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Mathieu MENEGAUX, Je me suis tue.
144 pages.
Editions Points (12 janvier 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Un dîner en ville. Au menu, nourriture bio, affaires et éducation des enfants. Claire s'ennuie et décide de rentrer seule à vélo. Elle ne le sait pas encore mais sa vie vient de basculer. Tour à tour victime puis criminelle, Claire échoue en prison et refuse obstinément de s'expliquer. À la veille de son jugement, elle se décide enfin à sortir de son mutisme…

MON AVIS :

Mathieu Menegaux est né en 1967 à Paris. Diplômé de HEC, il a débuté une carrière dans l'industrie au Maroc, et il travaille aujourd'hui dans un cabinet de conseil en management, une occupation très sérieuse en vérité. Passionné de littérature et de chanson, il a attendu d'avoir 45 ans avant d'enfin décider de passer plus de temps à écrire des phrases en français sur Word que des transparents en franglais sur PowerPoint. Il est l’auteur de deux romans, dont Je me suis tue, paru en avril 2015 chez Grasset et désormais disponible aux éditions Points depuis janvier 2017.

Prix du premier roman de Sablet, Je me suis tue fait partie de ces romans bouleversants, qui se lisent d’une traite et dont on ne peut absolument rien dévoiler.

Du fond de sa cellule de la maison d'arrêt des femmes à Fresnes, Claire rédige une lettre-confession et revient sur l’enchaînement des faits qui l’ont conduite en prison. C’est l’histoire à la fois poignante et déroutante d’une femme tour à tour victime, puis coupable, qui a choisi de se taire et de porter seule son fardeau. Les conséquences de cette décision vont se révéler dramatiques…

Enfermée dans sa solitude, parce qu’elle se sait coupable d’un crime odieux qu’elle ne pourra jamais expier, Claire commet l’irréparable. Son mutisme sera sa seule ligne de défense, et personne, ni son mari, ni ses proches, ni la justice ne saisira ses motivations.

« Après aujourd’hui, je sais qu’il n’y a plus rien à reconstruire. Les murailles de Jéricho sont à terre. Il ne reste que ruines et gravats. J’ai tout gâché, seule, et tous les châtiments du monde n’y pourraient rien changer, il n’y a pas de rachat possible. »

Servi par un style sec et tranchant, où percent d’étranges et fascinants éclats poétiques (l’auteur peuple très habilement la solitude et la détresse de son héroïne de titres ou d’extraits de chansons intemporelles), Je me suis tue est un roman magistral, aussi brillant que terrifiant, la confession déchirante et déconcertante d’une femme qui n’a plus la force de subir le poids écrasant du silence et de sa culpabilité… Un premier roman intense et dérangeant, qui s’inscrit dans la même veine que l’envoûtante Chanson douce de Leïla Slimani !