515u-eyQ0LL

Sarah McCOY, Un parfum d'encre et de liberté.
398 pages.
Editions Michel Lafon (11 février 2016).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

1859. Deux ans avant le début de la guerre de Sécession. Sarah Brown, fille d'un célèbre abolitionniste, se résigne à ne pas avoir d'enfant. «Qui voudrait l'épouser ?» se désole sa mère... Sarah retrouve pourtant goût à la vie en s'engageant avec sa famille dans un groupe de résistants, qui aide les esclaves à fuir leur terrible sort vers le nord de l'Amérique. Grâce à ses talents artistiques, elle retrace et dissimule dans ses dessins les cartes secrètes qui mènent à la liberté. 2014. Eden et son mari, un couple en manque d'enfant, emménagent dans une ancienne demeure de la petite ville de Charleston en Virginie. Alors qu'Eden vagabonde dans sa maison en compagnie de sa voisine, une fillette énigmatique, elle découvre une tête de poupée soigneusement cachée dans le cellier. Malgré les ravages du temps, elle entrevoit de curieuses lignes sur le visage de porcelaine, dans lequel se trouve une mystérieuse clé... Plus d'un siècle sépare Eden et Sarah mais leurs routes vont s'entrecroiser. Car sur la grande carte du monde et de l'Histoire, le passé et le présent se rejoignent dans le destin de ces deux femmes qui dépassent la douleur de ne pas être mères et se révèlent à elles-mêmes. 

MON AVIS :

Sarah McCoy réside à El Paso au Texas où elle donne des cours d'écriture à l'université tout en se consacrant à ses romans. Après Un goût de cannelle et d'espoir encensé comme l'un des meilleurs romans historiques de l'année par le New York Times, Un parfum d'encre et de liberté est son deuxième ouvrage traduit en France. L'auteure y mêle fiction et réalité pour redonner vie à la courageuse Sarah Brown, artiste talentueuse, féministe avant l'heure et proche, surtout, des leaders du Chemin de fer clandestin et du Comité secret des Six que John Brown, son père, a dirigé, avant de connaître une fin sanglante en 1859.

Comme dans son précédent roman, Sarah McCoy alterne son récit historique avec l'histoire toute contemporaine d'Eden, une jeune femme résolue à tout tenter pour se sortir à la fois de l'infertilité et de l'impasse dans lequel se trouve son mariage. Alors que plus de cent cinquante ans les séparent, le destin d'Eden et de Sarah finiront par se rejoindre en plus d'un point...

Tout en s'appuyant sur une solide documentation, Sarah McCoy décrit magnifiquement les événements qui ont servi de catalyseur à la guerre de Sécession et mené à la fin de l'esclavage. Pourtant, Un parfum d'encre et de liberté ne se revendique pas comme une biographie de la vie de Sarah Brown. Bien entendu, l'auteure relate la violence et la souffrance qui ont entaché sa vie mais plutôt que de dresser un «portrait officiel», il s'agissait surtout pour elle d'imaginer ce que la vie de Sarah Brown avait pu être, ce qu'elle avait ressenti, ses combats, ses joies, ses rêves et l'impact que ses sentiments avaient pu produire sur Eden.

Si l'époque de la guerre de Sécession est racontée avec juste ce qu'il faut d'émotion, d'indignation et de vérité historique, c'est véritablement la trajectoire que l'auteure imaginait pour ses personnages et le voyage émotionnel que l'on effectue à leurs côtés, qui font toute la complexité et la richesse de son roman. Avec Sarah et Eden, le lecteur apprend à voir le monde et toutes les vies qui l'entourent comme une seule et unique carte géante. Des trajectoires, des décisions, des destinées s'entrecroisent sans que l'on puisse en voir clairement les liens, mais pourtant l'histoire de Sarah et Eden, deux en une, prouve que la vie réserve parfois ses plus belles surprises au moment où on s'y attend le moins ! C'est tout simplement lumineux !

«Parfois, on n'a pas à connaître toute l'histoire. Seulement la partie que Dieu, le destin, l'Histoire ou je ne sais quoi encore décide de révéler.»

Un parfum d'encre et de liberté est un voyage exaltant, à la redécouverte du courage, de la famille et des multiples facettes que peuvent revêtir l'amour et le bonheur !

Je remercie les éditions Michel Lafon de leur confiance.