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Ann MORGAN, A sa place.
416 pages.
Editions Presses de la Cité (20 avril 2017).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Au départ, ce n'était qu'un jeu.

Helen et Ellie sont identiques. En apparence, du moins. Car, si ces jumelles de six ans se ressemblent comme deux gouttes d'eau, elles savent bien qu'elles sont différentes. Helen est la chef, Ellie son ombre. Helen décide, Ellie obéit. Helen invente des jeux, Ellie y participe. Jusqu'au jour où Helen en propose un plus original : intervertir leurs rôles, juste pour une journée. La farce fonctionne si bien que leur propre mère n'y voit que du feu. Et les deux fillettes s'amusent comme jamais. Mais le soir venu, alors que chacune devait reprendre sa place, Ellie, pour la première fois, dit non. Elle veut rester Helen. Pour cette dernière, c'est le début de la descente aux enfers.

Âpre et fascinant, ce thriller psychanalytique aux allures de mémoires explore les non-dits sur lesquels sont bâties bien des familles. Parce que, souvent, derrière les apparences se cachent des vérités inavouables.

MON AVIS :

Journaliste, diplômée de littérature à Cambridge, Ann Morgan travaille pour les plus grands titres de la presse britannique. À sa place, son premier roman, a été acclamé par la critique outre-Manche. Il est en cours de traduction dans une vingtaine de pays.

Ce thriller psychanalytique aux allures de mémoires explore le thème fascinant de la gémellité. Ses personnalités troublées, perverses, abîmées, qui ne savent plus exactement qui elles sont ni où se situent les limites de leur identité captivent dès les premières pages.

L’intrigue se révèle alors être un véritable piège tendu par une auteure machiavélique. Docile, le lecteur n’a plus qu’à suivre le jeu et malsain instauré par deux fillettes à l’esprit troublé… Entre secrets, non-dits, blessures et conflits intérieurs, les souffrances qu’Helen va endurer vont gravement affecter sa personnalité.

On s’attend au pire et pourtant, si jamais on ne décroche du récit de sa longue et lente descente aux enfers, il est difficile de ressentir une quelconque empathie pour elle. Sa personnalité borderline, son combat pour continuer à exister et rétablir son identité aux yeux des autres n’ont finalement rien d’exceptionnels ni d’émouvants et le dénouement, beaucoup trop édulcoré, laisse vraiment le lecteur sur sa faim. C’est décevant !

À sa place est un roman dérangeant sur lequel flotte en permanence les troubles et les obsessions de ses protagonistes. C’est troublant, âpre et fascinant mais cela ne suffit malheureusement pas à en faire pas une lecture mémorable pour autant !

Je remercie les éditions Presses de la Cité de leur confiance.