imprévue, un visage d'autrefois croisé par hasard à la gare de Toulouse, c'est tout ce qu'il faut pour faire ressurgir du passé les souvenirs enfouis d'une mystérieuse octogénaire.

Ancienne résistante, Rose dissimule un secret dont elle cherche désespérément à se libérer. Après avoir connu l'insouciance d'avant-guerre, cette jeune provinciale va plonger au cœur de la barbarie et de la cruauté humaine.

Amours, haine, courage, lâcheté, cette fresque est celle d'une inexorable obsession de vengeance. Celle d'une femme que la guerre va bouleverser jusqu'au point de non-retour...

MON AVIS :

Alain Roquefort, la soixantaine, a toujours été habité par l’écriture. C’est en 2014 qu’il se lance et publie son premier roman, Sous le velours, l’épine (Les Nouveaux Auteurs, 2014), récompensé par le Prix Femme Actuelle 2014 et le Prix spécial du Jury Roman de l’Académie des Jeux floraux de Toulouse.

« Sous le velours, l’épine n’est pas un livre qui se raconte ; il se vit ».

Rien n’est plus juste que cette phrase issue de la chronique d’Oona, publiée sur Babelio. La fresque émouvante et passionnante d’Alain Roquefort raconte le destin extraordinaire de Rose, une octogénaire qui porte un lourd secret dont elle veut se délester. Une rencontre imprévue à la gare de Toulouse va lui permettre de faire remonter des souvenirs et des secrets jusque-là bien gardés…

Ce récit, bien que se déroulant à une époque fortement troublée de notre histoire, est une œuvre de fiction. Pour autant, l’histoire de Rose n’en est pas moins émouvante et passionnante ! Alain Roquefort possède un tel talent de conteur que son histoire éveille des réminiscences de faits réels. Dès les premières pages, le lecteur éprouve une connivence immédiate avec les personnages, comme une curieuse impression de déjà-vu ou de déjà entendu... Par le truchement du récit de cette jeune provinciale pleine de rêves et d’ambition, on s’immisce dans son passé, dans son enfance heureuse, on l’accompagne dans l’insouciance des années 30, puis, plus tard, pendant les années de guerre, à l’époque où la peur, les atrocités, les lâchetés sont monnaie courante et où les valeurs morales ne semblent ne plus avoir de sens…

Sous le velours, l’épine revient évidemment sur les heures les plus sombres de notre histoire. Alain Roquefort y dénonce le rôle méprisable que la France a joué à l’époque. Dans cette violente critique de l’ordre xénophobe, lâche et servile qu’était le régime de Vichy, l’auteur exprime son dégoût profond et sa honte de la France de l’époque. Ce climat délétère auquel s’ajoutent les intérêts personnels, animés par un esprit de lucre facile a de quoi choquer les esprits ! À l’heure où certains épisodes peu glorieux sont efffacés au profit de l’honneur du pays et de sa reconstruction nationale, Alain Roquefort n’hésite pas à condamner férocement la politique nauséabonde d’un pays collaborationniste, aux valeurs morales inversées, dans lequel l’honnête citoyen se sent coupable. Délation, lois d’aryanisation, spoliations, déportation…, rien n’est épargné au lecteur ! C’est profondément révoltant et écœurant !

Avec Rose, le lecteur plonge littéralement au cœur de la barbarie et de la cruauté humaine ! Entre amour, haine et courage, Rose vivra mille et une pérégrinations chaotiques, mille et une souffrances physiques et morales mais sa farouche et inexorable obsession de vengeance pourra-t-elle effacer les outrages ? Toujours est-il que l'explosion de son passé bouleversant trop longtemps contenu va ébranler le présent à tout jamais !

Sous le velours, l’épine est un roman attachant, poignant, une histoire remplie d'émotion magnifiquement contée, à conseiller à toutes les générations qui n'ont pas connu cette période sombre de notre histoire.