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Robin TALLEY, Des mensonges dans nos têtes.
384 pages.
Editions Mosaïc (9 septembre 2015).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

Les filles sont faites pour se marier… Les Noirs et les Blancs ne doivent pas se mélanger… Une fille ne doit pas embrasser une autre fille… Linda ne doit pas aimer Sarah. Rien que des mensonges ?

1959, en Virginie. C’est l’histoire de deux filles qui croient qu’elles se détestent — parce qu’elles n’ont pas la même couleur de peau et qu’elles ne sont pas nées du même côté. C’est l’histoire de Sarah et Linda qui croient qu’elles se détestent… mais c’est aussi l’histoire de l’année où tout va changer — parce que les mensonges des autres vont voler en éclats et que les vies, les cœurs de Sarah et Linda vont s’en trouver bouleversés pour toujours…

MON AVIS :

Robin Talley est une jeune auteure née en Virginie, qui vit aujourd’hui à Washington. Farouchement opposée aux préjugés, elle met toute sa passion à défendre des causes justes dans la vie comme dans l’écriture. Avec Des mensonges dans nos têtes, elle signe un roman jeunesse poignant en faveur de l'intégration des Noirs et de la mixité dans les écoles aux États-Unis.

Robin Talley n'épargne rien à ses lecteurs. Son roman dur et violent plonge le lecteur dans un contexte de haine raciale nauséabond et écœurant. On y suit l'histoire (fictive, mais très inspirée de la réalité de l'époque) d'une dizaine de Noirs, les premiers à être intégrés dans un lycée blanc de Virginie. Victimes de préjugés, de racisme, considérés comme des êtres inférieurs, ils y subissent au quotidien les brimades, les insultes et les coups de leurs condisciples blancs. Horrifié, le lecteur prend alors toute la mesure du traumatisme vécu par ces lycéens et du courage qu'il leur a fallu déployer pour supporter, sans jamais broncher, la violence physique et verbale, dont ils ont fait l'objet... C'est tout simplement révoltant !

Le récit se fait plus tendre et émouvant lorsque naît une idylle hors normes entre Sarah, une jeune lycéenne noire et Linda, qui défend farouchement la cause ségrégationniste. Si la question de l'identité sexuelle est abordée de manière intelligente et discrète, on peut toutefois s'interroger sur sa pertinence dans un récit destiné à de jeunes lecteurs. Certes, l'ambiguïté des sentiments apporte une dimension supplémentaire à l'intrigue mais un tel rapprochement entre deux personnes du même sexe et de deux ethnies différentes semble tellement incroyable et impensable pour l'époque qu'il aurait peut-être été plus judicieux (et surtout plus crédible) d'envisager une simple histoire d'amitié...

Mais rien que pour les messages de tolérance, d'ouverture d'esprit, d'acceptation de soi et des autres que l'auteure tente de véhiculer, Des mensonges dans nos têtes est un roman d'apprentissage bouleversant, à côté duquel il ne faut pas passer ! Sans concession, poignant et violent, on le réservera cependant à un lectorat d'adolescents avertis, à partir de 13 ou 14 ans.

Je remercie les éditions Mosaïc de leur confiance.