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Beatriz WILLIAMS, Les lumières de Cape Cod.
400 pages.
Editions Belfond (1 juin 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Christina, la troisième sœur de la famille Schuyler, la plus élégante, la plus douce, la plus parfaite. Mariée à Frank Hardcastle, homme politique très influent, Tiny mène une vie de gala et de cocktails dans les jardins cossus de Cape Cod, où les Hardcastle ont établi leur bastion. Mais alors que Frank est donné favori pour les élections présidentielles, deux événements viennent troubler la vie a priori idyllique de sa belle épouse : c'est d'abord les courriers menaçants d'un maître chanteur ; puis, les retrouvailles inattendues et déstabilisantes avec le vétéran Caspian Harrison, de retour de la guerre du Vietnam. Avec ce premier amour qui réapparaît, c'est tout le passé de Tiny qui ressurgit. Un passé bien moins lisse qu'il n'y paraît, fait de passion, de mensonges, de drames. Et dont l'écho, s'il venait à gronder, pourrait nuire à la réputation irréprochable de toute la famille Hardcastle...
Les sentiments ont-ils une place dans la course au pouvoir suprême ?

MON AVIS :

Auteur de romances historiques, publiées sous le pseudonyme de Juliana Gray, Beatriz Williams a connu le succès avec L'Été du cyclone (Belfond, 2015 ; Pocket, 2016), best-seller outre-Atlantique, et La Vie secrète de Violet Grant (Belfond, 2016 ; Pocket, 2017). Les Lumières de Cape Cod est son troisième roman à paraître chez Belfond. Avec pour toile de fond la bonne société de l'Amérique des sixties, Beatriz Williams livre le magnifique et troublant portrait d'une femme prise au piège de la passion, du pouvoir et du mensonge.

À mi-chemin entre le grand roman féminin et le roman de fiction historique, Les lumières de Cape Cod offre non seulement une réflexion pleine d’acuité sur la nature ambivalente et la perfidie des relations familiales mais brosse aussi le portrait émouvant d’une femme entière et passionnée, qui lutte contre les préjugés de la bonne société américaine des années 60.

Avec le retour inattendu et déstabilisant du premier amour de Tiny, c’est tout son passé qui ressurgit. Entre silences, gênes et non-dits, des liens vont alors se nouer, se renouer, les langues se délier, révélant les trahisons et faisant émerger les secrets enfouis et des vérités nécessaires…

Cette magnifique histoire de trahison, d’amour impossible, de secrets de famille et de faux-semblants fera à coup sûr palpiter le cœur des amateurs de grandes et belles sagas romanesques mais plaira également aux lecteurs plus exigeants, soucieux de découvrir le portrait passionnant d’une femme sans cesse écartelée par la raison et le cœur, et le respect des convenances de l’époque. Le roman de Beatriz Williams offre en effet un témoignage édifiant des rapports archaïques entre hommes et femmes dans une société sexiste que le mouvement des revendications féministes des années 60, puis 70, vont profondément modifier.

« Une bonne épouse se doit d’être aux côtés du candidat, élégante et souriante. Une bonne épouse suit de près la campagne de son mari candidat, va à la rencontre des électeurs et écoute le récit de leurs soucis, une bonne épouse est au courant de la moindre variation dans les sondages. Une bonne épouse pose pour les photographes (une jambe croisée devant l’autre, pour les faire paraître plus longues, vous voyez, pour accentuer la courbe des hanches) et sourit pour cacher ses propres soucis. Une bonne épouse produit des enfants tout aussi photogéniques pour illustrer les qualités du candidat en tant que chef de famille. Une bonne épouse ne dissimule aucun secret honteux, ne vend pas les bijoux reçus en cadeau à Noël, n’avoue aucun désir secret. »

Les lumières de Cape Cod est un roman captivant, le portrait fascinant d’une famille à la dérive que le pouvoir destructeur d’un secret douloureusement gardé va définitivement bouleverser… Un excellent page turner à glisser dans hésiter dans son sac de plage cet été !

Je remercie les éditions Belfond et la plateforme NetGalley de leur confiance.