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Susan FLETCHER, La fille de l'Irlandais.
319 pages.
Editions J'ai Lu (14 mars 2014).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Eve, petite fille rousse et délurée, est recueillie par ses grands-parents à la mort soudaine de sa mère, dans un village au cœur du pays de Galles. À cause de sa chevelure rousse indomptable, elle doit faire face au mépris et à la méfiance. Mais lorsqu'une enfant disparaît mystérieusement, la vie des villageois bascule : enquête, soupçons et mensonges deviennent le quotidien. Au milieu de cette effervescence, Eve, perdue, tente de percer les secrets de sa vie et de sa naissance. Dans ce roman, les pièces du puzzle s'imbriquent progressivement pour former un magnifique conte d'innocence perdue.

MON AVIS :

Susan Fletcher est née en 1979. La fille de l'Irlandais, son premier roman, a été couronné par les deux prix littéraires les plus prestigieux de Grande-Bretagne (le Whitbread et le Baty Trask Award) et s'est déjà vendu à deux cent mille exemplaires en Angleterre.

Œuvre lyrique et intimiste, célébration du monde rural mais également parcours initiatique de l'enfance à la nostalgie de l'innocence perdue, La fille de l'Irlandais est un roman aux allures autobiographiques, servi par une écriture tendre, qui va droit au cœur de celui qui le lit.

À l'aube de ses trente ans, Evangeline s'apprête à devenir mère. Elle revient sur son enfance, la mort soudaine de sa mère et son exil au pays de Galles, où elle est recueillie puis élevée dans la ferme de ses grands-parents. Sa chevelure flamboyante et indomptable, ses tâches de rousseur et sa trop grande ressemblance avec un père qu'elle n'a pas connu l'exposent à la suspicion et lui valent les inimitiés de certains villageois. Entre mépris et méfiance, la jeune et farouche Evangeline devra apprendre à surmonter non seulement son deuil mais aussi l'hostilité de certains membres de la communauté.

Mais au-delà de la solitude et du chagrin, c'est finalement l'amour qu'Evangeline va découvrir.

«Et donc, une petite fille de huit ans peut-elle être amoureuse ? C'est une vraie question. Qui peut le dire ? à cet âge-là, l'amour est un petit mot si simple. On l'a sur le bout de la langue. On n'a aucune idée de son pouvoir, de ses aspérités, ou du prix à payer. Il est facile de se moquer d'une petite fille qui déclare être amoureuse- et pourtant je le déclarais.»

Vingt ans plus tard, c'est un regard neuf, un regard de femme adulte, qu'Evangeline porte sur cette partie de son existence. Pour conclure la paix avec soi-même, vivre pleinement son histoire d'amour et sa maternité, Evangeline n'aura d'autre choix que de remonter les secrets, découvrir la face sombre de sa famille et de mettre au jour certains drames et mensonges que l'on croyait bel et bien enterrés...

"Brandis le passé face au vent, ouvre la main, et laisse-le partir".

À la croisée du conte et du polar, de l'enfance et du crime, Susan Fletcher offre une ballade ensorcelante, fraîche et poétique au cœur du pays de Galles. Un premier roman remarquable et superbement écrit !