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Karin SLAUGHTER, Pretty Girls.
517 pages.
Editions Mosaïc (24 février 2016).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Deux sœurs. Deux étrangères.

Plus de vingt ans auparavant, Julia a disparu à seize ans sans laisser de trace. Depuis, Claire et Lydia, ses sœurs, ne se sont plus parlé. Seule la haine farouche qu’elles nourrissent l’une pour l’autre les rapproche encore. La haine, et le désespoir : jamais elles ne se sont remises de la tragédie qui a fracassé leur famille.  Deux événements violents vont venir cruellement raviver leurs blessures mais aussi les obliger à se confronter : l’assassinat du mari de Claire, et la disparition d’une adolescente.

À tant d’années de distance, ces événements ont-ils un lien quelconque avec Julia ? Lasses de se faire la guerre, Claire et Lydia plongent dans la noirceur du passé familial. Une spirale sanglante...

MON AVIS :

N°1 sur les listes internationales de best-sellers, Karin Slaughter est l’un des auteurs les plus populaires et les plus plébiscités dans le monde. Publiée en 33 langues et vendue à plus de 30 millions d’exemplaires, elle est l’auteur de 15 romans, parmi lesquels figurent les séries Grant County et Will Trent, ainsi que le roman Cop Town, qui a été nominé pour l’Edgar Award. Pretty Girls est son premier thriller psychologique.

Et que dire de ce roman sinon qu'il vous mettra incroyablement mal à l'aise ? Sur un peu plus de 500 pages d'une écriture dense, où la tension se fait parfois irrespirable, l'auteure décrit les méandres les plus obscurs de l'âme humaine... Elle signe un polar macabre d'une perversité inouïe et catapulte son lecteur dans un univers tristement sordide, fait de fantasmes et d'obsessions sexuelles auxquels on ne peut, on ne veut pas croire... La quatrième de couverture parle d'une «spirale sanglante», préparez-vous à être servis au-delà de vos attentes ! L'histoire de cette famille fracassée par la disparition d'une des leurs est encore plus effroyable que tout ce que vous pouvez imaginer !

Car pour décrire les pires monstres de la société, Karin Slaughter n'épargne rien au lecteur. Même les plus aguerris et les plus téméraires devront avoir le cœur bien accroché pour supporter les scènes de barbarie et les détails minutieux dont l'auteure se plaît à émailler son récit. En magicienne de l'horreur, elle embarque son lecteur dans un univers glauque et sanglant, où les crimes les plus abjects et les actes les plus inavouables confinent à la folie. Il y a tant de mensonges et de machinations perverses qu'on finit par ne plus savoir à quel saint se vouer... C'est déstabilisant, perturbant, dérangeant à l'extrême !

«Des mensonges par-dessus des mensonges par-dessus une infinité de mensonges.»

Entre informations lentement distillées et plaisir de brouiller les pistes, Karin Slaughter s'amuse à faire voler en éclats les certitudes d'un lecteur qui se perd en conjectures. Pour autant, il faut aimer ce va-et-vient éprouvant, cette impression de mariner sans fin ! Les nerfs du lecteur sont parfois mis à si rude épreuve qu'on pourrait presque se lasser de ce thriller bavard dans lequel rien ne semble avancer...

En bref, sans être un chef d'œuvre du genre, Pretty Girls est un thriller résolument noir et dérangeant qui comblera tous les amateurs d'hémoglobine et de frissons ! À réserver assurément à un public averti.

Je remercie les éditions Mosaïc et l'agence L&P Conseils de leur confiance.