John Boyne_Mon père est parti à la guerre

John BOYNE, Mon père est parti à la guerre.
288 pages.
Editions Gallimard Jeunesse (25 avril 2014).

QUATRIEME DE COUVERTURE :

25 juillet 1914. Le jour où la guerre éclate, le père d'Alfie promet qu'il ne s'engagera pas. Et rompt sa promesse le lendemain. Quatre ans plus tard, Alfie ignore où il se trouve. Est-il en mission secrète comme le prétend sa mère ? Alfie veut retrouver son père. 

La Première Guerre mondiale vue à travers le regard d'un jeune garçon. Une aventure bouleversante.

MON AVIS :

À l'occasion de la commémoration du centenaire de la guerre 14-18, les éditions Gallimard jeunesse publient le roman bouleversant de John Boyne, l'auteur du Garçon en pyjama rayé. Mon père est parti à la guerre raconte l'aventure à la fois dure et émouvante d'un jeune garçon de neuf ans, déterminé à retrouver son père.

Alfie Summerfield vient d'avoir cinq ans le jour où la Grande Guerre éclate. Son père a promis qu'il ne partirait pas mais s'engage dès le lendemain, persuadé que "tout sera fini à Noël". Quatre ans plus tard, la guerre fait rage et le jeune garçon ignore si son père est vraiment parti en mission ou s'il a disparu à jamais. Tout le monde semble savoir ce qui lui est arrivé mais le secret reste bien gardé. Devenu cireur de chaussures à la gare de King's Cross de Londres, Alfie va enfin découvrir la vérité au hasard d'une de ses rencontres et partir pour la mission la plus importante de sa vie...

Quelle épopée singulière et troublante que celle du jeune Alfie ! On en a les larmes aux yeux ! John Boyne a donné tellement de présence, de force et de consistance, insufflé tant de vie à ses personnages  que son roman en devient tout simplement inoubliable ! Mon père est parti à la guerre fait partie de ces romans qui, immédiatement après leur sortie, s'imposent comme de grands classiques.

Parce que John Boyne choisit de raconter la Grande Guerre à travers le regard d'un jeune garçon, ce chapitre de l'Histoire, à la fois si proche et si lointain, résonne d'une tout autre façon, se fait plus vivant, plus émouvant. L'histoire d'Alfie nous aide à mieux comprendre et surtout à ne pas oublier que la guerre est partout, sur le front bien entendu, mais aussi à l'arrière, bouleversant la vie quotidienne de millions de familles.

L'auteur se penche notamment sur le quotidien des femmes de l'époque. Alors que les hommes quittent les villes et les villages, celles-ci se retrouvent seules à devoir assumer le travail parallèlement à leur vie de mère, de sœur, etc... On assiste aux balbutiements de leur émancipation.

John Boyne rend aussi un bel hommage aux objecteurs de conscience qui ont dû faire face à l'incompréhension (et à l'intolérance) de tout un peuple uni par l'effort de guerre. Racisme, déportation, misogynie, psychose traumatique des soldats blessés sur le front, John Boyne n'en finit pas de pointer du doigt les aspect méconnus et pourtant dévastateurs engendrés par la guerre. Sans aucune censure, il aborde l'horreur de la guerre et en étudie les conséquences sur les soldats autant que sur les civils. Le lecteur, médusé, comprend alors que plus rien ne sera jamais comme avant...

John Boyne signe un récit pudique et émouvant sur la Grande Guerre et tous ses héros de l'ombre. Aussi puissant et marquant que le journal d'Anne Frank, Mon père est parti à la guerre est un roman remarquable, qui entremêle histoire personnelle, familiale et collective et dénonce les horreurs de la guerre à travers les souffrances et les drames individuels. Une lecture aussi indispensable que magnifique !

Mon père est parti à la guerre a été nominé pour le prix du meilleur livre jeunesse 2013 en Irlande (Irish Book Award Children's Book of the Year).

J'ai lu ce titre dans le cadre du Challenge Première Guerre mondiale organisé par Claire (The French Book Lover).